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 Départ&mélancolie.[libre]

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MessageSujet: Départ&mélancolie.[libre]   Lun 13 Oct - 16:55

La mer étincelait sous la lueur blafarde de la pleine lune. Ses rayons accrochaient chaque mouvement, chaque vague, et faisaient ressembler la paysage à une parure de diamants. Les étoiles elles aussi participaient à rendre le tableau encore plus attrayant. Leur éclat se reflétait à la surface des flots, en myriades de paillettes argentées. Les galets qui constituaient la plage offraient au regard de l'heureux passant un spectacle ébahissant, fait d'argentés, de blancs, de toute une palette de gris tous différents. Ils brillaient presque dans la nuit. Le sol en paraissait phosphorescent, et la jeune sirène avait l'impression de marcher sur un tapis de lumière. D'ailleurs, ce n'était pas une impression, c'était la réalité. Ses pas l'emmenaient droit devant elle, doucement, et ses pieds nus appuyaient légèrement sur ces galets faits de reflets de lune. La souplesse de sa démarche n'arrachait qu'un son infime aux pierres polies.

Presque aussi silencieuse qu'un félin, elle contemplait la mer, son élément, sa maison. Elle brûlait d'envie d'y courir, de nager encore et encore dans ses eaux froides, mais elle se retenait. Ses pensées revenaient sans cesse au fond de la mer, dans les vagues, les remous des soirs d'orage. Oh, comme elle aimait y nager! Elle s'imaginer frôler à nouveau le fond, atteindre les plus profonds des gouffres et remonter vers la lumière. Elle revoyait sa mère et ses amis, et elle essayait une fois de plus de retrouver à quoi son père pouvait bien resssembler. C'était pour lui qu'elle quittait les eaux qu'elle aimait tant! Uniquement pour lui. Elle était persuadée qu'il était toujours en vie. Il ne pouvait en être autrement, de toutes façons. Il avait seulement disparu, et c'était à elle de le retrouver!

Elle cessa de marcher, s'assit sur un rocher qui affleurait, juste là. Les genous pliés sous elle, les bras autour des jambes, elle noyait son regard bleu profond dans les vagues étincelantes qui lui faisaient face. De temps à autre, un oiseau poussait un cri qui résonnait longtemps dans le silence de la nuit. Soudain, l'absence de sons se fit pesante. Neyrelle éprouva un désir intense de combler ce vide, et instinctivement, elle se mit à chanter. Ce ne fut tout d'abord d'une mince note, qui devint mélodie, prit de l'ampleur... Sa voix emplit finalement tout l'espace sonore, amplifiée par l'immensité des flots qui chantait avec elle. Encouragée par le bruissement des vagues, elle se leva, s'éleva le plus qu'elle put vers les cieux, c'est à dire pas bien haut... Dréssée sur la pointe des pieds, elle laissait les vibrations de son chant l'emplir, et à ce moment précis, elle n'existait que pour chanter, en harmonie avec les éléments qui l'entouraient. Elle offrait un curieux spectacle, de loin. Le paysage merveilleux de la plage brillante, l'immensité de la mer, et...la petite silhouette d'une jeune sirène, postée sur un rocher. Sa robe blanche flottait dans la brise tiède qui s'était levée, et ses cheveux d'un blanc argenté brillaient sous les étoiles. sa voix portait loin dans le silence, et chaque note était un poême chargé de mélancolie et d'amour, dédié à la mer; qu'elle quittait une fois encore aujourd'hui.

Elle avait passé une assez longue période sous les flots, puis d'îles en îles, toujours emerveillée par cette entité qui l'avait vue naître. Puis, inexplicablement, elle avait ressentit l'implacable necessité qui la poussait toujours à quitter son "pays" natal. Elle ne savait pas d'où cela lui venait. C'était comme un ordre qui s'infiltrait dans son esprit au fur et à mesure des jours, et qui lui criait de repartir, de marcher à nouveau sur la terre ferme. C'était une vague étrange qui lui faisait savoir qu'elle devait retourner sur terre, que c'était là sa place... Et Neyrelle l'écoutait, car elle aimait énormément pouvoir se déplacer à pieds, rencontrer des gens différents...et aussi, retrouver sa jument, qui lui manquait toujours. Elle n'était qu'un animal, se disait Neyrelle pour se raisonner. Malgré tout, elle s'était profondément attachée à Lae', et brûlait de la revoir. Ainsi, Neyrelle était comme séparée en deux. D'un côté, son amour naturel de la mer, et de l'autre la joie qu'elle éprouvait à fouler le sol ferme. Et elle éprouvait un fort sentiment de culpabilité quand elle était sur la terre. Elle avait l'impression de trahir les eaux. Et inversement quand elle était dans l'eau...

Son chant lui permettait de s'échapper de ses pensées qui la tourmentaient. Il lui fournissait une porte qu'elle franchissait avec allégresse, et qui ouvrait sur un monde auquel elle s'abandonnait totalement, sans aucune hésitation. Sans hésitations, mais seulement si elle était seule. Car la présence d'autrui lempêchait de se jeter dans cette ouverture accueilante, c'était comme un verrou implacable qui empêchait la porte de s'ouvrir, même d'apparaitre. Entièrement happée par son monde de mélodie, elle ne prêtait aucune sorte d'attention à son environnement, hormis la présence de la mer qui l'accompagnait. C'est de cette manière qu'elle ne s'aperçut pas qu'elle n'était plus seule.
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MessageSujet: Re: Départ&mélancolie.[libre]   Dim 9 Nov - 16:20

Un fragment de la lune se détachait du ciel, éblouissant tout morceau de terre comme si son existence était voué à briser les ténèbres. Multiples taches ornaient cet astre de la nuit, et malgré cela, on ne pouvait qu'admirer la beauté dans toute sa splendeur. Les rayons venaient s'écraser contre les nombreux galets qui s'appropriaient la plage. La mer se mêlait à cela, et c'était, chaque nuit, une féerie. L'océan et le ciel s'entremêlait et voir l'horizon n'était pas aisé. Ils ne formaient qu'un, les étoiles se reflétaient dans les flots et c'était à ce demander où se situait réellement chacune. On ne savait où poser les yeux, toutes les merveilles du monde étaient présentes. La mélodie des vagues venant rompre tout silence, et les galets qui roulaient dans l'eau, infiniment. A part cette complainte, le silence régnait abondemment et sans scrupule. Aucun oiseau ne venait se mêler à ce chant, aucune brise ne venait chatouiller les arbres dans leur immensité sylvestre.

La jeune fille se contenta de contempler cette étendue d'eau qui s'étalait à perte de vue. En retrait, elle se situait sous l'ombre d'arbres, entre la pénombre et la clarté. Recroquevillé sur un rocher, les bras autour des genoux, elle effectuait un léger balancement, silencieux. Songeuse, son regard était fixé sur l'océan, sans qu'elle n'y prête une réelle attention. Ce ne fut qu'une légère brise fraîche, à l'air marin, qui vient la sortir de ses pensées. Elle regarda le ciel et éprouva un désir saugrenue, égoïste. L'Eden était plus beau couvert d'éclairs mais rien qu'a l'idée de briser l'épithalame de la voûte céleste et de la mer la fit se résigner rapidement. Mëredith soupira et frotta ses doigts. Une légère étincelle en jaillit mais elle vint mourir sur la pierre, froide. Ce ne fut qu'après cela qu'elle entendit un bruit, très faible. Des sortes de pas, silencieux. Elle regarda aux alentours et ne distingua que le néant. Puis, peu à peu, naissant à la lueur de la lune, une ombre apparut. Les formes se dessinèrent et on pouvait constater que la silhouette était à priori celle d'une femme. De longs cheveux paraissait s'étendre jusqu'au bassin. Si la couleur des galets étaient bien d'un gris argenté, on aurait pu considérer que c'était presque la même couleur, à un point prêt. La chevelure de l'étrangère était plus claire. Méfiante, la jeune fille jeta un coups d'oeil à son bras. Celui-ci luisait faiblement, particularité des Fir-Bolg. Elle soupira. Elle allait devoir se rendre invisible si elle ne voulait pas être vu au premier regard. Se concentrant, elle ferma les yeux et imagina qu'on l'effacer. Passant son corps en revue, elle était parvenue à se rendre imperceptible à quelques exceptions prêts.

Voulant se rapprocher de l'ombre naissante, elle quitta la pierre glaciale, munit de sa sacoche et s'aventura sur les galets glissant. Elle vacilla quelques fois, remettant son agilité à l'épreuve. Cela faisait longtemps qu'elle n'avait pas effectué d'espionnage, si l'on pouvait appeler ça comme ça. Soudain, la silhouette ralentit et s'installa sur un rocher, non loin de la mer. Elle se recroquevilla. Un oiseau poussa un cri, ce qui eut effet de faire sursauté la jeune fille. Elle jeta un regard vers la forêt, sombre. Elle continua d'avancer avant qu'elle ne se rende compte d'un détail capital. Son invisibilité pouvait, certes, la rendre transparente, cela ne l'effaçait pas pour autant. Les galets s'entrechoquaient sous ses pieds dans un murmure bruyant. Mëredith soupira, ce don était rempli de compromis. Elle se rendit visible quand soudainement, une mélodie arrêta sa progression. Tout d'abord discret, cela prit très vite de l'ampleur, ce qui ne déplue pas à la jeune fille. L'inconnue chantait, toujours plus fort. En harmonie avec les vagues, le ciel, le vent, l'instant était si parfait que n'importe qui aurait eu envie de s'agenouiller devant elle, pour l'écouter chanter. Elle avait alors quitter la roche, se hissant sur la pointe des pieds comme pour appeler l'Eden à se joindre à ce chant, magnifique. Il était tellement enivrant que la jeune fille en oublia pourquoi elle était là. Comme fasciner, elle hésita et finalement se dirigea vers l'ombre à l'allure si chaleureuse que personne n'aurait douté d'une quelconque malveillance. Elle avança, hypnotiser par la mélodie qui semblait rempli de mélancolie et d'amour. La robe blanche de l'étrangère valsait au gré du vent, sa chevelure suivait quelques secondes après. C'était un spectacle unique. La voûte céleste et la mer, entrelacé. La lune et son reflet qui semblait n'avoir d'yeux que pour l'inconnue. C'était un tableau si parfait.

Mëredith semblait déconnecté du monde, voulant se rapprocher de la perfection qu'exprimaient ces mélodies. Rien n'aurait pu la contraindre de faire demi-tour. Avançant d'un pas chancelant, manquant de trébucher, elle se relever toujours pour s'approcher de l'étrangère. Ses longs cheveux blonds virevoltaient à l'annonce d'une brise tiède. Une fois arriver à sa hauteur, elle se plaça en retrait, fixant l'ombre. Elle n'était pas très grande mais semblait plus jeune que la Fir-Bolg. Du haut de ses 170 centimètres, elle se sentait inférieur à l'impression que dégageait l'inconnue. Puis, prise par un élan de tentation, la jeune fille s'approcha pour mieux voir et s'installa devant le rocher, les pieds dans l'eau. Heureusement, elle avait pris soin de retirer ses bottines auparavant. Elles gisaient silencieusement dans son sac. A la vue de son visage, elle put deviner que c'était une sirène. Sa peau était d'une couleur froide, s'approchant du bleu clair selon les nuances d'éclats de lune. Ses cheveux étaient d'une couloir ivoire, argenté. Tout cela était contrasté par une robe blanche. L'eau froide la sortie de ses pensées et fut étonné que l'étrangère ne l'ai pas encore remarquer. Sa voix résonnait toujours et c'était sans doute pour cette façon que Mëredith avait renoncé à se rendre invisible. Elle était envoûté par ce chant, mélangeant les poèmes. Cela semblait éternel. De longues minutes s'écoulèrent, les vagues comme seuls mesures. La voix de la sirène faiblit soudainement jusqu'à s'arrêter. La Fir-Bolg aurait voulu protester pour écouter, encore une fois, toutes ces mélodies mais elle resta de marbre. Elle semblait avoir repris toute notion de réalité, de danger. Reculant légèrement, une timide vague vint éclater sur sa cheville. Fixant l'inconnue, elle bredouilla des faibles paroles, à peine audible. C'était la première fois qu'elle avait du mal à se faire comprendre, sans doute car le contact avec les autres avaient été limité à une seule et unique personne. Sa tante, morte. Fixant le regard de la sirène, elle réussit à extraire quelques paroles, qui cette fois étaient compréhensibles. Ce n'était guère un exploit car ses dernières étaient son prénom et son nom. Avançant du coté de la plage, elle ne changea pas pour autant la distance entre l'étrangère et elle. La dague situé sous son tibia droit frôla la peau de Mëredith, le contact froid la fit frissonner. Elle inspira profondément et lança, d'une voix assuré bien qu'elle masquait ses tremblements.


- Et toi ?
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MessageSujet: Re: Départ&mélancolie.[libre]   Lun 12 Jan - 10:31


[Désolée pour le retard, et la médiocrité de la réponse...]

Neyrelle chantait toujours. Sa voix était l'éternité du moment, le ciment qui liait les éléments. Cela ne dura que quelques minutes, mais de longues minutes, étirées sur la toile du temps. Enfin, le fil de son chant se tarit, sa voix se fit plus faible, jusqu'à devenir ténue, puis à s'éteindre. Ce n'est qu'à l'instant où le silence reprit sa place qu'elle refit son apparition dans le monde réel, concret. Avant, elle était dans une bulle hermétique qu'elle s'était elle même créé, un monde à part. Elle n'avait absolument pas conscience de son environnement, des sons, des mouvements qui l'entouraient. Quand elle cessa de chanter, elle garda les yeux levés vers le ciel, vers les multiples étoiles qui décoraient les nues d'une parure de diamants. C'est en écoutant le silence qu'elle s'aperçut qu'il n'était plus si complet.

Cette prise de conscience s'accompagna aussitôt après d'un bruit juste devant elle. Elle baissa vivement les yeux, et ne pu retenir un cri de surprise en voyant la jeune femme à ses pieds. Pour Neyrelle, c'était comme si elle était apparue soudainement, sans avoir parcouru de trajet auparavant.

-Aaah! Que...tu.... Balbutia t-elle

Elle était immensément gênée à l'idée que l'inconnue l'ait entendu chanter. Et le fait qu'elle sache avoir une belle voix n'y changeait strictement rien. Elle rougit, ce qui chez elle se traduit par une couleur bleue plus foncée. Par chance, la nuit ne permettait pas de distinguer les couleurs. De toutes façons, elle affichait une expression bien trop gênée pour pouvoir paraître assurée...

L’inconnue bredouilla quelques mots, que Neyrelle ne put saisir. A cela suivirent deux autres, intelligibles cette fois. Un prénom, un nom. La base de tout. La jeune femme s’appelait Mëredith Eäroldorion. Nimbée par l’éclat de la lune, elle paraissait produire elle même la lumière qui l’éclairait. A cette particularité, Neyrelle devina une Fir-Bolg. Bien que la lune enrobe le paysage d’une teinte nacrée, quelques paillettes dorées scintillaient dans les longs cheveux de Mëredith. Ses yeux, également, brillaient faiblement, ambrés. Instantanément, Neyrelle la trouva belle, et totalement en accord avec le paysage. Elle parut respirer profondément, puis ouvrit la bouche pour prononcer :

-Et toi ?

Neyrelle, à son tour, bafouilla quelques mots. Puis elle descendit de son rocher, piédestal rocheux, et se retrouva à la hauteur de la Fir-Bolg. Elle sourit timidement, puis répondit, prononçant son nom dans un murmure.

-Neyrelle Tann’Seï… Je… Tu m’as entendue ?

Elle se maudit à l’instant même où elle parla. Evidemment qu’elle l’avait entendue ! Arriverait elle un jour à proférer des mots emprunts d’un peu moins de stupidité ? Elle en doutait. Elle rougit encore, puis essaya de se rattraper, avant de se raviser.

-Je suis désolée que… Tu… C’est beau, non ? Dit elle finalement, parlant du paysage. En parlant, elle engloba la mer, la plage d’un geste ample du bras, plus mélancolique que jamais. Elle resta un moment silencieuse, plongée dans sa contemplation, puis se tourna vers son interlocutrice, restée à distance raisonnable. Devait elle se méfier ? Neyrelle n’en savait rien. Elle décida que non, arguant que si elle lui voulait du mal, ce serait déjà fait. Et puis, elle n’avait pas l’air redoutable… Neyrelle n’avait jamais été très prudente.

-Tu peux approcher… Je ne te veux pas de mal. Comment t’es tu approchée sans que je le soupçonne ? Même si je chantais… J’aurais perçu le mouvement…

Pas si sûr, pensa t-elle au même moment. Elle savait bien qu’elle se coupait du monde réel, quand elle plongeait dans son monde. Néanmoins, elle attendit la réponse de Mëredith, curieuse.
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