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 / Evénement \

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Mor

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Humeur : Mélancolique

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MessageSujet: / Evénement    Mar 15 Juil - 21:53

« Tu me manques. Tu me manques tellement. Tu me manques… »

Ainsi pensait-elle dans sa prison de rocs. Ainsi appelait-elle, depuis près de trois milles ans. Endormie mais éveillée. Immobile mais vivante. Par une douleur trop forte, elle ne pouvait trouver la paix. Même la couche moelleuse que lui faisait le sable ne pouvait l’apaiser, elle qui autrefois aimait à fouler ce sol. La berceuse des vagues ne pouvait adoucir ses heures. Le soleil se levait. Se couchait. Depuis plus d’un million de fois. Et comme il lui manquait, oh ! Rien ne pouvait calmer la brûlure de cette souffrance. Même si elle avait apprit depuis longtemps à dompter son esprit, il restait l’appel lancinant des souvenirs. Elle avait été…laquelle ? La deuxième à subir le courroux de son frère. Précédemment son autre cadet. Restait… restait Lui. Etait-il anéanti ? Non pas dans l’abîme de la mort, mais dans celui du néant ? Si un jour la liberté venait à franchir ces houles, serait-ce pour apprendre la disparition du seul être qu’elle aimait de toute son âme ?

Folle de chagrin, elle ne saurait maîtriser sa douleur. Elle ne serait plus qu’une âme errante, percluse de douleur, errant sur les côtes à la recherche d’un souffle. Au plus profond d’elle-même, c’était elle, sa plus grande peur. Même si elle tentait de l’ignorer, elle ne pouvait empêché le doute de ronger ses os d’ivoire, comme le sel qui mord les rochers.

Elle attendait. Elle attendait, comme les saisons, patiemment, à demi somnolente. Rêvant. S’oubliant dans les souvenirs ; vivante dans le passé. Elle se rappelait de son contact, de leur union…De la douceur du partage, de leurs moments sans cesse passés ensemble…

Le souvenir obsédant d’Avel empêchait Mor de disparaître.

Sur les rochers. Comme dans un conte, le soleil s’éteignait, rougi du sang du ciel qu’il déchirait à longueur de journées. Il l’attendait, comme chaque soir. Malgré son amour pour la liberté, il était toujours là à attendre son retour. Elle tendait ses bras humides du sel et de l’eau, enveloppés dans les draperies de sa robe diaphane, nacrée. Et il l’enlaçait, caresse fraîche et douce, juste pour le plaisir de la toucher. Elle était heureuse. Si seulement ça avait duré pour l’éternité, comme la sentence des divinités.

Elle pouvait mesurer les années à chaque ouverture magique. Lorsqu’elle entendait les chuchotements vaporeux des âmes des marins morts en mer, et celles des anciens de son peuple, elle savait que l’Autre Monde s’était entrouvert et que l’équinoxe venait de passer. Deux périodes, une année. Deux périodes, une année. Et ainsi fonctionnait le lent sablier des siècles.

Depuis quelques jours… Elle le sentait, ce lourd courant qui ouvrait les portes. Parce que la Lune avait atteint une position où son attirance était plus forte, et tous les pores du monde se dilatait sous cette puissance annuelle. Son esprit s’y butait, mais il aurait tellement été facile de s’y engouffrer… A force d’essais… Cette année, il semblait que la magie était plus forte. Les ouvertures plus grandes. Peut-être parce que trois milles ans s’étaient écoulés, jour pour jour. Et le temps approchait… Dans un état second, elle entendait le bruit des danses. La musique, les rires. Les symphonies plus dignes.

Elles étaient si belles, ces musiques. Jouées par ses enfants. Dévoilant leur secret, les harpes, les flûtes et les luths répandaient leurs notes dans le monde. Des voix cristallines, semblable au bruit de la mer, s’élevaient avec douceur. Mor avait toujours aimé ce doux univers. Ses meilleurs souvenirs étaient dans ces veillées, où sa propre harpe à la main, elle exhalait les ballades envoûtantes de ses amours. De son amour pour le Vent. Pour la course des vagues et celles des étoiles. Pour la douleur d’un chant, où l’appel délicat des notes. Lorsqu’elle jouait, elle se sentait heureuse. Toute l’âme de son amant faisait voler sa musique. Et il écoutait, en silence, assis à ses pieds, perdus dans la mélancolie du destin qui leur était échu. Quel bonheur, quel réconfort d’entendre ceux qu’elle considérait comme ses fils et ses filles perpétuer son souvenir à travers leur savoir.

Elle entendait presque le pas des druides, maintenant. Ils résonnaient sur les dalles de Tara. Le feu crépitait sur son bois. Le voile tombait, éteignait. Le silence se faisait. Douloureux, respectueux. Puis une mélodie reprenait, doucement, comme pour guider un peuple. La flamme brillait de nouveau. Elle la voyait, avec ces couleurs chaudes et ses étincelles qui faisaient tant de bien aux cœurs. Elle voyait le vêtement blanc de l’Archi-druide, et son visage creusé.

Et étrangement, elle était là. Sans vraiment l’être. Un fantôme dans une fête. Un esprit de passage. Une céleste spectatrice. Ses cheveux bleutés, bordés derrière ses oreilles, cascadaient sur sa nuque. Vêtue de sa traditionnelle robe blanche et évasée, elle se tenait droite sur le bord de la grande estrade de pierre. Elle ne remarqua pas tout de suite, alors que toutes les lumières étaient rallumées, qu’elle était aussi visible que le flambeau qui brûlait. Les regards des druides ahuris se tournèrent vers elle. Un peu choqués, surpris, et en colère. La prenait-elle t-on pour une Gallisenae impudente ?

Mue par une inspiration subite, elle s’approcha de la torche, afin que tout le monde la voie. Les spectateurs ne faisaient pas de bruits. Sagement, ils attendaient, comme si un sixième sens les avait prévenus que cette femme n’était pas réellement ce qu’elle était. Et qu’il se déroulait, sous leurs yeux, un tournant de l’histoire. Une vision que personne n’avait vu depuis… trois milles ans. Mor lisait la perte de la foi dans leurs yeux. Pour la plupart, elle n’était qu’une ancienne légende, un conte. Cela lui fit mal. Son cœur se serra douloureusement.


- Peuple d’Erin, commença t-elle d’une voix douce et triste, peu forte. Ne me reconnaissez-vous pas ?

Elle se tourna vers les musiciens tritons.

- Vous non plus ?

Elle eut un sourire désabusé, attristé. Elle les aimait pourtant… Elle n’avait jamais cessé de les aimer…

- On me connaît beaucoup de noms pourtant. C’est vous qui me les avez donnés… C’est vous qui m’avez baptisé Mor dans votre ancien langage… C’est moi qui gis sur l’Ile Brune… Au plus profond de l’île, au cœur d’une grotte qui s’enfonce tellement sous la terre, entourée des eaux, qu’il y fait plus froid que par le plus lancinant des hivers… « Même l'Eau peut geler, malheureusement ... Emprisonnée par le givre et la glace, Voyant ses propres enfants, Périr du froid hélas si tenace ... » récita t-elle au souvenir de la Prophétie du Korrigan. Mais même si certains d’entre vous, qu’ils soient avides de récompense, d’héroïsme, d’honneur ou d’amour, arrivaient jusqu’à cet endroit… Il vous serait impossible de me délivrer. Je suis là sans y être. Mon corps et mon âme sont figés dans un autre temps. L’unique moyen de me délivrer, et d’atteindre vos souhaits est de récupérer ce que les légendes nomment la Clé de Roeg. Grâce à son utilisation, vous serez en mesure de me libérer… Mais prenez garde ; cet objet, entre de mauvaises mains, peut être la source de biens des malheurs et….
Son regard repéra une aura familière dans la foule. Ses yeux de velours se baissèrent avec amertume.

- Et cela pourrait bien changer radicalement ce monde, comme certains le souhaitent depuis trois millénaires… A ceux qui n’ont pas perdus leurs croyances ou ceux en quête d’aventure, je peux promettre que tous leurs plus grands désirs se verront réalisés car ma gratitude n’aura pas de limites.

C’était tellement dommage. Elle les aimait, mais aujourd’hui… Peut être n’était-elle qu’une chimère à leurs yeux, ou tout juste un trophée. Cet appel au secours était son dernier espoir. C’est avec une grande tristesse que son image s’effaça, ravalée par les crampons de sa prison. Tout n’était qu’une question de temps. Car il était là…

[A la suite de ce message, merci de ne poster que vos réactions imminentes, les bagarres à petite envergure viendront plus tard ^^' Ce topic sera ouvert aux réponses lorsque tous les protagonistes principaux auront répondu. Merci de votre compréhension.]
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Aisleen Dryail

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MessageSujet: Re: / Evénement \   Mar 15 Juil - 21:55

Aisleen Dryail était en galante compagnie lorsque quelque chose s’alluma en elle. Elle se tut brusquement, et se mit en marche en saisissant le poignet de Kirin dans le sien. Il fallait se dépêcher. Vite. Tout n’était qu’une question de temps, elle le sentait. C’était important. La jeune femme accéléra la cadence, et c’est en courant presque qu’elle déboula, sans plus d’explications pour son compagnon consterné, sur la piste de danse. L’estrade. Aisly se fraya sans mal un chemin à travers les danseurs qui s’écartaient au fur et à mesure qu’ils prenaient conscience que son audace pouvait leur être fatale si jamais il leur prenait l’envie de protester. C’est ainsi, poussée par une force ancestrale dont elle avait oubliée l’existence, que la tasmante se retrouvait aux premières loges avec Kirin, muette et le regard fixé sur l’estrade que les musiciens allaient bientôt déserter. Maintenant.

Les druides et leurs descendants prirent la place de l’orchestre, cessant toute musique et créant le cercle, véritable rituel qui caractérisait le jour central de la Samain. Ces coutumes religieuses n’intéressaient pas Aisleen. Mais elle sentait qu’elle devait être là. Elle le savait. Comme chaque année, les murmures des vieux hommes s’élevèrent dans la nuit tandis que le feu commençait à crépiter en leur centre. Pourtant, tout était différent cette fois. D’ordinaire, ce rituel n’était qu’une façade, qu’un hommage à une croyance passée et révolue dans la plupart des esprits. Mais cette fois ci … Le souffle manqua à la jeune femme, immobile au milieu des spectateurs indulgents, impatients de reprendre leurs activités frivoles. Ils ne comprenaient pas. Mais elle, entre la vie et la mort, sentait sans cesse les extrémités de l’Autre Monde. Jamais celui-ci n’avait réagi aux incantations, jamais encore la Samain n’avait attiré une présence supérieure. Mais pour la première fois depuis très longtemps, la tasmante sentait les effets du rituel se diffuser en elle, et sa peau se réchauffer sous l’effet de l’ouverture de la Porte.

Et tout d’un coup, elle fut là. Aisleen la reconnut instantanément. Les cheveux d’un bleu sombre, la robe si semblable à la sienne … La tasmante compris avant tout le monde l’ampleur du phénomène qui se déroulait sur leurs yeux. L’Histoire s’écrivait en ce moment même. La Déesse qui avait veillée sur son existence mortelle. Icône du mariage et de la Femme. Mor. Des larmes montèrent aux yeux d’Aisleen, qu’elle essuya d’un geste alors que celle qui l’avait vue naître du temps où les Dieux vivaient librement, et où la Grande Mor pouvait s’unir au vent le long des côtes de son village natal, apparaissait … Les Druides eux même ne semblaient pas comprendre, et même lorsqu’Elle s’avança à la lueur des flammes, ils restèrent interdits, voire furieux pour certains. Ne comprenaient ils pas qu’après tant d’années vaines passées à tenter d’établir un contact, le miracle s’était produit ? Et, à cause d’eux, Mor semblait triste. Partout où elle portait son regard ce n’était qu’interrogation et ignorance. Ils avaient oublié. Oublié la fierté des vagues qui protégeait les marins, oublié la douceur des baisers sur lesquels Mor veillaient, oublié la force de son union avec le Vent, qui avait le pouvoir de créer toute chose en ce monde. Mais Aisleen se souvenait. Elle avait vécu cette époque. Et avait attendu son retour sans plus y croire, aveuglée par sa détresse et son éternité.

Mor souffrait de son anonymat. Mais, alors qu’Aisleen se sentait apaisée de la voir tromper tous les racontars qui circulaient sur elle et sur ses frères, la Déesse leur livra la clé de ses inquiétudes, et celle qui allait devenir son fol espoir. L’Île Brune. Une grotte. La Prophétie. Bien sûr ! C’était tellement logique, pourquoi personne n’avait deviné l’évidence même ? Ce qui suivit, par contre, dans ce discours énoncé d’une voix claire et aimante de la part d’un souvenir, d’une ombre, était nouveau. La Clé de Roeg ? Mais l’excitation qui naissait chez Aisleen l’empêcha de déceler l’amertume dans les propos de la Déesse. Elle ne prit pas garde à son timbre de voix, à ses réactions. Elle ne prêta pas attention à la mise en garde informulée, trop heureuse de voir poindre dans son esprit un semblant d’idée. Le mot récompense s’alluma dans son esprit et son sang ne fit qu’un tour.

Récompense. La Vie. Elle voyait déjà ce qu’elle pouvait demander à la Déesse. Une existence humaine. Pour Kirin et elle. Les doigts de la main qui ne tenaient pas celle du jeune homme remontèrent à ses lèvres qu’elle caressa pensivement. Peut être que le jour qu’elle attendait tant depuis cette rencontre, il y avait quelques jours de cela, n’était pas si éloigné en fin de compte. Celui où elle pourrait clamer son amour au monde entier sans que personne n’y trouve rien à redire. Sans risquer de tout briser. Vivre heureuse. Oui, c’était une belle chose. Mais elle n’était pas encore prête. Il lui fallait continuer à chercher un sens à sa mort. Et ce fut la Déesse qui le lui révéla alors qu’elle s’effaçait à leurs yeux. Dans l’assistance, le public était encore silencieux et sonné, les conversations n’avaient pas encore démarré. Et elle était la seule à connaître le temps où les Dieux étaient libres. Elle savait ce que cela représentait. Elle était la seule à y croire au-delà des légendes, non pas pour les murmures incertains, mais pour ce que ses yeux avaient vu.


Aisleen profita de la stupéfaction de tout le monde pour entraîner un Kirin légèrement sonné à sa suite. La tasmante bondit sur l’estrade, à son tour, et lança ses dernières forces dans son image qu’elle voulait rassurante et confiante. Et, alors que les badauds commençaient à cligner des yeux, le charme rompu et le mystère disparu, elle prit la parole d’une voix haute et claire :

« Je sais que vous êtes nombreux à me mépriser. Mais sachez que je ne suis pas tout ce que l’on raconte au sujet de ma race. Tout comme les Dieux n’étaient pas que de pures légendes comme certains se plaisaient à s’en persuader. Vous venez d’en avoir la preuve, Mor a libéré son âme rien qu’un instant durant la Samain, alors que la Porte était ouverte. J’ai moi-même senti ce passage, et ce n’est pas qu’une blague de plus pendant les festivités. »

Aisleen marqua un temps d’arrêt avant de reprendre, fière et décidée, devant un public bien surpris de voir deux revenantes s’adresser à eux dans la même soirée.

« La déduction logique de cette apparition est que tout n’est pas faux. Il se peut qu’un des quatre Dieu soit d’ores et déjà libre. Et que faisons nous, pauvres mortels ? Nous dansons, attendant la venue de celui qui se fera un plaisir d’anéantir le plus de vie possible. Vous avez entendu comme moi, la délivrance de Mor est envisageable. Je pars à sa recherche, et je vous encourage à faire de même. Prenez comme motivation si vous en avez besoin, les promesses de récompenses, ou alors la survie de ceux que vous aimez et qui ne survivront pas à une ère de Chaos. Je ne vous garantis pas un voyage agréable, mais je vous conjure de choisir dès ce soir votre camp, il faut agir tant qu’il en est encore temps. »

Elle-même n’était pas uniquement motivée par les reluisantes promesses de la Déesse, mais bien par le respect qu’elle lui vouait depuis sa plus tendre enfance où elle avait été élevée dans cette optique. Mais ce beau discours ne suffirait pas si elle n’ajoutait pas quelque chose :

« Je sais bien que vous n’avez pas confiance en moi, une tasmante. Mais j’ai deux raisons de vous faire changer d’avis, au moins partiellement. Déjà, j’ai connu l’époque où les Dieux régnaient sur les terres d’Erin, l’époque où la paix et l’Equilibre régnait. Et je puis vous assurer que rien ne sera plus jamais pareil si personne n’agit. Ensuite, et pour vous rassurer, voilà celui qui m’accompagne dans ma quête, et la votre. »

Aisly projeta Kirin sur le devant de l’estrade dans un sourire. Elle l’embarquait là dedans sans lui demander son avis. Mais pour une fois dans son existence, elle savait pertinemment ce qu’elle faisait. Kirin deviendrait un héros pour ceux qui adhéreraient à cette cause. Il fallait que ce soit lui qui se montre, qui convainque les foules par son charisme magnétique et sa loyauté à toute épreuve. A deux, ils pouvaient réussir. Elle à trouver un moyen de l’aimer, lui à réaliser son rêve. Elle sourit. Pour la première fois depuis longtemps, elle y voyait clair. Elle avait un but. Vivre. Se battre. Réussir.

_________________
Tout commença avec ma mort. Et tout continue, inexorablement.

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Kirin Keydan

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MessageSujet: Re: / Evénement \   Mar 15 Juil - 22:16

Cette Samain s’annonçait magnifique… Mais alors qu’il profitait d’un des meilleurs instants de sa vie, Kirin y fut cruellement arraché. Aisleen devait dire quelque chose… mais elle fut coupée dans son élan. Et comme si la mort les poursuivait, elle l’attrapa par le poignet pour se diriger à une vitesse infernale vers la piste de danse… Mais ce n’était pas tout. Une fois arrivée, elle n’avait pas arrêté sa course : elle avait continué de courir au beau milieu des danseurs pour finalement aboutir devant l’estrade. L’orchestre l’avait quittée pour laisser place à des druides. Kirin comprit alors ce qui allait se passer. C’était le rituel de la Samain. Même si le Fir-Bolg ne s’y était jamais intéressé, il respecta le choix d’Aisly et resta avec elle. Il ne la pensait pas aussi axée sur la religion… Alors il attendit, pressé de pouvoir reprendre ses activités avec elle. Mais ce qui allait arriver changerait complètement tout ce qu’il pensait de ces histoires de « dieux »…

Elle était apparue… Il ne l’avait pas reconnue instantanément, mais son charisme, l’aura qu’elle dégageait lui fit comprendre un peu plus tard qui elle était… Mor. La déesse qu’on disait mère des tritons, symbole de l’union… Une magnifique femme à la chevelure azur et la robe couleur saphir... C’était aussi le regard d’Aisly qui lui avait fait comprendre. La déesse était parmi eux. Elle était triste. Mais Kirin ne comprit que lorsqu’il vit son aimée verser quelques larmes… Lui non plus, il n’avait pas cru en cette légende… cette histoire de dieux capturés. Mais Aisleen avait certainement vécu il y’a assez longtemps pour savoir. C’est alors que Mor commença à parler.

Elle appelait à l’aide. Elle faisait cette apparition pour que tous les citoyens de Tara viennent la délivrer. Mais elle avait prévenu l’assemblée de grands dangers qui auxquels il fallait faire face… Cette clé de Roeg qui pouvait la délivrer… Si jamais Fall tombait dessus, alors l’avenir du monde serait immédiatement tracé… Mais alors Kirin repensa à sa promesse, ainsi qu’à son rêve… Il avait promis à Aisleen qu’il la sauverait de la mort. Qu’elle abandonnerait son statut de Tasmante pour devenir une véritable humaine… Et aussi, il s’était promis de devenir un héros. Le plus grand de tous les héros. Et ici, immédiatement, il se promettait d’être le premier homme capable de sauver trois dieux et de tuer le quatrième qui en voulait à ce monde… Il serait le trancheur divin. Celui qui tromperait l’Ankou et qui tuerait Fall. Et c’est dans ces pensées qu’il fut entraîné sur l’estrade par Aisleen… Il n’aurait pas pensé une seule seconde qu’elle cachait un tel tempérament au fond d’elle…

Elle avait décidé immédiatement de sauver Mor. Et sa prestation sur cette estrade, face à peut-être des centaines de personnes semblait terriblement convaincante aux yeux du Fir-Bolg. Il se sentit un instant très inférieur à elle. Il ne se serait jamais imaginé employer de tels arguments pour inciter le peuple à sauver une déesse… Mais elle devait faire des efforts inconsidérés pour se faire entendre… Elle était morte après tout… et ce n’est pas le monde entier qui fait confiance aux fantômes que l’on dit porteurs de malédictions… Elle avait dit ensuite qu’elle connaissait le temps où les dieux régnaient librement sur Erin… Ils existaient donc bel et bien, et cette apparition l’avait confirmé. Et alors qu’il réfléchissait à tout ce qu’il avait cru depuis sa plus tendre enfance à propos des dieux, il se sentit attiré vers l’avant. Aisleen lui laissait la place à présent…

Il comprenait alors. Elle l’avait attiré ici tout en connaissant son rêve. Elle savait que l’entreprise de délivrer un dieu allait être un chemin vers la gloire. Kirin deviendrait un héros s’il réussissait à délivrer Mor. Mais il aurait été un héros bien plus apprécié s’il était capable de convaincre tout un peuple de le suivre… Alors, même s’il n’était pas très intelligent… même s’il ne se sentait pas capable d’être aussi convaincant qu’Aisly… il devait essayer. Ce n’était plus simplement son rêve. C’était aussi sa promesse. Il la remercia du regard et commença alors.


Vous tous… Je suis aussi étonné que vous. Mais cette apparition n’était pas une blague. Cette aura, inutile de le nier, vous l’avez sentie comme moi. Mor n’a plus qu’un seul espoir. Et cet espoir, c’est nous, ses fils et ses filles. Comme beaucoup d’entres vous, je pensais que cette histoire de Dieux n’était qu’une légende. Mais aujourd’hui, nous avons tous la certitude que Douar existe.

Kirin s’arrêta un instant. Il ne trouvait pas les mots justes. Il ne sentait presque pas capable de les aider, de devenir un véritable héros à leurs yeux. Alors il regarda Aisleen, celle qu’il aimait. Il y repensait encore. Seulement eux deux, ils ne seraient jamais capables de sauver Mor. Jamais elle ne serait vivante et jamais il ne serait un héros. Il y avait Bugy aussi… Ce petit chenapan… mais lui aussi croyait en lui. Deux personnes comptaient sur lui. C’était suffisant pour lui redonner tout son courage. Il devait faire de son mieux.

Peuple de Tara ! Ce n’est pas seulement un évènement peu commun ! A partir de maintenant, ce n’est plus une histoire de destin ! NOUS allons écrire nous même l’histoire ! Des dieux comptent sur nous, mortels, pour les sauver ! Nous avons tous l’honneur de venir secourir nos plus vieux parents ! Suivez nous ! Et je vous promets que votre volonté vous offrira des récompenses bien plus grandes que ce que vous pouvez imaginer !

Il dégaina alors son épée et la pointa vers le ciel. Il tentait de se donner l’image de héros la plus importante qui soit. Et il ne fut finalement pas déçu de lui. Il se sentit bien plus fort… capable de choses dont il n’aurait d’ordinaire jamais été capable…

Nous trouverons cette clé ! Nous sauverons Douar ! Ils régneront sur les cieux ! Et enfin, lorsque nous aurons atteint ce but… Je vous le jure ! Moi, Kirin Keydan, je vous montrerais comment on tue le plus mesquin et tyrannique de tous les Dieux !

Il s’était senti convaincant en dictant ces dernières phrases… Mais il ne savait plus vraiment quoi faire. Il aurait espéré peut-être des applaudissements, des réactions quelconques qui montreraient la réussite de son court discours. Mais il était heureux. Il imaginait encore une fois sa statue à l’entrée de Tara. Et aussi, comme l’image qu’il voyait de celle-ci, il regarda avec un air à la fois satisfait et dominant le peuple qu’il surplombait sur cette estrade.
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Fall
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MessageSujet: Re: / Evénement \   Mer 16 Juil - 13:27

Un rire. Tout léger, tout bref. Deux onomatopées, échappées par mégarde. Un rire. Un ricanement même. Juste un son incongru qui lui échappa sans qu’il puisse le retenir. Cela n’avait rien de joyeux. C’était dur, métallique. Furieux.

Comment osait-elle ? Comment osait-ils ? J’étais là avant !

Le sang pulsait à ses oreilles, presque douloureusement. Mais ce n’était rien à côté de la fureur qui lui ravageait le ventre. Les yeux baissés, Fall ne regardait que le sol. L’image tremblante de Lisbet’h avait perdue ses couleurs, laissant sa peau d’albâtre devenir plus blanche que la craie. Les mains, relâchées, auraient été livides s’il les avait serrées. Mais non. Il restait là, immobile. A se concentrer sur les dalles. A se concentrer sur sa rage dévastatrice qui le prenait par ondées, comme une mer déchaînée. Les narines pincées, les lèvres serrées et rouges. Sa respiration ne pouvait qu’accélérer. Mais il ne pouvait ouvrir la bouche ; tout risquait d’éclater, de voler en morceaux.

Ce n’était pas Elle. Ce n’était pas possible, pas possible. Elle était enterrée trop profondément. Elle était morte, disparue ; l’esprit et le corps atrophiés. C’était juste une folle. Une femme stupide qui voulait être maligne. Peut-être même une de ces satanées Gallis ! Forcément. Obligatoirement. N’est ce pas ? N’est ce pas ?!

Et pourtant il n’y avait plus l’ombre d’un doute. C’était Elle. Il n’y avait qu’Elle. Cette force, cette présence. Ce physique. Cette façon mièvre et faussement maternelle. Cette amoureuse finie, au bord du gouffre du pathétisme. Même si tout son esprit luttait, de toutes ses forces, pour conserver son calme et se rassurer, il ne pouvait nier une telle vérité. C’était Elle. Nouvel accès de rage, sauvagement déchaîné labourant à coup de griffes son cœur. Sa raison. C’était elle, c’était elle… Le regard de Lisbet’h prit un éclat meurtrier, qu’aucun autre mortel aurait pu avoir. C’était impossible. Un mouvement prudent sur sa gauche lui fit comprendre que Mikaël avait très bien remarqué ce brusque changement d’humeur. Vas-y, inquiète toi, et laisse moi m’énerver en paix.

La déformation des traits de Lisbet’h, dans une fureur intense, la rendait anormale aux yeux de ses voisins qui même subjugués par le spectacle qui venait de se dérouler, comprenait et ressentait les brusques ondes qui faisaient vibrer l’air sous l’effet d’une trop grande colère. Elle, ses cheveux, son attitude… Il les haïssait, et il avait oublié à quel point. L’idée d’avoir pu, dans un temps intérieur lointain, lui tenir la main comme le meilleur ami du monde le révulsait. Il avait l’impression de vomir ces souvenirs de fausse affection, il était écoeuré par sa simple présence, ici, ici, ici… Dans SA ville ! Dans Son monde ! Le monde qui lui revenait de droit, le monde qu’il allait détruire, recréer, à son image, le monde où il ne garderait que ceux qui en valaient la peine ! Et ELLE, qui aurait être exécrée, oubliée, meurtrie, elle qui n’était plus RIEN se pointait en s’imaginant, avec son regard hautain, qu’elle pouvait se permettre, trois milles après, de demander du secours ?! Mais c’était TROP TARD, ma sœur ! C’est fini, tu vas partir, tu vas rester dans ta prison, jamais on n’ouvrira le cadenas que j’ai pris tant de plaisir à fermer !

Lisbet’h releva la tête, les yeux dorés devenus brûlants, comme si leur or était en fusion, et fixait avec mépris, horreur et haine les deux pantins qui avaient gobés les promesses de la mer traîtresse. Une saleté de fantôme, une ombre, un souvenir désespéré, et un narcissique ?! Mais que croyaient-ils, ses pauvres petits ?

Il avait l’impression qu’il allait exploser, gicler partout, répandant son monstre intérieur sur les bonnes gens éblouis. Abrutis.

Après avoir quitté Gabriel, Lisbet’h avait erré par-ci par là, charmante et souriante, gourmande à ses heures. Elle était malencontreusement tombée sur un autre blond suffoqué par sa présence qui ne l’avait plus lâché d’une semelle depuis. Charmante attention. Qu’importe, elle n’avait rien à faire à par profiter de la stupidité des gens, et n’avait pas donné de contre ordres. Le soir du troisième jour venu, ils s’étaient rendus sur la place de l’autel afin d’assister au spectacle. Fall avait eut l’envie rêveuse de faire, lui aussi, quelque chose de spectaculaire le soir. Quelque chose comme « Tremblez ahuris, je suis de retour » mais Mikaël en aurait fait une crise cardiaque et ça aurait été tellement dommage. Et puis, ce n’était pas le moment. Encore une fois, ces satanés pouvoirs étaient… ailleurs. Que de temps perdus ! Il avait été aussi singulièrement déçu par Nathaniel qui brillait par son absence. Il s’était peut-être pendu dans un coin obscur de tara, après un discours dramatique. Ah, ah. L’ennui et le calme le rendaient sarcastique. Pire que d’habitude. Il sentait l’étincelle, au loin, qui indiquait que Nathaniel faisait bel et bien toujours partis de ce monde. Il remontait dans son estime. Dès qu’il aurait retrouvé, il passerait le goût amer de sa déception sur lui.

Peu avant le début de la cérémonie, alors que la nuit avait recouvert de son voile de velours le ciel de Tara, piqueté d’étoiles, une petite fille, entre six et huit ans, qui courait partout toute excitée par la fête, s’était prise dans la robe de Lisbet’h. Bredouillant des excuses, elle semblait désolée de sa bêtise et la femme la rassura avec un charmant sourire. Ragaillardie, la petite lui avait souhaité une bonne année. Oui, bonne année à toi aussi, avait répondu une nouvelle fois Lisbet’h dans un sourire bienveillant.

Intérieurement, Fall s’amusait de sa capacité à changer de personnalité aussi facilement. L’exemple n’était pas le meilleur ; l’année ne pouvait qu’être bonne, étant donné les changements qui étaient promis… Si cette fillette avait des parents assez malins pour la faire vivre. Comment pouvait-il être comme ça ? Et bien disons que le sort de cette enfant ne lui importait vraiment pas. Il y aurait ceux qui survivraient, et ceux qui mourraient.

Et puis tout avait changé. L’ambiance. La magie. Et Elle était venue. Avec ses paroles ridicules. Et Falla avait cru suffoquer dans sa couverture si gracieuse. Noyé de l’intérieur par sa propre colère. Frustration. Pourquoi était-elle là ?!

La Lisbet’h, immobile depuis cinq bonnes minutes, imperméable aux discours des « valeureux » pionniers de Mor, tremblait doucement. Quelque chose poussait en elle, quelque chose de monstrueux, quelque chose de fou, quelque chose d’énorme… Une créature, une chimère qui devait exploser. Ce n’était plus possible, ou il allait mourir. Faisant brusquement apparaître dans la paume de sa main une épée aussi grande que ses jambes, à la poignée développée, Lisbet’h fendit brusquement la foule médusée, et bondit sans se soucier d’économiser son énergie sur l’autel.

C’était eux, les responsables. Eux. Tuer l’embryon dans l’œuf. Vite. Vite. Sa main s’abattit de toutes ses forces sur une lame que le Fir-Bolg avait eu la présence de sortir. Comment ? Peu importe. Crève. Crève ! Nouveau mouvement. Nouvelle résistance. Le cri du fer était apeuré. C’était trop violent. Fall aurait pu casser le poignet vigoureux du jeune homme en continuant d’appuyer, sa colère galvanisant le peu de force qu’il avait d’ordinaire, mais il fit un brusque saut en arrière avant de se fendre. Le déchirement des vêtements, de la chair et le liquide poisseux qui se répandit sur son épée jusqu’à sa main le ravit. Il ne prit même pas la peine de l’achever. Sa main se referma sur le poignet d’Aisleen, utilisant tout ce qu’il recelait pour l’obliger à être corporelle. Et avec une soif démesurée de lui ôter toute son énergie spirituelle, jusqu’à la dernière goutte. A ce moment là, le corps de Lisbet’h craqua, ne pouvant supporter une telle dépense, et apparut derrière la peau blanche le corps ordinaire de Fall, dont les yeux verts brillaient avec démence. Il hurla, sans pouvoir se retenir :


- Je vous laisse le choix ! Ou vous serez avec moi, vivants dans un monde que JE vous offre, ou vous serez avec eux, et morts !

Cela n’avait rien d’un discours épique. C’était clair, bref. Il tira Aisleen vers lui pour illustrer ses propos. Il allait la tuer, la tuer, ça serait la deuxième, de tous ceux qui commettraient l’erreur de LA suivre.

Mais c’était trop demandé. Tout son corps se crispa sauvagement, un hoquet de douleur lui monta à la gorge. Il la lâcha, et tout fondit pour ne laisser qu’une brume noire, résidu d’une colère trop forte pour être dispersée.

Au milieu de la panique générale qui s’était répandue comme une traînée de poudre, personne ne l’avait remarqué. Comme certains se jetaient pour aider le couple si brusquement agressé, d’autres affolés les retenaient. Tout dérivait en rixes, et personne ne vit Fall disparaître on ne sait où.
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Gabriel Jeevas
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MessageSujet: Re: / Evénement \   Mer 16 Juil - 16:01

Et c’était déjà le soir du troisième jour. Le moment dit le plus important de la Samain mais durant lequel, année après année, il ne se passait rien. De chez rien. C’était juste barbant, des sois disant druides capable de ramener à la vie des Dieux ? Ridicule. Alors que faisait Gabriel ici même ? Sur la place centrale ? Et bien, il cherchait Nathaniel. Encore.

Sans relâche il avait parcouru Tara en se crevant mais pas une ombre, Gabriel en venait à croire qu’il était venu puis repartit, sans même chercher à le voir. Cela le rendait triste. La veille, il avait fait l’amour à pas moins de quatre femmes dans la même nuit, par dépit, par rage, par tristesse, peu importait, il n’avait pas retrouvé celui qu’il aimait et qu’il n’avait plus vu depuis trois semaine. Et il se rendait compte qu’il avait de plus en plus de mal à étirer le coin de ses lèvres en son éternel sourire heureux. Il était là, il cherchait des yeux la silhouette d’un jeune homme bruns et pâle sans succès. Il fallait croire qu’il ne voulait vraiment pas le voir. Gabriel ne comprenait pas, il n’arrivait pas à saisir le pourquoi de cette situation. Ils se reverraient, c’était une promesse mutuelle… Mais silencieuse. Tellement silencieuse que peut être Gabriel l’avait rêvé, tout à ses délires… Peut être qu’il n’avait jamais rien été pour Nathaniel…

Il resta un instant planté au milieu de la foule la tête regardant le sol, essayant de se ressaisir, de trouver une excuse pour se ressaisir, de se dire qu’il n’y avait pas que Nathaniel dans la vie, c’était bien ce qu’il s’était dit depuis qu’ils s’étaient quitté…
Au moment où Gabriel releva les yeux, de nouveau tout sourire, il se figea. Une nouvelle aura. Proche de celle qu’il avait sentit en regardant Lisbeth l’avant-veille. Mais beaucoup plus forte celle-ci. Elle provenait de la scène. Quelqu'un venait d’apparaître. Une femme splendide, il fallait l’avouer. Le jeune blond la regarda longuement. Qui était-elle ? Elle était magnifique et l’espace d’un instant il se voyait bien l’inviter à dormir chez lui. Mais quelque chose d’indescriptible se dégageait d’elle. Son visage lui était familier… Gabriel ne fut pas long pour trouver à qui elle ressemblait. On aurait dit… La déesse Mor. Il le savait car enfant sa mère lui lisait des livres sur les contes et légendes d’Erin, sur la belle Mor, déesse de la mer. Mais alors… Mais alors…

Gabriel sentit son sourire se faner et ses yeux d’agrandirent. Serait-il possible que… ?
La voix douce de la créature interrompit le fil de ses pensées, lui prouvant qu’il ne s’était pas trompé. C’était bien elle, il était impossible de se tromper. Mais pourtant, cette apparition venait de remettre en cause tellement de chose, elle venait de prouver que les contes n’en était pas que les légendes étaient belles et bien réelles. Mais c’était impossible, car si Mor existait, tout les autres aussi, et toutes les prophéties pouvaient se réaliser. Alors que la tête tournait un instant à Gabriel il se ressaisit. Il aurait le temps de digérer plus tard la véritable existence des Dieux, car à travers les paroles de Mor pour qu’on l’aide à se libérer, Gabriel ne se reconnut pas. Il n’était pas un héro et ne désirait pas l’être. Il n’avait pas envie que son monde soit bouleversé par l’arrivée inopinée d’une déesse dont on n’avait plus entendu parler depuis trois milles ans. Il ne se joindrait pas à un probable groupe de personne pour la plupart plus assoiffé de récompense que de libérer Mor. Il resterait ici, se fichant royalement de ce qui pourrait arriver aux dieux. Cela faisait des années qu’il vivait comme ça, lui et tout le monde. Et ce monde n’avait pas forcément de raison d’entreprendre aussi un périple aussi dangereux que de trouver une clé introuvable. Gabriel se fichait des Dieux et de savoir qu’en fait il existait lui importait peu. Avec, sans, quelle différence ?

A cette apparition suivit celle plus ‘normale’ que celle d’une déesse. Une tasmante. Un sourire fleurit sur les lèvres de Gabriel. Il ne regrettait pas sa venue. La Samain était beaucoup plus animée cette année, c’était sympa. Surtout que la morte était aussi très attirante, comment c’était de passer une nuit avec une tasmante ? Avant que Gabriel ne se décide à lui demander elle-même commença un long discours plus ou moins à la gloire de Mor qui fit doucement rire Gabriel. C’était d’un pathétique cette volonté de vouloir sauver quelqu'un. Surtout quelqu'un qui vous promettait monts et merveilles, qui se disait gentille. Mais qui savait vraiment qui était Mor ? Personne ! Gabriel était résolument égoïste et ne cherchait que son propre plaisir, et récemment celui de Nathaniel si il se décidait à se montrer et à lui dire que Gabriel avait eu tort de se faire du soucis. Et en parfait état de cause, ni le discours grandiloquent de la morte, ni celui, guère différent du Fir Bolg qu’elle tira sur le devant de la scène provoqua grand élan patriotique envers Gabriel. C’était vraiment pour se la jouer décidemment. ‘Nous règnerons, nous écrirons l’histoire…’ Mais que croyaient-ils ? Que les Dieux leur seraient reconnaissants ? Un Dieu n’a besoin de personne une fois au sommet et ce n’était que bêtise de croire qu’ils les récompenseraient. Cela devenait stupide, il allait rentrer et s’enfermer chez lui en méditant sur quel bar il allait fréquenter demain en fonction de ces nouvelles. Les gens étaient tellement manipulables et crédule et le beau blond ne douta pas un instant qu’il y aurait foule pour libérer la déesse mais que chaque kilomètre parcouru baisserait le niveau des volontaires. Ils se croyaient des héros, ce n’était que des ignorants les yeux pleins d’étoiles, la plupart ne saurait sûrement pas tenir une arme. Il était temps de partir, ça tournait au ridicule.

Il allait le faire quand une seconde aura le percuta. Une aura connue. Il se retourna, cherchant vaguement parmi la foule et il ne fut pas long à reconnaître la première chanceuse de la Samain, Lisbeth. Elle ne le voyait pas, elle regardait l’estrade avec haine, haine intense qui fit cligner des yeux à Gabriel. Comment pouvait-il la ressentir aussi bien cette haine ? C’était des vague de rage qui parcourait l’assemblée et qui provenait de la magnifique jeune femme mais qui dont les traits se décomposait pour laisser place à un masque que Gabriel pensait impossible à reproduire pour elle. Qui était-elle… ? Pour la deuxième fois en peu de temps, les pensées de Gabriel tournèrent courts quand une immense épée apparut dans la main de la jeune blonde toute en dorée. Le débauchée recula d’un pas alors qu’un cri de surprise se bloqua dans sa gorge.


-Qu’est-ce que… ?

Lisbeth se rua sur scène. Dorénavant, Gabriel ne reconnaissait aucun des traits qui l’avait séduit au premier abord, elle n’était que furie et colère, prête à tuer celui qui disait s’appeler Kirin et la tasmante. Gabriel était totalement paralysé sur lui-même. Son cerveau n’arrivait pas à comprendre ce qui se passait jusqu’à ce que brutalement, Lisbeth implose. Et de la belle jeune femme il apparut une peau blanche et un regard vert et dément. Des paroles, des menaces, une voix haineuse. Si elle était Mor lui était… Lui était…

Fall.

Et avant d’avoir pu achever la tasmante, il lâcha un espèce de hoquet et se dissipa en fumée noire et lourde qui s’échappa sous l’œil hagard de Gabriel.

Abasourdis, des dizaines de personne s’échappaient en hurlant à l’aide, ils poussaient Gabriel qui se laissait balloter sans réagir. Le regard fixe vers l’estrade, une seule et unique pensée tournant en boucle dans son crâne anesthésié.

« J’ai couché avec un Dieu »
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MessageSujet: Re: / Evénement \   Mer 16 Juil - 19:08

Bugy n'avait pas assisté à toute la scène. Il se promenait tranquillement, ou plutôt il cherchait vainement son maître à travers les rues bondées du centre de Tara, et sa petite taille ne l'aidait pas. Les attractions étaient nombreuses et son attention toujours changeante, mais quelque chose semblait se dérouler sur une place un peu plus loin. En effet, les passants s'y entassaient, y arrivant dans le flot continu habituel mais n'en repartant que par petits groupes. Pourquoi donc tant d'effervescence ? Et d'ailleurs ce n'était pas le mot adéquate. Tout le monde semblait perplexe, presque gêné pour certains. Plus le Brownie avançait et plus la foule était épaisse. De fait, il pensa que le plus efficace serait de passer par les toits. Il se téléporta sur l'un d'entre eux et couru vers la place. Il ne fut pas déçu. Une masse de monde grouillait et tous les regards étaient tournés vers une estrade. Il semblait s'être passé quelque chose puisque un homme était sur l'estrade, épée levée et Bugy n'entendit que sa dernière phrase.

"je vous montrerais comment on tue le plus mesquin et tyrannique de tous les Dieux !" clamait l'homme.

Les yeux du Brownie s'écarquillèrent. C'était Kirin ! Son heure de gloire sonnait et il n'était pas à ses côtés. Il sautilla de bonheur sur le toit et dérapa. Heureusement, il avait des réflexes et il se rattrapa au bord du toit, évitant de tomber dans la foule. C'est ainsi suspendu qu'il put ressentir la colère qui parcourait la foule comme une vague. Non pas une colère qui venait de chacun des passants, mais une vague qui semblait écraser les lieux. Il failli lâcher prise face à cette agression silencieuse, mais tint bon. Une femme étrange se jeta sur l'estrade et frappa de toutes ses forces sur... Kirin ?! Bugy reprit ses esprit et remonta tant bien que mal sur le toit pour mieux voir le combat épique qui allait sans aucun doute suivre. Mais le temps qu'il détourne les yeux et remonte sur son toit, il vit Kirin allongé sur le sol se vidant de son sang et un homme tenir une femme fermement. N'était-ce pas une femme un instant plus tôt ? Il avait probablement fait erreur. Toujours est-il qu'il disparu dans un nuage de fumée après une menace claire et laissant sur la scène des personnages dans des situations assez.. singulières.

Bugy n'eut pas une hésitation. Il apparut instantanément aux côtés de son maître. Il réfléchissait à toute vitesse. Il fallait l'aider ! Première chose à faire ? Empêcher le sang de couler ! il y en avait tellement ! et l'entaille était si grande ! Sans hésiter il enleva le haut de ses vêtements pour en faire un tampon qu'il pressait sur la plaie. Il fallait que ça arrête de saigner ! Le brownie, torse nu à présent, essayait tant bien que mal, et plutôt mal d'ailleurs, de panser les blessures de son maître. Son visage était baigné de larmes, son nez coulait abondamment, mais il faisait tout son possible pour que rien de tout cela ne tombe sur la plaie. Il ne devait pas y ajouter des microbes en plus ! Il parlait à Kirin de sorte que lui seul puisse l'entendre.


Je suis là Kirin. Ne meurt pas hein ?
Tu as entendu ce que tu leur as dit ? Tu as dit que tu leur montrerais comment on tue un Dieu. Et je serais avec toi, quand tu deviendras un héros hein ?
On sera ensemble et je t'aiderais hein ?
Tu ne dois pas mourir. Respire Kirin, respire et garde les yeux ouverts. Tu ne dois pas t'en vouloir hein ?
Il t'a prit par surprise mais tu es capable de le battre hein Kirin ?
Tu le battra plus tard hein ?
Tu le battras et tout ira bien. Je suis avec toi. Tu resteras avec moi aussi hein Kirin ?
Brownie et maître, c'est comme ça que ça fonctionne hein ?
On s'entraide et on se soutient hein ?


La foule autour ? Il n'en avait que faire. L'avis des gens ? Qu'ils se rallient tous à leur cause et même si Bugy ne savait pas quelle elle était, si Kirin en était, il en serait aussi. Si Kirin la mènerait, il l'aiderait et c'était ainsi. Il avait confiance en le jugement de son maître. Il serait avec lui et c'était tout. Il serait avec lui et Kirin vivrait. Il ne pouvait pas en être autrement.

Autour, chacun semblait décider de sa voie. Même si Bugy n'avait pas comprit quelle était la cause de Kirin, il voyait bien qu'il avait déjà un adversaire de taille. Un adversaire capable de le trancher et de disparaître en un instant. Il avait fuit ? Il ne savait pas. Mais ceux qui avaient eut les réactions les plus expressives à la fin du discours de Kirin semblaient être aussi ceux qui étaient le plus réservés à présent. Touts des pleutres. Si quelqu'un était capable de trancher un héros ainsi, c'était un méchant. Et tout le monde devrait vouloir combattre les méchants non ? Alors pourquoi ? Pourquoi est-ce que cette foule semblait si réservée ? Pourquoi est-ce que cette agression semblait avoir coupé la volonté de tant de gens ? Bugy ne comprenait pas. Il reconnaissait certains des vendeurs habituels du quartier commerçant. Eux qui, lorsque Bugy leur parlait de héros, disaient que le monde en avait bien besoin, pourquoi soudain étaient-ils si réservés ? Pourquoi n'offraient-ils pas leur aide maintenant qu'il y avait un vrai héros devant eux ?

Figé d'incompréhension, se rendant aussi compte qu'il était sur l'estrade que tout la foule fixait et qu'il pleurnichait, il essuya ses larmes et la morve de son nez d'un revers de manche avant de faire un sourire légèrement timide à la foule et leur adressa un léger geste de la main accompagné d'un petit :


Euh... Salut... héhé

Il reporta son attention sur Kirin et recommença à presser les blessures qui versaient de moins en moins de sang. Mais Bugy se demandait tout de même comment il avait pu perdre tout ce sang...
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Aisleen Dryail

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MessageSujet: Re: / Evénement \   Jeu 17 Juil - 12:43

Un sourire naquit sur des lèvres. Aisleen était fière. L’homme qu’elle avait rencontré quelques jours auparavant lui avait fait part de sa décision d’être un héros. Et elle avait voulu l’aider. Elle apprenait l’envie de pousser les autres dans leur voie. Il était fier et ne reculait pas, sa main était ferme autour de son arme et sa tête était fièrement dressée, le menton relevé en guise de défit. Il avait tout du valeureux guerrier dont tous les sculpteurs s’arrachaient l’image. Et Aisly était contente pour lui. C’était cette image dont elle avait besoin à ses côtés, celle d’un Kirin inébranlable, intouchable, immortel. Comme elle. La jeune femme le regardait avec un mélange de tendresse presque maternelle et une admiration qui venait d’une femme amoureuse. Oui, elle était irrémédiablement fière de lui. Déjà il était prêt à tout pour la rendre heureuse, et leur relation lui importait plus qu’il ne voulait bien le montrer, et voilà maintenant qu’il était prêt à risquer sa vie pour une cause qui était devenue la sienne en même temps que celle d’Aisly. Elle s’en était voulue de l’avoir embarqué là dedans sans lui demander son avis, mais au vu de sa réaction, toute culpabilité semblait envolée.

Et là, ce fut le drame. Emportée dans son délire illusoire, Aisleen ne réalisa pas, ne perçut pas la vague maléfique qui s’étendait sur l’assistante. Comme un miasme putride se répand sur la peau, cette aura étouffait peu à peu ses sens, et ses réactions en furent altérées. Elle ne vit pas Fall. Ne comprit pas assez vite. Et, lorsqu’elle se secoua, il était trop tard. L’enveloppe charnelle du Dieu implosait, se révulsait peu à peu, livrant la véritable nature de son possesseur aux yeux de tous. Un monstre. La Haine à l’état pur. Ce dernier s’élança à son tour sur l’estrade faite de pierres réchauffées par le feu mourrant, et saisit le poignet de la tasmante dans sa répugnante paume. Ce contact électrisa la jeune femme, qui tenta de se dégager, en vain. Elle avait beau être morte, et en pleine possession de ses moyens tandis que Fall lui rendait la consistance qu’elle avait pu perdre depuis son dernier drainage, Aisly restait ridicule face à un Dieu, même privés partiellement de ses pouvoirs. Car réduit, il l’était. Ses forces n’avaient pas retrouvées leur grandeur d’entant, loin de là. Sinon Aisleen et Kirin seraient déjà raides morts, offerts en sacrifice à la colère du Dieu destructeur.

Une vie. Une vie en sacrifice. Aisleen assista vainement à la vengeance de l’entité, qui transperça le corps de … Kirin. La chair s’ouvrit dans un immonde bruit de succion, les muscles se déchirèrent et les os craquèrent sous la pression métallique de l’arme. Et elle ne pouvait esquisser le moindre mouvement. Fall l’avait clouée sur place, aucun geste ne lui était permis. Le contact d’une telle aura n’était pas sans conséquences, surtout pour une âme incertaine perdue parmi les vivants. Mais ses paroles plus que ses gestes déclenchèrent quelque chose en elle. Et, pendant qu’elle reprenait difficilement sa capacité à se mouvoir, elle cotisa immédiatement la plaie que le Dieu avait ouverte dans son discours, dans les esprits de la foule. Sa voix s’éleva alors qu’elle ne désirait qu’une chose : se précipiter sur Kirin pour réparer ce qu’elle avait provoqué. Un doigt. Sa main bougeait. Lentement.


« Les menaces d’un Dieu incapable de conserver une existence conséquente plus de quelques minutes ne doivent pas altérer votre jugement. Mais les peureux ne sont pas les bienvenus, aussi rien ne les retient. Je ne vous ai rien prédit de facile, car cela ne le sera pas. Mais au nom de ceux que vous voulez chérir, comme moi, ne laissez pas cette créature prendre le contrôle de vos vies. »

Un bras. Mais elle se trouvait encore trop loin de son aimé pour lui porter secours où même se manifester. Et, pendant qu’elle luttait contre sa difficulté, un Brownie surgit de nulle part aux côtés de Kirin et le soigna à sa place en pleurant sur la vie qui s’échappait de la blessure. Ignorante du reste du monde, Aisly se dégagea enfin de l’emprise que l’aura de Fall avait laissée derrière lui, et se précipita vers « son » héros. Elle prit garde de ne pas gêner les mouvements de celui qui limitait la perte de sang, et hésita sur la marche à suivre. Ses connaissances en médecine étaient réduites, et aucune herbe soignante ne poussait en plein centre ville. Que faire ? Seul un miracle aurait pu arranger la désastreuse situation dans laquelle elle avait plongé Kirin.

Un miracle. Au milieu de son inquiétude, tellement grande qu’elle ne songeait même pas à pleurer, Aisleen entraîna Kirin un peu à part alors que les réactions de la foule commençaient enfin à montrer, les timbres de voix qui se haussaient et les poings qui se brandissaient. Les émeutes qui commençaient. La tasmante se concentra aussi longtemps que la situation de Kirin le lui permettait. Elle n’aurait droit qu’à une seule chance. Si elle ratait, jamais elle ne pourrait réitérer cet acte, et Kirin mourrait. Non. C’était hors de question. Stop. Comme elle ne pouvait remonter le temps, Aisleen mit de côté toutes ses émotions, verrouillant sa détresse, son envie irrépressible de hurler, de pleurer, de faire quelque chose d’inutile. Il lui fallait réussir autre chose. Et vite, au vu de la couleur pâle de la peau du Fir-Bolg qu’elle avait fini par allonger non loin de l’estrade, laissant le Brownie à quelques pas de là.

Aisly pria très fort, espèrent que son amour ferait le reste, et elle se pencha vers le visage de Kirin. Ses lèvres descendirent vers les siennes, apposant un baiser léger mais intense à la fois, un baiser dans lequel elle ne mit non pas son besoin d’humanité, mais celle-ci elle-même. Inverser son pouvoir, voilà quel était le but. Focalisée sur le contrôle d’elle-même, prête à arrêter si elle remarquait un quelconque empirement dans l’état du jeune homme, elle ne prenait pas garde à son propre état. Aisleen ne savait pas si cela marchait. Elle ne sentait pas ses forces la quitter, ne voyait pas sa vision se troubler, ses mains pâlir, son corps ne réagissant plus aux sollicitations extérieures. Peu à peu, néanmoins, lorsqu’elle remarquait les couleurs revenir sur le visage de Kirin, elle se sentait plus légère, plus distante. Elle allait bientôt partir, c’était évident. Il ne lui restait plus que quelques réserves vitales. Alors elle posa sa main sur la blessure et souhaita très fort qu’un miracle se produise encore une fois. La plaie arrêta de saigner, en même temps que la source d’humanité d’Aisly se vida. Voilà, il n’était plus en danger de mort, quelques soins suffiraient à le remettre sur pieds. Elle sourit une dernière fois, et murmura à son oreille en priant pour qu'il l'entende:


« Pardonne moi de t'abandonner. Mais nous nous reverrons. Je t'aime ... »

Et elle ? Aisleen regarda amoureusement Kirin et se releva lentement, comme si elle menaçait de se briser à chaque instant. Elle était invisible, elle le savait. Tout juste un courant de brume qui flottait de temps à autre, mais personne ne pouvait plus la voir, il lui faudrait reprendre des forces. Et elle détestait se trouver dans cet état. En effet, à chaque instant elle percevait le monde des morts à ses côtés, bien plus proche que ne l’était celui des vivants. A chaque instant, elle pouvait succomber. Aisleen jouait son âme. Et sa prochaine proie ne devrait pas être prise au hasard. Il lui faudrait un homme fort, robuste et aimant. Oui, il fallait qu’il soit amoureux d’une femme pour que sa régénération débute. De plus, son cœur devrait être pur, sans quoi elle annulerait involontairement le processus et partirait rejoindre ses parents dans l’au-delà. Mais Aisly n’était pas prête. Elle aussi avait quelqu’un à aimer. Tristement, elle déambula au milieu des gens qui commençaient à s’énerver, réagir. Les bagarres allaient se propager, elle le savait. Et, dans un dernier regard pour Kirin, qu’elle savait hors de danger, Aisleen se fondit dans Tara comme une ombre le ferait dans l’horizon. Elle était en chasse pour défendre sa vie. Son amour.

_________________
Tout commença avec ma mort. Et tout continue, inexorablement.

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Kirin Keydan

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MessageSujet: Re: / Evénement \   Jeu 17 Juil - 13:59

Kirin ne put savourer longtemps ces instants de fierté. Car une vague de rage, une aura dévastatrice se créa... Il s'en rendit bien compte, lui qui était face à cette foule. Elle aussi avait peur. Quelque chose clochait... Ce n'était pas normal... Mais il comprit bien vite. Il venait de déclarer la guerre à un Dieu. Un Dieu maléfique. Et il avait ses disciples. Certainement, l'un d'entre eux était là. Non... cette puissance était trop grande. Kirin n'avait jamais connu ça. Mais il n'eut pas longtemps à réfléchir... Juste quelques minutes plus tard, une femme sembla jaillir de la foule. Une femme armée d'une grande épée! Instinctivement, en voyant la lame fondre sur lui, Kirin fit tourner sa lame d'une façon terriblement hasardeuse. Mais ce mouvement lui sauva pourtant la vie.

Il venait de dévier la lame de l'attaquant. Mais à peine eut-il le temps de se féliciter ou d'engager une attaque qu'il vit encore une fois la lame jaillir sur lui. Cette fois-ci, il teint sa lame à deux mains pour encaisser un coup d'une puissance monstrueuse. Comment une femme pouvait-elle avoir une telle force? Ce n'était qu'un coup bref qui avait fait rebondir l'épée de la femme, et pourtant, il sentait son corps ployer sur cette unique frappe. Etait-ce une malédiction? Jamais il n'avait rencontré cela... Et alors, il aperçut brièvement le regard haineux de son adversaire... Ce n'était qu'une brève image, mais jamais il ne vit un tel regard de toute sa vie. Ce n'était pas un regard humain... c'était le regard d'un monstre, d'un démon! Alors il comprit ce à quoi il faisait face. Il était en train d'encaisser la rage d'un Dieu en colère. Le Dieu qu'il venait de provoquer devant peut-être un millier de citoyens. Fall! C'est en faisant cette horrible constatation qu'il ne vit pas la troisième et dernière attaque du monstre dissimulé sous cette enveloppe corporelle. Il allait se voir infligé d'une terrible entaille. Cela ne dura qu'une seconde. Mais comme si elle durait une éternité, il sentit toute la douleur qui lui transperçait la poitrine. Et alors il s'effondra sur le sol de l'estrade. Il se sentit presque mort. Il comprenait. Il savait qu'il n'en avait plus pour longtemps...

Il ne pouvait plus bouger. Et sa dernière vision fut celle d'Aisleen. La première femme qu'il aie jamais aimée. Fall osait la toucher! Qu'allait-il lui faire? Il allait la tuer? Non! S'il osait faire, Kirin ferait tout pour rester en vie! Et il trouverait un moyen de le tuer! Mais sa vision se troubla alors... jusqu'à devenir complètement noire... Et alors celui qui voulait être un héros regrettait. Il regrettait d'avoir quitté ses parents, sans jamais leur donner de nouvelles. Il regrettait de les avoir vus comme les responsables de son enlèvement. Il regrettait de ne pas avoir pu aider Aisleen. Il regrettait de n'avoir pu être un véritable maître pour Bugy. Il regrettait d'avoir fait de fausses promesses au peuple de Tara...

Kirin ne serait jamais plus un héros.

Il entendait les cris sourds des citoyens percuter son crâne. Certains étaient paniqués. Mais il ne pouvait plus rien faire. Il ne sentait presque plus rien, mais pourtant, il sentit son torse comme ployé sous la force de quelque chose. Ou de quelqu'un... Essayait-on de le sauver? A quoi bon... Il venait de combattre un Dieu... Mais il entendit la voix d'un enfant... Cette voix lui était familière...


Bugy?

Il n'avait même pas pu le dire plus fort. Ses paroles étaient presque muettes. Mais il comprenait le peu de choses qu'il entendait. Oui... il le battrait s'il pouvait rester en vie. Oui... il serait un héros avec Bugy s'il le pouvait. Mais c'était impossible... il allait mourir. Il en était tellement désolé. Il avait rencontré deux personnes formidables, et il allait les abandonner... Alors il versa une larme, tout en laissant échapper quelques paroles muettes.

Je suis tellement désolé... pardon... pardon...

Il le répétait sans cesse, jusqu'à perdre totalement la capacité de parler. Il n'arrivait plus à respirer. La vie le quittait peu à peu. Il avait peur maintenant d'entendre le grincement de la charrette de l'Ankou... Il avait peur de le voir jeter sa faux sur lui. Mais il ne vit rien. Et le contact de Bugy le quitta. Il pensa avoir perdu tous ses sens. Mais en réalité, il sentit quelque chose de tiède et agréable se poser sur ses lèvres. Il comprit instantanément que c'était Aisleen. Qu'est ce que cela voulait dire? Allait-il vraiment mourir? Est-ce que ce fruit était leur adieu? Elle ne voulait peut-être pas le quitter sans un dernier baiser, et alors elle le faisait...? Ou alors lui volait-elle ses dernières forces, afin qu'il meure sans souffrir? Non... Ce baiser lui donnait envie de vivre. Il voulait le recevoir encore une fois. Il voulait encore lui dire qu'elle était belle, sentir la douce fraîcheur de ses joues contre ses lèvres... Et peu à peu... comme si les Dieux en avaient décidé autrement... il sentit la vie revenir en lui. Il avait terriblement mal, oui, mais au moins, il avait recouvert cette sensation, ainsi que l'ouïe... Ce baiser avait l'effet inverse des autres qu'il avait connu avec Aisly...

« Pardonne moi de t'abandonner. Mais nous nous reverrons. Je t'aime ... »

Il comprit. Elle ne lui avait pas volé son humanité. Elle lui avait donnée la sienne. Elle venait de se risquer à disparaître pour qu'il poursuive son rêve. Il devait sauver Mor et les autres... redonner vie à Aisleen... protéger Bugy... Sa vision lui réapparut. Mais Aisly n'était plus là. Il ne vit que son Brownie à ses côtés, en train de renifler en essayant de retenir ses larmes... Mais Kirin était en vie... grâce à Aisly. Il s'étouffait avec le sang qui avait rempli sa gorge. Alors il cracha une grosse flopée à côté de sa tête et en laissa s'échapper un filet au coin de la bouche. Mais ce n'était rien. Il ne mourrait pas. Il en était incapable, puisqu'il était un héros... Il reposa encore une fois sa main sur le bonnet de Bugy et le décoiffa en mettant ses cheveux en bataille. Et alors, il laissa échapper une toute petite voix, un peu plus audible...

Espèce d'idiot pleurnichard... Je suis un héros... Je peux pas mourir.

Il était en vie, mais il perdait de sa force. Il ne pourrait pas mourir aujourd'hui, mais il avait besoin de soins... Peut-être un triton pouvait-il l'aider? Il fallait espérer. Mais ce qui allait suivre ne dépendait plus de lui. Il n'en avait plus la capacité. Oui. Plus tard, il sauverait Mor avec une communauté qui l'aiderait et le soutiendrait. Mais pour l'instant, tout dépendait de la décision du peuple... Sa main, encore sur la tête de Bugy, glissa pour faire tomber son bonnet et dévoiler ses cheveux bleus-verts. Kirin venait de s'endormir... en tenant la main de son compagnon, laissant échapper juste quelques derniers mots...

J'ai résisté à deux attaques d'un Dieu... et la dernière ne m'a pas tué... Vois à quel point je suis fort...
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Enora Ahearne

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MessageSujet: Re: / Evénement \   Jeu 17 Juil - 20:02

C'était tranquillement, oubliant presque son but premier, que la Gallisenae marchait dans les rues animées de la samain. Sans vraiment qu'elle s'en aperçoive, elle pouvait sentir sa vision s'obscurcir. Elle ne s'en rendit compte que lorsqu'elle ne vit plus le visage d'Aylyä à son côté. Tout devint noir. Elle savait très bien ce que ça signifiait. Elle les vit, les villes dévastées. Elle les entendit, les cris de détresse. Elle les sentit, les larmes des survivants qui coulaient sur ses propres joues. La fumée âcre des flammes, les blessures à la douleur lancinante, les corps mutilés, et soudain une image unique, une estrade qui n'était pas touchée par le désastre. Un estrade vide qui se dressait face aux flammes qui la léchait sans pouvoir la consumer.

Instinctivement, Enora saisit le poignet de sa voisine et l'entraîna dans les ruelles pour déboucher sur une place bondée. L'estrade, la même que celle de son songe, se dressait au milieu de la place et était foulée par des druides qui répétaient un rituel sacré dont plus personne ne connaissait le sens. Pourtant il avait probablement un sens puisqu'une silhouette se matérialisa sur l'estrade. Enora avait eu l'intelligence de s'approcher avant que la foule ne le fasse. Elle n'était donc qu'à quelques mètres de l'estrade lorsque la voix légère de la jeune femme s'éleva. Elle n'était pas très énergique, mais d'une beauté naturelle. ses cheveux étaient d'un bleu superbe et sa robe d'une blancheur éclatante. La Galli avait lu tant de textes, avait entendu tant de rumeurs, qu'elle sut immédiatement ce qui arrivait. Et elle but les paroles de la déesse comme on boit à une source d'eau claire après une longue randonnée sous un soleil de plomb parmi les pins d'une forêt de montagne. Elle avait tant attendu, elle en avait tant rêvé, elle avait tant prié d'être de ceux qui pourraient aider les Dieux à sortir de leurs prisons. Et enfin elle était là, cette chance à saisir. Que diraient les autres Gallisenaes ? Que feraient-elles à sa place ? Devait-elle s'impliquer ou garder l'anonymat comme l'avaient si longtemps fait les générations précédentes ?

L'apparition éphémère avait laissé une ambiance étrange mais elle fut rapidement remplacée par une autre jeune femme, tout aussi belle. Une tasmante ? Enora avait entendu tant de choses à leur sujet, mais jamais réellement elle n'avait cherché à en savoir plus. Elle n'en avait jamais rencontré et ne pensait pas qu'elle aurait besoin de savoir plus que cela quelle était leur réelle essence. Elle savait seulement que sa première impression était bonne. Cette jeune femme semblait vouloir soulever la foule et entraîner les plus braves dans la quête lancée par Mor. Elle jeta sur le devant de l'estrade un homme si, à son aura brillante, semblait être un Fir-bolg. Fier comme le sont ceux de sa race, serait-il capable de se lancer dans une telle quête ? Pour les honneurs probablement. Et cette tasmante, qu'est ce qui la motivait ? La récompense ? Probablement une dernière volonté à exaucer avant de quitter ce monde...

Leurs discours enflammés semblèrent commencer à motiver une partie de la foule. Sauver une déesse, devenir chacun un héros de son temps ? Mais le sentiment le plus fort qui traversa la foule n'était pas celui de l'excitation, c'était une haine tenace. Une haine terrible qu'on ne pouvait pas ignorer, et une femme traversa la foule. Mais la Gallisenae était assez sensible pour se rendre compte qu'elle n'était pas ordinaire. Mais qui était-elle ? La lame de son arme s'abattit sur le pseudo-héros qui s'était présenté au préalable. Kirin Keydan... Le combat fut bref, si d'ailleurs on pouvait réellement appeler ça un combat. Le sang se répandit et Fall reprit son apparence. Le visage d'Enora se fit dur et elle saisit soudain ses armes, une dans chaque main, prenant parfaitement la forme de sa paume. On aurait pu croire que le rouge des yeux des dragons qui les ornaient s'étaient allumés. Mais avant qu'elle ne put faire un geste, le Dieu proféra ses menaces et disparu dans un nuage de fumée.

La tasmante réussit à rattraper le coup à peu près mais la peur s'était emparée de la foule et un grand nombre de personne fuyait déjà les lieux. Comment pouvait-on être si peu courageux ? Enora le savait au fond. *Ils avaient une famille, une situation, un lieu de vie qu'ils aimaient plus ou moins, et rien n'avait de raison de les faire changer. Des combats entre des Dieux ? L'une était une apparition et reposait au fin fond d'une île, l'autre ne pouvait pas tenir plus de quelques minutes avant de disparaître. Quel était alors le risque ? Si personne ne prenait le partit de l'un ou de l'autre, cette guerre n'aurait pas lieu.

Enora sembla légèrement pensive. N'était-ce pas finalement des combats d'humains qui allaient se dérouler ? Fall ne pouvait se battre sans se mettre en danger, les autres Dieux étaient encore enfermés, les seuls qui étaient en état de se battre étaient leurs adeptes. S'ils décidaient tous, soudain, de les abandonner, les Dieux ne seraient plus rien. Sans les êtres qu'ils avaient créé, les Dieux n'étaient rien. Mais en tant que Gallisenae, elle ne pouvait rien faire d'autre qu'aider Mor. Elle voulait rencontrer Douar, connaître sa vérité. La Vérité. L'apparition de Mor était le premier pas vers son retour.

Alors qu'elle ne faisait plus attention à ce qui se passait sur l'estrade, un brownie était apparu et aidé de la tasmante il avait soigné comme il pouvait Kirin. Les lèvres de la tasmante se posèrent sur celles du blessé et alors qu'elle disparaissait progressivement, la vie revenait dans le corps du Fir-bolg. Les membres de la foule restaient pour la plupart entre eux, parlant entre eux de ce qu'ils venaient de voir. Pourquoi étaient-ils ainsi ? Pourquoi n'aidaient-ils pas ? Pour la mêmes raison que celle qui poussait certain à fuir.

Enora avait quelques connaissance en soins. Mais aiderait-elle ? Pourquoi le ferait-elle ? Devait-elle se mettre aussi sur le devant de l'estrade ? Devait-elle elle aussi devenir un symbole de la résistance qui s'opposerait à Fall ? Les Galli étaient toujours restées discrètes. Alors que devait-elle faire à présent ? Devait-elle vraiment se laisser aller à ses instincts premiers qui la poussait à aider le blessé ? Hésiter ne mènerait à rien. Et pourtant, elle ne pouvait faire autrement. 2tait-ce qussi ce qui empêchait les autres de bouger ? L'hésitation ? Elle savait très bien que si elle ne faisait rien elle s'en voudrait. Et elle ne voulait pas qu'il en soit ainsi. Alors elle pensa que son livret recevrait une grande quantité de sentiments ce soir. Elle avança vers le blessé.

Son pas était assuré et ses cheveux blancs bougeaient à leur rythme. Ses vêtements noirs et rouge contrastaient avec leur couleur. Sa main alla à l'endroit ou toujours elle avait sa sacoche de matériel de base. Alors elle se souvint qu'elle venait à peine d'arriver. Elle n'avait pas eut le temps de se refaire une sacoche. En effet, le gros désavantage des transformation était qu'elle ne pouvait garder que ses vêtements, tout ce qui était objets et qui était dans sa sacoche était perdu. Elle regarda donc autour d'elle et se trouva bien embêtée. Finalement, elle prit sa décision. Ne lui demandant pas son avis, elle prit une gourde des mains d'un homme et se pencha aux côtés du blessé. Elle déchira les vêtements qui restaient sur le torse du Fir-bolg pour dégager la plaie. Elle saisit des mains du Brownie ce qu'il utilisait et le rinça un peu. Fermement, elle se tourna vers lui :


va chez le fleuriste le plus proche et trouve moi des soucis. Ramène m'en quelques uns puis part à la recherche de branches de genévrier.

Les soucis seraient rapide à trouver et permettraient une première désinfection, le genévrier était plus efficace mais aussi moins évident à trouver.

Ne vérifiant pas même qu'il obéissait, elle nettoya le mieux possible la plaie avec l'eau et la tunique du brownie. L'homme auquel elle avait prit l'eau n'osait pas intervenir. En effet, s'il l'empêchait d'agir, il agirait contre Mor et serait vu comme serviteur de Fall. Alors il préférait ne rien faire. C'était l'idéal pour la Gallisenae. Elle espérait seulement que le gamin serait capable de trouver ce qu'elle lui avait demandé.


[j'aurais mal vu Enora rester inactive alors elle entre aussi en action désolé ^^"]

[Edit Aisly/ Au contraire, merci de faire avancer le post ! On a eu peu de réponses T.T Au début je t'aimais bien mais le fait que tu soignes MON Kirin de cette manière ... XD *jalouse*]
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Bugy Twite

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MessageSujet: Re: / Evénement \   Sam 19 Juil - 21:07

[bon ben vu le nombre énorme de réponse on va continuer en RP normal en fait. ^^"]

La jeune femme qui était un plus tôt aux côté de Kirin avait repoussé un peu Bugy pour pouvoir faire quelque chose que le Brownie ne put clairement pas comprendre. Elle l'embrassa. Bugy en resta bouche bée. Qui l'y avait autorisée ? On n'embrasse pas un héro comme ça ! Et encore moins son maître ! Mais il ne dit rien. Il n'eut aucune réaction. Tout d'abord parce qu'il ne voyait pas comment il pouvait réagir. Après tout, c'était peut être son maître mais il ne lui avait jamais dit qu'il n'avait personne. Alors Bugy ne pouvait décemment rien dire. en plus, il avait tout de même conscience de ce qui arrivait. La vie revenait peu à peu sur le visage de Kirin. Et alors que les couleurs revenaient sur le visage du Fir-bolg, la jeune femme disparaissait. Lui aussi avait le pouvoir de disparaître mais il ne comprenait pas pourquoi elle l'utilisait maintenant. Pourquoi disparaitre ?

Cependant il n'aimait pas se poser des problèmes auxquels il n'aurait pas de réponse. S'il n'y a pas de solution, il n'y a pas de problème. Il revint donc auprès de son maître qui avait de nouveau la force de parler. Et ses paroles le firent sourire. Il essuya ses larmes qui inondaient à nouveau son visage et reprit son vêtement rouge de sang pour le soigner. Mais une autre jeune femme entra en scène. Elle était relativement petite pour une humaine, bien qu'encore grande par rapport à la taille des brownies. Ses cheveux étaient blancs, comme ceux de Kirin, et Brownie pensa qu'elle était peut être aussi une Fir-bolg. Mais ils étaient beaucoup moins brillants, beaucoup plus ternes. Le Brownie était tout de même capable de s'apercevoir qu'elle était belle, d'une beauté naturelle et poétique.

Elle prit les choses en main là ou personne ne semblait en être capable. Peut être tout simplement parce qu'elle était extérieure à tout cela. Elle écarta les vêtements de Kirin pour avoir accès à la plaie, prit la veste de Bugy de ses mains et la rinça. Puis son ordre fut bref et clair. Le brownie ne prit même pas la peine de chercher à savoir s'il devait obéir. Il le fit parce que quelque chose lui disait que de toute manière c'était la seule chose qu'il pouvait faire. Il se téléporta un bon mètre au dessus d'un toit et tomba lourdement sur les tuiles. Il avait encore des progrès à faire... Puis il couru chez le fleuriste. Heureusement, il connaissait bien la ville à force d'y tourner depuis une bonne semaine. Il alla donc tout droit vers le plus proche et lui prit quelques soucis. Pressé, il pensa que le plus intelligent serait de se téléporter auprès de son maître directement.

C'était un déplacement long qu'il devait faire et le plus difficile était de se concentrer sur le lieu précis. C'était son problème à lui : la concentration. Mais il se souvint que sa mère lui avait dit : "s'il y a une chose unique auprès de laquelle on veut se téléporter, alors il suffit de penser à cette chose. Mais surtout, surtout il faut être certain que cette chose soit unique."
Kirin était unique. Bugy se concentra du mieux qu'il le put. Son image, allongée sur l'estrade, il l'avait gravée sur ses rétines tant il en avait eu peur. Alors il disparut de chez le fleuriste et apparu... plusieurs mètres encore une fois au dessus du sol. Ou plus exactement, au dessus d'Enora, sur laquelle il retomba. Il roula à terre puis lui adressa un grand sourire innocent en tendant le petit bouquet de soucis qu'il avait amené.


Euh... Je vais chercher du genévrier maintenant c'est ça ?

Il ne laissa pas le temps à Enora de se relever et lâcha les soucis pour courir le plus vite possible. Avant que les soucis ne soient tombés au sol, il s'était déjà téléporté... un bon mètre au dessus d'un toit alentour...
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Merediana Dewey

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MessageSujet: Re: / Evénement \   Dim 20 Juil - 12:53

- Bien sûr que nous irons à la Samain, Merediana. A partir de mercredi soir, cela s’entend. Le midi nous sommes invités à dîner chez les Eodhen, nous irons ensemble à la cérémonie.

Le ton cassant de sa tante avait répondu à la question timide de la jeune Fir-Bolg. Celle-ci ne s’était pas faite d’illusions. Pour elle, la Samain se résumait à cette commémoration et à une série de repas mondains organisés par sa tante et son réseau relationnel, toujours haut placé. Par exemple, le mari Eodhen travaillait à la Tour de Cristal comme noble courtisant attitré. La seule chose que Merediana avait à faire, c’était de se tenir correctement, de manger, et de se taire. Surtout ne pas participer à la conversation. Comme Orlaith était particulièrement pieuse, elle participait chaque année au rituel. Les trois derniers jours, elle continuait de se rendre à des dîners ou des soirées bien ennuyeuses. Quant aux trois premiers jours, n’en parlons même pas. Elle était presque interdite de sortie, avec tous ces pervers lubriques et fêtards imbibés d’alcool qui animaient cette « concentration de débauchés » comme disait sa tante.

Elle aurait bien voulu, elle, se risquer à sortir et s’amuser un peu. Quand son frère était vivant, ils s’éclipsaient souvent de la maison pour aller à la fête du village voisin, et c’était à chaque fois un véritable ravissement et une soirée merveilleuse. Elle n’avait plus fait cette folie depuis trois ans, maintenant, et chaque fête était bien sinistre.

Voilà comment elle s’était retrouvée, mercredi soir, soigneusement vêtue pour l’occasion et se tenant à côté de Orlaith et son oncle, sage et silencieuse. Elle avait un peu froid, sa pèlerine ne suffisant pas à réchauffer ses épaules et son dos. Elle attendait le début en grignotant un massepain, sa gourmandise favorite, prise dans un panier posé à ses pieds, rempli de la même pâtisserie. Un cadeau de madame Eodhen. Sa tante lui jeta un regard réprobateur, mais le repas de ce midi était loin et Mery était gourmande.

Comme dit plus haut, sa tante et son oncle étaient très portés sur la religion, notamment sur les trois Dieux, mais Merediana savait que cette dévotion était surtout basée sur l’hypocrisie. En effet, derrière cette fois e cachait une simple envie d’être gâté par le destin et protégé. Que cela soit Fall ou Douar, le résultat était le même. Si un jour les Trois Dieux disparaissaient, son oncle et sa tante se tourneraient immédiatement vers la divinité restante. Tout comme ses parents, qui étaient déjà plus adeptes de Fall. Bien sûr ils le cachaient à la haute société, mais Merediana savait que sa lignée était trop fière et contenait trop de souvenirs coléreux pour rester sage. Elle préférait se vouer secrètement à un dieu qui paraissait plus puissant que les autres, afin de se venger sur la « populace impure » qu’était la population des autres races. Le but caché de ses parents était de rétablir la race des Fir-Bolg sur le trône de Tara et dominer tous les autres. Ils étaient persuadés de leur supériorité et s’insupportaient sur la politique actuelle. Particulièrement méprisants. En grandissant, Merediana avait compris leurs conversations animées à table, et elle avait acquis une certaine incertitude au niveau des dieux. L’idée de faire du mal à une autre créature lui était révulsante, et tout chez Fall semblait être violent. Mais si ces parents rejoignaient ce dernier, elle les suivrait, automatiquement, par obéissance… Mais intimement, elle pensait que son cœur était plus porté vers ces trois Dieux disparus…

Ainsi songeait la jeune Merediana en mordant dans son massepain, pensive. La cérémonie commençait. Et ce qu’elle vit la subjugua entièrement. Elle avait vu, sous ses yeux, pendant plusieurs minutes… Une Déesse. Une créature supérieure, qu’elle n’aurait jamais imaginée voir de sa vie, d’autant plus qu’elle était sensée être disparue ! Puis tout se précipita et le cœur de Merediana, pendant un long quart d’heure, sembla battre au ralenti, plus fort, plus douloureusement… plus intensément. Et puis ce fut l’horreur, du sang qui gicla partout, des cris, et confusément, partout, la panique. Complètement chamboulée, Mery ne savait pas quoi faire, n’osait pas bouger. Elle aurait voulu partir, courir, loin de ces combats dangereux qui éclataient ici et là. Elle avait peur de se blesser, peur d’être agressée. Et parallèlement, elle était fascinée par ce qu’elle venait de vivre, en spectatrice. Même si elle savait qu’elle ne faisait pas partie de ces gens miraculeux, héroïques, qui écrivaient l’histoire, même si elle savait que jamais elle ne les rejoindrait, parce qu’elle ne pouvait pas, elle éprouvait un sentiment bizarre qui lui faisait battre le cœur comme un oiseau affolé dans sa cage.

Et puis le sentiment que sa pire crainte venait d’arriver ; une guerre ouverte déclarée. Ca ne serait plus jamais paisible. Il y aurait des morts, des souffrances, et une angoisse la prit. Elle ne savait pas quoi faire. Ce n’était pas son problème. Ce n’était pas à elle de faire quelque chose. Elle n’était personne pour le faire. Même si elle admirait intérieurement la Tasmante pour avoir eut cette impulsion, même si elle fut prise de l’envie de lui ressembler… Elle ne pouvait que rentrer chez elle, et regarder. Alors que des larmes lui montaient aux yeux devant cette évidence, sa tante lui tira sèchement le bras pour l’obliger à la suivre.
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Aylyä Doa

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MessageSujet: Re: / Evénement \   Dim 20 Juil - 18:05

Le vacarme des bavardages et des clameurs de la foule colorée résonnait si fort dans les ruelles en fête que ce bruit en gâchait toute la beauté de l'harmonieuse mélodie de l'orchestre de tritons… Enfin, Aylyä et Enora s'approchaient doucement des festivités, luttant à chaque pas contre la foule dense. Enfin, elle apercevait, un peu plus loin, la piste de danse où quelques couples rivalisaient d'harmonie et d'élégance sur le rythme lent de la musique. Un sourire étira soudain les lèvres rouges et pulpeuses de la belle. Pas un de ces faux sourires qu'elle avait l'habitude de faire, non… C'était un de ces si rares vrais sourires qu'elle savait offrir. Un sourire éblouissant qui illumina son joli minois.

Elle voulut presser le pas, se laissant guider par la douce mélodie et l'ambiance qui émanaient de la piste de danse… Déjà quelques hommes approchaient des deux jeunes femmes, visiblement charmés à l'idée de pouvoir partager une danse avec elles… Ses yeux brouillard pétillants se tournèrent vers Enora, juste un instant. Un instant qui lui suffit à remarquer qu'elle semblait fort pensive, troublée, attristée même. Sa voisine lui saisit alors soudainement le poignet, et sans même un regard, attira Aylyä vers une petite ruelle sombre et pleine de monde… Les ruelles se succédèrent, alors que l'allure des deux jeunes femmes se faisait de plus en plus rapide.

- Je… Mais… Enora, où va t'on ?


Un brin d'angoisse pointa soudain dans le coeur de la jeune humaine, songeant qu'Enora n'était finalement peut-être pas aussi gentille qu'elle le paraissait ? Mais non, elle finit par s'arrêter au milieu d'une place plus envahie par la foule encore que les ruelles, si seulement cela était possible. Aylyä ne comprenait toujours pas, que faisaient-elles là ? Les deux pierres précieuses qu'étaient ses yeux balayèrent rapidement la foule autour d'elle, repérant au passage l'un ou l'autre homme qui, il fallait l'avouer, étaient plutôt charmants. Mais c'est sur cette imposante estrade droit devant les deux jeunes filles que son regard pétillant finit par s'arrêter. Imposante estrade sur laquelle ne tardit pas à apparaitre une superbe jeune femme aux longs cheveux d'une nuance bleue étrange mais très belle. Elle semblait tellement attristée que la foule ne la reconnaisse pas… Ses propos semblaient un peu hautains, et pourtant le ton de sa voix, son attitude étaient tout ce qu'il y a de plus humble.

"Mor…" Répéta Aylyä en elle-même… Une déesse. Elle en avait vaguement entendu parler à l'auberge, alors qu'elle écoutait, tout aussi distraitement que discrètement la conversation de quelques personnes assises autour d'une table à côté de la sienne. La déesse de l'eau appelait au secours, elle demandait qu'on vienne la libérer. Elle promettait même gloire et récompense à ceux qui lui obéiraient. De bien belles promesses, loin de la vérité selon la belle humaine qui fixait la scène sans vraiment écouter… Ne tardèrent pas à succéder à la Déesse, sur l'estrade, une jolie tasmante et un Fir-Bolg qui se lancèrent dans des discours passionnés, plein de bonnes intentions et de ferveur pour la divinité de l'eau. Ils invitaient la foule à se rallier à leur cause, provoquant trouble et interrogations dans l'esprit d'Aylyä. Alors qu'elle baissait les yeux vers le sol, tentant de faire abstraction du bruit et de la foule pour réfléchir posément à tout ça, elle ressentit un pénible malaise naitre au fond de son coeur. Une aura noire et pesante s'abattait lentement sur la foule, rendant la fragile jeune fille un peu faible. Tout se passa si vite… Une jeune fille à la beauté troublante bondit sur l'estrade, attrapa la jeune tasmante et blessa gravement le Fir-Bolg qui l'accompagnait, avant de se révéler être… Le Dieu du Mal apparemment. Et il n'était pas bien content de la tournure des évènements. Ses menaces proférées devant l'assistance angoissée, une fumée noire fit s'évanouir toute trace du Dieu maléfique.

La belle humaine ferma les yeux un instant. Fallait-il vraiment choisir un camp ? Que faire ? Deux directions se présentaient à elle. Le bien ou le mal… La difficulté ou la facilité… Rien à faire, si elle avait toujours eu confiance en elle, elle n'avait jamais par contre brillé par son courage ; et elle avait peur, vraiment peur. D'un autre côté, elle se voyait mal accepter de se faire dicter sa conduite par le Dieu du Mal. Elle jeta un coup d'oeil à sa droite, pensant y trouver Enora. Mais non, elle n'était plus là… Il ne lui fallut pas bien longtemps pour la retrouver sur l'estrade. Alors sa compagne du jour venait de choisir son camp. Le bien. La difficulté… Elle était forte et courageuse, bienveillante aussi pensa Aylyä en observant la Galli soigner Kirin…

Il fallait se rendre à l'évidence songea la belle en baissant les yeux. Le choix était trop dur pour elle… Il impliquait trop de conséquences, il était bien trop compliqué que pour qu'elle se décide là, maintenant. Elle sentait pourtant le poids des secondes et des minutes qui passaient peser sur elle, comme si on attendait d'elle une réponse immédiate. Une simple impression, qui pourtant la terrorisait. Avant même qu'elle ne s'en rende compte, la foule en panique et en fuite avait transporté son corps si fragile et léger bien plus loin, comme une vague violente emporte coquillages et algues par temps de tempête… Emportée par la foule, elle regardait l'estrade s'éloigner. Son choix s'éloigner. Avec soulagement, même si elle ne l'aurait pas avoué.


[Pfffffff… C'est vraiment mais vraiment pas top. Mais j'ai pas le temps de faire mieux et plus long aujourd'hui. Et je voulais réagir^^]
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Enora Ahearne

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MessageSujet: Re: / Evénement \   Jeu 24 Juil - 19:43

[HRP :
pour laisser ce topic aux avis, la suite des soins de Kirin se fera sur ce sujet en admettant qu'on s'est éloigné et posé derrière l'estrade pour plus de calme
/HRP]
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MessageSujet: Re: / Evénement \   Mer 10 Sep - 15:38

[Désolé de répondre aussi tard mais j'ai eu quelques problèmes de connection après mon retour de vacances. Mais voilààààààààà !!!]

Cath avait passé les trois premiers jours de la Samain hors de la ville. Trois longs jours pendant les quels elle avait du apprendre à vivre encore plus seule qu’avant, sans Cheval. Elle avait mit longtemps avant de se rendre à l’évidence, essayant de retarder le plus possible cette séparation. En disant adieu à Cheval, s’était à la dernière attache à son passé qu’elle renonçait. Elle était une Gallisenae et devait vivre en tant que telle, et non en tant qu’une petite fille prodige et gâtée ayant grandit dans le bonheur. Le monde était là, devant elle, à la fois terrifiant et attirant, et elle devait y plonger !
Oui, elle avait fait le bon choix. Un frisson d’horreur parcourut sa peau quand elle repensa à la vision qu’elle avait eut deux semaines plus tôt. Elle se rappela du sang, du noir, des cris, de la sueur glacée et du sentiment de terreur qu’elle avait ressentit. Si c’était ce monde là qu’elle était sur le point de pénétrer, elle n’avait pas le droit d’y emmener Cheval. D’ailleurs, aucun être vivant n’aurait dû avoir le droit d’y entrer.
Il fallait empêchait que tout cela arrive ! Par tous les moyens !
Pendant deux semaines elle avait volé en direction de Tara. L’esprit de l’aigle qui l’avait dirigée pendant ce temps lui avait permit de ne pas trop penser à ce qu’elle laissait derrière elle. Cheval. Ses amis. Son village. Les reverrait-elle un jour ? Allaient-ils bien ? Etaient-ils en sécurité ? Tant de questions qui la submergèrent dès qu’elle reprit forme humaine. Mais elle lutta contre elles, contre le doute qui s’insinuait lentement dans ses veines. Y avait-il vraiment un espoir ? Le mal paraissait tellement puissant…
Mais Cath s’était reprise. Elle avait enfermé dans un coin de son esprit toutes les questions sans réponses qu’elle se posait. Tout. Y comprit elle.
Le jour J, elle s’était transformée en chat et était entrée en ville, petite flamme rousse glissant entre les rues bondées. Elle n’avait pas mit longtemps avant de trouver l’Endroit. Son instinct la guidait irrémédiablement vers la place où tout se déroulerait.
La place en question était encore plus remplie de monde que les rues qu’elle avait jusqu’à présent traversée. Sur une estrade, un orchestre de tritons et sirène envoûtait leur public, donnant un je ne sait quoi de mystique à la scène. Cath repéra une des maisons qui donnait sur la place et entreprit de rejoindre le toit. Le temps qu’elle y arrive, les « prêtres/druides » avaient déjà commencés la cérémonie (vous trouvez ça lent ? Essayez donc, sous la forme d’un petit chaton, de gagner le sommet d’un toit –en partant du sol, cela va de soit- en moins de dix minutes !).
Cath repris sa forme normale et s’assit en bordure des tuiles, les jambes battant dans le vide. Elle mit son bâton en argent sur ses genoux pour ne pas qu’il tombe par inadvertance et attendit la suite du spectacle. Elle la sentie venir avant même qu’elle n’apparaisse. Cath était comme ça. Son don de prophétie se résumait à une suite de couleurs de sons et de sentiments sans jamais la moindre image clair mais en échange, elle avait hérité d’une profonde conscience de ce qui l’entourait. Elle arrivait ainsi à détecter la moindre variation dans le lieu où elle se trouvait.
Puis Mor apparue, rayonnante. A la fois majestueuse et dégagent une infinie douceur. L’adolescente se perdit dans ses mots que le vent lui portait aussi sûrement que si elle avait été aux côtés de la déesse. Tout d’un coup, alors que Cath savourait ses dernières paroles, Elle disparue, comme si tout cela n’avait été qu’un rêve. Visiblement, elle n’était pas la seul à éprouver ce sentiment vue l’immobilité dans laquelle s’était plongée la foule autrefois si excitée.
Puis une jeune femme monta sur l’estrade –une Tasmante visiblement- et essaya de convaincre la foule aussi sûrement que l’avait fait la déesse avant elle. Un homme la rejoignit peu après et continua sur le même ton.
C’est alors que tout bascula. Une onde de haine pure traversa l’assistance, faisant frissonner la jeune Gallisenae. Une jeune femme remarquablement belle et pourtant immanquablement hideuse de par malveillance qui se dégageait de sa personne monta sur scène. Cath ne bougea pas. Une part d’elle enfouie dans son cœur se rebella et tenta d’aller aider le couple mais elle ne bougea pas. Elle ne devait pas. Elle devait encore attendre. La petite voix hurla encore plus fort mais elle la fit taire, ignorant son cœur, préférant la raison. Cette partie d’elle analysa la situation (enfin bon, pour pas la comprendre, il aurait fallut être plus que bête tellement c’était clair). La jeune femme se révéla être Fall –re-frisson- celui qui dirigeait cette maudite guilde…Celle qui avait tuée « papi branchette »… Cath repoussa une poussée de colère. Pas question de se laisser aller dans la haine. Ou du moins, pas maintenant. Il était encore trop tôt.
La petite voix s’éleva de nouveau quand elle vit une Gallisenae accourir sur l’estrade pour sauver le jeune homme. Enora. Son prénom, la seule chose qu’elle savait d’elle. Contrairement à elle, elle s’était pressée d’aller aider le couple. La petite chose qui sommeillait en Cath l’envia un moment d’avoir sut agir aussi vite mais l’adolescente ne bougea pas de son toit. Avait-elle honte ? Oui sûrement, un peu. Il n’empêchait qu’elle attendrait que l’homme soit guérit avant de se présenter à lui et de lui proposer son aide. C’était comme ça, point.
Et puis, de toute façon, dans l’état où elle se trouvait, elle ne pouvait pas faire grand-chose. La tasmante avait disparue petit à petit sous ses yeux, sans que grand monde ne s’en soit rendu compte. Cath sera encore plus fort son bâton dans ses main, jusqu’à ce que ses jointures deviennes blanches à cause du manque de circulation du sang. Ils allaient payer. Pour la tasmante. Pour papi branchette. Pour tout le mal qu’ils avaient fait jusqu’ici. Elle le jura et ses pensées se gravèrent dans son âme aussi sûrement qu’un fer porté à blanc.
Oui, elle se vengerait.
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MessageSujet: Re: / Evénement \   Dim 14 Sep - 14:07

Une voyageuse ne peux demeurer longtemps loin d'une ville, comme un de ses habitants ne peux rester loin de son foyer. Mais elle n'avait pas de foyer. Plus rien ne l'attachait à ce monde maintenant. Juste... une volonté de survivre. De ne pas devenir une âme errante devenue plus douloureuse que dans ses derniers instants.

C'est pour ça qu'Elna'rianne rejoignit la ville en ce soir. Elle avait l'esprit vide, troublé, enfermé derrière la tristesse; cela lui arrivait de plus en plus souvent. Elle craignait des fois de perdre tous ses souvenirs, de devenir une coquille vide, sans la moindre pensée, le moindre interêt pour ce qui l'entoure.

Elle mit un temps avant de remarquer qu'elle s'était arrêtée dans le passage où les gens se bousculait pour rentrer chez eux ou elle ne savait quoi d'autre. Après tout c'était leur vie. N'est-ce pas? Ils rentraient chez eux. Un profond soupir s'échappa de ses lèvres tandis qu'elle fixait le sol d'un regard éteind. Un passant la mettant à terre d'un coup d'épaule la fit revenir à elle. Déboussolée, comme sortie d'un rêve trop flou pour être réel, elle se releva lentement, cherchant du regard l'imprudent et tachant de calmer la colère qui montait en elle. Cette colère toujours plus présente de jour en jour et qui remplassait dangereusement sa tristesse. Elle poussa un grognement. Impossible de voir autre chose que des visages inconnus. Cet idiot était à au moins 4 rues de là à présent!

Elle ramassa son sac, le remit durement sur son épaule et repris son chemin,cherchant des yeux un endroit où dormir. Elle n'avait pas d'argent. Elle ne pouvait pas espérer louer une chambre pour la soirée, même la plus miteuse serait au-dessus de ses moyens! Nouveau soupir. Elle était vraiment lasse de toute cette agitation! Elle chercha vaguement ce qui pouvait provoquer toute cette masse de gens compacte qui l'étouffait. L'idée de la Samain s'imposa à son esprit. Des gens assistaient encore à cette fête stupide? Ca n'avait pas de sens! Elle ne voulait plus entendre parler de magie. Pas après avoir détruit sa propre vie par ambition. Quelques larmes remontèrent, mais elle avait trop pleuré. Ces larmes là ne coulerait pas.

Elle se remit à marcher, un peu perdue dans le dédale des rues étroites et des grandes avenues. Au bout d'un quart d'heure, elle n'en pouvait plus de se battre avec cette foule grondante. On était la nuit, non? Ils ne devraient pas dormir à cette heure-ci? Une idée lui vint, qu'elle laissa partir rapidement. C'était hors-de-question. Elle se demanda comment elle pouvait penser ça après ce qu'elle avait fait. Au bout d'un moment, elle déboucha sur une place où encore plus de gens étaient attroupé, comme un groupe d'animaux qu'on parque dans un endroit pour les rassembler et éviter qu'ils s'échappent. Elle allait se retourner en soupirant de nouveau lorsque qu'un mouvement retint son attention. Elle cru d'abord à un esprit de mort, comme on en voyait de temps à autre. Ce furent les paroles de l'apparition qui la retinrent.

Une déesse ne se présente pas par hasard. Un déesse ne vient pas voir les gens pour le plaisir. Un déesse ne vient pas voir les gens pour rien. Se faire libérer. Rien que ça. Un sourire ironique se peint sur le visage d'Elna'rianne. Se lancer dans une avaenture où elle n'aurait ni à penser, ni quoi que ce soit d'autre... Ca la tentait. Elle déchanta vite lorsque l'esprit du mal s'interposa vivement. Une grimace et un revirement de situation. Mourir pour le bien, non merci. Même chose pour le mal. Hors de question qu'elle prenne un partit. Elle fit demi-tour, laissant derrière elle l'estrade, l'action et ses espoirs de changer la routine...
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MessageSujet: Re: / Evénement \   Sam 27 Sep - 11:39

Frigg avait mis plusieurs jours à atteindre la ville de Tara. Elle était d'ailleurs arrivée en retard aux festivités, se frayant un passage parmi les foules de gens à qui elle arrivait à peine à la hauteur des hanches. La jeune Fir Bolg faisait d'ailleurs démonstration de son mauvais caractère en retour. Maudit Troupeau! La plupart qu'elle apercevait semblait bien être des humains et par tout les dieux, c'était ceux qu'elle supportait le moins! Elle joua finalement des coudes jusqu'à la grand place sur laquelle se dressait une Tour. Impossible d'en apercevoir le bout! Elle grimpa sur une statue et s'y percha finalement avec quelques enfants alors qu'un discours étrange semblait débuter.

Etais ce un fantôme qu'elle avait cru apercevoir d'ici? Pas sur, mais en tout cas il semblait bien que la voix émanait de là, et que d'éloquence. Maintenant que la foule s'était tut, on entendait distinctement ses paroles et la silhouette s'était précisée. Une femme? Mor!? La Déesse Mor! Non, s'était impossible... Etais ce un sale tour venu des Tasmants? Non... Il semblait émané une sincérité sans doute de cette voix, même Frigg ne pouvait le nier. Et puis, Gloire, Richesse? Aventure... Il y avait de quoi occupé un moment et voilà longtemps que la jeune Fir Bolg cherchait quelque chose à faire, autre que errer sans but. Cependant, cela demandait beaucoup de réflexion, il y aurait surement plus d'une personne qui voudrait partir à la recherche de cette fameuse clé et franchement, Frigg n'avait pas envie de devoir exterminer chaque être qui s'opposerait à elle... Quoique....

Elle sortit de ses pensées pour entendre le discours d'un jeune homme qui répondait déjà à cet appel au secoure. Il avait de quoi convaincre des foules, mais Frigg continuait d'observer. Cette quête semblait à la fois impossible et trop facile. Il devait y avoir quelque chose qui clochait dans cette histoire, non? Les grandes légendes peuplées de héros qu'elle avait écoutés lorsqu'elle était petite, était toujours semé d'embuches, mais par dessus tout, il y avait Toujours une force bien plus puissante qui tentait d'empêcher le changement. Oui, Toujours, d'ailleurs ces doutes se précisèrent quand tout d'un coup, elle fut tirée de ces pensées par un cri Effroyable. Un Hurlement de rage qui refroidit toute la foule en un instant. Frigg sentit un frisson la parcourir tandis que sont regard restait fixé sur la silhouette qui venait de se détacher du reste de l'attroupement...

Qu'étais ce? Une femme... Non! Un homme, livide, effrayant! On aurait dit un serpent qui venait de muer et s'attaquait sauvagement à la foule en crachant son venin! La menace était claire, plus aucun doute maintenant. Frigg était encore paralysée par les quelques mots de cette... Créature qui avait maintenant disparu. La panique s'était installée sur la place et tentait de fuir le plus loin de là ou s'était tenue il y a encore quelques instants, l'auteur de ce Discours concis. La jeune Fir Bolg, elle, restait perché sur la statue, son esprit se remettant doucement en route après tout ce qui venait de se produire... Le monde allait changer, c'était certain, et deux clans distincts allaient commencer à se former, il ne restait plus qu'à savoir lequel serait le plus fort.

Frigg décida que pour le moment, aucun parti n'était à prendre, à moins qu'elle n'y soit obligé par un concours de circonstance. Ceux qui se battrait, rentrerait dans les Légendes et deviendrait des Héros dont on conterais les hauts mérite... Du moins, s'il réussissait.

«  Nous sommes dans une nouvelle Ère... Un vent nouveau souffle... »
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