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 A travers la lande désolée [PV Elensär]

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Alakal

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MessageSujet: A travers la lande désolée [PV Elensär]   Dim 16 Déc - 10:50

Une petite brise légère agitait les branches rêches d'un buisson rabougri. Pas un arbre, pas une fleur, juste un tapis d'herbe rase de couleur indéfinie. Une silhouette apparu, à l'horizon ... L'après-midi était déjà bien avancé ; le soleil brillait au dans le ciel, et ses rayons aveugles illuminaient le paysage. L'astre était blanc, tout comme le ciel, immuable. Quelques nuages gris le parcouraient, indifférents.

Alakal s'arrêta un instant de marcher. A force de parcourir sans cesse la lande désolée de Meath, elle avait réussi à atteindre son but. Au loin, sur une petite butte, se dressaient les ruines calcinées de ce qui avait été autrefois, un manoir modeste. Le manoir modeste où elle avait grandi, entourée de ces ombres si chères qui se rappelaient à son souvenir ... Mais ce n'étaient à présent que des ombres, des fantômes du passé, envolés à jamais. La jeune fille ne pouvait pas faire un pas de plus. Non pas que la fatigue ait engourdi ses muscles ... La raison était tout autre. Elle avait tant souffert, elle avait eu tellement mal ... La source de ses larmes s'était tarie ; le chagrin était trop fort.

Un rocher d'un noir de jais, haut d'environ un mètre, se dressait à cet endroit précis. Alakal s'y assit délicatement, en prenant soin de ne pas accrocher les fibres de lin blanc de sa tunique. Elle passa longuement sa main sur la pierre, pensive. Le grain était rugueux, sauvage, mais il dégageait une force particulière. Tout en observant les alentours, cette herbe glacée par les premières gelées, la jeune fille tenta de se remémorer le visage de ceux qu'elle avait aimé. Les rides sages de Thül, le vieux guérisseur celte. Celui de Thalie, sa Brownies providentielle chassée par le feu dévastateur. Et celui de Mircha, la fille de cette dernière qui avait été une amie si précieuse. Ils la regardaient, paraissant scander, ensemble, quelque chose. Elle tendit l'oreille. Pas un murmure. Mais ce n'était pas ici qu'elle devait chercher. Les limbes de ses souvenirs étaient tellement plus appropriées ...

Pourtant, il subsistait une réticence ... Consciemment, jamais elle n'aurait la force de repenser à tout ce qu'elle voulait si ardemment éliminer de sa mémoire. Le vent écarta une mèche de sa chevelure tressée, et la lui envoya en pleine figure. Passant un doigt absent, elle la remit bien sagement, à l'abri derrière une oreille. D'un autre côté, ces cauchemars qui la tiraillaient périodiquement, chaque nuit sans jamais faillir l'épuisaient de plus en plus. Tout comme la compagnie des Autres, ces êtres insouciants qui flânaient dans les rues, le coeur en bandoulière, si légers ... Leur bonheur si apparent l'enfonçait presque instantanément dans la brume sordide où elle évoluait de temps en temps.

A contre-coeur, malgré une angoisse croissante, elle se laissa emporter. Son regard se vida de toutes nuances, tandis qu'elle revivait le paradis de son enfance. Rien autour d'elle n'existait à cet instant. Rien, juste une clarté étrange et cruelle.

Un bruit de pas la sortit à cet instant de sa rêverie. Rouvrant les yeux, Alakal ne daigna pas tourner la tête. Elle attendait, simplement, purement, que l'intrus veuille bien s'éclipser. Raide sur le rocher qui lui servait de siège, elle ne bougea pas d'un pouce.


Dernière édition par le Lun 17 Déc - 16:52, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: A travers la lande désolée [PV Elensär]   Dim 16 Déc - 21:13

Un lieu pouvait-il représenter une âme? Apparemment, oui. Les landes...Un triste endroit, sec, presque désertique, comme calciné, détruit, brûlé par des flammes affamées. L'esprit d'Elensär ressemblait lui vraiment. Ou plutôt...Ce lieu ressemblait à son esprit. Les rayons du soleil semblaient vouloir dévorer l'herbe, anéantir la dernière source de vie qui subsistait. La chaleur était presque étouffante, et des nuages gris commençaient à s'assembler au loin, prévoyant à orage certain.

Elensar marchait lentement, les cheveux lachés. Sa longue cape terne léchait le sol, émettant un faible frottement à peine audible. La jeune femme parcourait les landes du regard, comme si elle cherchait quelque chose, en vain. Elle ne savait même pas pourquoi elle était venue ici. Elle ne connaissait nullement cet endroit, car jamais elle ne s'y était aventuré. Elle aurait pu craindre de se perdre dans cet inconnu. Mais pour la Bis, se perdre n'existait pas. Rien n'existait, dans ce monde, ce néant sans fin. La vie...Elle s'était tellement posée de question sur son existence qu'à présent, tout paraissait fade et sans intérêt. Vivre ou mourir? Peu importe...De toute façon, il faut bien s'éclipser un jour ou l'autre, non?

Elensar s'arrêta brusquement, soudain secouée par une violente douleur dans la poitrine. Que se passait-il? Elle jeta un rapide coup d'oeil vers le ciel; le soleil brillait, toujours aussi fort. Non, il ne fesait pas nuit. Alors, pourquoi? Elle tituba vers un arbre mort, car depuis trop longtemps desséché, s'y aggripa et reprit son souffle. Pendant une durée indéterminé, elle resta ainsi courbée près de l'arbre, la respiration à moitié coupée. Le temps n'avait plus d'importance. Les minutes trop courtes semblaient devenir secondes...Ou peut-être était-ce les secondes, trop longues, qui devenaient minutes. Tout était bien trop compliqué, dans ce monde sans but. Doucement, le coeur de la femme se remit à battre correctement. Mais la douleur, elle, ne s'effaçait jamais...Le regard las, elle se releva et passa son chemin.

Elle marcha bien longtemps. Là haut, le soleil brillait, mais sa lueur était moins forte, ses rayons moins chauds, tout en restant doux. Elensar apperçut, plus loin d'elle, des ruines éparpillées sur un faible rayon. Alors, le feu avait bel et bien dévoré quelque chose, dans ces landes si pauvres...La jeune femme s'approcha, mais fit un pas trop brusque, manquant de s'accrocher dans une buisson de ronces. C'est alors qu'elle remarqua une jeune femme, assise sur un grand rocher noir. Celle-ci était droite, trop droite. Elle avait du entendre Elensar, vu le bruit qu'elle avait fait.

La jeune femme lui tournait le dos, et demeurait immobile, indifférente à la présence d'Elensar. Surement espérait-elle que l'intrus, troublant sa rêverie, daigne passer son chemin. Mais la bislcaveret n'avait pas vraiment l'attention de s'en aller. ce n'était pas pour embêter la créature. Créature? Oui. Elensar n'arrivait pas vraiment à décrire la race de la femme en face d'elle. Légèrement humaine...

Mais une humaine bien particulière alors....
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MessageSujet: Re: A travers la lande désolée [PV Elensär]   Mar 18 Déc - 18:35

Alakal sentait le poids de deux prunelles vibrantes de curiosité, derrière. Généralement, il est vrai que son apparence à mi-chemin entre l'elfe et la Celte attirait l'attention. Depuis toute petite, lorsque des voyageurs s'arrêtaient à leur table, ou bien qu'elle allait avec Thalie aux grandes halles de Tara, c'étaient des regards parfois méprisants, surtout étonnés ou songeurs qu'on posait sur elle. Mais la pire mésaventure qu'il lui était arrivée, c'était aux environs de ses dix ans. Elle s'en souvenait encore, de cet incident ; dans ses moindres détails qui plus est.
Les étalages rivalisaient de beauté, éclatants de couleur, pour la foire annuelle. Un petit stand aux fruits rutilants avait singulièrement retenu son attention ... Les pommes, les poires et les prunes brillaient comme des joyaux dans leurs écrins de bois. Alakal s'était approchée, attendant que l'attroupement formé par des curieux particulièrement lents se dissipe. La minuscule bourse qu'on lui avait confiée ne contenait qu' à peine quelques pièces. Mais c'était suffisant pour qu'un des nombreux pick-pockets profite d'un instant funeste où elle avait détourné la tête. Clac ! Un coup de ciseau et c'était joué.
Etait venu le tour d'Alakal. La fillette avait donc choisit consciencieusement quatre des plus grosses pêches.


*Mmm ... Thalie pourra nous faire une magnifique tarte, avec ces merveilles ! Et puis, si j'achète un peu de sucre, on pourra la faire caraméliser ... Ce sera sûrement délicieux.*

Se retournant pour les donner à Mircha, le temps de payer, elle s'était aperçue trop tard de l'absence de la pochette de cuir. A peine venait-elle de réaliser la situation que :

- Eh, l'hybride ! Repose ça immédiatement, sale voleuse !

Les mots avaient fusés, hors de la bouche du marchand, presque jetés sur les pavés. Alakal avait blêmit, le sang se retirant à toute allure de son visage.
Heureusement, Mircha avait tiré deux sous de sa propre poche, et les avait tendu avec un dégoût apparent au grossier personnage. Alakal en fulminait encore ...
De tous ceux qui lui avaient manifesté de la répulsion, le commerçant était sans aucun doute possible celui qui l'avait fait le plus brutalement ...
Revenant toutefois au présent, elle se souvînt de cette présence qu'elle sentait derrière elle. Par habitude, un regard suffisait à l'avertir ; c'était pour elle comme un brusque seau d'eau glacée. Sans pour autant se retourner, la jeune fille énonça lentement, en détachant bien chaque syllabe, de sa voix aux intonations presque graves :


- Qui êtes-vous donc pour m'observer ainsi sans bouger ?


Il n'y avait dans son ton qu'une neutralité teintée de froideur, vibrant encore de ses "r" doucement roulés. Cet accent aux sonorités étonnantes, qui accentuait davantage le malaise des étrangers à l'habitude, c'était aux côtés de Thül qu'elle l'avait contracté.
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MessageSujet: Re: A travers la lande désolée [PV Elensär]   Mer 19 Déc - 16:16

La jeune femme avait bel et bien repéré l'intrusion de la Bis. Une sensation de malaise s'installa, un vent froid. Pourtant, le soleil brillait toujours autant, et la chaleur était celle d'un doux été. La silhouette assise sur le rocher paraissait plus raide, plus droite que jamais. Elle était de dos, mais il s'échappait d'elle d'étranges ondes. Des ondes humaines, mais...Il n' y avait pas que cela. Les sens de la bis étaient très développés, mais sous sa forme humaine. Elle pouvait donc sentir la nature de chaque personne. Et cet être était bien particulier...

Elensar se rapella alors de l'odeur des mortels chétifs qu'avaient été ses "parents". Ce souvenir lui donnait presque la nausée. Et dire qu'aujourd'hui encore elle ne savait toujours pas ce qu'il était advenu de ces deux individus...Elle était pratiquement sure, pratiquement, qu'ils étaient morts. Non pas tués pendant "cette" nuit...Non, mais plutôt par le poison que contenait dans ses griffes et dans ses crocs leur "chère fille". Elle espérait surtout avoir donné du fil à retordre à Fantur, cet homme qui l'avait détesté dès qu'il l'avait vu, bébé, dans la neige. Au fond, il était bien intelligent de s'être méfié. Au moins beaucoup plus que Nins, la femme la plus naive que la terre ait porté. Elle, elle était au pays des morts,c'était sur. Si sensible...Peut-être qu'elle na'avit pas supporté de vivre sans son chèr monstre d'enfant...Elle en était bien capable.

Un léger sourire se dessina sur les lèvres d'Elensar, mais il s'effaça presque instantanément. Une voix grave, sonnante et digne éclata dans l'air. La voix de l'inconnue perchée sur son caillou...


-Qui êtes-vous donc pour m'observer ainsi sans bouger ?

Le regard de la Bislcaveret se renforça en direction du rocher. Alors, la femme l'avait bien repérée...Elensar fit un pas en avant, un petit pas. Sa cape ramassa quelques brins d'herbe séchés tout en se balançant, visiblement heureuse de se remettre en marche. La bis attendit encore un long instant sans bouger. Et finalement, le silence ne semblant plus approprié à la situation, elle murmura froidement, trop froidement, des mots qui lui semblait fort suffisants...
-Je ne pense pas devoir me justifier...Je parais peut-être malpolie en vous observant, mais croyez-vous l'être plus en me parlant sans dévoiler votre visage?
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MessageSujet: Re: A travers la lande désolée [PV Elensär]   Mer 16 Jan - 12:18

Une feuille ... Qui tomba, qui se détacha des hauts feuillages célestes. Une feuille, au milieu de l'immensité presque déserte de la lande, cette plaine vallonnée, cette plaine mystérieuse. Elle était seule, blonde, toute dorée mais teintée d'un gris imperceptible. Et elle palpitait silencieusement. Seule. Les autres feuilles n'étaient plus là. D'ailleurs, elles n'étaient pas comme celle-ci. C'était une flèche dorée, une flèche vengeresse. Alakal la ramassa ; elle couvrait toute sa paume. La feuille d'or assombrie lui renvoyait son image avec une clarté éblouissante. Troublante. Un vieil homme marchait, au loin. Le soleil se couchait. On ne voyait que la silhouette noire se détachant parmi les pourpres sanglantes du ciel. Une femme d'âge mûre, que l'on aurait presque pu qualifier d'âgée, plus petite, le suivait. Voilà encore une fillette qui s'ajoutait au tableau, encore plus petite que sa mère ... Alakal lâcha la feuille si rutilante. Celle-ci heurta pour la seconde fois le sol, et se brisa. Alakal, qui courait, vit avec horreur le trio aux silhouettes finement découpées tomber aussi soudainement qu'il était possible en poussière. Les débris de la feuilles, et les débris de ces êtres qu'elle aimait lui arrachèrent de grosses larmes ... Et la réalité bascula.

Ce rêve ... Ce rêve ... Ce cauchemar qui avait assujeti ses nuits d'enfant. Pourquoi, à cet instant présent, revenait-il avec plus de force ? La jeune fille avait sous les yeux les ruines de son havre de paix et de douceur. Les fantômes de Thül, Thalie, Mircha ! étaient proches ... Tout proches. Peut-être que si elle provoquait suffisamment le personnage tapi sournoisement dans un fourré ...

Alakal soupira. L'inconnue avait dans la voix cette note dure et métalique, étrangement creuse, de ceux que le mal a rongé jusqu'à l'âme. Oui. Si elle la provoquait ... Peut-être pourrait-elle rejoindre ceux qui hantaient ses souvenirs. Mais peut-être n'auraient-ils pas voulu la voir ... Mourir ... Ils l'avaient sauvée, en dépit de tout. Même de leur propre vie ! Thül avait refusé de se faire soigner. Il ne voulait pas que son enfant, sa protégée, celle qu'il avait miraculeusement arrachée à un tragique destin, meure. Non. L'idée était tentante. La souffrance ne lui faisait pas peur, n'éveillait rien en elle. Non.
Une odeur étrange emplissait l'air. Une odeur piquante de froid qui allait croissant ... Un nuage charbonneux, seul au milieu de l'étendue perle du ciel, s'amusait à cacher le soleil. Sans daigner bouger, elle répondit de son habituel ton neutre, légèrement distant à l'entité inconnue :


- Je ne pense pas être impolie ... Voir mon visage vous intéresse-t-il tellement ? Personnellement, le vôtre m'est totalement indifférent.

Après tout, quel mal y avait-il à s'amuser verbalement ? Elle attendit une seconde avant de repartir, sarcastique :

- Mais je gage que votre intérêt principal, est certainement de m'étriper au plus vite, Bis ?... Si vous êtes réellement aussi maligne que vous le prétendez, dites-moi, qui suis-je ? Je sais que votre arrogance est grande, et que vous me regardez en ce moment même avec froideur et pitié. A votre guise ... Faites donc ce qu'il vous plaira.

La jeune femme descendit prudemment de son piédestal, et se retourna avec une lenteur exagérée. De ses traits impassibles, on ne pouvait absolument rien tirer ... Figée dans une posture lasse, appuyée négligemment contre la pierre brute, elle attendait, une lueur étrange lovée au creux de ses prunelles. Ses grands yeux gris regardaient la Bisclaveret avec une intensité telle qu'elle aurait mis mal à l'aise la plupart des gens. A l'habitude, ses traits fatals sidéraient les gens ... Qu'en serait-il pour cette fois ?
Mais Alakal n'avait pas envie de continuer cette conversation, trop ennuyeuse, trop ... Sociale. Son pur instant de solitude venait de voler en morceaux, et elle aurait bien du mal à les rassembler si elle restait ici avec l'ombre pathétique qui se dressait, non loin. L'inconnue avait adopté une attitude d'attente, celle d'un carnassier, celle d'un carnassier attendant sa proie.


- Les landes ne sont pas des endroits très fréquenté ... Si vous souhaitez égorger quelqu'un au hasard, dans les obscures ténèbres d'une ruelle sordide ... Ce n'est pas sur mes terres que vous trouverez votre bonheur. Rendez-vous plutôt dans l'une des Capitales.

Ca y est. Elle avait lâché cette information, bien peu significative au demeurant. Héritée de sa mère, morte ici-même, la "demeure" d'Alakal n'était plus qu'un tas de cendres lourdes et de poutres noircies. Néanmoins, jusqu'au bosquet d'arbres, le territoire était à elle.
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MessageSujet: Re: A travers la lande désolée [PV Elensär]   Mer 16 Jan - 20:06

La voix de la jeune femme résonnait lentement dans la tête d'Elensar. Elle n'entendait pas vraiment les mots qu'énonçaient l'inconnue, juste une vague mélodie teintée de sarcasmes, d'irritation peut-être. Un bourdonnement assourdissant...Depuis quelques temps, elle s'était considérablement affaiblie. Ses sens ne fonctionnaient plus comme avant, des sortes de spasmes la secouaient, durables ou au contraire très brefs. Rien ne pouvait expliquer cette soudaine apparition de la souffrance physique, du moins en apparence.
Elensar ferma les yeux doucement, reflexe de toute personne pour faire passer la douleur d'une éventuelle migraine. Mais ce n'était pas une simple migraine...Un son constant hantait son corps, un son à la fois grave et aïgu, fort et sourd. Sa dernière vision de la lande fut la silhouette frêle et faible de la femme en face d'elle. Elle semblait toujours en train de parler, de trop parler au gout de la Bis. Elle se frotta légèrement les tempes, le visage penché en avant. La douleur lui paraissait toujours aussi forte. Douleur mentale...Un son en lui même ne provoque pas de répulsion, de souffrance, aussi insupportable soit il. Non, ce n'était pas un simple son que la Bis entendait. C'était...un cri. Ce cri qui résonnait dans le vide, mais qui était remplit d'une émotion étrange.


Des gouttes perlèrent sur le front d'Elensar. La chaleur voulait l'attaquer, mais si un nuage cachait le soleil, les rayons lui parvenaient foudroyants, aggressifs. Il lui semblait que si elle avait la sottise d'ouvrir les paupières, une lumière aveuglante lui parviendrait, lui sauterait aux yeux. Aveuglement. Après tout...C'était un beau moyen de lutter contre la vision du monde, contre ces horribles choses qui se déroulaient et qui vivaient sur cette Terre. La Bis était une de ces choses, elle le savait. On pouvait peut-être échapper au monde, mais on n'échappait pas à son pire ennemi...Soit même.
Un léger soupir...Aussi inaudible que la feuille qui glisse sur l'eau, la Bis ré-ouvrit son regard sur le monde. De la lumière blanche qui était censée lui aggriper les yeux dans son esprit, il ne lui apparut qu'une atmosphère froide, sombre. La jeune femme devant elle était toujours de dos, et sa voix irritée continuait d'éclatait dans les airs.
Elensar parvint à comprendre quelques brides de son discours, l'âme toujours frappée par l'étrange cri.


-...intérêt...etriper...qui suis-je...arrogance...froideur et piti...

La Bis détacha son attention de la silhouette devant elle. Ca lui faisait mal d'entendre, qu'elle n'arrivait plus à entendre. Elle pivota sur elle-même et s'adossa à un arbre. A peine si elle pouvait supporter son propre poids. Le son, non, le cri semblait redoubler de volume à chaque fois qu'un bruit trop fort éclatait dans les oreilles d'Elensar. Quelle piteuse apparence elle devait donner à l'inconnue en face d'elle...Heureusement, elle ne semblait pas vouloir la voir. Elle restait droite, un peu trop raide pour que cela fasse naturel. Elen l'observa. Elle ne parlait plus. Cela suffisait, la Bis sentait que la femme allait montrer son visage, et par la même occasion, profiter de la mine déconfite du loup-garou. Droite...Il fallait se tenir droite. Elle s'accrocha lègérement au tronc de son perchoir, et se hissa sur ses jambes, jusqu'à paraitre moins affaiblie. Sa tête se redressa, des mèches de cheveux bleutés cachait à moitié ses yeux, profonds mais ternes. Elle vit la femme descendre doucement du rocher, se tourner et planter son regard sur elle.
Le regard gris de l'inconnue n'arrivait pas à percer les yeux de la Bis. Elle semblait si loin, tout en étant si près...Elen distingua un visage fin, mais ne put en tirer les détails. Le flou...Même le regard gris soutenu et effronté, elle ne le voyait pas, disons normalement. L'intensité qu'il pouvait dégager, elle n'arrivait pas à la capter. Les deux diamants bleus, creusés comme des prunelles de chats, traversaient sans la voir la femme. Le vide...Si on avait regardé attentivement dans les yeux de la Bis, voulait tout ce que l'on aurait pas en dire. Elles étaients vides. A nouveau, l'inconnue ouvrit la bouche -décidemment, elle parlait beaucoup- et laissa s'envoler des paroles qui venaient rebondir contre la dure carcasse de la Bis. Elle n'arrivait pas à comprendre ce qu'on lui disait. Elle n'arrivait pas à entendre. Pourtant, il fallait bien répondre quelque chose. Mais comment faire, lorqu'on ne sait pas ce qui vient d'être énoncé?


- Je...

La bouche entrouverte, la Bis écouta le pauvre mot qu'elle avait réussi à articuler se répéter longuement dans son crane. Son ton était absent, froid, creux. Au début, elle ne ressentit rien. Elle avait réussi à parler, c'était bien. Mais, quelques secondes plus tard, alors qu'elle réfléchissait aux paroles qu'elle allait répondre, le cri qui occupait Elensar doubla, tripla de volume. C'était comme si celui-ci venait de se rendre compte que sa victime venait de commettre une énorme erreur. Parler. Fracassant, le bruit fit à Elen l'effet d'un coup de poignard dans le coeur. Son regard dur changea mystérieusement face à l'inconnue. Elle ne vacilla pas, ne trembla pas. Elle resta le bouche ouverte quelques minutes, mais dans son esprit, cela dura une éternité. Le cri diminua légèrement de volume, laissant à la Bis le loisir de fermer ses lèvres.

-...

Elle ne pouvait plus rien dire. Elle...elle devait partir. Mais elle était comme paralysée. Elle ne bougeait plus d'un muscle, et respirait doucement, comme si c'était un crime de se tenir en vie. Ses mains étaient crispées. Elle ne le savait pas, mais son visage était d'une blancheur extrême. La couleur des morts.
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MessageSujet: Re: A travers la lande désolée [PV Elensär]   Jeu 17 Jan - 18:40

Alakal laissa un instant le silence vibrer à ses oreilles. C'était une musique, un son doux et étrange ... Un chant imperceptible et pur. si ardu à définir !... C'était bien la première fois depuis si longtemps qu'elle avait parlé autant ... Depuis la mort de Mircha. Mais maintenant, elle voulait ... Se taire. Elle était comme vidée. Le Rêve se repassait en boucle dans son esprit saturé ... Une minute de calme voluptueux, rien qu'une, pour permettre à ce vide si familier de lui revenir. Son immensité, sa bulle, son monde ... Elle ferma un instant les yeux et attendit. C'est alors qu'en face d'elle un pitoyable gémissement retentit, si faiblement qu'en dépit de son ouïe exercée, la jeune femme aurait pu ne pas le percevoir. Un gémissement plein d'effort et de douleur. Un gémissement désespéré.

- Je ...

Cet infime trouble à la surface du silence la décida, malgré elle, à la sortir du silence. Elle jeta un bref coup d'oeil vers le ciel : plusieurs nuages s'étaient ammoncelés, s'étant apparemment concertés dans le sombre but d'obscurcir le ciel. La lumière blafarde déclinait de plus en plus ... Et la brise s'était remise à souffler, froide, insidieuse, sournoise ; elle se faufilait dans les interstices des brins de laine et de lin, cherchait cous et chevilles, mains, nez, pour voler la maigre chaleur des êtres vivants s'ébatant à la surface de la terre. Dans un mélange de lenteur et de douceur, répondant à une étrange impulsion, la jeune femme fit un pas. Un autre s'enchaîna : la plante de son pied droit heurta le sol, si ferme et si réel sous son poids. Cette stabilité, elle n'aurait su le dire pourquoi, la rassurait ... Qui sait de quoi demain est-il fait ? Qui peut prétendre annoncer bonheur ou malheur sans la moindre preuve tangible ? Le futur est une entité bien capricieuse ... Et jamais les diseuses de bonne-aventure, ces femmes qui prétendaient soulever un coin du voile, n'avaient eu la sympathie d'Alakal. Seules, les très honorées Gallisenae.

La vue de son interlocutrice, à terre, lui coupa le souffle. Pourtant, elle n'en fit rien et s'approcha encore un peu plus ... A cet endroit, le sol était plus rocailleux, formant comme une petite tache sur le tapis herbeux, ras, gris-vert de la lande. La jeune fille se rappelait une légende ... Une très vieille légende que lui avait contée Thül. Elle avait toujours inspiré une sensation de mal-être à cette fillette si pure ... La première fois qu'elle l'avait entendue, un soir d'automne, ce fut comme un timide rappel. Il lui semblait déjà connaître ce récit oublié ... Il commençait ainsi :
<< Lorsque la divinité destructrice détruisit l'alliance profonde, s'en prenant tour à tour au trio éternel, le peuple Celte se rebella. Toute la puissance des Druides arriva finalement à tisser autour de lui un cocon sournois ... Le tourbillon des limbes, allait sur lui inexorablement se refermer. C'est alors que pour la toute première fois, la toute dernière également, comme la totalité des êtres doués de la capacité de penser, il pleura. Des larmes de rage et de désespoir, son rêve cruel ayant éclaté, des larmes de vengeance profonde. A certains endroits, ces réceptables fragiles de haine concentrée heurtèrent le sol ... Plus jamais la vie n'y perdura. Selon la gravité de l'éraflure, et la taille de la larme ... Des paysages entiers sont devenus déserts ou inhospitaliers. C'est ainsi que se forma, par exemple, la tache désolée près du bosquet d'arbre, Alakal ...>> La voix de Thül résonnait encore dans son esprit.

Une mèche cendrée, d'un blond à peine éteint capta un petit rayon de soleil et éclaira un peu plus la scène. La pauvre créature prostrée au sol, c'était indéniable, souffrait. Et un élan de pitié peu commune atteingit la jeune hybride. Lorsqu'elle leva ses longues mains blanches à hauteur du visage, tremblant d'hésitation retenue, elle aperçut du coin de l'oeil que la Bis ayant rouvert les yeux lui lançait un regard étonné, mais dénué de mauvaises pensées. Juste empli d'une surprise intacte. Alakal aurait voulu sourire, mais les muscles de son visage s'étaient figés. Sa décision était prise ! Elle allait avoir besoin de courage. Avec maintes précautions - ô combien indispensables ! - la jeune ombre s'assit auprès de l'inconnue dolente. Elle ne perçut presqu'aucune résistance, lorsqu'elle écarta les poignets fins des tempes où ils étaient pressés, dans un geste dérisoire afin de faire cesser cette souffrance torride qui altérait le corps autant que l'esprit de la malade. Le teint était d'une blancheur inquiétante, et, la jeune fille le devina, inhabituelle. Cette couleur était si proche de celle que revêtent les morts, quelques instants après leur dernier souffle. Mais le battement sourd du coeur cognant contre les côtes, parvenant à la guérisseuse, prouvait contre toute attente que la vie animait encore la grossière poupée de chiffon assise à même le sol. Alakal plongea son regard gris, cette fois empli de détermination dans les deux prunelles de la malade. Et elle pressa ses paumes fraîches et étroites sur le front.

Par petites touches, la douleur commença de l'envahir. Elle quittait la Bis. Elle lui parvenait, dans toute sa splendeur macabre. Mais l'hybride savait que jamais elle n'en mourrait. La souffrance serait certes terrible. Elle s'évanouirait, certes. Mais l'autre serait ... Sauvée. Ce don si précieux qu'elle n'accordait pas au premier venu ... Elle n'avait pas en cet instant l'impression pleine de remords de l'avoir gaspillé. Elle soupira. Le Chaos bondit et la happa ... Mais, songea-t-elle - ce fut sa dernière pensée cohérente - maintenant, je le sais, je le sens, la Bis n'a plus mal ...
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MessageSujet: Re: A travers la lande désolée [PV Elensär]   Mer 30 Jan - 21:28

"Les humains, les autres sont détestables, Elensär...Ils nous haïssent..."


Le vide...Elensar se sentait vide. La douleur l'avait quitté...Mais le départ n'était pas gratuit. Une inconnue avait peut-être sauvé la vie de la Bis, au détriment de la sienne. Pourquoi...Pourquoi avait elle fait cela? La fraicheur de ses paumes contre les tempes de la victime, absorbant la folie destructrice qui la dévastait..Les paumes des autres personnes n'étaient pas réparatrice, apaisantes. Non, ces paumes ne tenaient que des armes qui servaient à détruire la bête malfaisante. Depuis des générations, les Bisclaverets étaient considérés comme des créatures repoussantes, cruelles. Certes, les plus barbares de la race obéissait parfaitement à leur réputation. Mais il ne faut pas mettre tous les individus dans la même case, sous peine de déclencher la colère et le changement des honnêtes gens...

Du cri, supplice insupportable qui dévorait la Bis auparavant, il ne restait qu'un faible gémissement qui persistait, léger et lointain. La douleur peut s'affaiblir et devenir imperceptible, elle ne disparait jamais pour autant...Elensar, adossée à un rocher, à demi couchée, fixait videment le paysage. Son regard se posa alors sur la pauvre femme qui gisait, évanouie sur le sol dur. Elle...Elle ne pouvait la détester. Sentiment curieux pour la Bis. Ses yeux n'exprimait aucune haine, aucun dégout. Elle la regardait juste, normalement. Elle ressentait même un peu de pitié pour cette fille frêle, si affaiblit...Toute la douleur qu'elle pouvait ressentir...C'est Elensar qui lui avait transmis. Elle se sentit alors coupable. Oui, véritablement coupable...

"Tu dois tous les détruire Elensar...Ils ne nous veulent que du mal..."


La fatigue s'empara soudain de l'esprit de la Bis. La guérisseuse avait du absorber un peu de sa force, mais comment lui en vouloir...Avant d'avoir pu réagir, Elen se laissa prendre par les griffes du sommeil. Ses yeux, de plus en plus lourds, finirent pas se fermer lourdement, tandis que sa tête bascula légèrement sur le côté. La voix qui résonnait se tut alors, lui laissant le loisir de profiter pleinement de quelque rêve...A moins que ce ne soit un cauchemar. Le soleil déclinait au loin, laissant sa place à une douce nuit ou au contraire à un terrible orage...

"Chasse la pitié de ton esprit...Ne leur laisse pas ce plaisir... "

____________________________________________________________
-Tu es une bonne à rien. Il n'y a rien d'autre à dire, idiote. Maintenant, File!

La petite fille coopéra, docile. Sans dire un mot, elle sortit de la maisonnette, et colla son oreille contre un des murs. La voix masculine de son père résonnait dans la maison, se mélant à une voix féminine, qui essayait de le calmer. La petite expira fortement, et se mit à marcher d'un pas lourd, lent. Son père avait raison...Elle n'était qu'une bonne à rien. Elle n'y arrivait pas...Lire les parchemins, manier les éléments. Rien à faire. Les mots restaient coincés dans sa gorge. Elle ne pouvait faire danser les flammes qui brulait le bois de la petite cheminé, comme le désirait son satané père. Pourquoi? Pourquoi?! Sa mère l'encourageait, lui disait que cela viendrait plus tard, qu'il ne fallait pas abandonner. Mais on sentait de la tristesse et de la pitié dans sa voix. Elle mentait.
Des hurlements, des cris de joie s'élevèrent dans l'air. Au loin, on distinguait des petits groupes d'enfants. Ils avaient à peu près l'age de la fille, légèrement plus jeunes ou plus vieux qu'elle. Elle s'approcha alors, pour mieux voir à quelle activitée ils se livraient si assidument. Elle vit.
Les enfants exerçaient...Leurs pouvoirs. Ils lisaient quelques parchemins, faisant tour à tour jaillir des petites flammes de leurs doigts, des plantes du sol...Comme elle aurait aimé faire cela...Comme son père aurait aimé qu'elle fasse cela...
Elle resta bien quelques minutes à les fixer. Enfin, se décida à faire demi tour, lorsqu'une voix grasse et orgueilleuse l'interpella. Elle se retourna, et se retrouva face à face avec un petit garçon grasouillet aux joues roses. Il lui souriait méchamment, de toutes ses dents plus ou moins jaunies, et lui adressa quelques mots.

-Et toi! Qu'est ce que t'as à nous regarder comme ça? T'as un problème?

Alors qu'il allait lancer un fameux glavion sur le sol, une petite fille se posta à coté de lui, regarda l'étrangère.

-Beehhh! Qu'est ce qu'elle est laide! Regardez, elle a les cheveux bleus! Et elle a plein de marques violettes sur la figure! Bouhh, qu'elle est laide!

Elle lui tira la langue, et ramena ses amis près d'elle. Ceux-ci se mirent à rire à la vue de la petite fille. Ils la gratifièrent de toutes sortes de gentillesse, lorque soudain, un grand homme traversa la foule, et dissipa alors les voyeurs. On ne voyait pas son visage. La pauvre fille, tremblotante, essaya de trouer l'obscurité qui le masquait pour le regarder dans les yeux.
Un projectile gris s'échappa alors d'une des mains de l'homme, et vint atteindre la fillette au front. Ses lèvres s'entrouvrirent et lui lancèrent froidement:

-Tu as intéret à déguerpir de la, monstre. Monstre! Eloingne toi de nos enfants!

La petite resta quelques instants sur place, avant de s'enfuir en courant, aussi vite que ses jambes les lui permettaient. Toute la scène se rejouait dans sa tête...
Arrivant près de sa maisonnette, la petite fille alla se réfugier derrière un buisson, tenant ses jambes entre ses bras. Elle n'était pas triste. Elle était pleine de haine. Elensar était pleine de haine.

-Je déteste les humains..Je déteste tout le monde!

Elle les détestait...Pourtant, elle était encore une des leur...
______________________________________________________

"Détruis les Elensar...Tu dois les détruire...Ils ne te respecteront jamais..."

______________________________________________________

Adossée à l'arbre, la Bis se réveilla brusquement. Son regard se posa immédiatement sur la jeune femme écroulée sur le sol. Elle l'avait aidé. Elle l'avait respéctée.
Déjà, son rêves partait en miettes. Il ne lui restait plus que quelques brides, que quelques souvenirs déjà trop lointains.
A cet instant, un léger sourire naquit sur ses lèvres.
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A travers la lande désolée [PV Elensär]
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