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 Vision trop réaliste [PV Elendil]

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Nathaniel Mor'wan
~> Dépressif Suicidaire A Vie, Cireur de Bottes de Misky et Grand Amour de Fall <~
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MessageSujet: Vision trop réaliste [PV Elendil]   Ven 25 Juil - 21:02

[Topic à prendre en compte AVANT la Samain, puisque Nath ne fera aucun autre topic APRES, pas avant qu'il en fasse un avec Gabriel, au retour de ses vacances.]

Le Jardin de Vie était une salle aux allures de caverne située au centre de la demeure victorienne des Mor’wan. Des fenêtres aux minuscules carreaux, très en hauteur, laissaient entrer la lumière indispensable à la luxuriante végétation. Ce soir là, ils laissaient plutôt entrer à flots les rayons de la lune. Devant la muraille circulaire couverte de plantes grimpantes, de petits arbres montaient la garde en rangs serrés. A leur pied s’étendaient des parterres de fleurs et des haies bien taillées entre lesquelles serpentaient des sentiers semés de gravillons. Si ce n’étaient les fenêtres, on se serait cru dans un jardin intérieur. Un lieu consacré à la beauté et à la paix. Au centre de cette superbe et coûteuse folie, sur une pelouse quasiment ronde, au dessus d’une zone en pierre blanche, trônait un bloc de granit. Lisse à l’exception des cannelures creusées à son sommet, il était soutenu par deux piédestaux également cannelés. Derrière, sur un bloc de pierre polie placé près d’un brasero, une antique coupe de fer reposait sur des pieds qui représentaient chacun un animal diffèrent. Sur le couvercle, en guise de poignée, trônait l’emblème de la famille : Une lune encastrée dans un M lourdement ornementé. Allongée sur le marbre de la placette au centre du Jardin, une jeune femme se tient allongée sur le dos, les paupières baissées sur ses beaux yeux verts et un sourire sur les lèvres.

Nathaniel se releva d’un geste brusque, soustrayant sa main à celle de la voyante en face de lui. Comment se faisait il que cette femme parvienne à lui faire revivre ce moment ? Que savait elle ? Avait elle deviné, ou sentit, la mort qui émanait de sa mère à ce moment là ? Il lui jeta un regard lourd de reproche tandis qu’elle sortait de sa transe. Couverte de sueur, la jeune femme leva vers son client un regard affolé et compréhensif à la fois. Pourquoi lui avait il permit de fouiller son esprit ? Elle aurait préféré ne jamais voir ce spectacle morbide, qui allait lui causer, elle le sentait, bien des problèmes. Le jeune homme soutint le regard de la voyante avant de se calmer et de se rasseoir en face d’elle, sur la chaise délabrée qu’elle lui avait proposée quelques minutes auparavant. Il jeta un regard autour de lui, repassant furtivement son regard à la surface de tous les objets qui conféraient à cette unique pièce son aspect mystique et enfumé. Il y était entré voilà bien une heure, et après avoir annoncé la couleur de sa monnaie, il s’était installé, la laissant prendre sa main et partir à la recherche de ce qui lui occupait l’esprit. Elle y avait tout d’abord vu son propre reflet. Tandis qu’elle rougissait, sa vision se fit plus précise et elle l’avait entraîné dans ce lieu si douloureux.

Elle devina, au moment où la vision s’instaura à leurs yeux, que quelque chose n’allait pas. Son visiteur s’était crispé au moment même où il avait reconnu l’endroit. Ils ne s’y étaient d’ailleurs pas attardés, Nath ne souhaitant pas se livrer plus avant. Et, tandis qu’il récupérait sa main aux doigts si délicats, la jeune voyante regrettait déjà son geste. Certaine qu’il lui infligerait un sort au moins équivalent à celui qu’elle avait cru apercevoir, elle se recroquevilla sur elle-même en lui jetant un regard suppliant. Au vu de cette femme qui l’observait à la dérobée en l’implorant de ses prunelles, Nathaniel eut un sourire en coin. Il était venu ici plus dans le but de profiter de ses charmes voilés plutôt que de connaître son avenir ou revivre son passé. Et cette flamme de supplication dans ces iris, il l’avait souhaité et imaginé dans un tout autre contexte. Car la demoiselle était très agréable à regarder, il fallait bien l’avouer. Plutôt jeune pour sa profession, ses cheveux roux lui tombaient en cascade jusqu’au creux de ses reins, dévoilant des hanches bien dessinées, relevées par une tenue de gitane, près du haut du corps et très évasée ensuite. Les courbes de la voyante avaient de suite interpellées les yeux de Nath, qui prenait plaisir à détailler tout ce qu’elle offrait. Et, pour ne rien gâcher, la jeunette possédait un sourire à damner un ange et un petit nez en trompette qui se fronçait de temps à autre. Bref, une jolie fille avec qui le jeune homme comptait bien approfondir une relation, bien que... Superficiellement.

Mais voilà, elle avait gâché son plaisir naissant avec sa vision, beaucoup trop réaliste de l’avis de Nathaniel. Aussi, après un sourire énigmatique, le jeune hybride appela en lui ce calme qui le définissait si bien. Se demandant s’il resterait ou non, Nath eut une pensée pour Gabriel. S’il était ici en ce moment, c’était en grande partie pour ne plus penser à lui, à son odeur, à son sourire, à ses baisers. Le tout était bien trop douloureux. Cela faisait deux longues semaines qu’il l’avait quitté, sans oser reprendre contact. Il avait peur. Peur de sa réaction, peur qu’il ait changé d’avis. Alors il préférait oublier l’intensité de son désir de le revoir en se plongeant dans les yeux d’un(e) autre. C’était stupide, certes. Mais c’était le seul moyen d’apaiser un peu le feu qui brûlait en lui. Il s’était promis de leur laisser du temps pour réfléchir. Car, si jamais Gabriel venait à reconsidérer la chose et à ne plus souhaiter qu’une aventure, il voulait qu’il se l’avoue, pour qu’il soit encore temps de tout arrêter. Même si l’attente était insoutenable … Mais dans une semaine … Ce serait la Samain. Et là, il se promettait de tout faire pour le revoir, lui parler, continuer ce qu’il aurait aimé prolonger lors de leur dernière et première rencontre.

Oublieux de l’homme qui occupait ses rêves, ses pensées, ses jours et ses nuits, et désireux de pousser un peu plus la demoiselle, Nathaniel se leva à nouveau de son siège et tourna lentement autour de la jeune femme tandis qu’elle ne le quittait pas du regard, oscillant entre soulagement ou inquiétude devant le calme stoïque de son client si particulier. Un rictus toujours accroché aux lèvres, le jeune homme baladait une main sur les étagères tandis que l’autre vint se poser sur l’épaule de la belle, jouant parfois avec la mèche rebelle qui lui effleurait la tempe. Se penchant doucement vers elle, Nath murmura quelques mots qui la firent rougir alors qu’il agrandit encore le sourire qui flottait sur ses traits. Le jeune homme n’affichait de sourire que rarement, pourtant en compagnie d’une dame, il s’efforçait toujours de faire bonne figure et de présenter un visage avenant et sympathique, même si la précision presque douloureuse de ses traits contrastaient trop fortement avec la douceur et l’insouciance dont il tentait parfois de faire preuve. Du genre réservé, seules les quelques personnes intéressantes selon ses critères recevaient l’immense honneur de contempler Nath, un véritable sourire sur ses lèvres douces comme de la soie. Ce qui l’amenait une fois de plus à penser au premier, et le seul, à lui avoir arraché ce trésor. Gabriel.

Après avoir joué quelques instants avec sa voyante préférée, Nathaniel sortit sa bourse et lança quelques espèces sonnantes et trébuchantes sur le chevalet à trois pieds devant lequel la jeune femme se trouvait. Jugeant qu’elle l’avait bien mérité malgré son incursion trop hardie dans son passé, la jolie fille qu’elle était avait joué son jeu sans trop de recul, et cela valait bien une récompense. Une fois cet acte de générosité accompli, Nath franchit le rideau de toile pourpre et plaça une main devant ses yeux pour habituer ceux-ci à la lumière du jour. Il faisait presque beau, et seuls quelques nuages venaient troubler le règne tyrannique du soleil dans le bleu du ciel. Plus habitué à l’obscurité, Nathaniel fronça les sourcils et se plaça sur l’allée d’en face, protégée de l’astre du jour par les toits, réduisant ainsi la brillance de sa peau d’ivoire sous la luminosité ambiante sans toutefois l'éteindre tout à fait.

Pourtant, inéluctablement, sa malédiction le rattrapait. La voyance avait formé un voile dans son esprit, emprisonnant pour un temps les murmures qui le hantaient jour et nuit. Des voix furieuses se côtoyaient avec des murmures de haine, de souffrance, lui donnant de temps en temps l’envie de hurler, se lamentant sur le calme et la quiétude qu’il avait à jamais perdus. Mais c’était le prix à payer pour avoir sacrifié la vie de tant de gens, parfois innocents, pour tenter de sauver en vain la seule femme qu’il ait jamais aimée. L’avoir perdue, avoir laissé cet amour lui filer entre les doigts était la punition qui lui avait été imposée lorsqu’il avait échappé à la mort. C’est dans cet état, à peine apaisé par son jeu avec la jeune femme, que Nathaniel se dit que cette journée commençait décidemment comme tant d’autres, dans une ruelle adjacente aux meilleures auberges de Ker-Benn.

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MessageSujet: Re: Vision trop réaliste [PV Elendil]   Sam 26 Juil - 11:31

« Elendil…Allez ! Rigole un peu de temps en temps…Ca ne va pas te faire mal ! »

Stoïque, immobile et sûre de son immuable impassibilité habituelle, le jeune elfe préféra ne pas répondre à son ami. Lui, si extraverti et insouciant ne comprenait pas ses réactions pourtant fondées selon lui.
Finrodel soupira de manière expressive et retourna à son entrainement personnel, légèrement boudeur. Elendil eut un infime rictus, et à son tour reprit ses exercices. La cible placé à plusieurs dizaines de mètres de là où il se tenait semblait si proche à la fois. L’elfe attrapa son arc et se plaça de manière théorique tout d’abord avant d’en faire à sa manière, il tourna légèrement l’arme sur le côté, ferma l’œil gauche et se sentit soudain comme emmené à deux mètres de la cible alors qu’il n’avait pas bougé. Il tira et la pointe de fer se ficha au centre de la cible.
C’est ce moment précis que l’armée elfique avait fait son apparition, leur commandant l’avait repéré. Le jeu de regard fut long et sans un mot, ils se comprirent, Elendil partirait avec eux. Tous deux en avaient pris conscience.
Sa vue se brouilla, une léger voile la recouvrant avec douceur comme un nuage dissimulant le soleil quelques secondes.

Lentement, Elendil ouvrit les yeux. Allongé sur une épaisse branche d’un feuillu, il se redressa avec grâce et observa les alentours. Ces souvenirs ne provoquaient pas grand-chose en lui. Mais il pensait que s’il rêvait de tels moments c’était car l’armée lui manquait. Il est vrai que de cette façon, en tant que soldat, il parvenait à se sentir utile pour son peuple, c’est pour cela qu’il désirait au plus profond de son égo et de son ambition devenir plus ou moins important pour sa race. Pas que le pouvoir l’attirait non, il s’agissait de sentiments bien plus refoulés évidemment.

Toujours avec cette élégance légendaire, il bondit de l’arbre et atterrit sur le sol où l’étalon qu’il avait acheté la veille broutait tranquillement. Il ne savait pas vraiment ce qu’il allait en faire, il hésitait à le garder, après tout une monture est très utile. Celle qu’il possédait au camp de l’armée, il l’avait laissé car après tout, elle ne lui appartenait pas vraiment.

L’être aux oreilles pointues décida de se louer une chambre dans une auberge pour cette nuit, retrouver un vrai lit de plumes malgré le fait qu’il était proche de la nature évidemment. Il passa la bride sur le chanfrein de l’étalon blanc qui poussa un petit hennissement.
Elendil s’approcha d’un arbuste où il avait laissé son arc et son carquois et remit le tous dans son dos. Il avait gardé sa lame au flanc gauche. Puis, il sauta sur le dos de son destrier actuel et prit un trot confortable car il montait sans selle, question d’habitude et de préférence…
Le soleil s’élevait lentement au-dessus des arbres, Elendil devina qu’il devait être aux alentours de neuf heures de matin. Il décida de visiter Ker-Benn, il reviendrait peut-être à Tara le lendemain ou dans la semaine. Avec un léger claquement de langue et une parole elfique, le cheval s’élança au petit galop pendant quelques kilomètres afin de ne pas l’épuiser.
Au bout de quelques heures, Elendil aperçut les portes de la ville qui s’élevaient face à lui. L’elfe avait entendu parler d’une immense forêt, peut-être ira-t-il y faire un tour.

Reprenant le trot, puis le pas, il s’avança vers les gardes qui veillaient à la sécurité des habitants. Le jeune elfe inclina légèrement la tête à leur vue, ceux-ci bloquèrent le passage. Que se passait-il ? Avait-il l’air d’un brigand ou d’un criminel ? Lui !


« Monsieur, excusez nos manières mais nous devons interroger tous les elfes que nous croisons. L’un d’eux à assassiné deux femmes et un homme hier dans la nuit. »

Abaissant les sourcils dans une petite moue, il reprit rapidement son impassibilité habituelle. Mais son esprit semblait choqué ou bien énervé, l’un des leurs avait détruit plusieurs familles…

« Très bien. Allez-y, je répondrai à vos demandes sans aucuns problèmes. »

De cette manière, en coopérant, il n’y aurait sûrement aucun souci car le meurtrier devait déjà être loin et il aurait sûrement tenté de fuir dans cette situation.

« Où étiez-vous hier ? »

« A Tara. Comme vous pouvez le constater, j'en viens tout juste. »

Après une dizaine de questions, les gardes le laissèrent pénétrer dans la ville avec moins d’inquiétude dans leurs mouvements. Bon très bien. Toujours à cru, il se fraya un chemin parmi les habitants dont quelques uns l’observaient avec curiosité. Personne ne montait donc sans selle par ici ?! Elendil observait tout ce qu’il pouvait voir, les échoppes, les pauvres mendiants demandant ici et là quelques pièces.

Il louera cette chambre un peu plus tard, il doit faire quelques achats avant. Sans attendre, il se laisse glisser le long du flanc de l’étalon blanc et attrapa les rênes de sa main droite tandis que l’équidé le suit docilement. Le jeune elfe aperçut une échoppe étrange, avec des rideaux, l’un pourpre pour l’entrée, sûrement une voyante. Il releva un sourcil et fit quelques pas vers une armurerie, il attacha sa monture précautionneusement avant de pénétrer dans la boutique. Il y avait quelques personnes dont le vendeur, tranquillement, il fit le tour des étalages.
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Nathaniel Mor'wan
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MessageSujet: Re: Vision trop réaliste [PV Elendil]   Sam 26 Juil - 18:27

Au moment où Nathaniel sortait de la boutique en regardant négligemment autour de lui, il sentit une présence indésirable. Sans se retourner, il saisit sa lame effilée qui reposait dans la doublure intérieure de sa veste, et la lança en exécutant un quart de tour sur lui-même. L’arme vint se ficher très exactement là où il le désirait, c'est-à-dire à moins de deux millimètres de la gorge de l’homme qui le suivait de manière un peu trop grossière pour passer inaperçue. Sur sa nuque coulait un mince filet de sang que le couteau avait fait sortir. L’inconnu, blême de surprise et de peur, ôta son couvre chef d’un geste lent et précis pour ne pas laisser le doute sur ses intentions. Une fois identifiable, il déglutit difficilement alors que Nath se rapprochait à pas de loup de lui, et prit la parole précipitamment et si rapidement que le jeune hybride dut faire un effort de concentration pour saisir le sens de ses propos.

« Il semblerait que je me sois trompé, monsieur, pardonnez mon audace. »

Nathaniel sourit sans mot dire. La ville était de plus en plus sujette aux vols à la tire, et autres méfaits en tout genre. Mais ce brigand venait de réaliser que sa silhouette fragile et délicate cachait quelqu’un de beaucoup trop évolué pour être une simple proie. Nathaniel était le chasseur, jamais la proie. Dans un sourire carnassier, il se demanda s’il allait laisser la vie à cet inconscient. Cela faisait tellement longtemps qu’il n’avait pas eut le plaisir de faire couler le sang, se délecter d’un râle d’agonie, d’une lueur de compréhension furtive dans le regard au moment de la fin … Cela apaiserait le manque insatiable qui le hantait depuis son départ du petit appartement des rues de Tara … L’absence, le malaise … Oui, le carmin du sang sur ses mains et entre ses doigts apaiserait sa nostalgie pitoyable et pourtant plus sincère que jamais. Pourtant, même si son esprit lui dictait cet acte, son corps ne répondait pas. Il semblait ailleurs, se souvenant de marques d’affection plus que de mort … Distrait, Nathaniel ne remarqua pas sa cible esquisser un mouvement vers la droite jusqu’à ce qu’il s’élance dans la ruelle. Impassible, il le laissa courir à perdre haleine, un rictus dédaigneux sur les lèvres. Les malfrats qui hantaient la cité semblaient de plus en plus médiocres. Il était un temps où la fierté surplombait la survie, et où rester honorable dans les rues était la seule voie de salut. Peu importait la vie au vu de l’honneur qui, une fois perdu, sonnait de toutes manières comme une condamnation à mort.

Nathaniel caressa amoureusement le manche de cuir noir de son arme avant de la retirer du mur de brique d’une moue contrite. Il aurait mieux fait de la lancer directement dans la gorge de l’inconnu, au moins le gargouillis et la tiédeur du sang n’auraient pas altéré le travail minutieux appliqué sur la lame du poignard. Alors que là … La pierre avait brisé le fil si artistiquement et patiemment forgé. D’un soupir, Nath brisa le couteau et le jeta sur la chaussée. En venant, il avait aperçu un armurier, quelques boutiques avant la pièce confinée qui abritait la voyante. Il ne restait plus qu’à espérer que le vendeur ne soit pas un escroc où un simple armurier de base. Car, même si jamais son travail n’égalerait une pièce unique, si elle était suffisamment ciselée, Nath pourrait l’améliorer et l’affiner pour arriver à un résultat acceptable. Alors ce dernier se mit en marche, écrasant au passage la partie coupante de la lame, et se dirigea d’un pas souple vers l’échoppe dans laquelle il entra.

Après un rapide coup d’œil aux premières marchandises exposées là, il fit glisser ses yeux émeraudes sur les armes un peu plus sophistiquées du fond. Plutôt satisfait de son choix d’armurerie, Nathaniel releva la tête du coutelas fin qu’il était en train de jauger du regard, et stoppa toute action. Devant lui, de dos, se trouvait une tête blonde presque blanche, une allure souple, une couleur de peau si familière … Sur l’instant, le jeune homme se demanda s’il allait se cacher dans un coin ou enserrer de son étreinte celui qu’il croyait être un autre, tout aveuglé qu’il était par l’espoir mêlé à la crainte. Finalement, il saisit le poignet de l’homme, sans remarquer ses oreilles pointues et son air impassible, deux détails si différents de Gabriel, et sortit en trombe de la boutique sans regarder derrière lui. Non, ça ne pouvait pas être lui ! Il aurait senti son aura se dégager de sa personne ! Et pourtant, ces cheveux, cette grâce … Nath secoua la tête et s’arrêta net devant la porte de l’armurier. Là, il se retourna enfin et lâcha de stupeur celui qu’il avait entraîné à sa suite sans autre forme de discussion.

L’inconnu était grand, blond à outrance, ses yeux étaient du même bleu transperçant que celui qu’il avait espéré et redouté voir mais … Ce n’était pas lui. Mais la ressemblance, au premier abord, était frappante ! La silhouette longiligne et les muscles, fins mais bien présents sous les habits, avaient comme un air de déjà vu. Le grain de la peau, la douloureuse perfection du visage, le turquoise des prunelles, et surtout ce blond à la limite du blanc … C’est vrai que ressemblances il y avait. Mais, à l’instar de la violence des similitudes, le contraste avec Gabriel Jeevas était tout aussi poignant. Les oreilles pointues insistaient sur le piquant et l’acide impression qui se dégageait de cet elfe sans aucune émotion apparente. C’était là sa plus grande nuance avec Gabriel. Ce dernier exposait toujours des sentiments, même si ce n’étaient pas les vrais, sur son faciès. Un sourire permanent aux lèvres, il jouait de ses expressions pour manipuler habilement les réactions des autres. Mais pas lui. Il semblait plus froid et impassible, même dans cette étrange situation. Comme lui-même, réflexion faite. Ainsi, la neutralité de son attitude rappelait celle de Nathaniel, et leur calme apparent semblait identique. A la fois intrigué de retrouver ce qu’il pensait être son caractère dans le corps de Gabriel, Nath prit le temps de s’excuser en empruntant à son répertoire une voix posée et nullement gênée, comme n’importe qui aurait pu l’être à sa place. Ainsi, comme un peu plus tôt dans la matinée, la phrase vola dans l’air, sans pour autant revêtir la même enveloppe de crainte et de supplication qu’elle avait empruntée tantôt.


« Il semblerait que je me sois trompé, monsieur, pardonnez mon audace. »

Il accompagna ses paroles d’une très légère inclination de la nuque en direction du sol, geste protocolaire de circonstance dans ces moments là. Pourtant, et car dans une situation bien différente que le malfrat d’auparavant, Nath ne s’aperçut même pas que ses mots avaient déjà été employés. Il resta de marbre devant son interlocuteur qui devait le prendre pour quelqu’un de décidément très étrange.

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MessageSujet: Re: Vision trop réaliste [PV Elendil]   Sam 26 Juil - 19:44

Le temps, une simple circonstance, insaisissable. Le besoin de le voir pour connaître sa présence n’existe pas. Il nous suit, pour l’éternité. Même ce qui est immortel y est confronté simplement car ce qui est mortel se trouve tout autour. Le temps est universel, proie de chaque êtres vivants. Il est universel et pas seulement en terme de planètes ou de galaxies mais tout court. Les mots n’ont aucun pouvoir sur lui, empreinte éternelle, le temps est tout…et il passe.
Ces pensées défilaient dans l’esprit du jeune elfe. Pourquoi ? Bonne question, peut-être s’agissait-il là de sa minute de philosophie, malgré le fait que celle-ci soit commune aux yeux d’Elendil, il pouvait passer des heures entières à réfléchir, assis au pied d’un arbre centenaire…

Au fond de l’échoppe, il observait avec attention les fines pointes d’acier car il préférait élaborer lui-même les tiges. Ses minces doigts longeaient leurs bords avec dextérité et expérience. L’arc était son arme favorite malgré le fait qu’il maniait très bien son épée.
Ce matin-là, il portait sa tenue habituelle, pratique malgré le fait qu’elle était plutôt remarquable. Son pantalon était d’un blanc immaculé tout comme sa tunique par-dessus laquelle il portait une fine côte de maille argentée, des protections aux bras et aux tibias, eux-aussi argentées. La légère armure fabriquée et gravée par les elfes bien évidemment lui seyait à ravir, et il était rare qu’il ne porte pas ces vêtements.
Un cri le fit tourner la tête, quelqu’un venait de voler un arc, sa réaction fut immédiate.
Le voleur stoppa net et s’étala sur le sol avec une élégance inexistante, ses pieds étaient gelés. Elendil s’approcha du jeune garçon, lui attrapa le poignet et le releva après avoir fait disparaître l’enchantement qui avaient emprisonnés ses pieds quelques secondes auparavant. Le visage dénué de toutes expressions, il reprit l’arc alors que le jeune homme qui semblait être encore un adolescent d’une quinzaine d’années se débattait pour fuir, sûrement. Elendil finit par le lâcher après avoir glisser trois pièces d’or dans sa poche et ce dernier prit ses jambes à son coup.
Le jeune elfe ne l’aurait jamais emmené là où il l’aurait enfermé en prison pour un simple vol à l’étalage car il avait remarqué les guenilles qu’il portait.
Le patron du magasin s’avança vers lui et le remercia avant de lui offrir une réduction de cinquante pour cent sur ce qu’il achèterait en guise de remerciements.

Elendil retourna dans le fond de la boutique et reprit sa recherche de bonne flèche, il dénicha quelques objets intéressants. Au moment où il attrapait ce dont il avait besoin, un contact chaud d’une forte poigne attrapa son poignet, les morceaux d’acier tombèrent sur le sol dans un bruit sourd et répétitif. Embarqué de force, il n’eut d’autres solutions que de se laisser entraîner ! A la porte de l’armurerie, on le lâcha et l’elfe, la main posée sur la garde de son épée elfique par pure précaution, put voir qui était la personne en question.
Ce jeune homme semblait stupéfait et surpris, que lui arrivait-il ? Ah. L’elfe comprit rapidement, il l’avait pris pour un autre. Elendil en profita pour détailler son « assaillant ».

L’étranger possédait une silhouette assez normale, ses cheveux ébène en bataille étaient légèrement longs et encadraient un visage quelque peu efféminé. Son teint plutôt clair le surpris très légèrement mais rien n’en parut. Le jeune homme qui paressait plus jeune que lui-même s’excusa de manière polie mais aucune gène ne faisait trembler sa voix posée.


« Vos actes sont tous pardonnés, Monsieur. Les erreurs sont humaines… »

A son tour, il inclina légèrement la tête, faisant retomber quelques mèches blanches et souples autour de ses joues presque creuses

« Permettez-moi que je me retire quelques instants, le temps que je termine dans ce que vous m’avez arrêtez !»

A ces mots, il tourna le dos à cet étrange inconnu, pas par impolitesse évidemment, et pénétra de nouveau dans l’armurerie. Elendil ramassa les embouts de flèches et les emmena jusqu’au comptoir où il paya la moitié du prix normal comme convenu.
Son précédent interlocuteur lui occupait l’esprit. Qui croyait-il voir pour l’attraper de cette façon…Si Elendil avait été cette personne il se serait attendu soit à ce qu’il l’égorge sans plus attendre soit à ce qu’il l’embrasse. Ces deux idées lui firent froncer rapidement les sourcils, qui était cette mystérieuse personne qui devait donc tant lui ressembler ?

L’elfe sortit de l’échoppe et rangea son achat dans une petite poche qui ornait une ceinture nouée à sa taille. Puis, il remonta ses prunelles turquoises vers le jeune homme avec cette neutralité et ce froid habituel chez lui.
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MessageSujet: Re: Vision trop réaliste [PV Elendil]   Dim 27 Juil - 17:20

[Désolée pour cette réponse XD j'ai écris n'importe quoi et sous l'emprise de la fatigue, j'arrivais pas à aligner mes idées. Ah, aussi petites précisions : De 1, j'adore ta réflexion philosophique sur le temps ^^' De 2, tu as dit "un contact chaud d’une forte poigne attrapa son poignet" en parlant de Nathy qui a la peau très froide, comme du marbre ^^' Mais c'est un détail XD]

« Vos actes sont tout pardonnés, Monsieur. Les erreurs sont humaines… »

La réaction de l’inconnu ne se fit pas attendre. Il inclina sa nuque de la même manière, par politesse envers celui qui l’avait malmené. Intrigué par le ton calme et les traits impassibles, vides de toute forme de réaction, Nathaniel laissa son regard insister sur ce visage froid pour en détailler les moindres recoins. Pas de doute, c’était son portrait craché. Les prunelles vides, les lèvres minces qui restaient de marbre … Le jeune homme en venait à se demander si sa peau serait aussi dure et glaciale que la sienne … Mais il chassa rapidement cette idée de son esprit. D’une part, c’était peu probable. Et d’autre part, il se voyait mal lui reprendre le poignet qu’il venait de lâcher sans prêter attention au contact de son épiderme. De plus, ce n’était pas si important … Si ? Qu’est ce qui dérangeait vraiment Nath ? Le fait qu’il ne soit plus unique ? Que quelqu’un pouvait agir, et peut être même résonner comme lui ? Non, c’était quasiment impossible. Son esprit torturé et malmené ne pouvait être la copie d’un autre, personne n’avait vécu le même enchaînement d’actions et de sentiments qui menaient à ce qui le constituait.

« Permettez-moi que je me retire quelques instants, le temps que je termine dans ce que vous m’avez arrêté !»

Sans attendre de réponse, l’elfe fit demi tour et pénétra encore une fois dans la boutique, sous les regards surpris des clients et du vendeur, dont les yeux allaient de l’un à l’autre de ces étranges jeunes hommes. Ce répit laissa le temps à Nathaniel de réfléchir. Déjà, que devait il faire en pareille circonstance ? Prendre la fuite sans plus d’explications ? Il est vrai qu’il n’était pas véritablement porté sur la discussion et le contact, mais il tenait à vérifier quelque chose auprès de l’inconnu. Une fois l’incompréhensible décision de rester prise, Nath en vint à se demander comment il avait pu confondre cet elfe aux vêtements de combat éclatant, et Gabriel. N’était il pas sensé pouvoir le reconnaître les yeux fermés ? Les stéréotypes des relations amoureuses étaient décidément simplement bons à faire rêver les gamines et soupirer les parents … Agacé, Nathaniel se convainquit que son trouble et son erreur étaient dûs à l’étrange vision que la voyante lui avait imposée voilà quelques instants.

Oublié, le couteau dont il désirait faire acquisition. Son esprit tout entier était accaparé par les souvenirs. Son don d’interpréter les rêves n’était pas de grande utilité, il le comprenait fort bien tout seul. La barrière de son passé se fendillait déjà, laissant parfois flotter le visage angélique de Lili à la surface ; défaillance alimentée par les incursions de Fall et de son esprit névrosé au beau milieu de son calme mental apparent. Le Dieu avait rongé les fondations, déjà ébranlée par la création d’une porte creusée par Gabriel dans la pierre que Nathaniel croyait inébranlable. En lui offrant son cœur, il avait accepté ce point faible, cette ouverture sur son monde. Et pourtant il s’était auparavant promis de ne pas … de ne jamais … Son cœur était trop fragile pour être souillé, ses souvenirs trop violents pour être piétinés sans représailles. Et Fall avait causé de grands troubles dans la stabilité que Nath s’était imposée à grand renfort de volonté. Il sentait la pierre sur le point de voler en éclat, à chaque fois que les pulsations dans sa poitrine s’accéléraient. Seul le calme pouvait le sauver, et cette rencontre impromptue n’en était pas une source.

Au moment où il faisait le point sur son équilibre mental, Nathaniel aperçut distraitement sa nouvelle rencontre sortir de l’armurerie, un petit paquet contenant ses achats à la taille. Et, alors qu’il levait les turquoises de ses yeux bleus sur lui, Nath se rendit compte qu’il n’avait toujours pas répondu à cet énigmatique et froid compagnon. Aussi se rattrapa t’il en relâchant les muscles de ses bras et en prenant finalement la parole. La tension de l’espérance était passée, il fallait se rendre à l’évidence. Ce n’était pas Gabriel, tout juste un homme qui lui ressemblait vaguement, sans cette pointe de volonté de vivre et de joie partagée.


« Les erreurs sont sans doute humaines, mais souvent fatales, voilà pourquoi je n’en fais jamais. » dit il d’un ton détaché et pas impliqué le moins du monde, avant de reprendre avec un peu plus de curiosité feinte : « Ce serait sans doute malvenu de vous demander cela dans ma position qui vous est redevable, mais je me plaît à connaître le nom des personnes que je croise … Nathaniel Mor’wan, votre obligé. »

Ses derniers mots étaient presque prononcés sur le ton de l’ironie. En effet, il avait partiellement menti. La plupart du temps, il se contrefichait du nom de ses rencontres, tout bonnement car il ne souhaitait pas passer plus de temps en leur compagnie. Mais là … La méprise dont il avait été l’objet le forçait à s’attarder dans cette ruelle, et ce malgré le mal de tête qui persistait depuis qu’il avait quitté la diseuse de bonne aventure qui lui avait rappelé le meurtre sanglant de sa mère, par sa propre main. En effet, il voulait cerner cet homme, pour comprendre pourquoi il l’intriguait. Cela venait très certainement du fait qu’il n’avait encore jamais croisé auparavant quelqu’un d’aussi stoïque et impassible que lui. Oui, c’était très certainement pour cette raison. Quoi d’autre ?

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