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 Sur les crocs ? [PV]

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MessageSujet: Sur les crocs ? [PV]   Jeu 10 Avr - 17:49

Shaïna marchait simplement dans la rue. Il ne lui avait fallu qu’une petite semaine pour arriver à Ker Benn, alternant cheval et course à pied. La route avait été longue, et sa fatigue se traduisait par des réflexes vifs et des muscles tendus… Peut-être un peu trop. Il n’y avait qu’à voir son épée, qui jaillissait dans sa main par intermittence… Lorsqu’un malheureux humain avait tendance à la frôle d’un peu trop près, la magnifique garde sertie d’un rubis rougeoyant apparaissait, prise avec dextérité. C’était pour cette excellente raison qu’un cercle prudent entourait la jolie elfe, et qu’aucun mâle débile n’osait l’accoster, malgré sa beauté rendue sauvage. Ses pas, vifs et dansant, ne le permettaient d’ailleurs tout simplement pas, malgré cette petite ondulation du bassin qui la rendait franchement craquante.

Toutefois, au bout de longues minutes – peut-être même des heures – de déambulation diverse à travers les rues de la capitale, la jeune elfe sentit ses muscles se décontracter et, bien que son regard reste d’un gris soutenu, elle n’était plus aussi effrayante. Curieuse, elle se tourna vers les échoppes, qui présentaient de nombreux objets, tous plus étranges les uns que les autres. Il y avait ici une outre, pleine d’un liquide huileux dont elle ignorait l’utilité. Un peu plus loin, c’était un boucher, qui vendait des animaux morts. Dégoutée, Shaïna accéléra le pas, dépassant la boucherie. Elle tomba face à un vendeur de soie. Le tissu attira son regard, et elle s’arrêta devant. En fait, c’était le velours vert qui avait capté son attention. Hésitante, elle repartit toutefois sans, pour la bonne raison qu’elle ne se sentait pas encore à faire du charme au marchand, en raison de manque d’argent et de colère à peine stoppée.

Avec décontraction, elle repartit, continuant à observer les différentes marchandises. Les gens recommençaient à afficher une lueur de convoitise en la voyant passer, mais elle n’en avait franchement rien à faire, habituée à cette manie masculine. Ses cheveux blonds flottaient sur ses épaules fines, mais délicatement musclée, et quelques éclats rosés passaient dedans de temps à autre. Un nouvel arrêt fut marqué plus loin, devant un enclos de chevaux. L’un d’entre eux attirait la convoitise de la longues-oreilles, pour la simple raison qu’elle devinait que c’était une belle bête. En fait, elle avait envie de faire une bêtise, plus que de le prendre, même si elle avait l’intention de le retrouver plus tard. Mine de rien, elle s’accouda à la barrière, et observa de longues minutes le cheval alezan. Elle hésitait sur la façon faire son tour. Pourtant, un plan germa rapidement dans son esprit tordu et malicieux… C’est le cas de le dire !

En effet, étrange, une plante se mit à bouger, attirant le regard de la population. De l’autre côté, discrètement, une liane actionna le loquet de la barrière, qui retenait les chevaux enfermés. Mine de rien, l’elfe s’approcha d’un air curieux vers la plante, qui se donnait en spectacle, s’excusant mentalement pour ça. Mener tant d’actions n’était pas facile, du haut de ses trois cent ans, mais elle avait toujours était douée. Fronçant ses sourcils, elle acheva sa représentation en demandant au cheval de s’éloigner discrètement, de partir. Le bruit des sabots donna une nouvelle raison de rire aux gens, qui en oublièrent la plante, qui se calma. La porte, elle, avait été refermée… Ou bien n’avait-elle jamais été ouverte. Toujours est-il que le marchand, dégouté, s’énervait, décidant de ne pas courir après son précieux bijou. Discrètement, Shaïna s’éclipsa.

Continuant sa visite, sachant que le cheval était déjà sorti et qu’il l’attendrait dehors tout le temps qu’il faudrait, l’adorable créature s’enfonçant dans des rues moins passantes. Elle ne savait pas où dormir, et de toute manière, sa fatigue était passée. Elle se retrouvait donc sans distraction. Elle décida de rappeler le cheval, et de se taper la discute’ avec lui, pour faire passer le temps. L’animal arriva en moins de temps qu’il ne faut pour le lire. L’elfe lui caressa le chanfrein, et apprit mentalement qu’il se nommait Djakarta (merci le livre d’histoire), ce qui ne voulait strictement rien dire. Posant sa tête contre son chanfrein, notre jeune héroïne se laissa aller avec lui, se présentant à son tour, et continuant sa discussion. Particulièrement prise, elle n’entendrait sûrement pas tout de suite quelqu’un arriver, mais la rue était si peu passante qu’elle n’avait pas vraiment peur. Et puis, c’était une bonne combattante…
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Nathaniel Mor'wan
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MessageSujet: Re: Sur les crocs ? [PV]   Sam 12 Avr - 9:19

Une impression de bien être complet envahissait Nathaniel pour la première fois depuis longtemps. Enfin, bien être, entendons nous … Ce qui aurait pu relever du miracle n’en était pas vraiment un. Le jeune homme en effet, si peu habitué à ces moments de quiétude, prenait n’importe quel instant où il ne pensait pas à se jeter du haut d’une falaise comme une dose de bonheur dérobée. Pourtant, la satisfaction qui l’habitait n’était pas inventée de toute pièce, et un nom lui flottait dans l’esprit. Tara. Il avait quitté la ville quelques jours auparavant, couvrant la distance entre la capitale de Meath et Ker Benn en ce laps de temps réduit, bénissant à chaque foulée son appartenance à cette race qui lui offrait un moyen de transport inespéré et inégalable question rapidité. Son hybridité ne lui avait jamais autant convenu que ces derniers jours, où la route sous ses pattes témoignait de la distance avalée en si peu de temps … Ses pensées demeuraient au cœur de la ville qui avait vu naître quelque chose de spécial, de significatif. Nath sourit d’un rictus appréciateur. Depuis qu’il avait retrouvé apparence humaine, il ne pouvait être distrait de l’image de cet homme avec autant d’intensité que sa forme canine ne le lui dictait. Il fallait cependant apprendre à oublier. Après tout, peut être le recroiserait il … Le jeune loup se plaisait à penser que cela ne faisait pas partie de ses désirs les plus immédiats …

Tiré de sa réflexion, ma foi bien agréable, par les odeurs et le tumulte de la ville, Nathaniel allongea le pas et pénétra dans la ville, les yeux errants sur les couleurs criardes qui l’entouraient. C’était la première fois qu’il mettait les pieds à Breizh, plus habitué en effet à Dahut ou Meath. Les rumeurs, pourtant, ne lui étaient pas inconnues, et la renommée de la forêt de Ryan ou encore l’ombre du vieux volcan à l’horizon ne lui semblaient pas aussi étrangères qu’elles auraient du. Le souffle du vent, qui se faisait sifflant et agressif dans l’air de la matinée
[Tu n’as pas précisé le temps donc j’improvise, mais si tu veux que je change, aucun problème] et le bruit strident qui en résultait poussa Nathaniel a se diriger vers un endroit plus calme. Le centre ville, avec ses échoppes disposées au hasard, comme si elles avaient poussées là, dans l’anarchie la plus totale, s’ajoutait à la grossièreté des badauds qui faisaient leurs emplettes. Toute cette agitation commençait donc à agacer franchement Nath, qui se dirigea vers une artère plus calme, bien qu’animée comme jour de marché.

A première vue, cette ville ne lui plaisait pas, et Nathaniel se maudit de tous les noms pour avoir pris la mauvaise décision. En effet, plus tôt dans la journée, avant même que la course de l’étoile solaire eut vraiment commencée, le jeune homme avait hésité entre s’alimenter en ville, histoire de se reposer une petite heure avant de repartir dans son périple en vue de son objectif, qui se faisait d’ailleurs de plus en plus pressant, ou chasser un quelconque gibier dans les bois. Sur le coup, l’alternative de la ville lui avait semblé une bien meilleure idée puisque, au matin, les proies qu’il sélectionnait entres toutes n’étaient pas encore sorties. Mais depuis son arrivée, imminente, il regrettait son manque de patience. Il faillit faire demi tour quand une silhouette dans la foule attira son attention. Le scénario, qui ne lui était pas inconnu, lui rappelait vaguement sa rencontre avec Gabriel, à Tara. Il l’avait repéré de manière analogue, et cette pointe de curiosité qui naissait en lui annonçait une rencontre qui pouvait se faire prometteuse.

L’inconnue se déplaçait différemment de toute autre personne aux alentours. Elle semblait sûre d’elle, agile et qui plus est, un cercle espacé se formait autour d’elle au fur et à mesure qu’elle avançait dans la rue commerçante. La jeune femme ne passait pas inaperçue, et cela se comprenait quand on remarquait … le danger qui se dégageait de sa frêle silhouette. Lui-même était trop habile pour se faire remarquer, plus par choix que par réelle banalité. Mais elle ne semblait pas se soucier de passer inaperçue, bien au contraire. Elle paraissait blasée, comme si l’admiration qu’on pouvait lire dans les regards des hommes, et l’animosité dans celui des femmes, ne l’atteignaient pas le moins du monde. Une habituée, voilà ce qu’elle était. Mais le jeune homme nota que ce n’était peut être pas de la prétention mal placée. En effet, sans doute valait elle vraiment le coup de ces attentions diverses …

Tandis qu’il l’observait de loin, immobile au milieu de la foule qui ne lui prêtait pas la moindre attention, Nathaniel remercia son don naturel pour le camouflage. Mais, selon lui et après une certaine expérience, le jeune hybride se doutait bien que celui-ci n’aurait aucun effet sur la jolie créature devant lui. Cela fonctionnait en effet rarement sur quelqu’un qui en valait la peine. Nath quitta enfin son immobilité observatrice, et il se glissa le long d’un mur de pierre rouge, tiédie doucement par la température de saison qui ne lui procurait cependant aucune source de chaleur. Il put ainsi observer la jeune femme s’attarder au dessus d’une étoffe de soie verte, pour enfin aller jouer un tour à un marchand de montures. Qu’avait elle en tête ? Le jeune homme ne comprenait pas la raison exacte de cette démarche, du moins pas avant qu’il fasse le lien entre le pouvoir végétal et l’évasion de l’animal. Une Elfe. Bien entendu, quoi d'autre ? Tout s’expliquait. Cette grâce, cette sûreté dans les gestes, cette farce et enfin cette libération …

Quand l’elfe, puisque c’en était une, tourna au coin de la rue, Nathaniel s’approcha à son tour du commerce de tissu pour frôler du doigt la douceur presque irréelle du bout d’étoffe. Il n’y avait aucun doute à ce que cette pièce justement soit la seule qui vaille le coup, dans ce bazar. Le jeune homme, rapide comme l’éclair dont il contrôlait la moindre intervention, se saisit de l’objet de sa convoitise et jeta une pièce d’argent sur le comptoir, tout cela sans que quiconque ne remarque rien. Puis il partit à la suite de la jeune femme, aussi prestement qu’il s’était approché du commerce miteux qui venait d’être délesté de sa plus belle pièce. Il la rattrapa rapidement, dans l’obscurité de la ruelle qu’elle avait empruntée, et marqua une pause juste devant l’entrée. Le cheval était là, appuyé amoureusement contre le front délicat de la jeune elfe qu’il ne voyait que de dos. C’était une belle bête, cette monture. Le poil clair et l’œil vif, il semblait reconnaissant envers sa sauveuse, qui, elle, ne semblait pas l’avoir entendu.

Nath se glissa dans le dos de celle-ci et coula doucement le tissu verdoyant sur l’épaule de la jeune femme. Il ne savait pas pourquoi il faisait cela, précautionnesement, ni pour quelle raison absurde il s’était senti obligé de se saisir de l’étoffe. Encore une fois, son corps avait pris le contrôle sur ses sens, habitude qu’il avait et qui, pourtant, n’était pas assez fréquente pour qu’il cesse de s’interroger sur la singularité de sa personne. Le jeune homme avait accompli ce que ses membres lui avaient dicté, et il s’apprêtait à repartir lorsqu’un mouvement de la jeune elfe, au demeurant sûrement bien plus âgée que lui, l’arrêta. Il ne souhaitait pas tourner le dos à une femme surprise, armée, et paraissant dangereuse. Certes, il cherchait la mort. Mais une mort digne et, de toute façon, il ne partirait pas sans l’intervention de l’Ankou pour lui annoncer la bonne nouvelle. Aussi stoppa t’il son mouvement de retraite un quart de seconde avant de voir les muscles de la jeune elfe se mettre en mouvement.


[Désolée j’ai un peu anticipé tes mouvements, mais j’enlève si tu veux ^^]

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MessageSujet: Re: Sur les crocs ? [PV]   Sam 12 Avr - 12:39

Shaïna était en symbiose avec le sublime animal brun. Plus rien d’autre ne comptait, et elle ne voyait plus où elle était. Elle s’imaginait dans la forêt, courant au côté du sublime étalon. La robe de ce dernier brillait d’éclats dorés, tranchants avec le marron habituel et les ombres mouvantes créées par les arbres. Le vent frappait leur visage, et tentait sans succès de ralentir leur course. Plus rien n‘existait, si ce n’est cette sensation de vitesse, cette fatigue qui tiraillait ses muscles, et lui promettait d’effroyables courbatures, qu’elle aborderait avec le sourire, fière de ce moment de paix intérieure. C’est pour cette raison, coincée dans un monde autre, partageant les idées de la bête, qu’elle ne se rendit pas compte de l’approche d’une autre personne.

Le glissement de la soie la surprit. Son arme apparut dans ses mains, alors qu’elle pivotait. Pourtant, cette manie qu’elle avait de cacher ses sentiments l’empêcha de montrer sa surprise, et c’est un visage farouche que Nathaniel put apercevoir, et non le contraire. Les yeux de l’elfe avaient pris une agréable teinte bleue, qui n’était pas sans rappeler l’océan, si tumultueux, si changeant, si imprévisible, mais pourtant si beau, si attirant… Le velours avait volé sous le geste brusque et, si le jeune homme n’avait pas reculé, il se serait fait couper en deux… Heureuse idée qu’il avait eu xD. Les réflexes de la longues-oreilles permirent au tissu de ne pas tomber sur le sol poussiéreux, car elle le rattrapa au dernier moment, de la pointe de son épée d’argent, et la remit sur son épaule, disant simplement, d’un ton suspicieux mais charmant :


« Merci. »

C’est après ça, son cœur s’étant calmé, qu’elle se décida à détailler le corps de celui qui lui faisait face. Il était absolument charmant… Bruns cheveux collés sur ses tempes, il avait un visage triste et sévère, à première vue. Mais Shaïna avait appris à aller plus loin que la première observation, et elle avait compris qu’il avait eu un passé difficile, en voyant dans son œil une lueur mélancolique. Avec surprise, elle ne détecta pas une étincelle de joie dans son regard, comme ceux qui cherchent la mort, sans jamais la trouver. Son corps était fin, un brun efféminé, mais un charme sans pareil s’échappait de sa personne. Elle le trouva aussitôt séduisant, mais l’envie d’aller plus loin ne la prit pas tout de suite… Elle avait envie de savoir qui il était, et pourquoi il n’avait pas l’once d’un sourire pour éclairer son visage, qui pourrait sans nul doute être radieux.

Une petite brise se leva, berçant la scène. Le soleil ne tarderait pas à atteindre son zénith : midi pointait. La douce chaleur, atténuée par le vent frais, avait tout du paradis, et Shaïna l’appréciait à sa juste valeur. Contrairement à Nathy’, elle appréciait tout ce qui pouvait l’être, optimiste par nature. Elle avait tendance, brisant l’image de sa race, à vivre le jour le jour, à rire et à sourire, plus qu’à être mystérieuse. Ce n’était pourtant pas un charme qui lui manquait, car elle savait se voiler, redevenir intouchable au juste moment… Et puis, en réalité, elle était assez lunatique, et il arrivait que son enthousiasme laisse place au mystère… Et vice-versa. En fait, la cerner était quasiment impossible, et les gens qui l’avaient réussi étaient plus que rares. Il y avait toutefois une chose qu’elle n’oubliait jamais de faire : se présenter. Désirant connaître celui qui lui faisait face, elle passa simplement à l’acte :


« Shaïna I’Shelnesh… »

Son nom n’était pas connu. Elle n’avait jamais voulu l’être, préférant sa paix et sa tranquillité. Pourtant, dans les consonances, on se doutait qu’elle n’était pas humaine. Mieux, le prénom était un prénom elfique, et qui connaissait les elfes connaissait sa nature… Seul détail de cette dernière, si ce n’est ses longues oreilles en pointe, qu’elle cachait soigneusement dans ses cheveux blonds. Cette fois-ci, elle avait utilisé une voix plus douce, plus engageante… Sa surprise passée, elle pouvait reprendre un autre jeu. Elle hésita quelques secondes, mais choisit de ne pas demander son nom au jeune homme : elle espérait qu’il le dise lui-même, naturellement, tout simplement… Elle éviterait ainsi le gaspillage de nombreuses paroles, qu’elle ne jugeait pas nécessaire pour quelqu’un qu’elle ne connaissait pas encore, aussi extraordinaire paraissait-il.

Elle parlait plus simplement par télépathie, avec d’autres personnes de sa race. En fait, elle aimait tellement sa voix, qu’elle avait mis des années, des centenaires, à rendre douce et veloutée, qu’elle ne voulait pas la partager avec ceux qui n’en valaient pas la peine. C’était peut-être pour cette raison qu’elle parlait peu, en plus du fait qu’elle ne trouvait pas grand-chose d’intelligent à dire. Son regard, toujours bleu, mais un peu plus pâle, se porta alors sur le tissu. Elle l’avait reconnu, à l’odeur, mais elle voulait vérifier ses premières impressions. Elle passa ses doigts dessus, et le déplia avec grâce devant elle. Oui, il s’agissait bien du velours vert, et le fait que l’homme ait remarqué son attirance pour l’objet ne la laissa pas de marbre. Elle lui jeta donc un sourire éclatant de plaisir, réfléchissant à la tenue qu’elle se ferait avec, tout en gardant un œil légèrement méfiant sur Nathy’.
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Nathaniel Mor'wan
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MessageSujet: Re: Sur les crocs ? [PV]   Sam 12 Avr - 19:46

« Merci. »

Les paroles, prononcées d’une manière tout à fait charmante, bien qu’un peu distante, contrastait fortement avec l’attitude qu’emprunta la jeune femme. Elle en était presque à le menacer de son arme, quand elle récupéra le morceau de tissu qui s’apprêtait à orner le sol et non plus l’épaule de la gracieuse elfe. Nathaniel apprécia ce changement de fonction de la lame de sa nouvelle connaissance. Après tout, se voir pointer une épée sous le nez n’est jamais une expérience agréable, même dans le cas où le menacé est tout à fait capable de se défendre contre le menaçant … Le jeune homme loucha sur le fil aiguisé de la menace matérielle, à présent détournée de son but premier, à savoir lui-même. Impassible cependant, et ceci en toute circonstances, Nath ne réagit pas et attendit le bon vouloir de la jeune femme pour enfin relâcher les muscles de ses bras. Il était vrai que c’était lui-même qui était venu au devant des ennuis, et la raison en restait d’ailleurs obscure, mais il n’aimait pas vraiment être menacé de la sorte sans réagir. Le jeune homme s’imposa tout de même une réaction neutre, de circonstance.

« Shaïna I’Shelnesh… »

Ah … Il devait déjà se présenter ? Mais à quoi bon ? Nathaniel ne donnait pas son nom à tout le monde, seulement à ceux dont il en voyait l’utilité. Peut être devait il se présenter en empruntant une autre identité ? Histoire de ne pas se sentir déjà trop proche d’une parfaite inconnue … Non pas que Shaïna fut inintéressante, loin de là. Mais c’était peut être un peu tôt pour livrer des informations sur lui à la jolie jeune femme qui le regardait de ses yeux froids, contraste saisissant avec la chaleur qui se dégageait cette fois ci de ses paroles. En parlant de ses yeux … Nathaniel prit le temps d’observer ceux-ci, et leur propriétaire en général, de manière plus approfondie.

Déjà, et c’était la première chose qui l’avait frappée, Nathaniel avait remarqué la grâce et l’agilité de la jeune elfe. C’était, outre une caractéristique de la race elfique, un détail très développé chez Shaïna. Son corps était bien proportionné, et le jeune hybride avait eu une idée succincte de la puissance de ses muscles alors qu’elle réagissait à son approche. C’était bien une de ces femmes à ne pas trop pousser à bout … Mais, étonnamment, et contre toute attente, c’était un fait qui incitait Nathaniel à faire exactement l’opposé. C’est ce qui l’intéressait chez une femme, ce qui avait le don de le retenir quelque part et d’accorder un semblant de considération à sa compagne, à l’inverse de l’attention éphémère dont il daignait parfois faire profiter des illustres –mais belles- et inintéressantes inconnues.

Alors que Shaïna ne se gênait pas pour le détailler de la tête au pied, Nathaniel en profita pour faire de même, s’attardant néanmoins plus longuement sur les filaments de ses cheveux, reflétant le soleil d’un éclat finement nuancé entre le doré et le rose. La magnificence de ce mélange adoucissait merveilleusement bien son visage volontaire, son front remonté et ses sourcils finement ciselés. La cicatrice qu’elle portait aux alentours de sa tempe ne faisait qu’accentuer l’impression de danger qui émanait par chaque pore de sa peau si pâle. Le regard émeraude de Nathaniel se chargea des nuances mordorées qui le caractérisaient tant, tandis qu’il effleurait une bouche parfaite d’un coup d’œil appréciateur. Gardant le meilleur pour la fin, et surtout par peur de ne pouvoir s’en détacher après coup, Nath plongea ses yeux dans ceux de Shaïna et tenta naïvement de lire ce que la jeune femme y distillait, en vain.

Une fois son examen minutieux achevé, comme prévu, Nathaniel eut du mal à extraire son attention de ces océans azurs dans lesquels brillait un sourire franc. Voilà bien quelque chose qu’il ne savait pas faire. Sourire avec les yeux ? Gabriel le lui avait appris. Mais était il capable de sourire vraiment, une fois loin de l’objet de son contentement ? A priori, non, il s’en sentait incapable. Réalisant peu à peu son impolitesse totale à laisser une jeune femme sans réponse, Nath se redemanda quelle démarche était la plus pertinente à suivre. Alors, tandis qu’elle lui offrait un sourire éclatant de reconnaissance, le jeune homme se déporta légèrement sur la droite, s’encastrant dans la ruelle pour se retrouver en face de Shaïna. Il avait, durant tout le temps que dura la manœuvre, accordé une extrême vigilance vis-à-vis de la lame, toujours à portée de bras. Lui-même ne voulant pas paraître menaçant, il ne s’arma pas et resta les paumes visibles, passant un accord tactique de non agression. En effet, bien qu’elle soit une femme, Shaïna n’était pas à prendre à la légère dans le cas d’un éventuel affrontement.

Voilà, il se trouvait enfin face à elle. Nath en profita pour flatter l’encolure de la bête, toujours présente, et lui murmurer des mots apaisants à l’oreille. Cependant, il n’avait toujours pas pris la parole, ses lèvres finement dessinées restaient closes, respectant un silence qui ne le dérangeait pas outre mesure. Le jeune hybride ne voyait pas l’intérêt de parler trop, cependant, et s’il voulait que l’entrevue avec cette charmante demoiselle au sourire si éclatant se déroule de manière agréable, il pouvait paraître utile de ne pas la froisser. Il se convainquit tant et si bien, que le jeune homme releva un tantinet la tête, qu’il avait jusque là gardée inclinée vers les oreilles de l’animal à leurs côtés, et s’adressa à Shaïna d’une voix qu’il avait voulue posée mais qui était plus engageante qu’autre chose.


« Enchantée, demoiselle I’Shelnesh. Nathaniel Mor’wan, nom sans grande importance d’un humble voyageur »

Et voilà, il l’avait dit. En bonne et due forme, les présentations étaient faites. Et, à partir du moment où chacun connaissait un peu de l’autre, un lien fragile unissait deux personnes. C’était ce lien que Nathaniel avait toujours réfuté et rejeté à corps et à cris. Mais il s’adaptait, s’habituait … Le jeune homme commençait à s’intégrer dans une vie où les relations sociales étaient incontournables, une vie qu’il n’aimait pas, une vie qui ne lui correspondait pas vraiment.

Et, plus pour parfaire cet instant que par réelle nécessité, Nath courba légèrement la nuque devant la belle, hésitant quant à l’utilité d’un baisemain … Mais la question fut réglée en moins de deux : les paumes de Shaïna étaient inaccessibles, il devrait donc se contenter de cette marque de respect limitée. De toute façon, il semblait d’humeur moins noire que d’habitude, et l’idée de converser avec une si charmante créature lui convenait décidément de mieux en mieux. Le tout était de savoir si elle allait apprécier le jeu … Ou pas. S’il n’y aurait pas nécessitée de forcer un peu les règles … Ou si. Tout dépendait d’elle, mais Nath partait confiant, peut être un peu trop. En effet, sans doute surestimait il un tant soit peu la jeune elfe qui lui faisait face … Mais comment en être sûr ?

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MessageSujet: Re: Sur les crocs ? [PV]   Dim 13 Avr - 8:02

Être observée était si habituelle pour la jeune elfe, qu’elle n’y prêta même pas attention. C’était quelque chose de banal, qui n’avait aucune raison d’être remarqué. Pourtant, lorsque ses yeux croisèrent ceux de l’hybride, quelque chose d’étrange se passa, comme si un aimant l’empêchait de s’en dégager. Elle voyait de la douleur, de la souffrance, mais aussi une lueur de passion, profondément enfouie. Troublée, elle eut un mal fou à se dégager de ces yeux verts, aux éclats dorés. Ces derniers tranchaient étrangement, face au reste, dégageant une lueur de rébellion incompréhensible, comme si ce doré n’était autre qu’un bonheur passé, enfoui au fin fond d’une mémoire défectueuse… Elle apprécia aussitôt le personnage, plutôt ouverte, et ne réalisa qu’un peu plus tard que le métal froid de son arme était toujours dans sa main.

Souriante, consciente qu’il n’y avait aucun danger, elle ouvrit sa paume, et renvoya l’épée d’argent, et sa sublime garde sertie d’un rubis. Voir Nathy’ approcher son cheval lui tira un nouveau sourire, mystérieux, mais plutôt enjoué cette fois. Elle n’aimait pas les gens qui dédaignaient les animaux. Elle-même y attachait une importance capitale. Plus peut-être que pour les humains. Elle savait, en effet, que les animaux n’étaient pas mauvais : ils chassaient, ils tuaient uniquement pour se nourrir. Parfois, ils se battaient entre eux, mais c’était pour venger leur honneur, et non pour conquérir le monde… Alors que les humains étaient égoïstes, et ne pensaient qu’à eux… Il y avait aussi cette histoire de dieux, qui jouait sûrement dans les tensions et les batailles. De cela, Shaïna s’en fichait complètement.

La phrase du jeune garçon lui tira un nouveau sourire, éclatant de pureté, mais un poil moqueur. Il en faisait trop, et elle sentait qu’il n’était pas vraiment à sa place. Pourtant, même si elle l’avait pût, elle ne l’aurait pas laissé partir. Le connaître était quelque chose qui était maintenant incontournable. Elle ne se retint pas, en revanche, lorsqu’elle le vit baisser la tête, comme s’il était dominé. Les Hommes étaient faits pour être fiers, et elle ne voulait pas que le mâle courbe l’échine devant elle, qui ne le dépassait que d’une dizaine de centimètres. Ses doigts, fins, fusèrent vers son menton, et elle dût les retenir pour qu’ils n’aillent pas trop vite. Elle releva sa tête, appréciant sans vraiment se l’avouer la fraîcheur de la peau crémeuse de Nathaniel. Puis, lorsqu’elle croisa de nouveau ses yeux, elle enleva sa main et, comme si de rien n’était, elle répondit :


"Enchanté également, Nathaniel… Si vous permettez que je vous appelle ainsi."

Hou, quelle longue phrase que voilà, de la part de la demoiselle xD. D’habitude, elle ne demandait pas d’accord, mais la timidité du jeune homme l’incitait à prendre garde, pour ne pas l’effrayer et le perdre. Elle réalisa alors que, malgré sa longue expérience des hommes, elle n’en avait jamais rencontré un comme ça, à la fois fort et frêle, sauvage et poli. Elle avait beau passer ses multiple conquêtes dans la tête, pas une ne ressemblait un temps soit peu à Nathy’. Pourtant, ce n’était pas le choix qui manquait ! Intriguée, la question de son passé revint à la charge, titillant l’elfe, la rendant plus nerveuse encore, quoique rien ne se vit. Elle ne savait pas trop pourquoi le jeune homme à la peau si pâle l’attirait à ce point, mais elle avait l’irrépressible envie de mieux le connaître. C’est étrange comme les gens peuvent avoir un attrait fou sur vous…

Etrangement, un ancien tic, qu’elle croyait avoir perdu, revint à la charge à cet instant précis. Elle passa sa main sur la cicatrice, qui était pour elle une victoire de plus. Elle avait participé à de nombreux combats, contre des personnes médiocres, tels des brigands ou des hommes un peu trop engageants, mais cette marque était celle de la seule personne qui savait vraiment se battre. Elle avait dû utiliser ses pouvoirs, pour s’en sortir cette fois-ci. Un sourire mélancolique apparut, tranchant avec les sourires précédents. Celui qui lui avait fait cela n’était autre que son premier amour, un elfe… Désormais mort. Elle n’avait pas voulu le laisser partir, ignorant encore que l’amour des elfes n’était qu’illusion pour une soirée. Il l’avait menacé. Le coup était parti tout seul, lui dessinant une cicatrice sanguinolente sur le bras. C’est alors que la bataille avait commencé. Elle avait durée de longues heures – au moins trois – avant que Shaïna ne prenne le dessus. La haine, qu’elle sentait monter en elle, lui avait donné l’énergie nécessaire pour le battre, malgré son jeune âge et son inexpérience. Elle avait dû le tuer.

Au début, elle s’en était voulu. Mais très vite, elle s’était persuadée qu’elle n’avait pas eu d’autres choix, et le meurtre n’avait plus été qu’une idée normale. Elle avait tué trois autres fois, par la suite… Mais, répugnant donner la mort, elle préférait simplement blesser ses adversaires, ou bien les mettre en déroute. Comme un animal, avec une pointe de sauvagerie, elle secoua sa tête, chassant ses pensées pour recentrer son attention sur Nathy’. Ses cheveux blonds voltigèrent finement, dévoilant ses épaules fines mais musclées. Les éclats rosés qui y passèrent étaient délicats, comme le nouveau sourire de l’elfe, qui se voulait cette fois-ci engageant, bien qu’une certaine douleur passée le traverse de part en part. Vivre vieux était quelque chose de particulièrement dur. A chaque nouvelle année, un passé pesait sur vous, dérangeant ou rassurant. Sha’ avait du mal avec ce passé, qui la submergeait de plus en plus. Pire, elle avait envie de retourner dans sa forêt natale, et de retrouver sa famille… Avec qui elle s’était brouillée depuis ce fameux jour où elle avait donné la mort. Ses racines n’étaient plus qu’images floues flottants au bord de sa mémoire. Les retrouver serait-il salvateur, ou bien la détruirait-elle encore plus ?

Brusquement énervée de se retrouver aussi mélancolique devant quelqu’un d’important, elle agita sa main, et plusieurs plantes jaillirent du sol, concentrant son attention pour ne pas les laisser déborder. C’était sa manière de se canaliser. Elle demanda au cheval de partir, mentalement et, muscles tendus, elle observa la nature, dans laquelle elle revoyait toutes sortes d’images. Aucune d’elle ne lui tira de pincement au cœur : elle n’y retournerait pas. Calmée – elle était un poil lunatique – elle laissa les végétaux retomber et disparaître au sol, l’unique preuve de leur passage étant les quelques trous faits dans la terre. Elle se retourna vers Nathaniel, et lui sourit gaiement, avant de se mettre en marche, l’incitant à faire de même par un regard, renforcé par un peu de télépathie. Elle s’arrêta toutefois quelques mètres plus loin, pour l’attendre, car il semblait indécis. Peut-être que le coup des plantes l’avait troublé ?
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Nathaniel Mor'wan
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MessageSujet: Re: Sur les crocs ? [PV]   Dim 13 Avr - 12:01

Bien que Shaïna ne semble pas se formaliser de l’examen méthodique dont elle était la cible, Nathaniel voyait bien qu’il était aussi ardu pour elle que pour lui de se détacher de ses pupilles brillantes, tel deux pierres de lunes aux reflets du lapis-lazuli éclairant la ruelle de deux faisceaux bleutés. Elle semblait au moins autant happée que lui par ses yeux, et ce qu’ils criaient ou au contraire dissimulaient. Les siens, pensa t’il, devaient afficher un tas de choses désagréables. La Mort, sûrement, y occupait une place importante. Il devait également y régner une haine profonde pour son être, et un rejet de toutes attaches … La vie de bohème dans laquelle il se complaisait n’était pourtant pas si identifiable que ça, au vu de ses attitudes maniérées et de sa prestance, vestiges de son éducation qu’il n’avait put oublier.

Dans ceux de Shaïna, au contraire, il y trouvait une neutralité superficielle, comme un barrage autour de tout le reste, flux tumultueux des pensées de la jeune femme. On pouvait y lire un optimisme et une joie de vivre simplement dénigrés par une expérience indéniable et omniprésente. Nathaniel se demanda soudain combien de siècles cette femme avait vu défiler. Combien de gens avait elle vu naître, vivre pour enfin mourir alors qu’elle-même restait fraîche et jeune ? Jamais il ne comprendrait comment les représentants de ces espèces à la longévité sans fin pouvaient supporter le poids des âges. Lui-même, du haut de sa petite vingtaine d’année, ne pouvait déjà plus supporter son existence. Il avait suffit de quelques heures pour que sa vie bascule, et qu’il se remémore à chaque instant du jour et de la nuit ce qu’il avait fait. Jamais au grand jamais il ne dépasserait trente printemps, il en était convaincu et ferait tout pour mettre cette résolution au goût du jour.

Quand la garde de l’arme disparut, suivie rapidement par la lame, Nath se décontracta enfin. Maintenant, dans le cas d’un affrontement, ils étaient à égalité : à mains nues. Le jeune homme chassa bien vite cette pensée de son esprit. Depuis quand envisageait il de se battre ? Certes, il ne la connaissait pas. Mais ce n’était pas une raison suffisante pour s’en méfier … Quoique, s’il prenait en compte la dangerosité qui se dégageait du corps apparemment si innocent, et l’intelligence manifeste de sa rencontre … Il valait mieux rester sur ses gardes, ne jamais se relâcher. Car, après tout, c’était devenu presque une devise pour Nathaniel Mor’wan. Ne pas faire confiance, plus jamais. La seule femme a qui il avait accordé ce privilège l’avait abandonné définitivement, alors pourquoi devrait il retenter cette expérience douloureuse ? A bien y réfléchir, la méfiance qu’il tentait de conserver à l’esprit avait était alimentée par la ressemblance de Shaïna et de son amour perdu. Les mêmes longs cheveux fins captant la lumière du soleil et resplendissants sous celle-ci, les mêmes yeux marines dans lesquels flottaient le même désir de vivre … L’une avait eu ce privilège, elle se tenait sous ses yeux. L’autre, par contre … Le jeune homme secoua la tête imperceptiblement, ne souhaitant surtout pas se souvenir trop, juste assez pour se faire violence de ne pas s’attacher à ce reflet du passé. Juste éviter la catastrophe qui surviendrait immanquablement s’il retombait dans ses vieilles chimères …

Alors qu’il saluait Shaïna, celle-ci dénigra son geste et lui releva le menton, doucement et naturellement, comme si de rien n’était. Jugeait elle que son comportement était faux, tissé de toute pièce et répété mille et une fois ? Pourtant, elle se trompait. Le jeune homme avait toujours montré un certain respect envers les jolies femmes. Il admirait leur beauté, mais surtout le caractère qu’elles mettaient à ne pas vivre que par cela. La jeune femme n’avait pas semblé se soucier de la fraîcheur que dégageait la peau marmoréenne, contrastant de manière éhontée avec la tiédeur des doigts de l’elfe. Une fois le visage à nouveau en face de celui de Shaïna, Nath put admirer le sourire étincelant que celle ci lui offrit tandis qu’elle prenait la parole. L’éclat de ce si charmant minois réveillait en lui un désir qu’il croyait oublié, une envie qu’il ne se souvenait même plus avoir un jour ressentie vis-à-vis d’une femme : L’envie de conserver ce sourire, de le faire durer sur ce visage si parfait. Etonnant, comme cette rencontre ressemblait décidemment à celle, quelques jours plus tôt, qu’il avait connue avec Gabriel Jeevas. Troublant.


"Enchanté également, Nathaniel… Si vous permettez que je vous appelle ainsi."

A ces mots, Nathaniel, malgré son instinct de neutralité et son indifférence légendaire, ne put retenir un froncement discret de sourcils. S’il lui permettait ? C’était bien la première fois qu’on lui demandait son avis. Finalement, peut être n’aurait il pas a regretter d’avoir livré son patronyme à la belle. Celle-ci possédait sans doute assez de retenue et de prévenance pour ne pas, d’une part l’utiliser à tort et à travers, d’autre part pour se soucier du comportement à adopter. Surpris, Nath ne répondit pas immédiatement, et cela lui laissa le loisir d’observer la jeune femme se passer un doigt élancé sur sa cicatrice, avant que son regard ne devienne vitreux. Oh, comme le jeune hybride connaissait ce regard et cette attitude, hors du temps, vulnérable et fragile ! Combien de fois ne s’était il pas soumis à ces instants de mélancolie qui le prenaient, de moins en moins cependant, au fur et à mesure qu’il devenait de plus en plus froid et inhumain ? Il allait la tirer de ses réflexions, sûrement aussi dévastatrices que les siennes l’étaient sur son humeur, quand elle secoua la tête d’elle-même, comme on chasse un enquiquineur. Nathaniel admira cette force morale et, rien que pour cela, il fut tenté de lui demander si tout allait bien. Les raisons qui le poussèrent à ne pas le mettre en œuvre, étaient qu’il savait pertinemment qu’il se ferait rembarrer plus ou moins poliment par la jeune elfe, et que de toute façon cela ne le concernait pas.

Le sourire qu’elle lui offrit, bien que splendide, n’était pas authentique, et le jeune homme le remarqua comme on remarquait la magnificence du cheval à leurs côtés. Ce genre de choses, pour les avoir ressenties plus que tout autre, étaient sans doute les seules vis-à-vis desquelles il éprouvait un peu de compassion. Le silence, toutefois, ne dura pas, et le bruit de la végétation qui grandit vint troubler la gêne qui s’installait peu à peu. En effet, et sous les yeux ébahis de Nathaniel, des bourgeons sortirent du sol, et y repartirent en un éclair, si bien que cette mise en scène aurait pu tout aussi bien ne s’être déroulée que dans l’esprit du jeune homme, si ce n’étaient les trous réguliers qui criblaient le col auparavant vierge. Nath releva la tête vers sa compagne et lui lança un regard interrogateur pendant que l’étalon disparaissait dans les rues de la ville. Etonnante réaction, ces plantes …

Pourtant Nathaniel ne s’en formalisa pas, et tandis que Shaïna se mettait en route pour une destination inconnue avec un sourire à nouveau sincère sur les lèvres, il resta là, les bras ballants de stupéfaction. Cette jeune elfe était décidément bien lunatique, mais ce qui plaisait à l’hybride indécis, et qui le décida à suivre celle-ci, était, malgré ses allures neutres et en apparence impassibles, l’aspect vraisemblable des réactions de Shaïna. Elle recherchait peut être la distance et le refus de se livrer, pourtant ses émotions passaient dans son regard comme dans ses sourires, et le naturel avec lequel elle les affichaient avait séduit le jeune homme. Shaïna, Lisbeth … En d’autres temps et en un autre monde, les deux femmes auraient pu être amies tant elles se ressemblaient, parfois. Et la curiosité qui poussait Nath à vérifier cette affirmation le convainquit d’emboîter le pas à la belle Shaïna pendant que, enfin, il lui répondait :


« A une condition. Que vous me permettiez de vous appeler Shaïna. »

Cette requête, annoncée gaiement, fut lancée alors que le jeune homme se rapprochait de Shaïna et que tous deux se dirigeaient vers les échoppes commerçantes. Peut être l’inviterait il à s’asseoir au bord de la fontaine qu’il avait aperçue en venant. C’était un lieu excentré de la ville, calme et absolument parfait pour faire connaissance et juger de l’intérêt qu’il était bon de porter à certaines personnes … Ou peut être pas. Seul le temps le lui dirait.

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MessageSujet: Re: Sur les crocs ? [PV]   Lun 14 Avr - 5:55

Lisbeth… Ce nom était inconnu à la jeune elfe. Pourtant, on la comparait à cette personne, qu’elle n’était pas, qu’elle ne connaissait pas. Les gens pouvaient-ils se ressembler sans s’être jamais vu ? La preuve que oui. Pourtant, physiquement, elles avaient dû être bien différentes, appartenant chacune à des races que l’on pourrait qualifier d’opposées. De toute manière, ces réflexions n’ont aucun rapport avec le texte, étant donné que Shaïna n’est malheureusement pas au courant des idées de son camarade. Bien dommage, d’ailleurs, car ces derniers lui donneraient un vif plaisir, qu’elle goûterait plus encore que la caresse actuelle du vent. Ses cheveux s’emmêlèrent, et se lièrent entre eux, durant quelques secondes, alors que Nathy’ s’avançait vers elle, se décidant enfin à la suivre.

Elle se refit la même réflexion : il n’avait rien d’exceptionnel, mais elle le trouvait beau. Beau à sa façon, une façon digne et relevée, mais emprunte de la sauvagerie la plus totale, si agréable aux yeux de celle qui aimait la nature. Il avait ce petit côté craquant, entre la juvénilité et le passage à la dureté de la vie, qui ne laissait pas l’elfe indifférente. Elle ne pouvait pas non plus dire que cela faisait battre son cœur plus fort, au point qu’elle est l’impression qu’il veuille sortir de sa cage thoracique… Mais il ne la laissait pas indifférente, ce qui était déjà pas mal, vu les trophées qu’elle avait eu dans le passé. En même temps qu’elle se faisait cette constatation, sa voix, emprunte de la même mélancolie que sa personne, retentit. Elle esquissa un pas vers lui, souriante. Il lui fallut un certain temps pour comprendre ce dont il voulait parler – n’oublions pas qu’elle était blonde xD – et un ronflement amusé se fit entendre, sortant de sa gorge… Petit rite qu’elle avait avec ceux de sa race, pour exprimer son contentement. Elle n’avait pas tout de suite réagi au fait que Nathaniel n’était pas de sa race. S’arrêtant quasiment aussitôt, en diminuant le bruit, puis en le coupant totalement, de manière à ce que cela paraisse totalement naturel, elle répondit :


« Je pense qu’arrivés à ce niveau là, on pourrait même se tutoyer… »


Elle aurait put redemander son avis… Mais ce n’était pas une affirmation, alors il n’y avait pas de raison pour le faire. Elle n’obligeait pas son camarade du moment à le faire, mais elle précisait qu’elle-même le ferait sûrement. Elle avait envie de proximité, et le vouvoiement ne s’y prêtait pas du tout. Se remettant enfin en marche, se laissant guider par son instinct, elle observa de nouveau, sans gêne, le jeune homme, souhaitant croiser ses yeux une nouvelle fois. Il devait avoir envie de la même chose, ou bien n’était-ce que le hasard, car alors qu’elle allait abandonner, les émeraudes teintées de fauve constituant son regard croisèrent ses lapis-lazulis xD. Une nouvelle fois, les émotions la submergèrent, et elle s’abandonna tout naturellement à elles, se sentant en communion avec Nathy’.

Elle laissa échapper un bout de passion, mêlée à un flot de sentiments, tous différents, passant de l’amour à la haine. Toutefois, elle endigua rapidement tout ce qui passait, en clignant des paupières. Elle ne voulait pas se révéler si vite à quelqu’un restant un inconnu. Le nom signifiait beaucoup, et n’était pas à négliger… Mais un démon pouvait s’appeler Angélique. Moralité : toujours faire attention xD. S’il avait été observateur, toutefois, il aurait compris qu’elle avait un passé lourd… Très lourd… Et que la vie ne l’avait pas épargnée, elle non plus. En fait, elle vivait seule, et c’était sûrement ça qui la rendait folle – et peut-être aussi d’avoir une joueuse comme moi… ça peut être éprouvant ^^’. Elle n’avait pas d’amis, pas d’amour, si ce n’est des amours d’un soir, pas de famille. Il n’y avait personne d’autre qu’elle, et elle s’était toujours débrouillée seule.

Quittant les sublimes yeux de son camarade, elle fourra l’étoffe dans l’une des poches de sa robe, soigneusement pliée, pour éviter un quelconque vol, qui l’obligerait à révéler sa nature guerrière. Elle avait déjà eu quelques soucis comme ça, à cause de gardes un peu trop zélés, qu’elle avait dû quitter précipitamment Dommage, l’un d’eux se révélait plutôt mignon, tout du moins dans ses souvenirs. Tout cela datait d’une cinquantaine d’années, au moins. Flânant comme une touriste toute simple, elle s’approcha d’une première boutique, composée de pierres précieuses. La petite échoppe se révélait être une véritable arnaque, car la plupart des diamants n’étaient que du cristal, et qu’il n’y avait pas plus qu’une améthyste rouge, même si le terme rubis trônait au-dessus. Dédaigneuse, l’elfe plissa son nez, avant de changer d’endroit, attendant peut-être une parole de Nathy’.
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Nathaniel Mor'wan
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MessageSujet: Re: Sur les crocs ? [PV]   Mar 15 Avr - 16:38

Alors qu’elle lui souriait, Shaïna émit un petit bruit qui remonta élégamment du fond de sa gorge pour venir mourir sur ses lèvres. Le jeune homme eut un instant d’hésitation. Comment devait il comprendre ce … Ronronnement ? Comme un feulement appréciateur, ou bien plutôt comme une sorte de mise en garde quelconque ? Avait il fait ou dit quelque chose qu’il n’aurait pas dut ? Nath avait il eut un geste déplacé, un comportement tendancieux ? Il se remémora toute la scène avec une vitesse impressionnante d’analyse … Non. Pourtant non, il avait même été plutôt sage par rapport à d’habitude … Même si ce n’était pas l’envie qui lui en manquait ! Alors il ne restait plus que la première alternative, qui impliquait le contentement de Shaïna … Tant mieux après tout ! S’il réussissait encore à procurer un quelconque plaisir anodin à quelqu’un, cela voulait dire que l’esprit de Lisbeth n’avait pas totalement déserté son âme … Peut être était ce dû au contact d’une femme qui lui ressemblait, que ses envies et son désir de violence et de sang s’apaisaient. Oui, cette elfe au regard si étincelant et au sourire si optimiste était comme un baume sur son cœur de pierre.

A propos de son regard … Malgré l’étincelle qui y brillait, Nathaniel remarqua bien la douleur que sa propriétaire voulait cacher. Pour l’avoir maintes et maintes fois ressenties, Nath reconnut immédiatement cette souffrance lourde qui pèse sur vos épaules comme si le poids du monde n’était confié qu’à votre petite personne … De plus, son allure, inévitablement alerte et sur ses gardes, ne trompait pas. Elle avait du se défendre, souvent. Se battre, tuer même, peut être. Qu’en savait il ? Rien, il ne connaissait absolument rien de cette fille, et pourtant, pour la première fois depuis longtemps, l’idée d’apprendre à découvrir une femme autrement que par des gestes sans sentiments germa dans l’esprit perturbé du jeune homme, qui fut bien vite tiré de ses réflexions :


« Je pense qu’arrivés à ce niveau là, on pourrait même se tutoyer… »

Nath se figea sur place, en plein milieu d’une allée, ce qui eut pour conséquence immédiate de faire parvenir à ses oreilles délicates une série de jurons tous plus acides les uns que les autres. Cachant son trouble, et sans lancer la moindre excuse aux gens qu’il avait apparemment dérangés, le jeune hybride se remit à marcher comme si de rien était, son esprit tournant à toute allure. Ce n’était pas une proposition, plus une affirmation nuancée. Mais il n’avait plus l’habitude de tutoyer qui que ce soit. Le seul qui l’eut obligé à se plier à cette convenance inhabituelle était toujours à Tara, du moins de ce que Nath en savait. Gêné à l’idée d’exprimer son avis, le jeune homme prit la parole sur un ton quelque peu incertain :

« Je … Bien sûr, vous pouvez le faire. Mais pardonnez mon manque d’habitude, je ne peux pas m’y résoudre. »


N’ayant aucune espèce d’idée de la manière dont ses paroles allaient être reçues, Nathaniel se contenta de frôler la paume de la jeune elfe, en signe d’excuse contrite. C’était vraiment au dessus de ses forces. Déjà se trouvait il bizarre en cette journée, mais ça, il ne pourrait s’y résoudre. En effet, Nath n’avait toujours pas saisi la raison de sa présence ici, aux côtés d’une … Elfe, bénéfique à première vue. Que dirait Mikaël ? Certes, ce dernier ne l’avait toujours pas revu, et il était encore libre. Mais quelle drôle d’idée de profiter de ses derniers instants de calme en les passant avec quelqu’un qu’il pourrait tout aussi bien écorcher dans quelques semaines … La ressemblance avec sa sœur était certes une excuse de sa présence ici mais … Bon Dieu, il devait se forger le caractère, sans quoi il paraîtrait faible. Et Nath préférait encore mille fois la mort à cela.

A ces pensées, le jeune homme s’écarta de Shaïna, tiraillé entre son envie incompréhensible de rester, et son devoir de partir. Alors il trouva un compromis. Il considérerait Shaïna comme si c’était une vulgaire femelle, peut être future conquête, et ne resterait pas après que le soleil ait entamé le dernier quart de sa course dans le ciel. Nath sourit. Oui, c’était la solution, et il lui faudrait s’y tenir. Alors, pendant que sa compagne se penchait dédaigneusement au dessus d’une joaillerie à ciel ouvert, attendant manifestement une réaction de sa part, Nathaniel ne se rapprocha pas, la laissant regarder les pierres de pacotilles qui, pensa t’il, n’égaleraient jamais la pureté des yeux de l’elfe. Puis, soudainement, il prit conscience de ses pensées et secoua vivement la tête. Non, il ne devait pas s’attacher plus que nécessaire.

Nathaniel invita du regard la jeune femme à la suivre, et, sans s’en rendre compte puisque la Cité lui était inconnue, il rebroussa chemin pour revenir dans l’allée principale, là où le vendeur s’était vu délesté de sa plus belle monture. Celui-ci reconnut Shaïna -comment ne pas la reconnaître, telle beauté ne passait pas inaperçu dans la ville- et s’approcha d’eux avant de les apostropher vertueusement avec de grands gestes furieux envers les deux jeunes gens :


« Vous, là ! Où est mon cheval ? »

Nathaniel, énervé de s’être laissé emporté auprès de Shaïna et de son sourire renversant, prit les devants avant même que l’elfe ait pu rétorquer. Nathaniel glissa à l’oreille du marchand quelques mots avant que celui-ci réagisse. Nul à part les deux protagonistes ne sauront jamais ce qu’il s’était dit au centre de la ville, toujours est il que cela eut l’effet escompté. Le palefrenier, en effet, pâlit jusqu’à adopter un teint cireux et blafard, puis se liquéfia littéralement devant Nath avant de rebrousser chemin le plus rapidement possible que ses jambes et sa corpulence le lui permettait. C’était véritablement un spectacle affligeant, et le jeune serviteur de la Guilde ne put s’empêcher d’émettre un ricanement douteux. Il avait prit plaisir à ridiculiser cet homme qui, avant de partir, avait balbutié quelques vagues excuses inaudibles. Nath était satisfait. Il se tourna enfin vers Shaïna et murmura, en se rapprochant de son oreille :

« Pardonnez moi de m’être interposé entre ce rustre et vous … »

Si, un peu plus tôt, la douceur de Lisbeth imprégnait toutes ses réactions et paroles, à présent il n’en était rien. De nouveau lucide, et oublieux de son passé qu’il ne se rappelait déjà plus, Nathaniel était redevenu lui-même. La barrière dans son esprit avait de nouveau relégué ses souvenirs douloureux au fin fond de sa mémoire. Se rapprochant un peu de la jeune femme, il avait susurré ces mots comme s’il ne s’excusait pas vraiment, ou alors avec mauvaise foi. Nath était face à la belle et profitait de la vision qu’il avait sur le visage et la nuque de Shaïna. Il passa une main négligemment sur la joue rosée de celle-ci avant de coller sa propre paume sur la pierre froide du mur de brique, contre lequel sa nouvelle connaissance était presque adossée.

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MessageSujet: Re: Sur les crocs ? [PV]   Mar 15 Avr - 20:07

Shaïna aperçut le mouvement de recul du jeune homme. Pourtant, elle n'avait rien fait, si ce n'est observer des pierres. Elle se détacha donc de l'échoppe - qui d'ailleurs, ne valait pas vraiment le coup - et posa ses yeux bleutés sur Nathy'. Sourcils froncés, elle le vit prendre les opérations en main, et il lui demanda de la suivre. Il semblait si sûr de lui qu'elle se lança derrière lui sans difficulté, confiante quand à son camarade. Si elle savait à quel point son compatriote était étrangement différent, voir même méchant, elle ne serait pas allé à sa suite aussi naïvement. Pourtant, c'était bien ce qui arrivait. De son pas dansant, elle emboîta le pas de l'hybride, ses cheveux virevoltant dans la petite brise, son odeur se répandant comme une trainée séduisante autour d'elle. Il fallait le reconnaître : elle était absolument magnifique. Pas assez parfaite pour en être dérangeante - merci la petite cicatrice, et quelques autres détails - mais pas non plus commune, pour ne pas attirer l'attention.

Bien sûr, parfois, son physique lui causait quelques soucis. En effet, on oubliait difficilement une personne comme elle. Sa peau pâle choquait, contrastant étrangement avec ses habits vert sombre, renvoyant les rayons du soleil comme un miroir. Tranquillement, elle reconnut les alentours, mais ne pensa pas que le marchand avait fait un lien entre elle et le cheval. Pourtant, son arrivée et ses propos véhéments lui prouvèrent le contraire. Elle se raidit, imperceptiblement, prête à appeler son épée, ou tout simplement à réagir, lorsque Nathy' prit sa défense, la décontractant aussitôt, et la remettant en confiance - confiance qui, d'ailleurs, n'avait pas tant flanché que ça. Elle se contenta donc, tout naturellement, d'observer la scène qui, en effet, valait le détour... Ne serait-ce que par la différence entre l'assurance nouvelle du bis-fir, et l'énervement ridicule de l'humain.

Shaïna constata ensuite que ce dernier changeait, à chaque nouveau mouvement de lèvre de Nathy'. D'abord énervé et bagarreur, son rictus colérique se fana, pour se transformer en une grimace dépitée. Puis, ses yeux s'agrandirent, en deux ronds figurant clairement sa peur. Son teint devint blafard, sa pâleur contrastant trop violemment avec ses poils bruns, le rendant plus moche encore qu'il ne l'était déjà. Un tic nerveux agita son sourcil, qui se relevait dans un rythme de plus en plus rapide, et un tremblement vient bientôt le secouer tout entier. Enfin, il se retourna, balbutiant des excuses que même l'ouïe fine de l'elfe ne put comprendre, et disparut à l'autre bout de l'enclos, secoué, les yeux suppliants, sur le bord des larmes. Ses muscles se contractaient étrangement, et une pellicule de sueur mouillait son front, et collait son maillot à son énorme ventre et, pire encore, à son dos, dévoilant une sympathique dose de gras.

Le second caractère de la blonde se révéla alors, lorsqu'elle afficha ce rictus moqueur qu'elle avait parfois, lorsque quelque chose l'affligeait. Mélange de supériorité et de contrôle personnel, il était tout bonnement insupportable, pour quelqu'un d'entièrement bon. Elle le laissa disparaître, pour le replacer par un, plus aimable, devant l'hybride. Elle aurait donné cher, pour savoir ce qu'il avait été dit, mais elle était consciente que sa curiosité le ferait fuir. Le visage du jeune homme s'approcha, de façon magnétique, du sien, alors qu'il chuchotait dans son oreille, d'une façon particulièrement sensuelle, des excuses de "Bad boy". Elle eut soudainement envie de s'abandonner à cette voix... Mais quelque chose la retint : elle préférait le défi, à la cession directe. Il passa alors sa main sur sa joue, et s'appuya négligemment devant elle, comme s'il ne la considérait que comme un objet. Elle réalisa alors qu'il devait avoir un long passé de conquêtes derrière lui, tout comme elle, et que le jeu n'en serait que d'autant plus amusant, même si elle se trouvait étrangement attirée par lui, plus que par n'importe qui d'autre.

Elle approcha doucement sa bouche de la sienne et, au dernier moment, elle se déroba. Elle passa avec souplesse et grâce, mélange félin, sous le bras de son camarade, et lui lança un regard empli de passion provocatrice. Elle, paraissant auparavant uniquement bénéfique, révélait un caractère passionné et à forte tendance maléfique... Comme quoi, un être peut pousser le contraste de sa personnalité à son paroxysme. Jouant le même jeu que lui, elle se rapprocha doucement de son oreille, tout simplement irrésistible, et resta quelques instants ainsi, projetant son souffle chaud sur sa nuque, réchauffant insensiblement sa peau, aussi froide que le plus beau des marbres. Elle avait subitement envie de se blottir dans ses bras, mais elle choisit le contraire, autre chose. Elle lui chuchota, si bas qu'il ne pouvait entendre qu'en tendant une oreille attentive, si plein de cette douceur provocatrice, qui créait l'étrangeté de la jeune elfe, qu'il ne pourrait y résister qu'avec de vrais efforts :


"A vaincre sans péril, on triomphe sans gloire."

Une phrase sibylline qui avait longtemps dicté la vie de Shaïna... Et cette tradition perdurait à travers le temps, malgré les changements dans le caractère. Elle passa à son tour une main, plus chaude, sur la peau laiteuse de Nathaniel, créant une fois encore un rappel à ces mouvements qu'il avait effectué avant. L'envie se lisait dans ses yeux, mais elle ne savait pas s'il l'observait, tout à la contemplation du visage, si simple et si parfait, de son camarade. Ils formaient un parfait contraste et, pourtant, elle se sentait attirée vers lui comme un aimant vers un frigo [Tu remarqueras la finesse de la comparaison xD]. Elle avait envie de rester comme ça, d'y goûter plus, mais elle se l'interdisait. Pour le moment. Elle voulait connaître ses réactions pour s'autoriser plus, pour aller plus loin, pour le tester, pour savoir s'il valait vraiment son attention. Il n'était pas rare qu'elle s'offre des hommes d'un soir, mais elle hésitait, dans son cas... Etrange, la vie, parfois.

Elle virevolta sur le côté, et prit une distance respectable avec son camarade. Elle ignorait, en réalité, sa race. Elle voyait du Fir Bolg, mais elle n'en était pas sûr, d'étranges détails s'additionnant et créant, une fois encore, un saisissant contact. Son sourire, aguicheur, laissa place à une mimique plus franche, alors qu'elle laissait tomber un nouveau masque, cachant une fois encore ce qu'elle était vraiment. Elle envoya un doux regard, d'un bleu plus soutenu, preuve de son contentement, comme dernier signe, dernier appel, avant de s'approcher du mur et de s'y appuyer nochalamment. Elle était à moins d'un mètre de lui, son épaule effleurant quasiment sa main, et elle attendait simplement, un sourire ouvert, comme di rien ne s'était passé. Elle voulait connaître sa réaction, sa réponse... Elle voulait tout savoir de lui, mais elle se sentait prête à lâcher le morceau si lui ne voulait pas le tenir... Elle le goûterait juste une fois, au moins.


[T'as vu, j'ai pas été trop méchante ^^']
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Nathaniel Mor'wan
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MessageSujet: Re: Sur les crocs ? [PV]   Mer 16 Avr - 10:11

Nathaniel, qui était prêt à partir si la jeune femme montrait une quelconque réaction qui ne lui conviendrait pas, se vit retenu par sa « proie ». Celle-ci en effet, loin de se braquer et de hurler comme une furie ou bien de s’abandonner sans résistance dans ses bras, entra dans son jeu. Cela faisait longtemps que Nath n’était pas tombée sur une femme si intéressante. Elle n’était peut être pas si innocente que ça, en fin de compte … En tout cas ce fut cette réaction pesée et intelligemment mise en place qui eut le mérite de retenir sur place un jeune homme pourtant décidé à partir.

Il était heureux que le caractère de Nath soit aussi changeant. Ainsi, la rencontre devenait nettement plus attractive et plaisante à ses yeux. Heureusement pour les deux jeunes gens, Nathaniel Mor’wan était la plupart du temps tel qu’il était à présent. Froid, calculateur, mais aussi séducteur et joueur. C’était comme ça qu’il appréciait les femmes, goûtant au plaisir de leurs charmes sans pour autant s’y attacher. Des conquêtes, voilà ce qu’elles étaient. Et jamais femme ne pourrait se vanter d’être plus que cela aux yeux de jade de l’hybride. Ne jamais s’attacher, ne jamais offrir quelque considération à ses victimes, voilà qui était le propre du jeune homme lorsqu’il rencontrait une représentante de la gente féminine. Il en allait de même dans les moments, tout aussi exaltants à ses yeux, où il se devait d’ôter la vie. Merveilleuse adrénaline dans ses veines, splendide nectar suintant d’une plaie béante mais propre, jouissante apocalypse. Il n’y avait rien à faire, le meurtre était inscrit dans ses veines au même titre qu’une vie terne et sans autre but que de voir arriver la fin, la délivrance.

La schizophrénie apparente du jeune homme, directement liée à ses souvenirs, rendait les choses plus simples envers les autres. La majorité du temps, Nathaniel était comme maintenant, et alors il voyait les autres comme un profit qu’il pourrait éventuellement exploiter, de quelque manière que ce soit. Sinon, parfois, ses souvenirs adoucissaient sa vision du monde, et celui-ci se transformait alors à ses yeux, le poussant même à commettre des actes gratuits. Ou bien, tout simplement, son esprit dérangé lui dictait de la timidité et une envie incompréhensible de rendre son entourage plus heureux. Bref, il pouvait passer du pire représentant existant de la débauche et de la luxure, au plus serviable hybride qu’Erin avait porté. Heureusement pour lui et pour ses ambitions, rares étaient les instants de paix, et seuls des événements exceptionnels, comme la rencontre d’une femme qui aurait pu être sa sœur, parvenaient à lui tourner la tête et lui brouiller les idées.

Mais laissons les méandres spirituels du cerveau de Nathaniel, et penchons nous sur l’instant présent. Il se souvenait à peine de son attitude quelques instants auparavant, et se focalisait à présent sur le visage de Shaïna qui se rapprochait peu à peu. Elle approcha doucement sa bouche de la sienne et, au dernier moment, elle se déroba. Ce fut le signal de départ du jeu entre les deux jeunes gens. Impassible, il la laissa faire. Après tout, chacun son tour, en prenant tout son temps, les protagonistes se défiaient l’un l’autre jusqu’à expiration de leur patience ou bien jusqu’à ce que l’un d’eux cède à la tentation. Nath afficha un petit sourire goguenard alors que sa compagne de divertissement l’esquivait en passant sous son bras qui, loin d’être une barrière, avait été le déclenchement de leur petite mascarade. Le sourire coquin qu’elle affichait, renforcé par la brillance féline dans ses yeux, plus bleus que jamais, rendirent Nath impatient de connaître le déroulement de la mise en scène de Shaïna. Et il ne fut pas déçu.

Elle visa ensuite son oreille, comme lui l’avait fait un peu plus tôt, et s’immobilisa à quelques infimes centimètres de lui, si bien qu’il put sentir la chaleur de sa respiration sur sa peau glaciale. Nathaniel ne put retenir un imperceptible frisson sous cette différence de température. Apparemment, il n’était pas le premier à passer sous les gestes experts de la jeune elfe, et cela le rendit plus désireux encore de s’appliquer et de ne pas brusquer le jeu. Après une hésitation de la jeune femme, pendant les quelques secondes où Nath la sentit à deux doigts de craquer, celle-ci se reprit et lui murmura enfin, si bas qu’il dut se concentrer sur ses paroles qui lui créèrent un chatouillis infime dans son tympan si fragile.


« A vaincre sans péril, on triomphe sans gloire. »

Il n’y avait pas à dire, Shaïna savait s’y prendre. Chaque mot, chaque intonation ou frémissement de la voix était calculé et prédestiné à déclencher chez le jeune homme telle ou telle réaction. Mais, elle avait beau être absolument délicieuse, Nathaniel était plus résistant qu’elle ne semblait le supposer. En effet, pendant tout son petit manège, le jeune homme ne bougea pas d’un micromètre, ne laissant apparaître qu’un ou deux frissons sous la chaleur du souffle de la belle. Même ces mots, articulés avec une passion doucereuse, ne lui tirèrent pas un signe d’abnégation. Car, après tout, elle avait raison. Les divertissements accomplis sans efforts ne valaient pas la peine d’être vécus. Nathaniel pensait effectivement que le but ne comptait pas plus que cela, et que seul le chemin parcouru avait un véritable sens.

Encore. Encore ce contact chaud, doux et si différent de lui … Le contact de Shaïna lui était difficile à supporter sans broncher. Aussi, quand elle posa sa paume contre sa peau marmoréenne, Nath dut faire preuve d’une volonté de fer pour s’imposer encore un tant soit peu une immobilité totale. Ce qui l’aida à tenir fut le reflet évident de ses propres pensées dans les yeux de l’elfe. Il ne voulait pas craquer maintenant, et ce même sous le contact expert de la séductrice. C’était d’ailleurs étrange, jamais auparavant ses rencontres n’avaient véritablement résisté. Une nouveauté qui lui était plaisant de découvrir, cependant. Finalement, et ce comme si elle sonnait la délivrance de Nathaniel, la jeune femme se détacha de lui et glissa un peu plus loin, laissant entre eux une distance à la fois réconfortante et insupportable. Shaïna lui sourit plus franchement, avec moins de retenue. Qui était elle vraiment ? Une passionnée mangeuse d’hommes, ou une véritable jeune femme remplie de candeur ? En cet instant, oublieux de ses expressions si vraies qu’il avait aperçues sur son visage auparavant, Nathaniel penchait pour la première hypothèse. Et cela lui convenait parfaitement.

A présent, elle était revenue à son point de départ. Contre le mur, effleurant son avant bras toujours appuyé contre la brique froide. Elle paraissait innocente, mais également ouverte et presque incitante. C’était son tour, à présent. Parfait. Il comptait bien profiter du temps qui lui était imparti ! A son tour, il se décolla du mur puis se déporta sur le côté pour placer son visage d’albâtre face à celui de Shaïna. Il lui sourit, d’un de ses sourires carnassiers qu’il réservait à ses plus belles rencontres, et descendit sa main progressivement jusqu’à lui effleurer l’épaule d’un de ses doigts effilés avant de s'attarder sur la base de sa nuque. Puis il se pencha lentement vers elle, et frôla de son nez le front de la jeune femme. Il la surplombait en hauteur et en profitait pour l’enserrer dans son ombre qui se déployait de plus en plus sur le mur, au fur et à mesure que le soleil allongeait sa course dans le ciel. Enfin et seulement, il glissa son visage pâle en parallèle de celui, dégageant une douce tiédeur, de Shaïna. Nathaniel appuya furtivement ses lèvres sous le lobe de l’oreille droite de la jeune femme puis se redressa, tout aussi lentement qu’il s’était approché, abordant avec innocence le même sourire moqueur que Shaïna avait adopté après son « tour de jeu ». Puis il lui murmura suavement, empruntant à son répertoire le timbre le plus charmeur qu’il connaissait, avant de s’écarter totalement et définitivement de la source de son contentement immédiat :


« Vous avez raison, Shaïna. C’est tellement plus amusant ainsi … »

Il avait bien rit, intérieurement, savourant chaque instant, fermant les yeux par intermittence, puis les rouvrant pour suivre les réactions de la jeune femme … C’était vraiment un moment délicieux, cette « chasse » où chaque participant devait livrer une part d’eux même, faisant preuve de toute la volupté retenue dont ils étaient capable … Cependant, Nathaniel ne savait pas combien de temps encore il pourrait adopter cette attitude qui, pourtant, le définissait si bien. Voulait il vraiment faire souffrir Shaïna de cette manière, la plus abjecte qui soit car livrant, en accompagnement du plaisir occasionné, la douleur indéniable qui accompagnait immanquablement la désillusion dont chacun souffrait? Lui avait l’habitude d’avoir mal, et se blesser lui-même ne faisait que lui rappeler tout ce qu’il méritait. Et, d’ordinaire, appliquer ce genre de malaise aux autres ne le dérangeait pas. Oui mais … Shaïna ?

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MessageSujet: Re: Sur les crocs ? [PV]   Ven 18 Avr - 13:18

Allons donc ! Voilà que l’hybride s’inquiétait de l’elfe qui, pourtant, avait un passé bien plus long que lui. Il ne serait pas le premier homme à être séduit, et encore moins le dernier. Car la débauche à laquelle Shaïna s’autorisait n’était rien d’autre qu’un jeu, pour elle. Elle n’en était même pas à la moitié de sa vie, et elle voulait en profiter aveuglément, savourant chaque instant de bonheur comme si c’était le dernier, désireuse d’oublier son passé. Elle avait vécu beaucoup, longtemps et plus ou moins difficilement. Pourtant, elle gardait cette fraîcheur jouvencelle qui, mêlée à ce côté mature, la rendait purement et simplement irrésistible… Ce pouvoir, qui n’en était pas vraiment un, venait sans aucun doute de ce corps sublime, si parfait qu’on ne voyait que lui. Un jour, un homme lui avait dit que c’était sa liberté qui attirait les gens. Oui, elle était libre, purement et simplement libre. Et cela n’avait strictement aucune raison de changer.

Pourtant, Nathaniel était différent. Il réagissait différemment, pensait différemment, agissait différemment, se mouvait différemment… C’était peut-être ça qui attirait. Alors que la femelle se mêlait à la joie des autres sans soucis, le mâle arborait un visage triste et joueur, qui ne la trompait pas : il souffrait. Elle ne voulait pas être une cause de souffrance, mais s’amuser n’était rien, même si ça le deviendrait dans l’avenir, dans le futur. Elle souffla doucement, sa poitrine se soulevant un peu plus, et attendit qu’il se mette en marche, pour agir à son tour, avec toute la finesse dont elle le sentait capable. Il lui plaisait vraiment, et l’idée de passer le reste de la journée – et une partie de la nuit – avec lui ne lui déplaisait absolument pas. Au contraire, c’était sa seule envie du moment : profiter, toujours profiter du bonheur que la vie lui offrait, de cette rencontre insolite qu’on lui imposait, et qu’elle acceptait avec plaisir.

Enfin, il bougea. L’éloignement n’avait duré que quelques secondes, mais il avait été irrésistiblement douloureux. Pourtant, elle n’avait rien montré, pour respecter le défi qu’ils s’étaient lancés silencieusement, par leur regard. Il revint devant elle, leurs corps presque collés. Si ça avait été à son tour, elle aurait avancé un peu, pour qu’ils se retrouvent réellement l’un contre l’autre, mais elle ne bougea pas, se contentant d’un sourire ravageur. Il était à peine plus grand qu’elle, mais sa position appuyée la rétrécissait de cinq bons centimètres, et il la dépassait de presqu’une tête. Il lui rendit son sourire, un sourire de prédateur, qui ne surprit pas Shaïna. Elle ne réagit pas, provocante mais immobile, lui laissant son tour de jeu, savourant son haleine froide et mentholée. Seuls ses yeux témoignaient de ses sentiments, et elle dût faire un effort pour ne pas effleurer de ses longs doigts fins sa cicatrice.

Sa main se posa alors sur son épaule. Non, pas la main. Juste un doigt, froid et rassurant, tentateur et provocateur. Elle apprécia, mais garda le silence, économisant mots et expressions. Avec une douceur qu’elle ne lui soupçonnait pas, il remonta vers son cou, sciemment offert. Sa main vint se placer directement sur sa nuque, à la base de sa nuque, si froide, si délicate qu’elle lui tira un frisson exalté, seul signe de ses sentiments. Pendant quelques secondes, elle imagina avoir gagné la partie. Pendant une fraction de seconde. Pendant un temps, ridiculement court pour des personnes extérieures, incroyablement longues pour elle : il se pencha vers l’avant. Pourtant, il ne l’embrassa pas, mais posa simplement son nez sur son front, ses lèvres se retrouvant à peine plus bas que ses yeux. Sachant qu’il ne pouvait le voir, elle se laissa aller à loucher sur ses dites lèvres, finement dessinées, si parfaites. Il lui fallut un effort formidable pour ne pas aller à leur rencontre.

Il redescendit. Ils se retrouvèrent face à face. Elle refusa de rencontrer ses yeux, n’y glissant qu’une rapide caresse mentale. S’y attacher signifierait la difficulté de sa résistance, et elle ne voulait en aucun cas céder. Il comprit peut-être, car il se rapprocha de son oreille, et y posa un si délicat baiser que, malgré son ouïe extrêmement développée, elle n’eut absolument pas mal. Il lui répondit, ce sourire moqueur qu’elle maîtrisait si bien aux lèvres, et elle comprit que ce serait maintenant son tour. Pourtant, elle ne bougea pas tout de suite, cherchant une solution instinctive, qui ne tendrait pas vers sa bouche. Il lui fallut peu de temps, et elle se détacha silencieusement, d’un mouvement souple et si rapide qu’il n’en était pas humain – ce qui, en soit, était normal xD.

Nathy’ n’était pas bien loin, et elle le rejoignit sans mal, d’une démarche dansante. De sa démarche dansante. Captivante, elle utilisa ses cheveux, l’un de ses plus beaux atouts, en virevoltant près de lui. Elle n’hésita pas, et se colla à lui, savourant chaque muscle de son corps, désirant réchauffer sa peau glaciale contre la sienne, brûlante. Elle posa sa tête sur son épaule, et ce fut le silence, la proximité. Mais là n’était pas le Jeu. Le Jeu n’était que séduction. Alors elle se dégagea, calmement. Il céderait en premier, elle avait l’expérience. Elle enfouit son nez dans son cou, et souffla doucement. Réchauffer sa peau, réchauffer son corps, réchauffer son esprit… Voilà ce qu’elle voulait, ce qu’elle cherchait à faire.

Elle n’était pas satisfaite de son tour. Elle n’avait pas bien joué, elle l’avait raté. Alors elle s’éloigna et réfléchit. Elle cédait. Elle cédait irrésistiblement. Un coup de génie la frappa. Le jeu était de ne pas s’abandonner, non ? Elle revint, silencieusement, vers sa bouche, et s’arrêta face à lui, l’observant sans hésitation, maîtresse du jeu. De son jeu. Et puis elle avança, et plaça un furtif baiser sur ses lèvres rosâtres, avant de s’échapper, et de passer dans son dos, entourant sa taille de ses bras laiteux. Elle se pencha vers son oreille, un sourire déjà bien expliqué sur les lèvres et, provocantes, elle lui chuchota, jouant autre chose :


« Si tu me veux, viens me chercher, divine créature… »

Elle se détacha alors, lui lança un regard attirant et se fondit dans la foule. Elle voulait savoir s’il la retrouverait, et gardait, par l’intermédiaire d’un chat, sa proie à l’œil. En effet, elle communiquait par la pensée, promettant à l’animal tout le poisson dont il aurait besoin s’il exécutait ce petit service pour elle. Voir sans être vu… Elle s’effaça dans une ruelle, gravit un toit, sauta d’une toiture à une autre et s’arrêta sur une étable. Le bruit des animaux, en bas, la calmait. Elle se concentra sur son compagnon, qui échangeait avec elle les indications nécessaires. Serait-il capable de la retrouver ? Mieux, voudrait-il la retrouver ?
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Nathaniel Mor'wan
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MessageSujet: Re: Sur les crocs ? [PV]   Sam 19 Avr - 10:11

Malgré ses provocations et son détachement apparent, Nathaniel n’en menait pas large. Même ce divertissement ne lui suffisait plus pour occulter les bribes de souvenirs qu’il avait entraperçues ce matin. C’était dérangeant, de voir la plus grande partie de lui-même se donner à fond dans cette entreprise de séduction feinte, et une autre, plus petite, lutter contre la débauche à laquelle le jeune homme se livrait. Etrange, la bataille qui se déroulait sous son crâne tandis que son corps profitait des appels, de plus en plus fréquents, de Shaïna. Il se faisait presque peur, dans ces moments là, à moitié lucide et à moitié corrompu, troublé par ses propres réactions. C’en devenait incompréhensible, cette hésitation qui perdurait dans un coin reculé de son esprit …

Heureusement pour lui, le jeu continuait, prenant de l’ampleur, non pas par les gestes qu’ils émettaient, mais par la tension et la retenue à la limite du supportable qu’ils étaient forcés de contenir, au risque de tout voir se terminer brutalement. Cette électricité dans l’air avait le pouvoir de le détourner de ses noires pensées, et le jeune homme qu’il était se focalisa à nouveau sur l’instant présent. Pendant son tour de jeu, il avait sentit sa compagne à deux doigts de lui céder, frémissant sous son corps et ses caresses comme un oiseau en cage. Nath sentait qu’il allait gagner ce jeu, il gagnait toujours, car le désir qu’il pouvait ressentir n’était pas incontournable, car la déception faisait part intégrante de sa vie et qu’un peu plus ou un peu moins ne le troublait aucunement. De plus, la neutralité qu’il affichait malgré son apparent investissement dans ce jeu voluptueux le dégageait de tout attachement ou de toute attente, ce qui avait pour résultat de ne jamais lui faire connaître la peur de la déception d’un échec et que, par conséquent, il n’échouait jamais.

Douceur, moquerie, provocation … Nathaniel jouait sur tous les tableaux à la fois, alternant les trois et passant de l’un à l’autre en un éclair pour troubler, déstabiliser, surprendre ses proies. Cela marchait à chaque fois. Elles étaient séduites par sa confiance en lui et la provocation qu’il leur offrait, pour ensuite succomber à sa douceur qui n’avait pas d’égale et qui atteignait son paroxysme quand le jeune homme, moqueur, triomphait. Un scénario mille et une fois répété, et pourtant à chaque fois différent, car improvisé et exécuté sous une impulsion momentanée. Tout résidait là : cerner la cible et adapter, modeler chaque infime détails d’une comédie bien huilée dans le but de toujours surprendre, de ne pas être comme les autres, d’apporter un élément nouveau qui pouvait tout changer. Nath se délectait de cet instant, instable et toujours incertain, où le doute subsistait : L’approche était elle la bonne ? Cependant, jamais encore il ne s’était trompé, et aujourd’hui encore, même avec Shaïna qui lui avait semblée différente, il avait su trouver le meilleur moyen de l’approcher. Certes, celle-ci ne réagissait pas comme les autres, mais ce petit grain de sable dans sa mécanique ne lui apportait que plus ce charme …

A son tour, Shaïna hésita, réfléchit. C’était précisément cela qui allait la contraindre à la défaite, Nath le savait. Ne jamais penser. Se laisser aller, toujours. Finalement, elle bougea. De sa démarche de prédateur gracile, la jeune femme rejoignit Nathaniel d’un pas qui, se voulant léger, devenait mirage exécuté par cette elfe. Le jeune hybride ne put retenir un rictus devant cette danse, envoûtante et captivant ses sens. Des cheveux se mêlaient à la brise de la matinée, venant de temps à autre fouetter son visage impassible, ses yeux de jades fixés sur l’objet de son attention, sans se soucier le moins du monde des passants qui les regardaient, un mélange de crainte et d’admiration sans bornes dans leurs yeux ternes. Il était vrai que l’image que renvoyait ce couple si peu assorti ne pouvait qu’inspirer peur et respect, l’impression de danger que chacun diffusait se mêlant, les entourant d’une aura protectrice au monde extérieur. Une fois sa petite danse achevée, donc, Shaïna vint se coller contre le corps marmoréen de Nathaniel, comme si celui-ci était moulé pour recevoir ses formes à jamais. La chaleur qui se dégageait d’elle augmentait au fur et à mesure que la température corporelle du jeune homme diminuait. Bientôt, la différence serait telle que chacun sentirait le contrecoup de cet échange si étrange. Déjà, le froid qui avait toujours habité l’épiderme de Nath le brûlait, comme si une multitude d’épines se figeaient dans son corps, lui arrachant malgré lui une grimace, non pas de douleur mais d’approbation. Le bruit qu’il émettait prit un peu d’ampleur alors que la jeune femme restait là, dans l’écrin de sa peau de marbre, sa tête appuyée négligemment contre l’épaule de jeune homme.

Le silence s’installa. Horrible. L’attente, insupportable et surtout incompréhensible, se faisait ressentir dans chaque souffle des deux protagonistes, qui mêlaient leurs haleines. Nathaniel ne comprenait pas l’immobilité de la belle. Etait ce pour l’amener à céder ? Sans doute pas, la tentation était certes grande, mais pas insurmontable … Mais alors qu’attendait elle en se comportant de cette manière ? Jamais il ne céderait, jamais il ne lui offrirait le plaisir de gagner, toute sollicitude s’étant envolée loin de son esprit perturbé. Et, même quand elle enfouit son visage dans la nuque du jeune homme, il ne broncha pas. Et, pendant qu’elle ne le regardait pas, il afficha une moue de déception voilée. En avait elle déjà assez ? Avait elle atteint ses limites ? Bien sûr, ce n’était pas le cas, mais Nathaniel ne le savait pas. S’il avait pu lire son esprit, comme il aurait rit ! Allons bon, le réchauffer ? Lui accorder la quiétude de la tiédeur de son corps, de son âme ? Quelle idée saugrenue lui avait traversée la tête ! Il ne serait jamais de ces gens, s’enfermant dans le confort d’une existence confortable et d’un esprit sain. Il était définitivement atteint, irrécupérable. Ah oui, vraiment, quelle idée amusante l’esprit de Shaïna pouvait produire !

Le silence et l’immobilité perdurèrent, instaurant un certain malaise au sein de l’esprit de Nathaniel. Shaïna l’avait déçu, son tour ne s’était pas déroulé comme il aurait pu l’espérer… Alors qu’il allait se résigner à se séparer de son corps si chaud, celle-ci s’éloigna d’elle-même et, après un temps d’hésitation inutile, la jeune elfe revint vers lui et le regarda longuement. Puis, contre toute attente, elle céda légèrement en terrain. Nathaniel ne put s’empêcher de ricaner après ce baiser furtif mais prometteur. Maintenant qu’elle l’avait essayé, il savait bien qu’elle ne pourrait s’empêcher de recommencer. C’était d’ailleurs pour ça qu’il avait évité ses lèvres, ne voulant pas céder en volonté à la jeune femme. Mais le processus était engagé, et Nath savait bien qu’il avait d’ores et déjà gagné. Même quand sa compagne lui enserra le dos dans un cocon de chair et lui murmura quelques mots, il eut la force morale de ne pas bouger, se concentrant sur sa victoire imminente.


« Si tu me veux, viens me chercher, divine créature… »

Shaïna de détacha enfin, et disparut dans la foule qui avait grandit depuis leur première rencontre. Il sourit. Peut être croyait elle que le jeune homme allait tout mettre en œuvre pour la retrouver. Sans doute pensait elle qu’il lui vouait une certaine attention, particulière et subtile. Elle se trompait. Il avait perdu son jouet, tant pis, il savait qu’il avait gagné. Elle était partie avant de céder, n’était ce pas là une marque de victoire incontestée ? Ragaillardi par cette idée, le jeune homme se mit en marche à travers les gens qui ne le voyaient plus, saisi une pomme sur un étalage qui se dressait sur son chemin et s’enfonça dans l’obscurité des ruelles de la ville. Il était heureux, mais déjà son esprit volait loin des formes délicieuses de l’elfe et de sa voix si envoûtante.

Pendant qu’il passait sous une étable, Nathaniel sentit un parfum qui lui était familier. Il s’approchait des limites de la ville mais ralentit le pas dans ce périmètre justement. Quelque chose lui disait que sa victoire serait peut être encore plus majestueuse d’ici quelques secondes. Nath sourit, joueur de nouveau et surtout impatient d’observer sa proie lire la victoire dans son regard émeraude. Il espérait qu’elle serait bonne joueuse, sinon son départ serait plus précipité encore. De toute façon, il ne comptait pas s’éterniser et, comme ultime provocation à l’adresse de la jeune femme, il lança dans l’air le reflet de ses pensées. Après tout, c’était un hasard qu’il emprunte cette route et la jeune femme était intelligente, jamais elle ne croiserait qu’il l’avait cherché, une pomme d’un rouge immaculé qu’il porta à sa bouche, entamant à peine la pureté de cette peau cramoisie.


« Nul n’est besoin de chercher si tu viens à moi … »

Si le tutoiement avait été ici employé, c'était sans nul doute parce que sa réplique n'était adressée qu'à lui même, et à personne d'autre. En effet, les mots, à la limite de la pensée, n’avaient pas résonnés dans la brise de la matinée, et Nathaniel était persuadé que Shaïna ne l’avait pas entendu. Et même dans ce cas, quelle importance ? Malgré la fierté qu’il avait lue dans les yeux océan, le jeune homme savait qu’elle pourrait s’avouer vaincue à ce petit jeu. Il lui faisait confiance sur ce point.

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MessageSujet: Re: Sur les crocs ? [PV]   Ven 2 Mai - 18:54

Shaïna écoutait, avec patience, assise sur le toit de bois mort que composait la chaudière. Elle se laissa aller contre la petite cheminée, confortablement installée. Il ne lui aurait manqué qu’un petit quelque chose à déguster, pour que son plaisir atteigne son paroxysme. En effet, il n’en fallait pas plus à la jeune elfe, qui savait profiter de bonheurs simples. Elle se rendit vite compte – en fait, elle l’avait compris avant même de partir – que Nathy’ ne la suivrait pas. Eh bien tant pis, elle en trouverait un autre, qui lui procurerait ce plaisir décadent qu’elle chérissait entre tous. Ses yeux, d’un bleu plus soutenu que la normale, se perdirent dans l’immensité du ciel, et elle se laissa aller à de sombres réflexions, qui n’appartenaient qu’à elle. Lentement, chacun de ses muscles se détendirent, si ce n’est le sourire qu’elle affichait avec provocation, les yeux mi-clos. Elle n’avait pas congédié le chat, et ne le ferait pas tant qu’elle n’aurait pas payé son dû. Elle le ferait, bien sûr, car elle n’avait qu’une parole, plus réelle encore avec les animaux qu’avec les humains… Mais plus tard car, pour le moment, elle savourait la caresse du soleil, qui faisait briller ses cheveux, et laissait transparaître des éclats rosés qui lui étaient particulier.

Pourtant, ce semblant de quiétude fut brisé. Brisé par une information, susurrée par le chat. Nathaniel venait par là. C’était aléatoire, et totalement incongru, mais il revenait vers elle. Elle n’était pas assez bête pour penser que c’était pour elle, qu’il passait par là. La grange se trouvait à l’embranchement d’une ruelle sombre et d’une, plus marchande et que l’on pourrait qualifier, jusqu’à un certain point, d’animée. C’est dans la seconde qu’il se trouvait, une pomme à la main. Pomme volée, au passage, comme l’avait noté l’adorable animal. Mais ce n’était pas Shaïna qui allait critiquer ce geste, pourtant plus que critiquable : c’était une des pires voleuses que la terre ai portée. Lentement, elle se décolla de la cheminée et s’étira, ne retenant pas un bâillement. Elle baillait toujours, après un instant de repos, plus ou moins mérité, plus ou moins long. Elle observa, simplement, pour le moment.

Après avoir congédié le chat – elle avait maintenant ses propres yeux, elle fixa Nathy’, et sa démarche assurée qu’elle avait trouvé, dès le début, craquante. Il pouvait passer passe-partout, pour n’importe qui ne sachant pas combattre. Mais dès que l’on savait manipuler une épée, on notait la fluidité de ses mouvements, ses regards furtifs, qui semblaient consigner chaque détail dans une partie reculée du cerveau, la panoplie de poignard sciemment cachés sous ses vêtements… Vêtements qui, quoique très class’, lui laissaient une grande possibilité de mouvements, comme s’il avait prévu de pouvoir à tout moment combattre. Je ne parlerais pas de l’éclat combattif de ses yeux, ni de ses muscles qui, même s’il semblait fin, voir fluet, étaient bien rôdés. Bref, revenons aux mouvements de l’adorable créature. Elle avançait de ce pas élégant lorsqu’elle sentit son odeur. Non pas que Sha’ ai une odeur particulièrement forte, mais lui semblait particulièrement fin. Il chuchota quelque chose que l’elfe, malgré ses efforts, ne comprit pas entièrement. Elle parvint toutefois à saisir quelques mots, qui lui donnaient grossièrement le sens de la sentence.

Avec souplesse, comme l’aurait fait un chat, elle sauta de son muret, et atterrit quasi-silencieusement prêt de Nathy’. Plus exactement derrière lui. Avec agilité et malice, elle tendit la main et saisit la pomme, dans laquelle elle mordit, sans gêne, avant de la lui redonner. Il n’avait pas réagi mais, déjà, elle était habituée à ce côté neutre qu’il se donnait. Ne pas lire les émotions d’un ennemi était synonyme de danger… Mais, jusqu’à preuve du contraire, le brun n’était pas un ennemi. Tout ça, exécuté en quelques secondes, lui donna l’occasion de revenir devant son camarade, et de scruter de nouveau son visage, pâle comme la mort, qui avait la pureté d’une étoffe de soie. Elle ne pouvait toujours pas se départir de cette apparente beauté qu’il lui offrait, sans même sans rendre compte, et dont elle profitait avidement. En effet, il était rare de rencontrer un visage aussi parfait qui, malgré tout, était dérangeant. Dérangeant par la froideur qu’il dégageait. Enfin, dérangeant pour un vulgaire celte, qui ne voyait en lui qu’un homme normal… Ce qui n’était pas le cas de l’elfe.

Consciente que le Jeu avait pris fin, elle laissa son instinct la guider entièrement. C’était celle que Nathy’ pouvait comparer à Lysbeth qui revenait… Avec une infinie douceur, elle caressa la joue du garçon, comme une ultime caresse, qui ressemblait à un adieu. Elle n’avait pas envie de partir, mais ressentait étrangement que c’était ce qu’elle devait faire. Et puis… Et puis non. Elle ne pouvait s’y résoudre, comme fascinée par son compagnon de quelques heures. Pour la première fois depuis longtemps, elle avait envie de connaître quelqu’un, sans pour autant aller plus loin que ce qu’ils avaient déjà vécu. Elle savait que les hommes n’aimaient pas partir, s’éloigner, et elle ne voulait pas faire souffrir le fir-bolg, même si elle pressentait qu’il avait l’habitude. Alors elle ne bougea pas, et ne dit rien, se contentant de laisser ses yeux flotter dans ceux, émeraudes, de celui qui lui faisait face. Un instant magique, pour elle du moins. Et puis, il fallut que tout soit brisé, même si elle désirait qu’il dure une éternité… C’était prévu, voir même nécessaire, cette rupture. C’est la façon dont ce fut fait qui tira à Shaïna un sourire amusé. En effet, un miaulement mécontent monta jusqu’à leurs oreilles et, d’un même mouvement, ils baissèrent la tête vers le chat, qui se tenait entre eux, quémandant sa rançon.

C’était comique, et voir que la vie reprenait son cours était presque rassurant. Elle se pencha vers lui, et lui gratta doucement la tête, lui tirant un ronronnement satisfait. Puis, elle se redressa, le chat dans les bras. Ce dernier avait les yeux clos, et l’amour confiant qui liait les deux êtres était visible. Enfin l’amour… Tout est une question de point de vue. Elle secoua doucement sa chevelure, non plus dans l’idée de draguer, mais plus par tic, pour meubler le moment, pour rompre le charme qu’exerçait sur elle Nathy’ et se recentrer sur le chat. Enfin, les idées de nouveau claires, et la conscience tranquille, elle se souvint de sa promesse, qu’elle allait tenir maintenant. Soit ce passage mettrait un terme à leur rencontre, soit il leur permettrait de continuer encore un peu à s’apprécier… S’il l’appréciait, évidemment : ce qu’elle ressentait n’était pas toujours réciproque, sauf quand il s’agissait de la haine. Sa voix, claire et flûtée, s’éleva :


« Je vais acheter du poisson. Viens, si tu veux. »

Elle avait dit ça naturellement, comme si on le disait dans ce qui ressemblait plus ou moins à un rencart entre deux personnes de sexe opposé. Elle reposa le chat au sol, avec cette infinie douceur qu’elle avait montré peu de temps auparavant, en caressant la joue de son compagnon, et se mit en marche, vers une petite échoppe, qui présentait son lot d’animaux. Cette vue lui tira une moue dégoutée. Mais revenons un peu en arrière : le terme « acheter » avait été un abus de langage. En effet, elle n’éprouvait aucune réticence à utiliser ses pouvoirs, cette fois-ci, et le commerçant tomba immédiatement sous son charme qui, il est vrai, était assez durement supportable, pour un être masculin normalement constitué… Ce qui n’était, visiblement, pas le cas de Nathy’. Le marchand lui donna trois gros poissons, dans une espèce de panier légèrement troué. Malgré la répulsion qu’elle avait à trimballer des animaux morts, elle eut la délicatesse de porter le tout dans une ruelle adjacente avant de le donner au le chat. Ce n’est qu’à ce moment qu’elle se retourna, pour voir si Nathaniel l’avait suivi… Ce qu’elle savait sûrement déjà, malgré cet instinct primitif digne du plus idiot des humains.
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Nathaniel Mor'wan
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MessageSujet: Re: Sur les crocs ? [PV]   Dim 4 Mai - 14:03

Tandis que Nathaniel affichait un sourire entendu à la pensée de ce qui allait suivre, il sentit un imperceptible mouvement d’air sur sa joue. Stoïque, il ne bougea pas d’un poil, attendant l’arrivée de celle qui, il l’avait deviné, ne pouvait s’empêcher de prolonger leur rencontre. Voilà, elle était derrière lui et déjà, espiègle, elle saisissait au passage le fruit qui, un instant plus tôt, se trouvait entre les doigts pâles de Nathaniel. Sans se retourner, il attendit qu’elle exécute son impolitesse et remette son butin volé à un voleur au creux de sa paume. Le jeune homme, s’il ne trouvait pas indispensable de faire face à sa compagne, baissa un regard réprobateur vers son déjeuner et, avec une moue de dénigrement, laissa tomber son bien dans la terre battue du chemin, à l’écart des pavés polis par les ans des artères centrales. Il n’aurait plus qu’à se trouver un autre casse-croûte à la sortie de la ville, et Nath espérait qu’un détour ne serait pas utile, ce qui rallongerait sa route et lui ferait perdre du temps, seule chose qu’il appréciait posséder et dont il se trouvait déjà trop privé depuis le début de la matinée. Car après tout, que lui avait apporté cette rencontre, si ce n’est un peu de frustration étouffée en majeur partie par la satisfaction d’une victoire ? Le contentement, comme toute émotion, s’envolait rapidement, et tout ceci n’avait aucune importance.

Son raisonnement, aussi logique et pragmatique soit il, comportait une faille. Une petite écharde dans une mécanique si bien entretenue, et cette défaillance avait un nom. Gabriel. Face à lui, les émotions affluaient comme l’écume est attirée par le rivage. Pour un regard, un sourire, Nathaniel se savait capable de rougir. Rougir. Lui, Nathaniel Mor’wan ! Affligeant et pathétique. Pourtant, les faits étaient là. Même s’il se trouvait ridicule, les sentiments que ce jeune ange blond faisait naître en lui ne lui apportaient qu’un contentement durable. Contrairement à ses autres rencontres, où le plaisir était certes au rendez-vous, mais indubitablement et inexorablement accompagné d’une douleur passée qui refaisait surface, les moments passés aux côtés du jeune Jeevas ne l’avaient jamais fait souffrir. Il se doutait bien que c’était complètement utopique et déplacé de penser à lui à cette fréquence malvenue. Mais qu’y pouvait il ? L’attrait magnétique, la curiosité, l’admiration, le désir … Pouvait on décemment réfuter ces sensations ?

Alors que le doux visage de l’objet principal de ses pensées flottait devant ses yeux, Nath fut dérangé par le regard scrutateur de Shaïna, qui le contemplait sans retenue, s’abreuvant de son visage jusqu’à n’en plus pouvoir, jusqu’à ce que la finesse des traits brûle le spectateur, comme le soleil punit ceux qui osent l’admirer de trop près. Puis, et avec une douceur infinie qui l’avait auparavant séduit, le jeune elfe frôla sa joue, et dans ce geste de tendresse, on ne pouvait s’empêcher d’y déceler une note finale, un épilogue à quelque chose qui n’avait jamais réellement débuté. Une fin sans le début, en somme. La jeune femme, fascinée, ne put finalement pas se résoudre à quitter Nathaniel, et ce dernier y voyait là comme la preuve ultime de sa victoire. Car l’hybride jouait toujours, et c’était la seule raison de son immobilité, au milieu de la rue crasseuse, une pomme à moitié entamée à ses pieds. Beau joueur, il plongea les émeraudes qui lui tenaient lieu de regard ourlé de cils étonnamment longs, dans celui de Shaïna. Il attendit, patiemment, quelque chose. N’importe quoi pour rompre l’ennui qu’il commençait à ressentir. Bien sûr, il ne pouvait se douter de la magie que ressentait Shaïna dans ce regard. C’était au dessus de sa compréhension.

Elle n’avait rien compris, en naïve qu’elle était. Il ne suffisait pas d’un peu de douceur pour le séduire, ni même d’une ardeur au jeu, quoique cela ait tendance à accélérer les choses et bouleverser l’ordre qu’imposait la bienséance. Car, quant Nathaniel était ainsi, froid, calculateur, insensible ou presque, la douceur ne paraissait à ses yeux que comme une marque de faiblesse, une preuve tangible de mièvrerie et une source de mépris de sa part. Parfois, cette fragilité qui trônait à présent dans le regard de Shaïna, pouvait le toucher. Mais c’était rare, car pour cela il fallait que son esprit névrosé montre une faiblesse, la seule qu’il avait. Il devait se souvenir. Se rappeler Lisbet’h, sa douceur, sa tendresse, son amour … Heureusement pour lui, ces crises de lucidité était quasi inexistantes, et ceux qui en avaient eu connaissance n’obtenait jamais cette grâce deux fois dans une vie. Aussi Shaïna se trompait elle sur lui, et son véritable caractère. Il n’était pas comme avant, et le plus intéressant était qu’il en avait même pas conscience ! Qu’il était beau d’être amnésique en partie, ou du moins de posséder un esprit assez fin pour se compartimenter tout seul, et ne laissait filtrer que ce qui était indispensable dans son passé.

Enfin, la lourdeur qui commençait à peser sur l’instant présent, disparut. La protestation animale monta jusqu’à leurs oreilles, arrachant un sourire à l’elfe, et un haussement de sourcils à Nath, qui baissa finalement la tête en même temps que la jeune femme, pour découvrir un chaton quémandeur de nourriture. S’il méprisait les humains en général, Nathaniel ne tenait pas responsables les animaux pour la décadence qu’instaurait le monde actuel, et les avaient toujours respectés, au même titre que sa part animale, qui était d’après lui le meilleur de lui-même. La race non humaine était ainsi, au même titre que les deux faces qui le composaient, la seule composante de la Vie qu’il fallait considérer comme tel. Shaïna se baissa, et saisit le félin par le coup pour l’installer entre ses bras fins, lui arrachant des ronronnements gutturaux sous des caresses qui semblaient bien agréables. L’attrait du chat pour sa nouvelle compagne ne faisait aucun doute. Une promesse de bon temps, d’attention et de nourriture, et vous pouviez rameuter toutes les bêtes de la ville et les amener à vous aimer jusqu’à ce qu’elles obtiennent satisfaction. Finalement, la jeune femme secoua les cheveux, sans doute aussi élégamment qu’un peu plus tôt, mais de façon moins envoûtante, car Nath n’y prêta même pas attention, ce qu’il fit à peine plus alors qu’elle lançait nonchalamment une invitation à la suivre :


« Je vais acheter du poisson. Viens, si tu veux. »

Nathaniel releva un sourcil narquois, et un rictus moqueur naquit sur ses lèvres. Etait il du genre à suivre une femme, la regarder voler du poisson et l’offrir à un chat ? Eh bien non. Aussi, quand elle reposa doucement le chat au sol, et qu’elle s’éloigna vers un vendeur susceptible de se laisser naïvement séduire et manipuler, Nath jeta un dernier regard vers cette elfe, qui ne l’avait même pas assez diverti à son goût. Dommage, c’était plutôt bien parti. Mais, et comme toutes les autres, elle n’avait pas tenu la route. Le jeune homme soupira, et se dit qu’en définitive, les petites expériences qu’il vivait avec les membres de la gente féminine ne faisaient que le conforter dans son idée. S’attacher était illusoire, seul le plaisir immédiat comptait, car aucune donzelle ne pourrait lui passer la corde au coup et l’anneau au doigt, justifiant jour après jour son amour démesuré pour lui. Ridicule, totalement absurde, et à la limite de la farce. Le syndrome amoureux ne l’atteindrait jamais, et sous aucun prétexte il accepterait une bague.

Une bague … Un anneau ! Nathaniel baissa les yeux sur sa main droite, et un sourire tout nouveau vint obscurcir son visage. Ce paradoxe, et la noirceur de cette démonstration habituelle de joie, sonnait le glas pour lui. Il était temps, après avoir tant et tant repoussé cet instant, de partir. Quelqu’un, au moins, n’attendait de lui que ce qu’il était en mesure de donner. Mikaël Eòghan. Son nouveau maître, et le seul jusqu’à la mort. Il devenait urgent de se présenter à lui comme serviteur, puisque Nath pensait s’être suffisamment délecté de sa liberté temporaire. Dès à présent, et ce jusqu’à la fin, il n’obéirait plus qu’à lui-même, et son but serait celui de son maître, et sa protection son principal intérêt. Nathaniel était prêt à oublier qui il était pour endosser le rôle de quelqu’un d’autre. Mais était il prêt à abandonner certains souvenirs, tout nouveau ? Il les avaient forgés, remplaçant les anciens, trop douloureux, par d’autres, apaisants. Saurait il faire abstraction du lien inattendu qui le reliait inexorablement à un certain jeune homme aux cheveux d’or ? Jusqu’où pouvait il supporter de faire des sacrifices ? Un seul moyen de le savoir : Partir. Et c’est ce qu’il fit, s’éloignant vers les murailles, sans se retourner, sans se soucier des étalages de nourriture qu’il voulait pourtant alléger. Il n’était plus Nathaniel Mor’wan, juste un serviteur à la recherche de son maître.

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