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 Précipitation fructueuse [PV]

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Nathaniel Mor'wan
~> Dépressif Suicidaire A Vie, Cireur de Bottes de Misky et Grand Amour de Fall <~
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MessageSujet: Précipitation fructueuse [PV]   Mer 14 Mai - 13:29

Une cascade de gouttelettes de rosée matinale s’abattit sur les épaules du jeune homme, qui frissonna à ce contact délicieusement frais. Il ferma les yeux, et soupira de contentement. Les derniers jours avaient étés agréablement surprenants, lui offrant certaines choses qu’il croyait avoir oubliées. Le désir, l’envie, la satisfaction. La gêne, et la peur, aussi. En clair, tout un tas d’émotions paradoxales mêlées à un grand contentement. La ville, en même pas 72 heures, avait gagné plus d’importance aux yeux du jeune homme qu’elle n’en avait eu jusqu'alors. Tara. Il reviendrait, il le savait. Les murs des maisons, à présent familiers, ne le verraient pas de sitôt partir définitivement. Trop de bon temps lui avait été offert le long de ces ruelles étroites, trop de pensées lui étaient venues à l’esprit dans ces tavernes, trop de sons délicieux et de rencontres agréables il avait fait, pour qu’il les oublie ainsi. La capitale possédait trop d’atouts majeurs pour qu’il n’y revienne pas. Et, même si l’inconvénient de se mélanger aux simples gens l’incommodait, cela restait un tribut raisonnable. Dans tous les cas, le jeune homme y gagnait. Et de beaucoup !

Nathaniel secoua une fois de plus sa tête, faisant dégringoler le long de sa peau gelée les larmes de l’aurore. Après avoir quitté Gabriel, il se souvenait avoir passé le reste de la nuit ici, à attendre il ne savait pas quoi. Réfléchir. Plonger une dernière fois dans le souvenir des iris translucides de sa rencontre, se perdre encore dans les reflets de sa chevelure miroitante, voyager tel un ectoplasme au travers des rues, désertes en cette heure matinale, pour rejoindre cet homme si singulier, rencontré lors d’une journée pas si anodine. Pour la énième fois, Nath se repassa le film de ces derniers jours. La rencontre, la balade, la taverne, et surtout … Le jeune homme ne put retenir un rictus appréciateur. Le reste ne pouvait décemment pas s’énoncer à voix haute. Seules les images, toujours aussi vives, pouvaient réinventer les sensations vécues. Si la fréquence de cette séquence fort agréable ne semblait pas le déranger outre mesure, Nathaniel se demandait déjà quand viendrait le moment de revenir en ces lieux. A Tara. Entre ces murs qui abritaient le quotidien de Gabriel.

Le jeune hybride ferma les yeux, convaincu, si ce n’était pas déjà le cas, de sa folie déclarée. Il n’avait même pas encore quitté la ville ! Et puis, à présent, il se devait de continuer sa route vers la Tour Déchirée, qui, il le savait, l’attendait quelque part. Et avec elle son nouveau maître aux mains d’albâtre, et le Dieu qu’il –et donc lui-même, par conséquent- servait. Enfin, tout cela était encore trop loin pour qu’il réalise vraiment le réconfort de ce marché. Oublier. Oublier Lisbet’h, et Gabriel. Oublier la distance, le manque, le besoin, l’addiction. Oublier les sentiments. Vivre dans l’unique but de mourir, paroxysme jouissif entre tous. La Délivrance, en somme, et l’affirmation de son côté qu’il savait sans pitié, en dépit de celui, ridiculement tendre, qu’il tenait de sa sœur. Oublier et payer. Sa dette, lourde de sens, pesait sur son cœur comme un poids de regrets et de rancune dont il n’arrivait pas à se détacher. Ce lien malsain le retenait sous la houlette de Mikaël Eòghan, et ce jusqu’à ce qu’il puisse s’en acquitter, par diverses actions le conduisant peu à peu vers sa mort, inévitable, cette fois ci. Nathaniel espérait que la prochaine fois serait la bonne, et le fait qu’il ne soit pas assez bête pour croire à une deuxième « bonne action » de son sauveur, ne faisait que renforcer sa foi.

Tandis qu’il s’enfonçait dans de noires pensées, comme à l’accoutumée, Nath sentit sa vision se brouiller sous l’humidité d’une goutte d’eau dans son œil. Le jeune homme plissa les paupières, faisant ainsi rouler le liquide sur sa joue jusqu’à ses lèvres entrouvertes, qui recueillirent ce trésor avec une note d’appréhension, chassée bien vite par un intense soulagement. L’eau n’était pas salée. Ce n’était donc pas autre chose que la rosée matinale qui le recouvrait depuis qu’il avait terminé la nuit ici, perché sur un toit qui surplombait la ville, juste devant les frontières de celle-ci. Nath avait eut peur, un instant, que sa sensiblerie, un peu trop présente ces derniers temps, l’ait emporté sur son caractère froid et distant, et que les barrières imperceptibles de sa souffrance passée ait cédée. Mais heureusement pour lui il n’en était rien, et un geste négligent de la paume suffit à chasser l’impromptue gouttelette hors de son iris, qui se fixa, ainsi que son conjoint, sur le paysage alentour.

Cela faisait une heure environ que la lune avait fait place au soleil, et pourtant Nathaniel la regrettait déjà. La Lune, glaciale, si belle et si inaccessible, lui paraissait être une amie de toujours, aussi narquoise que compréhensive, offrant un réconfort mesuré pour vous faire vous sentir plus seul encore. Sa lumière, certes rassurante, vous promettait ainsi une vie meilleure, qui se reflétait dans la lueur des rayons nocturnes, et tout cela se démentait dans sa raideur, sa distance et surtout sa froideur, meurtrière dans l’esprit comme dans le corps. La douleur physique qu’infligeait cet astre à Nathaniel lui manquait, ou plutôt était ce la constatation, faite sans joie, de se sentir encore en vie, qui lui évoquait ce manque. Car malgré son désir de mourir, le jeune homme avait besoin de se sentir en vie. Un besoin inexorable, insatiable et surtout incompréhensible. Sous la chaleur du soleil, donc, Tara s’éveillait peu à peu à mesure que les champs alentours se coloraient de nuances chaudes, évocatrices. A perte de vue, la lande s’étendait et florissait, et l’on pouvait déjà apercevoir les paysans, à la tâche bien avant le lever de l’astre solaire. C’était amusant, de les voir se démener comme des esclaves, alors que les citadins et bourgeois de la capitale se trouvaient encore dans leurs couches respectives, en compagnie de leur oreiller ou de leur femme, selon. Le contraste entre eux était aussi choquant que celui entre Nathaniel Mor’wan et le reste du monde. Si les manants et les aristocrates évoluaient dans deux univers différents, le jeune hybride appartenait également à un autre monde. Il serait inutile de vous en décrire les raisons, car son esprit n’est pas accessible à tous, et encore moins à lui !

Nath releva le visage, se passant la main au milieu des mèches noires anthracite, pour faire tomber les derniers résidus des giboulées matinales, puis il se redressa, prêt à se hisser sur ses pieds d’un instant à l’autre … Oui, voilà. Les portes s’ouvraient sous la pression des muscles bandés des gardes, et sous la direction du gérant de la ville. Nath sauta à bas de son perchoir, sans faire attention aux deux trois animaux qui partirent en fuyant, sans se demander qui était cette brute tombée du ciel. L’attente de ce moment n’avait été qu’une excuse pour rester un instant de plus à regarder cette place qui abritait une personne, qui à présent comptait pour lui, et pour graver dans sa mémoire des instants qu’on ne pourrait pas lui enlever. Puis le tout avait été soigneusement enfermé derrière la barrière protectrice de son esprit, plus accessible cependant que le compartiment « Lisbet’h ». Maintenant que son alibi ne tenait plus, la précipitation de partir l’envahit et Nath était presque arrivé aux portes qu’il sentit une résistance sur son flanc gauche. A peine eut il prit le temps d’y jeter un regard que la personne qu’il avait bousculée tombait déjà. Nath, sur un réflexe, la rattrapa par la taille et amortit sa chute en soutenant sa nuque avant de baisser les yeux vers la malchanceuse, qui se retrouvait à présent dans ses bras. Une femme. Ou plutôt une jeune femme, plus jeune que lui. Et qui plus es, charmante, ne put s’empêcher de remarquer Nathaniel.

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Merediana Dewey

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MessageSujet: Re: Précipitation fructueuse [PV]   Lun 19 Mai - 20:17

Merediana était tièdement blottie sous les couettes et l’édredon de son lit. De pâles rayons, tout juste arrivés, perçaient malgré les rideaux épais. Les cheveux en bataille, en auréole étalée sur l’oreiller, elle dormait encore à poings fermés. Elle avait longuement songé la veille à sa rencontre avec l’Elfe près du temple de Douar, et plus exactement au sanctuaire de Fall. Bien sûr, lorsque sa tante lui avait demandée ce qu’elle avait fait de sa journée, elle ne lui avait pas racontée cette brève entrevue, d’autant plus que la sœur de sa mère aurait fort peu apprécié le contexte, notamment l’endroit. Du coup, elle s’était endormie plus tard que d’habitude, vers vingt-trois heures, sans avoir pu se concentrer sur le livre sur l’histoire de la capitale qu’elle devait finir pour la semaine prochaine. Ses rêves, dont elle n’aurait aucun souvenir à son réveil, avaient été paisibles, détendus, contrairement à certaines périodes où les brumes avaient un goût amer qui la laissait abattue.

Bref, vers l’aube, sa tante entra d’un pas vif dans la pièce, ouvrit sans ménagement les rideaux et houspilla rapidement l‘endormie pour qu’elle se lève « enfin ». Orlaith était une matinale, pour qui le lever idéal se situait entre cinq heures et six heures du matin. N’en déplaise à Merediana, qui préférait nettement les réveils plus tardifs, vers huit heures ou neuf heures. En général, cela dépendait de l’humeur de sa tante ; si celle-ci était dans de bonnes conditions, et que sa nièce n’avait pas de cours tôt dans la matinée, elle ne se préoccupait pas d’elle. D’autres fois, alors qu’elle était d’esprit massacrant, elle éprouvait le besoin de se défouler sur Mery ; il n’y avait aucune raison pour qu’elle soit la seule à vivre un mauvais matin ! Tranquille, la jeune Fir-Bolg laissait faire, ayant pris l’habitude de se coucher tôt. Il était exceptionnel qu’elle n’ait pas la sagesse d’éteindre avant vingt-trois heures. Les cheveux ébouriffés, elle émergea en frottant d’une main ses yeux. Orlaith lui rappela aimablement –c'est-à-dire d’un ton sec- qu’elle avait son cours d’histoire dans une heure au Quartier de la Culture et qu’il serait de bon goût de ne pas s’y présenter en retard. Se mordant les lèvres, Mery admit qu’elle avait complètement oublié ce rendez-vous, qui une semaine sur deux, était à sept heures. Volonté de sa tante qui prenait un malin plaisir, semblait-il, à lui voler ses grasses matinées. Dès que Orlaith fut sortit, Merediana se leva, quitta sa chemise de nuit pour enfiler sa robe préparée la veille et fila prendre un léger déjeuner. Même si elle n’avait pas faim, elle savait pertinemment qu’elle ne mangerait pas avant treize heures, ce qui faisait un long laps de temps. Après les préparatifs, qui mettaient nettement moins de temps qu’auparavant –plus besoin de coiffure compliquée, un bon entretien suffisait- sa tante la jugea assez présentable pour la laisser partir.

A sa plus grande anxiété, elle était légèrement en retard. Du moins, elle le serait si elle passait par le centre ; la maison de sa tante se trouvait en bordure de Tara, et même si le trajet était direct, il s’en trouvait allongé. Elle aurait plus vite fait de longer les murs imposants de la cité et de se rendre dans le quartier le plus méritant de la capitale. C’est ce qu’elle fit, après un cours moment d’hésitation à un croisement. Elle aimait traverser la place, voir cette tour immense et blanche s’élevée au dessus de la ville avec bienveillance. Un sentiment de sécurité la prenait, elle qui était si soucieuse de la paix de son monde. Ce n’était pas tellement pour sa vie qu’elle craignait, mais elle appréciait à sa juste valeur l’équilibre et la vie de tous les jours. Malgré les défauts des temps de paix –quand les hommes s’ennuient, ils sombrent- la Fir aimait tous ce remue-ménage qui agitait les rues et les boutiques, les marchands, cette prospérité économique et de vie qui coulait comme du miel d’un tronc d’arbre. Elle ne savait pas si elle craignait réellement la guerre, comme une genre de phobie trop collante dont on ne peut se débarrasser, ou si c’était juste ce que pouvait penser toutes les femmes du monde qui aspirait à vivre en paix. Une chose était certaine cependant ; elle n’aimait pas les conflits. Qu’ils soient d’ordre mondiaux ou personnels, elle ne haïssait pas, mais préférait fuir toutes les disputes en abandonnant la partie. En fin de compte, c’était peut-être cela qui la caractérisait le mieux.

Le pas pressé mais sans courir, elle longeait hâtivement les murailles immaculées. Elle avait dû parcourir la moitié du chemin. Etait-elle dans les temps ? D’ici, elle n’apercevait pas le mécanisme compliqué qui ornait la façade de la Tour, le grand cadran solaire. Et ne possédant aucune montre, elle aurait été bien en peine de dire précisément l’heure qu’il était. Soudain, alors qu’elle passait près des portes, quelqu’un entra violement en collision avec son épaule droite. Alors, l’horizon devient le ciel et elle se sentit glisser comme une pierre vers le sol, en écarquillant les yeux devant cet événement assez imprévu. Elle n’eut pas le temps d’esquisser un geste pour prévenir sa chute que quelqu’un la rattrapait. Probablement la personne qu’elle avait si impoliment bousculée.

Ses grands yeux se plantèrent dans des émeraudes saupoudrées d’or si étranges qu’elle crut regarder deux pierres précieuses. Mais ces pierres ne pouvaient être fixés comme ils l’étaient à la place des yeux. Et puis, il y avait l’iris, noir, profonde, transperçante et scrutatrice, dans laquelle elle entrevoyait son propre reflet. Le tout était encadré de cils de la même couleur, grands, élégants, plus soyeux semblait-il que la soie. Des sourcils fins surmontaient cette vision presque angélique et Merediana crut tout d’abord avoir à faire avec une femme, même si l’étreinte solide qui la tenait le démentait. Puis son champ de vision se développa et elle vit une partie plus générale du visage de l’inconnu. Une peau d’albâtre, un nez fin, des mèches de jais… Et en conclusion, un homme qui la détaillait tout comme elle le faisait. Oh non. Merediana sentit le sang lui brûler les joues au fur et à mesure qu’il montait à son visage, colorant de pourpre ses pommettes peu prononcées. Elle resta encore interdite plusieurs longues secondes avant de se secouer et de remuer vigoureusement la tête pour se remettre en place. Elle réussit à se redresser, les idées confuses.


- Je vous demande pardon monsieur, réussit-elle à dire après quelques balbutiements pitoyables. Ce n’était pas dans mon intention….de… vous bousculer, excusez-moi. Vous ais-je causé le moindre dommage ?

Oh, la cuisante brûlure de la gêne. Elle mordait ses entrailles, son cou, ses joues, en bouffées de chaleur qui ne faisait que d’ajouter à son état perturbée. Elle avait horreur de ce genre de situation. Surtout quand le bousculé était un jeune homme légèrement plus âgé qu’elle qui ne desserrait pas les dents. Avec un air si sérieux, presque méprisant. Du moins c’est ce qu’il penserait. Qu’est ce qui serait le pire ? Qu’il l’ignore superbement du haut de son écrasant charisme, ou qu’il la singe pour être aussi maladroite ? Moqueur ou froidement dégoûté ?

A la réflexion, lorsque son malaise et son angoisse furent un tantinet dissipés, elle sentit malgré elle, confusément derrière ce masque impénétrable, une impression diffuse, comme un ciel gris le jour d’un enterrement. L’écho d’un sentiment de tristesse ? Cet homme n’avait pas l’air spécialement triste. Mery maudit son pouvoir d’empathie, qui lui donnait l’impression de saccager la vie privée des gens. Et c’était encore pire lorsqu’elle savait précisément de quoi il en retournait. Fort heureusement, elle n’était pas suffisamment intime avec l’inconnu et il ne l’avait pas touchée longuement pour que ses impressions soient confirmées par une quelconque explication.

Lissant nerveusement sa robe, elle attendit la sentence qui ne manquerait pas d’être coupante.


[Post bidon, désolée T.T]
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Nathaniel Mor'wan
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MessageSujet: Re: Précipitation fructueuse [PV]   Mer 28 Mai - 13:50

[Où ça un post bidon ? XD Bon, comme d'hab je suis partie en des dizaines de délires psychotiques T.T J'aime plus comment j'écris XD]

Le fardeau de Nathaniel ouvrit de grands yeux ronds, apparemment étonnée d’avoir été rattrapée sans à coups, tout en douceur et précision. Mais le jeune homme ne savait il pas mieux que quiconque faire preuve d’une agilité hors du commun ? D’un sens aigu de l’adresse, qui lui avait fait défaut un instant, entraînant cette fâcheuse bousculade. La jeune femme le fixa avec incertitude, en ancrant ses iris chocolatés dans ceux émeraude du jeune homme. Ce dernier ne put retenir un rictus approbateur en apercevant les couleurs qui venaient peu à peu éclairer le visage de la jeune fille, lui conférant un air gêné tout bonnement adorable. Pendant les quelques minutes où elle demeura dans ses bras fins et pourtant plus musclés qu’ils n’en avaient l’air, Nath put juger des nuances brunes qui semblaient dominer chez cette jeune personne. L’orientation était parfaite, quelques rayons de soleil se perdant dans des mèches auburn, conférant aux ondulations de la chevelure plus de relief qu’il n’y en avait en réalité. La vision de deux puits bruns remplis de bonne humeur, et de gêne dans l’instant présent, arracha à Nathaniel une petite moue approbatrice. Tout était en nuances chaudes chez cette inconnue, et son petit nez retroussé qui lui apportait l’insouciance et la candeur accompagnait délicieusement les lèvres discrètes, timides et oublieuses.

Le calme apparent de Nath tranchait vivement avec le malaise de la jeune fille dans ses bras, légère comme une plume grâce aux membres fins et à l’allure menue de celle-ci. Mais il n’y avait pas que ça. Son apparence soignée et la naïve candeur qui se lisait sur ses traits témoignaient de son appartenance à la bourgeoisie de Tara. Et pourtant son éducation semblait bien plus poussée que celle de la plupart des habitants de la cité. Son air respirait l’intelligence, bien que cette dernière soit à présent obscurcie par une gêne grandissante. La jeune femme termina de se relever, quittant l’abri des bras de Nathaniel, secouant la tête, et de ce fait sa longue chevelure, libre comme le courant d’air qui les agitait. Le jeune hybride releva à son tour les épaules, sans paraître troublé de l’incident qu’il venait de se produire. Il continuait de fixer sa compagne d’un air inexpressif, se demandant avec le plus grand sérieux quelle attitude il convenait d’adopter face à cette chaleureuse jeune femme, qu’il avait bousculée sans la moindre attention, et la moindre délicatesse. Il en était à se demander si son corps marmoréen lui avait fait mal, quand la belle prit la parole en première, comme bien souvent lorsque l’on se trouvait face à Nathaniel Mor’wan.


- Je vous demande pardon monsieur. Ce n’était pas dans mon intention … de … vous bousculer, excusez-moi. Vous ais-je causé le moindre dommage ?

Sans se douter des élucubrations de Merediana à son sujet, le jeune homme ne quittait pas sa rencontre des yeux, pesant le pour et le contre. Valait elle la peine qu’il s’attarde en ce lieu ? Après tout, même si son apparence était agréable, rien d’exceptionnel ne se dégageait de la fille. Et puis elle paraissait jeune, ses courbes à peine formées en témoignait au travers des tissus de couleurs chaudes qui l’habillaient. Pourtant son temps n’était pas précieux au point qu’il doive résister à ses pulsions naturelles, et l’envie de découvrir quelque chose de nouveau, le goût de l’inconnu, le força à rester, et plus encore à répondre à la jeune fille en face d’elle.


« Le souci creuse vos traits délicats, demoiselle, et je vous conjure de ne pas vous en faire pour moi. »

Il aurait pu s’excuser, admettre que cette bousculade était sa faute. Seulement, en laissant voir les choses sous l’angle que l’inconnue avait abordée, Nath savait qu’il prenait alors une position légèrement supérieure, comme s’il avait été en mesure de réclamer dédommagement. Bien sûr le jeune homme était bien trop fin pour le faire de manière aussi grossière, mais un début d’amusement lui suffirait, du moins pour l’instant. Aussi Nathaniel saisit une mèche brune et la tint quelques instants dans sa paume, avant de laisser le vent la lui voler, dispersant dans l’air un parfum féminin que seuls les hommes les plus avisés peuvent percevoir. Nath huma la délicieuse odeur, quittant un instant la fille des yeux pour porter son regard aux delà des limites physiques de la ville. Peut être tout cela n’était il qu’un éternel recommencement, et non une fin comme il l’avait cru tout d’abord.

Depuis que Nathaniel avait quitté la petite maison sur la colline, après la mort de Lili, il avait rencontré plus de gens qu’il n’en avait croisé le reste de sa courte existence. Des personnes de toutes sortes, le plus souvent insipides et banales, mais quelques fois remarquables et différentes. Seulement, si Mikaël, Shaïna, Gabriel ou Lyrka se dissociaient clairement du reste de la populace, cette fille, au contraire, se fondait merveilleusement à ce monde auquel elle appartenait de façon naturelle. Comme Nathaniel lui-même détonnait singulièrement dans ce paysage, sa nouvelle rencontre s’y mêlait, en faisait partie de manière anonyme, où l’individualité ne se remarquait même pas. Pourtant, quelque chose retenait Nath. Etait ce justement cet anonymat, cette banalité rafraîchissante, qui amenait une touche d’inconnu et de surprise dans son existence sans heurts ? Plus encore, cet attrait et cette curiosité de sa part dureraient ils longtemps, ou bien passeraient ils, fugaces, éphémères témoins d’une bousculade, d’une rencontre dictée par le hasard ?

Pour changer un peu de ses habitudes, Nathaniel prit la parole et s’inclina légèrement, baissant la nuque et les omoplates vers le sol, en direction de la belle, tandis qu’elle lissait sa robe d’un geste nerveux.


« Votre maladresse aura au moins eu le mérite de me faire vous rencontrer, en dépit du retard que vous aurez sans doute pris. »

Il était effectivement facile de deviner que la jeune femme était pressée. Son pas était rapide, son regard perdu loin devant, ce qui avait causé la précipitation de leur rencontre douloureuse. Nathaniel s’amusait, impatient de voir les réactions diverses qu’il pourrait éventuellement lire sur les traits de l’inconnue. Son petit numéro serait il efficace envers un genre de femme dont il n’avait aucune expérience, où bien décèlerait elle le superficiel, la provocation moqueuse qu’abritait ses paroles dénuées de toute réelle implication ? Mais n’était ce pas là sa devise ? Ne jamais s’impliquer moralement, au risque de voir un bien triste schéma se répéter. La Vie s’amusait à lui prendre tous ceux qu’il aimait, le laissant derrière le plus longtemps possible, le privant du soulagement ultime auquel il n’avait pas le droit.

Ces pensées le ramenèrent à Gabriel. Jamais il n’accepterait qu’on lui enlève, qu’on le prive de sa présence rassurante et chaleureuse, de son sourire inimitable, de son être tant apprécié. Nathaniel commençait à se demander si cela avait été une bonne idée. Et, bien qu’il soit trop tard pour faire marche arrière, il était peut être encore temps pour séparer Gabriel de lui, l’éloigner de la menace qu’il faisait peser sur lui à chaque instant. Car sa seule présence était dangereuse aux gens qu’il aimait. Et plus jamais Nath ne tolérerait une perte comme celle de sa sœur.
Jamais …
En effet, le beau brun n’était pas certain de pouvoir retenir sa main, si seulement ce malheur advenait. Il le savait, la lame partirait, son abdomen se tordrait de douleur tandis que son enveloppe corporelle si fragile se viderait de son liquide vital.

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Merediana Dewey

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MessageSujet: Re: Précipitation fructueuse [PV]   Dim 22 Juin - 11:08

[Méga retard, désolée, mais j’ai traversée une phase de non-RPG je crois T.T A la relecture, en effet, Nathy fait peur xD Désolée s’il y a des fautes de frappe, mais j’écris sur un portable qui oublie des lettres, je relirais mais bon :s ]

Etrangement, surprenant, le magnifique jeune homme lui accorda une réponse. Inattendue, à vrai dire. Pleine d’élégance, à l’image de son envoyeur, dont la finesse des traits rendaient un profil aristocratique digne des plus hautes sphères de Tara. Ce fut quelques mots, prononcés badins, mais qui portaient tous un poids mûrement réfléchi :

« Le souci creuse vos traits délicats, demoiselle, et je vous conjure de ne pas vous en faire pour moi. »

La surprise empêcha pendant quelques secondes la demoiselle en question d’utiliser ses fonctions cognitives. Le léger sens critique quelle possédait, comme une fine pellicule de fleur de sel des marais, se retrouvait totalement étouffé par un complexe qu’elle laissait dominer. Comment un homme… de cette condition, puisque selon les apparences, il n’était sûrement pas manant excentrique, pouvait accorder une quelconque importance respectueuse à la personne de qualité inférieure l’ayant dérangé ? Si la politesse voulait qu’il s’excuse comme tout être estimable, il n’avait pas à garder cette expression légèrement hautaine, interrogative pour lui-même. Sur le moment, Merediana ne put que rougir d’avantage sous le tact quasi parfait que l’inconnu avait émis, bouleversant ses précédents jugements, et honorée malgré elle de cet intérêt. Mais la pensée sourde, antérieurement émise, de ce manque de logique, de cette contradiction quasi imperceptible vint embrumer ce sentiment de reconnaissance admirative face à tant de charité non méritée. Mais n’écoutant que ses premières impressions, Mere releva les yeux pour détailler le visage noble du jeune homme, non pas dans une attitude grossière et indélicate, mais de façon respectueuse, avec un léger hochement de tête pour le remercier de ces paroles attentionnées.

Mais la demoiselle n’était pas au bout de ses surprises et de ses attentes. Contre toutes attentes, la bouche soigneusement dessinée du garçon s’entrouvrit, et lui-même s’inclina légèrement. Légèrement. Mais il s’était penché.


« Votre maladresse aura au moins eu le mérite de me faire vous rencontrer, en dépit du retard que vous aurez sans doute pris. »

Tout comme avant, ces paroles, l’intonation, tout était idéal. Irréprochable, exemplaire, une leçon de civilisation à tous les rudes. Mais avant qu’elle ne s’attarde de nouveau sur le sentiment qui enserrait son cœur, ce malaise étrange dominé par son étonnement, elle prit pleinement conscience, avec une acuité nouvelle, des paroles dites. Le retard. Son cour. D’histoire. Combien de temps, de précieuses minutes avaient pu s’écouler pendant qu’elle s’enfonçait dans une attitude ridicule ?

Un autre problème survint, menaçant. Pouvait-elle prendre congé sans paraître offensante et impolie ? Est-ce que cela était important ? Oui cela l’était. Toute son éducation lui rappellerait douloureusement, dans le temps futur, ses erreurs de conduite.

*Je n’ai vraiment pas de chance…* pensa t-elle en perdant ses yeux dans la contemplation de la chaussée.

Puisqu’il était clair qu’elle ne pouvait repartir, se défaire aussi facilement de l’emprise de la personnalité de l’inconnu sans se causer des torts à elle-même – N’était ce pas ridicule ? -, et qu’il était clair que quoi qu’elle fasse, elle aurait du retard, autant avoir un retard méritant. Elle se trouvait une nouvelle fois face l’obstacle d’une réponse. Elle aurait pu repartir sur ce problème mentionné, mai cela aurait été pris comme si elle avait insisté, et l’inconnu en prendrait peut-être ombrage. Il avait déjà suffisamment offert d’humilité pour une personne comme elle.

Merediana savait bien qu’ils devaient faire partit de la même catégorie sociale, à quelques degrés près. Poutant, la supériorité de l’individu était évidente. Il possédait une assurance sans faille, alors qu’elle n’était qu’une souris devant un chat. Un chat cruel, qui prenait probablement plaisir à la mettre dans les situations les plus gênantes possibles.


- Oh non, ce n’est pas grave, et puis, c’est de ma faute, je n’avais qu’à regarder où j’allais, répondit-elle en essayant de paraître moins perturbée.

Elle devait absolument se calmer. Après tout, cela arrivait à beaucoup de personnes de bousculer une autre. Et ils n’en étaient pas morts, même si l’offensé était un homme jeune et superbe qui devait avoir autres choses à faire que de rassurer une sotte…

Pour remettre ses idées en place, elle décida de s’attarder de nouveau sur ce qui avait été dit. Ah oui, il avait déclaré que l’avantage, c’était de l’avoir rencontré. Alors pourquoi ce manque de chaleur dans les yeux ? Même si cette personne avait été triste récemment, il était clair que ce n’était pas son genre de s’apitoyer tendrement sur d’autres, prenant à témoin son propre malheur, le rendant paternel à tout autre soucis. Par conséquent, d’ordinaire, il se serait excusé mais sans cette galanterie ? Galanterie, c’était le terme pour ces paroles insidieuses, douces et plus coupantes, en réalité, qu’une lame. Un sursaut d’orgueil donna à Merediana un soupçon de mépris pour ce genre de personnes qui trompaient les sentiments des autres pour un jeu. Mais ce n’était qu’un sursaut, et rien de trop froissant n’avait été prononcé. Elle ne pouvait en vouloir à un dandy inconnu qui lui prêtait encore trop peu d’attentions. Et puis le doute vint ; peut être se trompait elle, encore une fois ? Dans ce cas, elle était une personne bien antipathique pour oser penser ça sur une simple impression de malaise. Elle se mordilla légèrement la lèvre inférieure, comme une punition inconsciente de cette audace mal avisée pour la femme qu’elle était sensée devenir. Aussi se morigéna t-elle, et esquissa un timide sourire calculé, bien appris, pour paraître à la fois polie et confuse. Après tout…

Après tout, c’était bien ce que ce homme attendait. Elle ne voulait pas réagir plus qu’elle ne le devrait. Car elle n’était pas une personne extraordinaire, à la personnalité captivante. Elle était juste la souris idéale et peu intéressante avec qui le chat s’amusait avant de courir après des gibiers plus attrayants. Libre à lui.

[Je dois aller manger, pas eu le temps de relire, je le ferais ce soir!]
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Nathaniel Mor'wan
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MessageSujet: Re: Précipitation fructueuse [PV]   Mer 25 Juin - 21:21

[Pas de problème XD Et s'il t'inquiètait sur le post précedent, attends de lire ce lui là ! SPECIIIIIAL]

Les paroles de Nathaniel empêchèrent la jeune fille de parler pendant un instant, où elle demeura muette et finit par rougir devant sa révérence. Etait ce par plaisir ? Par gêne ? Par colère dissimulée, qu’elle était trop polie pour afficher au grand jour ? Car les démonstrations de politesse de Nath pouvaient entraîner maintes et maintes réactions, parfois paradoxales. On le jugeait superficiel et peu scrupuleux, tout juste bon à séduire les premières idiotes à se laisser prendre au piège des deux émeraudes pailletées de l’or le plus pur. Mais qu’y pouvait il, si pour tromper sa douleur il devait s’enfoncer de jour en jour dans le superflu, dans l’ironie et le mépris des sentiments ? Il n’avait pas eu le choix. Pour que personne n’approche son cœur et ne découvre ce qui s’y cachait, il fallait les tromper et prendre les devants. Souvent il paraissait passif et peu enclin à réagir, mais en réalité, chaque geste ou parole était contrôlée dans un seul et unique but. Se préserver.

Seul Gabriel avait réussi à faire tomber ses barrières, livrant à son regard admiratif le premier véritable sourire du jeune hybride, et ses premières paroles sincères depuis la mort de Lisbet’h. Même après l’avoir quitté, ses sentiments ne s’étaient pas estompés. Son souvenir lui déchirait le cœur. Mais la souffrance allait de pair avec l’amour, et Nathaniel avait décidé de ne plus regarder en arrière. Il avait tout laissé derrière lui, alors il n’avait pas le droit de dire qu’il se sentait seul. Et il ravalait sa peine jusqu’au jour où il le reverrait. Il le savait, l’oubli était à présent inaccessible. Comme Lili, cet homme comptait à son cœur, et il aurait donné son âme pour pouvoir rester à ses côtés, dans la mesure où Gabriel le désirait, bien évidemment. Mais ses yeux ne pouvaient lui mentir. Ses baisers non plus. Ils étaient sincères, Nath le savait.

Si l’on pouvait le juger, donc, sur son comportement incertain envers la gente féminine, ses mots n’en étaient pas moins sincères. Il pouvait leur mentir, les tromper, mais où serait l’intérêt ? Les accabler de flatteries n’était pas le meilleur moyen de les surprendre. La seul moyen de les toucher vraiment, de se différencier des prétendants qu’elles avaient l’habitude de voir défiler à leur pieds, était de leur dire la vérité. Aussi improbable que cela fut, seules les paroles véridiques trouvaient un écho en leur cœur, car elles s’y retrouvaient, s’y confondaient et complaisaient. Leurs oreilles étaient charmées, ainsi que leur âme, et Nathaniel avait gagné un combat. Il pouvait partir sans laisser de trace autre qu’un souvenir délicieusement regretté. Même s’il n’était pas là pour admirer les troubles qu’il semait dans les familles, les ménages, les cœurs, le jeune homme savait que les soupirs enfiévrés continuaient de lui être adressés bien après son départ, souvent inattendu.

Alors que de bien agréables pensées lui revenaient en mémoire, Nathaniel eut le loisir de croiser le regard appétissant de sa nouvelle rencontre, qui l’observa en hochant la tête d’un air placide et poli. Neutre. Le seul trouble qui apparut fut une contemplation de la chaussée chaotique et quelques paroles lancées à la dérobée d’un ton paisible.


- Oh non, ce n’est pas grave, et puis, c’est de ma faute, je n’avais qu’à regarder où j’allais.


Allons bon. On eut dit que la jeune femme semblait totalement hermétique aux attentions de Nathaniel. Ses belles paroles ne lui causaient aucune gêne, et son attitude empressée la laissait de marbre. Il aurait même préféré qu’elle s’énerve et explose, le méprise ou encore rentre dans son jeu. Quelque chose. N’importe quoi. Soudain, une idée nouvelle germa dans son esprit dérangé. Il allait voir jusqu’où elle resterait impassible, dans quelle mesure son éducation la retiendrait de le gifler ou bien de lui sauter dans les bras … Cela pourrait être amusant. Tout à coup, son subconscient se mis à lui fournir un amas de situations, toutes plus tentantes les unes que les autres. Il jaugea la fille du regard et acquiesça en son fort intérieur. Ce ne serait pas chose facile, mais s’il y allait assez fort … Il se sentait l’âme d’un félin surveillant une proie nouvelle, particulièrement intéressante et attisant sa curiosité.

Finalement, et sans raison apparente, l’humaine titilla sa lèvre du bout de ses dents blanches avant d’esquisser un sourire tout ce qu’il y avait de plus correct en la situation. Elle semblait aussi réfléchie que lui, et ses gestes n’étaient, eux non plus, pas exécutés à la légère. Nathaniel lui renvoya sa bienséance aux yeux en lui offrant un vague rictus avant de prendre la parole impulsivement.


« Il faut être deux pour une bousculade. Ne vous accablez pas tant, c’est autant votre faute que la mienne. » Puis il ajouta, d’un ton mielleux « Cela vous dérangerait sans doute que je vous propose ma présence pour vous escorter jusqu’à votre rendez vous … Mais je suis peut être indiscret. »

De cette manière, il pourrait mettre en œuvre son projet de voir ses jolis traits si fins déformés par une once d’expression sincère et spontanée. L’idée, déjà, le comblait. C’était une manière de plus de trouver du réconfort dans le trouble des autres. D’expier ses blessures en regardant celles des autres se former, comme des stigmates oubliés réapparaissent à la surface de l’épiderme pour inciser de nouveau l’immaculé pâle, troublant la douloureuse perfection d’une peau lisse et ferme. Briser un idéal pour en créer un autre, celui de l’apaisement inatteignable et utopique. S’en rapprocher. L’effleurer du bout d’un doigt. Désespérer de se trouver trop loin encore, toujours trop loin, toujours plus. S’enfonçant de plus en plus dans un dédale de douleur. Le moindre événement insignifiant lui faisait du mal, ces mots qu’il entendait constamment même si personne ne les lui avait dit. Ceux qui ont voulu abandonner leur propre vie de quiétude, ceux qui ont vendu leur âme à la Mort … Ceux là devront lui rendre des comptes. Un labyrinthe qui s’étend pour l’éternité. Et qui sera leur prison.

Voilà. C’était exactement ça. Nathaniel avait perdu son humanité et ne vivait plus que pour mourir. S’il avait survécu jusque là, ce n’était que pour reproduire un schéma qui le faisait se sentir vivant, la seule chose qu’il savait véritablement effectuer. Transmettre sa douleur au travers de mots doucereux, de belles phrases et de courbettes associées aux crimes, immondes et détériorant son âme à jamais, sans plus espoir de se racheter. Depuis il errait, tentant de trouver dans ce monde la pureté qui pouvait affadir sa noirceur. Une étincelle d’innocence qui pourrait le guider sur le chemin de la rédemption. Sinon, eh bien ma foi, il perdurerait sans son chemin, facile à suivre et avec une promesse de fin inéluctable. Parfait.

Lui-même n’avait pas conscience de cet aspect là de son esprit, qui bien souvent travaillait tout seul, compartimenté qu’il était sous les découpes de Nath pour ne s’autoriser à penser qu’aux choses futiles et badines. Ce dernier suppliait sa compagne du regard pour qu’elle accepte sa proposition, ou bien celles qui allait venir …


« Ou sinon, permettez moi de vous dédommager … »

Nathaniel ricana en son fort intérieur. La dédommager ? Il le ferait, de toute manière. Et le fait qu’elle ne se doute absolument pas de la façon dont il allait s’y prendre pour l’amener à l’énerver lui plaisait à outrance.

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MessageSujet: Re: Précipitation fructueuse [PV]   Jeu 26 Juin - 18:50

[Moi je le trouve superbe, en plus Nathy est tout triste dedans, j’ai envie de lui faire un câlin *_* Désolée aussi, je suis partie en dissertation dans toute la première partie de ce post -_-‘]

Etrangement, il lui sourit.

Oh pas un sourire éclatant à éclairer la rue à lui tout seul. Non, ce n’était même pas une parenthèse horizontale. Tout au plus, deux coins relevés, légèrement. Deux commissures qui se hissaient par politesse sous l’impulsion mentale de leur propriétaire. Un sourire, peut-être ironique, parce qu’il se moquait de son innocence. Peut-être juste poli, écho du sien. Politesse offerte, politesse forcée. Peu importe. Il y avait énormément d’explications à donner sur cette réaction légèrement inattendue. Inattendue, parce que le jeune homme n’avait pas l’air de sourire si ce n’était pour charmer. Mais dans ce cas, son sourire aurait-il était un plus ouvert, un peu plus doux ?

Par définition, le sourire était une expression du visage positive, qui jouait à la fois des lèvres et des yeux. Il exprimait ainsi le plaisir, la joie, l’amusement. Mais… un sourire cachait parfois de l’ironie, de l’insolence, de la moquerie… Ou même, du dédain. Il y avait des milliers de formes possibles, des nuances… L’univers du sourire était aussi compliqué que la palette des couleurs. Comment définir, lorsqu’on ne connaissait pas la personne, un sourire ? Etait-il amical chez Nathaniel en ce moment ?

Et puis, qu’est ce que cela changerait ? S’il se moquait d’elle, pouvait-elle définitivement coller sur sa tête l’étiquette de charmeur de ces demoiselles ? Probablement non, cela aurait été indélicat, encore une fois. Cruellement irrespectueux ; tristement blessant dans ses préjugés. Non, Mery ne pouvait pas. Tout au plus cela l’aiderait pour la conduite nécessaire à avoir. En ce cas, elle choisirait la prudence et saurait ne pas tomber dans son piège. Elle étudia donc ce sourire, ces formes. La précision de sa courbe ; le mouvement des yeux qui déjà disparaissaient. Et alors, tandis que la jeune fille observait sans malice, une étrange impression lui ravit son cœur, comme un oiseau. Comme si un léger mouvement, d’habitude inhabituel, avait ouvert d’anciennes cicatrices oubliées. Comme… un souvenir. Un souvenir qui n’était pas douloureux. Plutôt… plutôt de la nostalgie, une douce mélancolie qui brusquement, rafraîchissait son cœur, à l’image d’une rosée lente et fraîche qui coulerait sur ses parois. Qui agiterait, dans un frisson, une infime contraction sous ce ténu toucher. Une main invisible, qui aurait palper son esprit, provoquant la mémoire. Un bonheur douloureux, mais tellement doux, tellement délicat… Plus léger qu’une caresse effectuée par cette belle main blanche. Et déjà si oublié, à moitié effacé par le temps… Qu’il ne pouvait totalement ranimer une sensation de manque. Comment un sourire, seulement disséquer, avait-il pu provoquer ce sentiment ?

Extérieurement, rien n’avait été visible. Pas un plissement de traits. Pas une lueur dans les yeux. Pas d’entrebâillement de ses lèvres, comme une porte ouverte au soupir d’émois. Rien. Rien que le chat ne pourrait dévorer du regard, amusé. Même si ce n’était pas volontaire. C’était juste que cette impression avait été si fantomatique qu’elle n’avait pas eut la force d’impact nécessaire pour provoquer une réaction du corps auquel elle appartenait.

Et puis, doucement, elle se souvient. Elle se souvient comme elle s’expliqua, enfin, les raisons de ce sourire si mystérieux à ses yeux. Elle se retint presque de sourire de nouveau, elle aussi, heureuse et apaisée de sa découverte. Avant... Avant, Il lui arrivait de sourire ainsi, de manière désabusée. Dans certains moments, où silencieuse, elle l’observait de loin, assise, suivant des yeux et des oreilles la scène qui se jouait, comme une répétition jamais finie, éternellement recommencée avant la finale qui n’aurait jamais lieu. Son sourire, qu’elle n’aimait pas voir apparaître dans ses conditions. Et puis, c’était le même qu’il prenait, mécaniquement, quand elle venait le voir après certains moments. Oui c’était ça ; exactement le même sourire. Elle pouvait presque superposer le visage de son frère à celui du jeune homme. Tout heureuse de deviner derrière un rôle une autre personne, Merediana parvint à se calmer pour de bons et à rester la plus neutre, humble et disponible possible, pour accueillir les paroles de son interlocuteur sitôt ce sourire éphémère repartit.

« Il faut être deux pour une bousculade. Ne vous accablez pas tant, c’est autant votre faute que la mienne. Cela vous dérangerait sans doute que je vous propose ma présence pour vous escorter jusqu’à votre rendez vous … Mais je suis peut être indiscret. »

Il insistait. C’était gentil. Mere se sentait mieux, maintenant. Beaucoup moins confuse qu’auparavant. Même s’il avait deviné qu’elle avait rendez-vous. Et qu’il venait de lui proposer… Pardon ? De l’accompagner ?

- Mais je ne connais même pas votre nom, balbutie t-elle étourdiment.

Heureusement que son rendez-vous était strictement éducatif. Mais comment réagirait sa tante si elle la voyait accompagnée de la sorte par un parfait inconnu ? D’un autre côté, l’invitation lui permettait d’aller à son cours, même avec retard, alors que justement, elle avait peur de ne pouvoir se soustraire au jeune homme. D’autant plus qu’il se montrait enclin à lui parler. Elle hésitait, encore une fois, quand il lui propose une autre et ultime alternative.


« Ou sinon, permettez moi de vous dédommager …»

Dédommager ? Mais… de quelle manière ? De l’argent ? Pourquoi ? L’idée sotte que sa tenue actuelle puisse donner un faux jugement sur sa situation sociale s’imposa alors qu’elle tentait de repousser la première explication, si folle, si embarrassante qui lui était venu à l’esprit. Si absurde, qu’elle n’y avait même pas songé plus d’un quart de seconde. A peine une intuition qu’elle oublia aussitôt, et elle ne vit plus que cette question d ‘argent, si…étrange. Mais la deuxième était tellement ridicule, bien qu’elle baissa les yeux un instant pour se regarder avant d’ancrer de nouveau ses prunelles dans celles de son interlocuteur. Vite, une réponse, elle devait donner une réponse, et intelligente si possible :

- Non… Cela ne me…dérangerait pas, commença t-elle en se souvenant des termes de l’invitation sous-entendue. Loin de là, et si vous voulez savoir je vais à un cours… Il n’y a rien d’indiscret dans votre demande. Pour le dédommagement, il n’y a aucune raison pour que… Enfin ce n‘est vraiment pas la peine, même si je vous remercie pour votre mansuétude.

Elle inclina légèrement la tête pour ponctuer ses paroles, et redevint silencieuse. Elle ne l’avançait pas beaucoup, c’était vrai, mais après tout, il ne lui avait jamais rien proposé. Juste demander s’il pouvait proposer. Plus ou moins clairement, elle lui avait répondu oui. Avec une certaine naïveté, il fallait l’avouer, mais elle ne pouvait pas décliner sa proposition sans être impolie. Et puis, elle risquait de tomber sur ce « dédommagement », et elle ne voulait absolument pas forcer son interlocuteur à lui rendre quoi que ce soit alors que c’était elle qui lui avait causé du tord.

De plus, elle avait un fond encore trop enfantin et énormément sentimental pour qu’elle ne puisse pas se sentir encouragée à cette demande qu’elle n’aurait pu imaginer quelques minutes plus tôt. C’était une délicieuse proposition, pour une adolescente qui avait l’esprit aussi rêveur qu’elle. Se savoir accompagner d’un jeune homme aussi bien de sa personne, l’air si parfait qu’elle serait bien ridicule à côté, était bien caressante. Une fierté mesquine, qu’elle n’aurait pas du avoir, mais elle faisait partie de la race des Fir-Bolgs. Même si cela n’expliquait pas tout, il y avait dans ses veines un sang fier qui, même endormi, s’éveillait sous le ressentit de son sentiment de prédilection.
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Nathaniel Mor'wan
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MessageSujet: Re: Précipitation fructueuse [PV]   Sam 5 Juil - 13:35

[Fais le !!! XD Je t'en prie :p Désolée pour le retard, RPG avec Mery n'est pas facile XD]

Sans se douter des réflexions intenses de la jeune femme sur un sourire, Nath attendit patiemment, les sens en alerte, une réaction quelconque. Mais la poupée de cire, immobile, n’offrit rien à son regard, et il aurait pu la croire irréelle si le vent n’agitait pas légèrement les mèches de cheveux qui folâtraient autour de ses tempes. La brise soufflait de manière continue depuis l’Aube, et pourtant le jeune hybride ne sentait aucun courant importun sur sa peau de marbre. La carapace de son esprit se matérialisait jours après jours, le rendant fermé aux sensations extérieures tant que sa mémoire restait close. Seule son apparence animale, qui le libérait de toutes limites, aussi bien mentales que physiques, lui accordait le droit d’humer l’odeur de la bruyère sous sa foulée puissante, de sentir la terre meuble s’enfoncer à son passage, et de voir la nuit d’un jour nouveau, accroissant de sa vision la lueur des étoiles et le contraste qu’elles proposaient sur leur lit de soie la plus sombre. S’il pouvait toujours percevoir les odeurs et les sons, Nathaniel en tant qu’humain ne percevait plus les appels de la Nature sur sa personne, pas plus qu’il ne sentait la chaleur des êtres insignifiants qui l’entouraient. Il était seul sur une île glacée et inatteignable, miraculeusement violée par certaines personnes qui en possédaient la clé sans qu’il la leur ait donnée.

Rien n’était donc visible. Les prunelles restaient fixes, observant tandis que les oreilles se dressaient, signe d’attention et d’interrogation. Chez les animaux, c’était une caractéristique qu’on retrouvait souvent lorsqu’ils se demandaient si ce qui arrivait était un danger ou non. Cette pensée s’imposa à lui et fit briller ses yeux d’un éclat de rire. La situation était cocasse. On aurait dit un lièvre devant un renard particulièrement affamé. Ce dernier fixait sa proie qui faisait le mort, sans faire part de ses sentiments et de sa peur sur ses traits. Enfin, pourtant, il y eut quelque chose. L’atmosphère sembla avoir changée. La tension qui flottait dans le silence instauré entre les deux individus se dissipa, et une ombre de vague sourire vint hanter les lèvres fines de la Fir-Bolg. Celui-ci ne s’attarda pas, pourtant, et repartit dans le même silence discret qui avait escorté sa venue. Et puis elle réagit enfin à ses paroles, déstabilisée.


- Mais je ne connais même pas votre nom.

Nathaniel était content. Tout se déroulait bien. Elle avait balbutié sa réponse, et ses traits en étaient troublés. C’était tout ce qu’il voulait, après tout. Découvrir les multitudes facettes que son visage pouvait afficher. Car même si sa nouvelle connaissance semblait renfermée, prudente et réfléchie, il s’était inconsciemment promis, d’une manière ou d’une autre, d’effacer son air contrit et poli de son visage bien comme il faut, dans l’optique même de la parfaite jeune femme. De la perturber. De la surprendre. Et, de cette façon, se faire une idée de la personne, découvrir un nouveau type de femme qu’il ne connaissait pas. En effet, il avait pu en voir beaucoup. Les ménagères, les bourgeoises, les domestiques, … Il ne faisait aucune distinction. Et il y avait les passionnées, les réservées, les fausses timides, les vraies … Les extraverties, les prêtes à tout, les aventurières … Mais c’était la première fois qu’il croisait une femme véritablement intelligence et réservée. D’ordinaire, elles montraient au moins leur plaisir, ou bien se laissait aller, tout simplement, bêtes comme elles étaient. Mais celle-ci semblait mériter son attention et sa prévenance. Cependant, il ne se contenterait pas de la regarder de loin. Toute aventure méritait d’être vécue, surtout avant qu’il ne prenne congé. Alors il expérimenterait, partirait à la découverte de cette étrange rencontre et en ressortirait plus informé.

Alors qu’elle semblait réfléchir à sa proposition, bien qu’il n’en soit pas sûr, car incapable de prévoir les réactions de ce type de personne qu’il ne comprenait pas encore. Mais la Vie n’était que découvertes et aventure, et observer et analyser les réactions des Autres lui procurait une satisfaction indicible. Il vivait à travers Eux. Finalement, elle baissa les yeux sur sa personne et lui répondit enfin, après de longues minutes de silence, tout en le regardant à nouveau.


- Non … Cela ne me … dérangerait pas. Loin de là, et si vous voulez savoir je vais à un cours … Il n’y a rien d’indiscret dans votre demande. Pour le dédommagement, il n’y a aucune raison pour que … Enfin ce n‘est vraiment pas la peine, même si je vous remercie pour votre mansuétude.


Après sa déclaration, ses lèvres redevinrent immobiles et sa bouche muette, à l’instar de ses yeux. Bien. Elle semblait encline à recevoir sa demande, en fin de compte. Et elle accepterait. Du moins il n’allait pas lui en laisser le choix. Dédommagement il y aurait. Après tout, il s’était fait bousculer en pleine rue. Il avait bien le droit à quelque chose pour apaiser son courroux qu’il serait en mesure de feindre si on l’y obligeait. Déjà, il avait obtenu le droit de l’escorter à son … Cours ? Bien, au moins il n’était pas question de se retrouver face à un prétendant colérique ou à une mère suspicieuse. Cela avait le mérite de ne pas le contraindre à paraître comme il faut devant plusieurs personnes. Nathaniel leva le bras et le porta à la verticale de son buste, et invita d’un geste élégant du poignet sa compagne à se mettre en route. Il ponctua néanmoins son mouvement d’une phrase de circonstance :

« Après vous, mademoiselle … »

C’est là qu’il se rendit compte que lui non plus ne connaissait pas son nom. Alors, tandis qu’il mettait en marche ses jambes longilignes, il se plaça à sa hauteur et fit un effort pour perdurer la conversation :

« Je me nomme Nathaniel Mor’wan, enchanté. Veuillez pardonnez mon impolitesse de ne pas avoir procédé aux présentations plus tôt. »

Puis, naturellement et dans la continuité de ses paroles, Nath marqua une pause et saisit délicatement mais fermement la main fine de son interlocutrice, et se pencha en avant pour frôler de ses lèvres froides l’épiderme tiède de la Fir-Bolg. Se tenant aux règles de bienséance, aucun contact n’eut lieu entre la bouche et la main, seul l’air déplacé par son impulsion eut le loisir de se répandre sur la peau pâle et sans imperfections de la demoiselle. Cependant ce ne fut pas le dos de la main qui fut visé, mais la paume, là où tout était plus sensible, plus fragile, et où il était impossible d’y voir une marque de politesse classique ou déjà vue. Le jeune homme se redressa à regrets, rendant à sa compagne son délicieux poignet, une lueur d’excuse dans le regard et aux lèvres :

« Pardonnez moi, mais la tentation était trop forte. J’ai à présent deux dettes envers vous, puisque ce dédommagement n’a sûrement été plaisant que pour moi-même … »

Il avait dit cela sur un ton léger, mais ses yeux ne mentaient pas. Il s’amusait sans le laisser paraître, avec dans le regard une réelle dévotion. Un véritable désir de se racheter à ses yeux. Le plus intéressant serait de voir comment elle réagissait à son geste, mais pas seulement. Allait elle rougir et dénigrer toute dette, et le laisser gagner, affirmer son autorité, ou bien préférait elle réagir et exiger de lui qu’il s’en aille, par exemple ? Pourrait il aller plus loin, pousser la jeune femme dans ses retranchements et observer ses réactions ? Son aspect impétueux et énergique qu’elle devait normalement tenir de sa race allait il ressortir enfin ? Avait il une chance de voir son visage incertain, et son masque de sérénité immobile et neutre brisée en mille morceaux ? Il l’espérait de tout cœur, l’expérimentation étant le but premier de sa présence.

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MessageSujet: Re: Précipitation fructueuse [PV]   Lun 15 Sep - 16:51

[Un an plus tard… XD J'aime pas comment j'ai écrit, ça doit être bourré de fautes en plus...]

Le jeune homme semblait content. Autant qu’on puisse le déchiffrer sur son visage sculpté qui ne trahissait que convenance et bienséance. Peut-être qu’en fait, il s’ennuyait. C’était naturellement possible ; parler avec Merediana était rarement passionnant, n’étant pas elle-même un objet de vive réaction chez les jeunes gens. Ce genre de politesses dont il lui faisait honneur était en général ce qu’on apprenait aux nobles adolescents de Tara, tout comme elle. Il devait le faire avec banalité, comme une corvée dont on s’acquitte pour avoir bonne conscience. Mais tout à l’heure, il lui avait laissé une impression qui était bien différente.

Ce n’était qu’une impression… Mais là aussi. Incertaine, Merediana ne pouvait se permettre de prendre une décision aussi sur ses gestes, de crainte qu’ils soient superflus ou totalement hors sujet. Elle détestait cette sensation d’inconstance et de précarité, de craindre de commettre une erreur particulièrement gênante ou de faire un faux-pas. Il en résultait une attitude toujours tendue que ses interlocuteurs devaient sentir et qui les amenaient à profiter de leur position de supériorité. Elle haïssait son manque d’expérience, la chaleur du rouge aux joues, et tout ce qui allait avec. Malgré cela, elle devait faire bonne figure pour remercier la sollicitude de son si bel interlocuteur. Il fallait savoir rendre grâce aux Dieux quand on en avait l’occasion, et leur faire honneur, n’est ce pas ?

Bien loin des tourmentes de la Samain qui approchait dans le mois à venir, Merediana sourit timidement au garçon quand celui-ci l’invita à marcher à ses côtés. Trop malaisée pour ce genre de situation, elle préféra garder les bras le long de son corps avec un certains embarras devant la galanterie de son compagnon.

« Après vous, mademoiselle … »

Cela lui donnait-elle l’autorisation de reprendre sa rapide marche vers son cours ? Mais c’était trop tard maintenant, encore une fois. Elle était bel et bien en retard. Mais où pouvait-elle aller de toute façon ? Elle devait se dépêcher d’y aller pour présenter ses plus plates excuses et avec un peu de chance, bénéficier de sa leçon le temps qu’il restait. Ou si le précepteur était mécontent et refusait, au moins serait-elle polie et la rattraperait un peu aux yeux de sa tante. Mere avança donc, prenant un pas tout de même plus calme qu’auparavant, souplement rythmé, regardant bien en face d’elle. Elle sentait la présence du jeune homme à ses côtés, tout en retenant son envie de l’épier du coin de l’œil, toute intriguée qu’elle était. Ce n’était pas correct et cela la ferait passer pour... quoi ? Une pauvre sourie effrayée par un chat ? Oui, à peu près. La fierté timide qu’elle possédait l’intimait de retenir cette marque de faiblesse. Heureusement, l’empêchant de se sentir trop vite gênée par cette désagréable sensation, l’inconnu lui fournit un autre sujet de concentration, à savoir ces paroles :

« Je me nomme Nathaniel Mor’wan, enchanté. Veuillez pardonnez mon impolitesse de ne pas avoir procédé aux présentations plus tôt. »

Il accompagna ces rapides présentations en saisissant la main droite de Merediana pour y déposer un semblant de délicat baiser, geste de coutume mais ici peu orthodoxe. Son souffle tiède chatouilla la peau de la Fir-Bolg qui retint le réflexe de retirer sa main, réaction qui était un mélange d’interdiction, de surprise, de cet effet épidermique, et de timidité. Et d’un sentiment bizarre, profond, qui ne dura qu’un court instant. Elle ne comprit absolument pas ce flash qu’elle avait ressentie une infime seconde, tellement il était brumeux. Un souvenir du sentiment qui se lisait dans les yeux du jeune noble à leur rencontre, quelques minutes plutôt, lui apparut avant de s’effacer. Elle ressentit alors un sentiment de grand chagrin, sans raison, et se demanda quelle vague à l’âme pouvait lui avoir traversé l’esprit, quelle pensée était ressurgie de son passé pour lui serrer le cœur ainsi ? De toute façon, elle s’en souvenait déjà à peine. Ce n’était plus qu’un souvenir pâle et maladif qui s’effaçait aussi vite qu’il était venu.

En fait, elle ne savait pas très bien si elle s’insurgeait contre ces manières dont elle n’avait pas l’habitude, si elle était stupéfaite de ces sages attentions, ou plus effarée et gênée qu’autre chose. En fait, même si elle avait l’habitude dans les soirées qu’on la salue ainsi, c’était en général plus pour les présentations de rigueur dans ses soirées que par réel souhait de faire connaître son nom à la jeune fille. Un peu comme « Merediana, voici le lord chancelier du roi, Arthur de Roc’h » « Enchanté mademoiselle ». Fin de l’histoire. Mais c’était rarement un jeune homme du même âge qu’elle qui prenait réellement attention à la chose. Reprenant, contenance, elle s’empressa de répondre avant qu’un silence ne s’installe, laissant frustré le « chat ».


Il se redressait déjà, la regardant de ses iris fascinantes et mordorées, une lueur repentie dans son regard :

« Pardonnez moi, mais la tentation était trop forte. J’ai à présent deux dettes envers vous, puisque ce dédommagement n’a sûrement été plaisant que pour moi-même … »

Plaisant ? Etait-ce bien le terme ? Non pas que ce geste fut déplacé et désagréable, mais Merediana était bien trop tendue, en effet, pour en ressentir un quelconque plaisir. Mais de là à ajouter une nouvelle dette, pour une chose aussi simple et insignifiante… Que répondre pourtant ? Elle ne pouvait pas s’insurger en disant que ce n’était pas la peine... Cela aurait été lui dire qu’il avait tord… Et il l’aurait peut-être mal pris.

Nathaniel Mor’wan. C’était un très beau prénom, bien plus racé que le sien et plus rare. Merediana avait une connotation commune, avec des syllabes simples qui faisaient penser au nom d’une fleur, et qui rappelait le prénom Marie, très courant dans les rues. Elle était heureuse de le connaître, d’avoir la chance d’apposer des lettres sur son délicat visage. Pourquoi exactement ? Elle ne le savait pas. Etrangement, cela lui apportait une certaine chaleur. Même si ces présentations étaient très officielles, elle avait un peu l’impression qu’il s’agissait d’une confidence, ou d’un cadeau de la part de Nathaniel. Ce qui l’incita tout naturellement à décliner le sien, à mi-voix :

- Merediana Dewey. Ou Mery…

Et ces deux derniers mots furent ajoutés d’une voix si basse qu’ils durent être parfaitement inaudibles, et tant mieux car ils n’avaient pas à être entendus. D’un ton normal, elle ajouta vite sur un ton d’excuse pour que Nathaniel, s’il avait discerné –et pourvu que non, car il aurait trouvé cela d’une familiarité honteuse- oublia tout de suite :

- Notre rencontre n’a pas été faite dans les conventions habituelles, et puis c’est aussi de ma faute de ne pas m’être présentée plutôt...

Elle fit une impasse volontaire sur le baisemain de Nathaniel, ne sachant absolument pas quoi répondre sans paraître impolie ou exigeante. Mieux valait oublier, ça aussi, et peut-être que le jeune homme ne s’en souviendrait plus. Encore une fois, elle ne savait pas quel genre de dédommagement voulait parler le charmeur habillé de noir, et si cela était du même goût que du geste dont il voulait s’excuser… Et bien, Mery serait dans une délicate situation dont Nathaniel saurait profiter avec un tact exquis.

- Nous devrions avancer, continua t-elle en repiquant du nez, avec un mélange de colère envers elle-même pour la faiblesse dont elle faisait preuve, tout en sachant parfaitement ce qui se passait, et devinant à moitié le jeu d’attrape que le garçon semblait organiser à ses dépends.
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Précipitation fructueuse [PV]
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