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 Une hallucination prend tant de formes..[PV]

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Ambrosine Wilness
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MessageSujet: Une hallucination prend tant de formes..[PV]   Dim 19 Avr - 15:55




La lumière des lampes du plafonnage vacillaient, projetant leur lueur fantomatique sur la surface rêche et vieillie du comptoir ; mettant en évidence les nervures du bois, d'où une grande choppe tout d'étain en était perchée par dessus.
Les doigts posés sur le pot d'alcool, comme s'il pouvait s'agir d'un objet cher à ses yeux injectés de sang, (pâle imitation de ce qu'elle n'avait plus dans ses veines d'ectoplasme) Ambrosine restait silencieuse, son regard rivé sur la boisson qu'elle agitait de sa main livide..regardant les remous des vagues et la vapeur fumeuse de l'épigé breuvage.
Elle se tenait ainsi immobile depuis plus d'une bonne demie-heure ; un étrange sourire sur ses lèvres pour seule preuve de sa présence en ces lieux. Et, petit à petit, au fil des minutes qui s'égrainaient paresseusement , ..elle crut évoluer à nouveau sur ce drôle de nuage qu'elle ne connaissait que trop bien.

Son regard balaya la taverne d'une incertaine entreprise, comme en quête d'un signe que seul son cerveau embrumé pouvait réussir à comprendre. Pour soudain, sans prévenir, tendre avec vivacité la pinte de son hydromel vers le haut. A ce geste, quelques gouttes du liquide s'étalèrent sur le parquet, juste à côté de sa chaise haute.


"Et je.." son regard devint imprécis un moment " Et..je.vous salue, Ô visiteurs du bar..." bafoua-t-elle de sa voix rauque et changée, en vacillant sur son assise précaire.

Le patron du bar , qui l'avait surveillée du coin de ses yeux humides, s'avança vers elle avec une précaution toute particulière ; serrant sa serviette entre ses mains.

"Ambrosine, tu en es à ta quatrième, tu ferais mieux d'arrêter maintenant.."

Ambrosine s'ébroua comme le ferait un chien, avant d'hoqueter de façon tout à faite maladive. Elle regarda le patron de ses prunelles mortes dans un silence des plus complets, drôle de lapsus du à l'alcool, et décocha un intrépide sourire au bout de ses lèvres blanches.


" Cela ne vous est-il pas..pas.. profitable que je vous paie ..autant?" éructa-t-elle en l'apostrophant d'un clin d'oeil mutin. Elle ricana alors et caressa les saillies du bois comme on caresserait un amant. Ses yeux s'attardèrent un moment sur les nervures sèches du comptoir.

"Vous..vous voulez plus ? Vous voulez..profiter de mon corps..comme tous..tous les autres" finit-elle par souffler de manière goguenarde, en minaudant à la manière d'une jeune fille timide.
Et alors, sans autre forme de procès, elle porta à nouveau la chope à ses lèvres.


"Tu fais fuir les gens du bar, Ambrosine. Que tu arrêtes de boire, voilà ce que je veux."

Ambrosine gloussa, faiblement d'abord, puis ; jetant un coup d'oeil derrière elle pour regarder les tables, son euphorie se revigora de plus belle. Elle posa son verre de boisson, fit couler sa main livide et menue contre son corps tout aussi frêle pour en soutenir son ventre, et... éclata d'un rire tonitruant, un rire de fou. Un rire qui zébra toute la taverne, et fit trembler sur ses gonds les pauvres fenêtres poussiéreuses de la pièce.

"Ah..AH AHAHAHAHAHAHAHAHHH !! Mais que ..QUE VOUS ÊTES SOT Mon..mon PAUVRE ami !" beugla-t-elle alors de toute la force de ses poumons. Les quelques habitués du bar encore assez présents pour ne pas dormir sur une couche primaire bondirent, d'une traite, comme réveillés d'un profond sommeil qui avait durée mille ans. Les poings serrés, la tête relevée, tels des coqs prêts à chanter, ils questionnèrent du regard le patron du bar. Mais ce dernier se contenta de lever sa main pour les intimer au calme

"Si tu ne te tiens pas tranquille Ambrosine, je vais devoir te mettre dehors" menaça-t-il enfin de sa voix la plus sereine, comme modérée pour éviter tout éclat de colère inutile.

Ambrosine renifla, l'oeil vitreux posé sur le corps de mastodonte du patron. Sa frêle silhouette encore agitée de quelques risettes silencieuses; elle s'humecta les lèvres..


"Toi ?..Toi tu..vas me jeter dehors ?" ses yeux pétillaient de malice à travers sa frange de fillette "Toi que..que j'ai vu naître, tout comme ces immondices du bar , tu vas me je..jeter dehors ..?!" quémanda-elle d'une voix haut-perchée, un air sauvage imprimé sur son visage de gamine.

"Seulement si tu m'y contrains" répondit ce dernier, qui en restait tout aussi paisible .


Ambrosine ricana méchamment. Un rictus au coin de sa bouche, elle leva délicatement son index vers le visage du patron, les traits tirés entre la réflexion et la concentration. Sa petite frimousse s'arqua d'un sagace sourire, bon à instaurer une ambiance glaciale dans la pièce; alors que les autres clients s'approchèrent soudain d'elle, de peur qu'elle ne fasse quelque chose qui compromettrait la vie du barman.
La lippe agitée par son ironique petit geste, elle resta aussi immobile et sereine que l'était le barman. Pendant plus de deux bonnes minutes, le monstre qui donnait l'impression de grogner à l'intérieur du corps d'Ambrosine psalmodia son dangereux feulement. Elle remua ses lèvres opalines..comme pour en formuler une incantation, et, alors que les habitués n'étaient plus qu'à quelques centimètres de sa petite silhouette, haussa finalement ses épaules pour définitivement perdre d'entre ses traits toute bonne humeur.


"C'est d'accord.." finit-elle par lâcher, drôle de murmure dédaigneux., Elle baissa par ce fait sa main pour la diriger à nouveau vers sa chope, ferma les yeux, fronça des sourcils face à ce qui semblait être un vertige particulièrement fâcheux..avant de les rouvrir, à nouveau enhardie.

"Et que l'on festoie comme..comme il se doit..!" beugla-t-elle en désignant d'un geste de son pichet l'assistance agglutinée autour d'elle. Ambrosine masqua un haut le coeur peu ragoutant, et se mit alors à avaler de nouveau une importante gorgée d'hydromel.
Tandis que les autres se jetaient des coups d'oeil déconfits avant de finalement baisser les bras et de bifurquer vers des occupations moins dangereuses. Même le patron préféra ne pas insister et , passant à l'arrière de la drôle de boutique pour ranger son torchon, il laissa cuver Ambrosine de tout son saoul.

Cette dernière continuait d'agiter sa boisson en l'air, accompagnant son bras de sa mélodie. Elle fredonnait la suite de son ancien chuchotement inaudible qui avait fait tant de tord au patron, tapotant de sa main valide le comptoir en une cadence lourde.. Pour finalement s'exclamer à moitié lorsqu'elle croisa le regard d'un être à la coquille dur.
Incapable de se retenir, elle laissa échapper un long sifflement appréciateur.


" ..pour une..une hallucination ! Elle est ...des plus originales.. !!"

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Wili Gasty
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MessageSujet: Re: Une hallucination prend tant de formes..[PV]   Lun 20 Avr - 13:14

[Je déteste quand je dois recommencer un post parce que Firefox bug quand il est presque terminé TwT]

La nuit s'annonçait bien longue pour le petit escargot qu'était Wili. En effet, les clients avaient décidé d'affluer ce soir là. Mais, heureusement pour lui, la plupart d'entre eux étaient des habitués de la taverne. Des habitués qui s'étaient donc adaptés à la présence peu commune du petit Brownie. A vrai dire, il était devenu un peu la coqueluche de la taverne, même s'il n'était pas aussi mignon que les autres génies bénéfiques. On lui pardonnait souvent toutes ses bourdes et ses frasques, puisqu'il était naturellement maladroit et qu'il rajoutait un peu d'ambiance ainsi.
Souvent, même, les clients lui payaient des verres de lait ou de jus de fruit. Sauf une fois où un gros monsieur moustachu avait décidé de le faire devenir un homme, un vrai, en lui offrant une énorme pinte de bière. Mais ce fut la première et la dernière, car même si Wili avait beaucoup apprécié cette boisson, il n'était plus vraiment en état de servir, de nettoyer ou quoique ce soit d'autre après deux gorgées. Et un escargot complètement bourré, c'est drôle, ça donne très mal à la tête le lendemain matin...
Mais ce soir là, le gros monsieur qui était présent avait décidé de n'offrir qu'un verre de jus de fruit au Brownie, qui le but d'un trait avant de se remettre à son travail de "pseudo-serveur". Je dis "pseudo", car en effet, il était rarement capable de servir une pinte ou un verre sans renverser le quart du contenu sur le sol avait d'atteindre la table visée. Il aurait sans doute été un peu plus utile en travaillant au comptoir, mais il était bien trop petit pour remplir ce travail là. Alors il ne pouvait que viser les tables. Mais très vite, après avoir réussi, dans un élan de gloire, à servir deux verres en ne renversant que quelques gouttes sur la table qu'était son objectif, il entendit un beuglement de femme.
Un beuglement qui le fit sursauter, s'effacer sa gloire en renversant une bonne partie du second verre sur son client, mais qui le fit tout de même un peu rire. En effet, d'habitude, ce sont plutôt les hommes qui beuglent dans les tavernes en buvant de gros pichets de bière! Après s'être confondu en excuse auprès de l'habitué, qui lui pardonna naturellement sa frasque avec un grand sourire en prime, il se retourna et détailla un peu plus la femme qui venait de hurler à tue tête. Elle était plutôt jolie, alors ça faisait un énorme contraste avec sa vulgarité. Mais les antennes de Wili se rétractèrent tandis qu'il fronçait les sourcils en constatant qu'elle commençait à se confronter à Xavir.
Xavir était un véritable colosse qui inspirait le respect. Mais il était vieux et un peu trop gentil. Et ce n'était pas le genre de personne qui usait de sa force pour obtenir ce qu'il voulait, d'autant plus que même s'il était impressionnant, il était trop vieux pour se permettre de telles choses. A la place, après quelques échanges verbaux, la femme se calma avant de beugler une nouvelle fois devant l'air exaspéré du patron de la taverne. Wili le rejoint alors, à la fois grave et en colère d'avoir vu son ami se faire rembarrer d'une telle façon.


"Xavir, pourquoi t'es gentil avec elle alors qu'elle est tout le temps comme ça quand elle vient?"

Car en effet, elle était venue pas mal de fois. Mais jamais Wili ne s'était occupé d'elle. Sans doute que Xavir ne voulait pas lui réserver une cliente aussi grossière et - peut-être même - méchante. D'autant plus que le gastéropode était quelque peu effrayé par la demoiselle. On lui disait qu'elle était une fantôme et qu'elle avait des pouvoirs effrayants. On lui disait aussi que ces gens là étaient dangereux parce qu'ils avaient réchappé à l'Ankou. Mais Wili n'était pas vraiment effrayé par cela. Il avait surtout peur quand la demoiselle menaçait l'assemblée. Mais surtout, Xavir lui avait expliqué que les tasmants n'étaient pas forcément mauvais. Ils avaient simplement été en proie à un destin misérable. Étant donné que Wili avait vécu, lui aussi, des moments misérables... il comprenait assez. Alors parfois, cette peur s'estompait un peu pour rejaillir lorsqu'elle se rendait violente.

"Ambrosine une habituée. Elle est gentille, d'ordinaire. Mais c'est juste qu'elle boit beaucoup. C'est pas grave fiston. T'occupe pas de ça."

Seulement, Wili n'était pas vraiment de cet avis. Aussi, il avait quitté son ami pour se diriger vers la tasmante, l'air décidé. Il monta sur le haut tabouret, se mettant debout dessus pour être finalement à la taille de la dame en question. Mais... son air fut un petit peu moins décidé lorsqu'il croisa le regard du fantôme, qui laissa échapper un long sifflement avant de déclarer...

"..pour une..une hallucination ! Elle est ...des plus originales.. !!"

A ces mots, les antennes de Wili se rétractèrent et il reprit encore une fois un teint tout transparent, laissant apparaître de grosses bulles éclatant derrière son visage. Il était gêné, c'était clair. Mais les antennes repoussèrent à nouveau et sa peau redevint blanche lorsqu'il se bomba le torse (chose pénible, avec sa grosse coquille), pour adopter un sérieux et peut-être, même, un peu provocateur.

Eh madame! Vous êtes pas gentille!
Xavir, il est toujours gentil quand il vous dit d'arrêter de boire, mais vous, vous êtes tout le temps méchante!
Et c'est pas très sérieux de votre part!
Parce qu'en plus, eh ben vous êtes super jeune! Et normalement, les jeunes ils boivent pas!
Moi, j'ai bu une fois, et ça s'est pas bien passé! Alors vous devriez pas boire autant! C'est mal! Et en plus ça fait mal à la tête!
Et puis en plus, c'est pas gentil de traiter les autres clients d'immondices! Parce qu'ils sont assez gentils avec vous pour pas vous critiquer comme ça!
Alors arrêtez! Et soyez gentille!


Ce qui avait donné cette poussée de courage au gastéropode, c'était surtout le fait de voir son ami aussi mal traité. Mais cette poussée s'estompa bien vite lorsqu'il se rappela de tout ce qu'on avait dit à propos de ce fantôme. Et puis, décidément, elle l'effrayait vraiment, même si elle était jolie. Il voyait venir le moment où elle utiliserait ses pouvoirs pour le faire taire et lui faire payer toutes ces paroles mal dosées! Aussi, il adopta encore une fois son teint transparent avec ses grosses bulles et ses antennes et sa queue se rétractèrent. Contre toute attente, il ne rentra pas dans sa coquille... mais l'air tout gêné, avec de grands yeux brillants regardant le sol, il descendit du tabouret pour rappeler se rappeler son état inférieur, avant de rajouter un tout petit et presque imperceptible...

S'il vous plait, madame Ambrosine...

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MessageSujet: Re: Une hallucination prend tant de formes..[PV]   Mar 21 Avr - 15:21

[Copie/colle sur word à chaque fois que tu avances dans ton texte ; moi c'est ce que je fais maintenant. J'en ai trop souffert xD]



Pendant un bref instant, Ambrosine aurait volontiers abandonné tout bon sens pour parler seule avec son illusion. Elle regardait avec une attention particulière la coquille, les drôles d'antennes, le visage joufflu et visqueux de cette sorte d'escargot plus intelligent que la moyenne ; subjuguée que son cerveau embrumé eut réussi à créer une étrangeté pareille. Mais lorsque cette dernière prit la parole, les quelques clients éveillés de la taverne tournèrent paresseusement leur tête vers l'énergumène ; ce qui effaça petit à petit l'expression sidéré sur le visage d'Ambrosine.
Décontenancée, elle finit par comprendre que sa vision était bien loin de ressembler à un quelconque mirage -plus drôle fut-il. Grimaçante, un rictus contrit sur son visage pâle, elle se redressa légèrement sur sa chaise..



Eh madame! Vous êtes pas gentille!
Xavir, il est toujours gentil quand il vous dit d'arrêter de boire, mais vous, vous êtes tout le temps méchante!
Et c'est pas très sérieux de votre part!
Parce qu'en plus, eh ben vous êtes super jeune! Et normalement, les jeunes ils boivent pas!
Moi, j'ai bu une fois, et ça s'est pas bien passé! Alors vous devriez pas boire autant! C'est mal! Et en plus ça fait mal à la tête!
Et puis en plus, c'est pas gentil de traiter les autres clients d'immondices! Parce qu'ils sont assez gentils avec vous pour pas vous critiquer comme ça!
Alors arrêtez! Et soyez gentille!


Et comme s'il se rendait finalement compte de son ton trop impérieux, de cette scène qui risquait de virer au pur cauchemar..il descendit du tabouret voisin à celui d'Ambrosine, son regard de gastéropode rivé vers le sol.

S'il vous plait, madame Ambrosine... murmura-t-il, couinement faible dans la taverne


Elle le fixait intensément, ses deux yeux pâles semblant las, une moue ennuyée d'entre ses traits. Autour d'eux, le peu de bruit , cause de verres échangés, de murmures ou de chuchotis éthyliques, disparu..ne laissant dans le bar qu'un silence de plomb, ventilé par la situation qui évoluait dans un sens anormal. En effet, qui aurait été assez sot pour se frotter à Ambrosine alors qu'elle avait enfin fini par se calmer ?
Les doigts toujours posés sur sa pinte d'hydromel, Ambrosine lâcha une exclamation dédaigneuse.
Elle croisa ses petites jambes, froissant par ce fait son horrible tunique à fleur, et leva sa main. La paume tendue vers l'invertébré qui était aussi muet qu'une tombe, elle l'approcha, semblant le menacer d'une gifle bien placée...pour finalement se contenter de tapoter le siège qu'il avait quitté, l'invitant à prendre place de nouveau.


"Assis-toi..je te prie" intima-t-elle d'une voix douce.

Puis, calmement, Ambrosine se retourna alors vers le comptoir pour être face à sa chope, totalement indifférente au comportement de son voisin. Elle porta d'un geste secondaire la pinte à ses lèvres, but pendant une durée qui sembla interminable, avant de reposer le pot d'alcool avec une force inouïe, l'écho métallique vibrant en un bruit de caisson.

"Durant l'espace d'un instant, tu as fait parti de..mon centre d'attention.." - baragouina-t-elle en un hoquet - "Ce pourquoi..-et son regard de fou se posa alors sur son verre presque vide- "je vais.. t'accorder ... mon précieux temps"

Elle inspira à fond, comme si elle s'apprêtait à donner un peu de sa propre personne pour d'honorables causes , pour finalement se remettre à parler :

"Déjà..tu serais bien aimable..de..de rectifier tes propros....moi..c'est ..Mademoiselle. lâcha-t-elle de sa voix enrouée. Elle lui adressa un clin d'oeil théâtral avant de poursuivre.
Sache que..j'aurais pu naître..trois fois dans ta pauvre existence..Alors jeune ! - (elle gloussa légèrement) - tu serais encore à l'état de conception mon cher ..si on devait savoir qui..qui est le plus âgé.
Quant au mal de tête, je te conseille..de t'en remettre aux produits médicinaux.. Peu cher payé et ..plutôt efficace.


D'une difficile entreprise tant son équilibre commençait à devenir incertain, elle termina le fond de son pichet d'hydromel..

"Mais tu as raison..sur un point...Je..je suis méchante" notifia Ambrosine, surprise de constater qu'il n'avait pas fait d'erreur là-dessus.
"Une pure.. une dure !" renchérit-elle, le menton relevé avec dignité.

Peignant de tout son long un nouveau sourire sur sa figure de poupée malsaine, elle ricana encore.


"...tu m'as l'air.. d'être un honorable et gentil Brownie ! Sur..surtout, tâche de rester ainsi..c'est tout..tout à ton honneur!"

Le blanc de ses yeux rivés vers le tronçon de bois du zinc, l'ébauche de son euphorie devint presque mélancolique, affligée, lumière sombre qui étayait les bougies miroitantes à l'intérieur de ses prunelles.

"Parce que...naître cruel ne t'offre pas..la meilleure des..des considérations..dans ce bas monde !" souffla-t-elle.

Finalement, elle expira un long soupir exagéré, asséné par ce fervant discourt qui ne lui avait extradé que plus d'effort encore. Son entrain tout vêtu de sa boisson avait cédé la place à une fatigue ressentie, dûment exprimée -à défaut de n’être méritée.
Elle jeta un coup d'oeil glauque à ce qui s'avérait être sa quatrième pinte de la soirée. La bouche des plus pateuses face à cette vision, elle n'eut plus le coeur ni le courage de réitérer l'expérience pour en commander une nouvelle. D'ailleurs, ne lui avait-on pas fait promettre de s'arrêter là ?..
A moins que personne ne lui eut parlé ?.. Peut être même Ambrosine s'était-elle seulement assoupie, rêvant du patron et des clients la menaçant du regard ?..( ..jolie preuve de son état second et totalement enivré, car qui a jamais vu un fantôme s'assoupir ?)
Rien n'était plus sûr, car ses pensées déraillaient au fil des secondes, emportées dans la volute de l'alcool et de ses effets dévastateurs..
Ses prunelles opalines se dirigèrent sur le côté, croisant la carapace molle de cette bizarrerie qu'était le Brownie..
...Il ne lui était pas étranger, c'était certain..mais..pourquoi était-il ici déjà ?
Ambrosine devait avouer qu'elle n'en avait plus la moindre idée ; et que -en toute franchise- elle s'en contre-fichait un peu plus d'avantage.
Assourdie par le martellement à l'intérieure de son crâne , qu'elle avait la forte impression d'entendre distinctement, elle s'adressa de nouveau à son voisin d'infortune ; un voisin qui avait l'aspect aussi similaire que celui des nombreuses situations dépravées d'Ambrosine qui lui ressemblaient tant.


"Tu ...ne saurais pas où je pourrais..passer ce qui reste comme nuit?...Besoin..juste de me reposer un peu .." grommela-t-elle, les sourcils froncés.
Pour un fantôme, vouloir se reposer était sans conteste l'excuse la plus pathétique qui soit..

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Wili Gasty
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MessageSujet: Re: Une hallucination prend tant de formes..[PV]   Mar 21 Avr - 19:55

Et Wili se rendit alors compte de son erreur en remarquant le silence naissant de la salle. Les quelques bruits produits par certains dialogues, chuchotements, déplacements ou autres avaient complètement disparu. Et à présent, le jeune Brownie n'osait absolument plus lever les yeux, de peur d'y retrouver un fantôme totalement déformé, avec des morceaux en lambeaux et autres formes de décomposition avancée tandis que la dame tendrait ses mains osseuses vers lui pour lui tordre le coup et dévorer ses entrailles avant de partir de l'auberge, victorieuse, avec une nouvelle coquille sur son propre dos... Mais heureusement... elle était bien trop grande pour cette coquille! Aussi, il leva les yeux, rassuré, pour l'être de suite un peu moins en croisant le regard las de la fantôme, qui lui parut pourtant être une véritable allégorie d'un démon sortir des enfers pour venir lui arracher sa coquille de ses propres mains. Et la vision y ressembla bien plus lorsqu'il vit justement une main (moins osseuse qu'il ne l'aurait imaginé, cela dit) se lever un peu plus haut. Il inventa alors un affreux scénario dont il serait la victime. Mais, heureusement, cette main ne se transforma pas en marteau géant pour venir l'écraser comme un vulgaire insecte. Elle vint tapoter le siège, tandis que la tasmante l'invitait à s'assoir dessus.

"Assis-toi..je te prie"

"On dit pas 'Assieds-toi'?"

Cette correction rappela l'impertinence que le jeune Brownie avait eue en venant se mêler d'affaires qui n'étaient pas les siennes en osant s'en prendre à cette femme pour défendre Xavir. Aussi, il se rattrapa immédiatement en laissant échapper un maladroit "mais assis, c'est pas mal aussi, hein..." avant de monter sur le tabouret avec une peine cette fois-ci un peu plus grande que celle qu'il avait eue précédemment. Sans doute était-ce la crainte de recevoir un revers de gifle lorsqu'il aurait atteint la taille d'Ambrosine. Mais lorsqu'il atteint le sommet de sa montagne miniature, un son tout aussi agressif vint percuter ses oreilles. La poivrote venait de percuter le comptoir avec sa pinte d'hydromel de façon si forte que le son avait empli toute la salle. Wili, quant à lui, était maintenant comparable à un chat que l'on aurait tenté de faire tomber de son arbre, le dos bizarrement hirsute, malgré sa coquille, ses quatre membres cramponnés à chaque coin du tabouret qui, pourtant, n'en avait pas puisqu'il était rond...
Reprenant son calme, il s'assit dessus, tout de même les moufles complètement scotchées au support, tandis qu'il attendait ce que pouvait vouloir dire la femme.

Tout d'abord, elle lui avait expliqué qu'il fallait l'appeler "mademoiselle", tout en affublant ces dires d'un clin d'œil théâtral. Essayait-elle de le séduire en annonçant son célibat? Et bien il n'était pas vraiment enchanté! Non pas que cette femme fut laide, bien au contraire, mais il n'aurait jamais pu vivre avec une personne qui lui faisait si peur en étant saoule. D'autant plus que les gens saouls, dans cette taverne, ils étaient généralement plus sympathiques que violents. Alors il avait encore moins envie de savoir comment elle pouvait être sobre! Mangeuse d'enfants peut-être? Enfin, bref!
Quant à la suite de son discours, il n'y comprit pas vraiment grand chose. Elle semblait lui faire comprendre qu'elle était beaucoup plus vieille, mais la clarté de ces propos ne lui laissait rien entrevoir. Aussi, lorsqu'elle parla des médicaments pour éviter le mal de tête, il perçut cela comme une invitation à boire de la bière, comme elle. Sans doute qu'il aurait pu. Mais il avait encore un peu peur de l'état qu'il pouvait avoir en sachant les références qu'il pouvait avoir en travaillant ici. D'autant plus que le lendemain de la soirée qu'il avait passée complètement bourré, on l'appelait "Wili la flaque". Il n'a jamais voulu savoir pourquoi...

Mais la suite de ses propos furent bien plus clairs aux yeux de l'escargot. Elle se disait méchante et flattait même Wili d'en être le contraire. Mais c'est surtout la phrase suivante qui lui offrit une autre interrogation.


"Parce que...naître cruel ne t'offre pas..la meilleure des..des considérations..dans ce bas monde !"

Il perçut cela comme une plainte venant d'Ambrosine. Mais il ne comprenait pas vraiment. Tout à l'heure, elle était presque fière d'être une personne "méchante". Pourquoi n'aimait-elle pas être mal vue à cause de cela? S'en suivi d'autres nombreuses interrogations avant qu'elle n'annonce son envie de trouver un endroit où dormir. Ça, Wili pouvait l'aider, à trouver un endroit où dormir. En vérité, il avait souvent vu Xavir emmener les gens saouls à l'étage de l'auberge pour cuver et passer la nuit. Il y en avait généralement assez. Alors le gastéropode ne se priva pas pour l'y emmener, prévenant son ami d'un regard. D'autant plus qu'il était intrigué par cette femme. Elle ne lui faisait plus tellement peur à présent. Quoique toujours un peu, bien sûr! Mais elle éveillait surtout sa curiosité. Aussi, il descendit de son tabouret en un saut et lui attrapa la main de sa petit moufle droite.

"Y'a des chambres en haut.
Les gens un peu saouls comme vous, ils y vont. Enfin ouais, il sont souvent comme vous.
Ils sont marrants en fait. Parce que le lendemain matin, des fois, ils savent pas où ils sont. Et puis ceux que je connais, je peux leur faire des blagues comme ils sont complètement fatigués.
Comme ça, demain matin, quand vous serez réveillée, vous pourrez voir une de mes blagues, hein!
Eh, dites, Madamam'zelle Ambrozine...?
Pourquoi vous dites qu'être méchant, ça donne pas de considation?
Parce que vous dites que vous êtes méchante, mais du coup, vous aimez être comme ça? Vous êtes pas triste de pas avoir de considation, hein?
Moi, je pense que vous êtes gentille, mais vous le montrez pas.
Vous êtes timide en fait? Comme moi?
Sauf que moi, j'ai ma coquille pour me cacher!"


[Post pas mal court désolé... Mais je le trouve plutôt marrant =3]

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MessageSujet: Re: Une hallucination prend tant de formes..[PV]   Mar 28 Avr - 15:06

[Comme disait Lao Tseu, réfères-toi au commentaire de mon Profil :D]



Ambrosine fronça des sourcils, comme soucieuse. Elle inspira une goulée importante d'oxygène -chose tout à fait inutile pour ses poumons depuis longtemps endormis- et se massa la nuque avec lassitude.
Dans sa tête, le bruit, martellement incessant et ambiguë d'une sorte de marteau au manche lourd, continuait d'exercer contre son lobe frontal. Consonance aigüe due à une très forte consommation d'alcool; un alcool trop longtemps ingéré, incorporant des effets toujours aussi puissants pour son pauvre organisme d'ectoplasme.
Et à jamais réitérée ...
Combien de jours, de mois, d'années et même de décennies à passer ce qui pouvait lui rester d'existence au centre de l'agitation des beuveries, à se ressasser le bruit de l'enclume contre la plat de sa calotte crânienne ? Il était toujours simple de croire que l'on pouvait arrêter, d'une minute à l'autre, d'un instant au suivant, ce qui avait été si facile à commencer.. Et les Divinités elles-mêmes ne pouvaient savoir à quel point Ambrosine aurait donné cher pour s'éloigner de la boisson, et de tout ce qui la composait ; de son odeur épicée jusqu'à ses effets nauséeux et dévastateurs.
Un Tasmant ne pouvait pas être alcoolique, c'était absurde, presque aberrant ...et pourtant ? N'en était-elle pas la preuve vivante dans sa prétendue mort ?
Ses prunelles factices étaient toujours fixées sur le petit escargot aux joues joufflues, offrant un repère dans le visuel d'Ambrosine qui commençait à tanguer. Elle attendait une réponse, sans croire qu'elle en tiendrait rigueur, sans être sûre d'en saisir le sens et d'avoir assez de prestance -et surtout d'équilibre- pour quitter le siège rassurant de son tabouret..
Mais cette coquille mouvante restait silencieuse, ponctuant sa position d'interlocuteur par un regard quémandeur, presque une simple question de routine qui devait mettre Ambrosine sur la voie et l'apprêter à se secouer aussi bien moralement que physiquement.. Une façon de dire 'vous êtes prête ? Vous allez me suivre ?"


"Suivre o..." commença à babiller Ambrosine de sa voix poisseuse, juste avant que le petit être ne la coupe dans son élan et ne lui prenne la main avec vivacité.
Etonnée, elle glissa de sa chaise pour retomber mollement sur ses deux jambes aussi flasques que des guimauves. Dans le bar, elle entendit un homme s'exclamer ..sûrement trop surpris par la situation pour réussir à se comporter différemment.
Ambrosine, cette ignoble raclure de bas étage , vile fantôme qui jamais ne se privait lorsqu'il fallait se payer le tête de ses congénères, serrait la pince à ce bon vieux Willy, plus adorable des gastéropodes ?...
....
Le bruit d'un verre tombant au sol dans un fracas retentit dans la taverne ; à nouveau, le silence faisait tomber son rideau sur l'assistance.
Ambrosine , cette fois-ci, ignora superbement le monde avoisinant.. Elle ouvrit sa bouche trop sèche, se racla la gorge, avant de dodeliner sa tête.


"Cinglé, tu es cinglé petit Brownie...je....je ne suis pas..une bonne compagnie.."

Elle releva légèrement son menton, la mine pensive.

"une bo..bonne compagnie..ça se dit..?"

"Y'a des chambres en haut.
Les gens un peu saouls comme vous, ils y vont. Enfin ouais, il sont souvent comme vous.
Ils sont marrants en fait. Parce que le lendemain matin, des fois, ils savent pas où ils sont. Et puis ceux que je connais, je peux leur faire des blagues comme ils sont complètement fatigués.
Comme ça, demain matin, quand vous serez réveillée, vous pourrez voir une de mes blagues, hein!
Eh, dites, Madamam'zelle Ambrozine...?
Pourquoi vous dites qu'être méchant, ça donne pas de considation?
Parce que vous dites que vous êtes méchante, mais du coup, vous aimez être comme ça? Vous êtes pas triste de pas avoir de considation, hein?
Moi, je pense que vous êtes gentille, mais vous le montrez pas.
Vous êtes timide en fait? Comme moi?
Sauf que moi, j'ai ma coquille pour me cacher!"


Elle le contemplait en silence, son visage tiraillé par la réflexion et une certaine..consternation. Tandis qu'il la traînait jusqu'à l'étage de sa démarche glissante.
Ambrosne tituba, faillit se ramasser sur la rambarde de l'escalier menant vers les chambres... Rares étaient les gens qui empruntaient leur chemin, mais le peu qui gravissaient où dégringolaient les marches s'écartèrent en un bond pour les laisser passer; la bouche béante et les yeux ronds comme des billes.
Lorqu'Ambrosine croisa leur regard ébahie, un sourire idiot et naïf dévoila ses dents trop blanches de requin. Elle forma de ses lèvres une petite moue circonspecte, les apostrophant de sa main valide en un geste d'index salvateur.


"N'ayez..n'ayez crainte..il ne mord pas...enfin je crois.."

Et sur cette phrase qu'elle avait formulée avec un peu trop de sérieux, elle le suivit de sa démarche incertaine ; laissant les spectateurs aussi immobiles que pétrifiés.
Derrière, elle crut entendre le barman appeler quelqu'un..
Elle fit couler sa main blafarde jusqu'à sa pâle figure pour en frotter ses yeux, essayer de faire pencher la balance en sa faveur pour espérer réussir à mieux se situer et surtout -surtout- arriver jusqu'à destination sans s'écrouler. Le brownie ne faisait rien pour l'aider, il avançait trop vite, bien trop vite...


"Ralentis.. l'allure.." finit-elle par dire à l'adresse du Brownie.

Aux alentours, ses sens espiègles se mirent momentanément en pause ; cherchant à tâtons l'interrupteur qui ravivait la lumière de leur superbe disparu. Tout se transformait. Ambrosine ne marchait plus, elle glissait; flottait presque.. Le couloir qu'ils traversaient était trop exiguë, les entrées s'étalaient à perte de vue...drôles de corridors dans un château..
Le bruit d'une porte qui s'ouvrait retentit à ses oreilles, à la manière d'un fouet rigide. Elle s'arrêta momentanément et -par un hasardeux miracle- s'assit sur ce qu'elle considérait être une chape de nuages venue là pour la soutenir...
Le silence qui s'instaurait dans ce lieu nouveau , déversait dans son cerveau douloureux une angoisse, une angoisse à nouveau renouvelée, implacable ; une peur qu'elle ne connaissait que trop bien pour l'avoir à maintes fois fuie.

Elle inonda sa poitrine d'air avec une lenteur exagérée, emmagasinant par ce fait un souffle qui la supposait encore présente.. L'oreille tendue en quête d'un bruitage qui lui promettait de ne pas l'abandonner dans le gouffre de sa panique, et face à une situation qui n'était pas si différentes des précédentes ; elle ne distinguait pas le moindre son...
Dans son cerveau aux rouages mécaniques rouillées par cette déchirure qui avait parsemée sa perception en petits lambeaux, elle s'imposait sa litanie.. Sa litanie, à l'exactitude, celle qu'elle n'avait eu de cesse de se remémorer pour ne pas se laisser envahir par sa plus grande crainte.
Le vide, n'existait que pour sa silhouette éprouvée.. Tout ceci, absolument tout ; de ce mur sans couleur qu'elle côtoyait jusqu'à sa vision annihilée n'était du qu'à l'alcool, qu'à l'hydromel...elle le savait, devait se calmer. Elle devait se calmer...
Les yeux fermés, car trop aveugles pour servir, elle posa ses mains de part et d'autre de son corps fluet ; sur le duvet de la couche primaire.


"Je ne ...peux.. pas dormir..." lâcha-t-elle, presque à contrecoeur. Elle inspira, expira, et ébaucha un triste sourire sur son visage trop terne.

"Les tasmants...ne dorment jamais.."

Ambrosine ne put prendre connaissance de sa voix qui, devenue mince, ne portait peut être assez loin pour parvenir jusqu'aux oreilles de l'escargot ; ni même que le Brownie aurait pu finalement céder à ses obligations pour la laisser seule...dans ce noir..dans ce vide qui rappelait tant l'enfer ; qui rappelait ce que le destin lui réservait à un moment aléatoire, précipité..
Elle pencha sa tête sur le côté dans une expression esquintée, absolument lassée.


"Tes blagues..peux-tu me les.. raconter maintenant ?" demanda-t-elle enfin, telle une vieille folle atteint de cécité.

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Wili Gasty
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MessageSujet: Re: Une hallucination prend tant de formes..[PV]   Dim 3 Mai - 16:13

[Désolé de faire un post aussi court après une attente aussi longue. Ces temps-ci, je peine à écrire et surtout, je suis débordé par tous les devoirs.

EDIT: en fait ça va, je m'en suis pas trop mal sorti ><]

Et Wili mena Ambrosine jusqu'à sa chambre. Enfin, plutôt que de l'y mener, il la traîna plus qu'autre chose. Elle était encore plus flasque que lui lorsqu'il avait bu ses gorgées de bière! Mais cela importait peu, il se sentait légèrement plus fort d'un coup. En effet, tous les autres clients les regardaient désormais. Lui, le pauvre petit brownie inoffensif qui était si maladroit et qui était presque devenu l'allégorie de la maladresse et de la bêtise... venait de forcer la terrible Ambrosine, celle qui terrifiait tous ceux de l'auberge par son caractère fantomatique et qui avait su rembarrer totalement le grand et charismatique Xavir...
Voyant sa soudaine grandeur, Wili se gonfla le torse tandis qu'il tirait le bras de la demoiselle jusqu'au étroits escaliers. Et son tout nouveau charisme vint grandir de plus en plus lorsqu'il entendit quelqu'un s'esclaffer juste derrière eux. Il venait de réussir à faire ce que les autres ne pouvaient car ils avaient trop peur. Il avait approché le monstre et en avait fait son ami. Enfin, ce n'était pas vraiment un ami, mais en tout cas, il restait gentil avec lui, et c'était déjà cela!

Désormais dans les escaliers, la demoiselle se faisait de plus en plus lourd, car certaine trop faible pour forcer ses jambes flasques. Wili avait quelques souvenirs de la soirée où il avait fini saoul, et il comprenait. Aussi, plutôt que la tirer, il réalisa qu'il n'avait ni la force ni la possibilité de la forcer à aller plus vite. Alors il monta tout en haut des escaliers, croisant par ailleurs d'autres clients qui sursautèrent presque à son passage, tandis qu'Ambrosine tentait de gravir son propre Everest. Et comme si c'était une véritable course, il l'acclama, l'encouragea tout aussi bruyamment qu'un public assistant à un duel de chevaliers.


"Allez Madamamzelle Ambrozine! Vous pouvez y arriver! C'est pas loin! Il reste juste dix marches! Allez!"

Bien entendu, il était tard d'une part, entre les deux étages et hurlait à tue-être. Ainsi, sa voix, déjà caverneuse de par sa transformation en escargot résonnait absolument partout dans l'auberge. Mais surtout, il faisait nuit. Aussi, Xavir cria à son tour, coupant immédiatement le petit gastéropode dans son élan. Mais ce n'était pas grave. Parce qu'Ambrosine était finalement arrivée à côté de lui, juste devant le corridor où se trouvaient toutes les chambres.
Aussi, il prit encore un fois une longueur d'avance avec elle et l'attendit devant la porte de la chambre qu'il lui réservait. Et enfin, lorsqu'elle se retrouva devant celle-ci, Wili l'ouvrit. Mais bien évidemment, la tasmante semblait bien trop saoule pour se rendre compte de se qui se passait autour d'elle. Aussi, le gastéropode fit grincer un peu plus la porte avant de la faire percuter le mur. Enfin, la cliente semblait trouver son chemin, même si son regard se perdait dans le vide. Et c'est par ce que l'on pourrait appeler un miracle qu'elle réussit à s'assoir correctement sur le lit (bien qu'elle aie été non loin du pied de ce dernier).

Elle était assise, maintenant, certes. Dans sa chambre, c'était déjà mieux que si elle s'était retrouvée à roupiller sur le comptoir. Mais maintenant, elle ne semblait même pas vouloir s'endormir. Elle restait là, assise, la tête dans un drôle de néant que Wili ne pouvait voir. Puis elle se mit à lâcher quelques paroles. Elle ne pouvait pas dormir, disait-elle...


"Les tasmants...ne dorment jamais.."

Ces mots suscitèrent quelques interrogations chez l'escargot. En effet, les fantômes ne dormaient pas, disait-on. Mais ils ne mangeaient pas non plus. Et surtout, ils ne buvaient pas non plus. Alors pourquoi Ambrosine buvait-elle? N'était-ce pas contradictoire? Et surtout, comment pouvait-elle être saoule alors qu'elle était immortelle? Normalement, rien de ce genre n'aurait dû la toucher... Mais ses réflexions furent vite coupées par une demande plutôt insolite du fantôme en question...

"Tes blagues..peux-tu me les.. raconter maintenant ?"

S'intéressait-elle à lui, maintenant? Cela le confortait encore un peu plus dans sa vision de lui même. Le Brownie qui avait réussi à dompter la colère du fantôme maudit et alcoolisé de l'auberge de chez Xavir! Et surtout, il avait beaucoup de choses à raconter. Mais comme il n'avait pas vraiment d'amis, il n'avait jamais l'occasion de parler de ce genre de choses aux autres. En fait, il n'y avait que lui que ça faisait rire, et parfois les autres clients s'ils assistaient à la scène.
Tout excité de pouvoir enfin raconter toutes les blagues qu'il avait pu faire, il se mit à faire les cent pas, à répertorier les meilleures idées qu'il avait élaborées, apostrophant toutes les idées qui lui venaient en tête par des "attendez! attendez!" Et lorsqu'il eut enfin trouvé, il prit le tabouret en bois de la chambre, sous la petite table, et s'assit dessus, juste devant Ambrosine...
Mais avant de commencer son récit, il voulait dire quelque chose au fantôme...


"Vous savez, Madamamzelle Ambrozine, mes tasmants, je pense pas qu'ils dorment jamais. C'est qu'ils ont pas de raisons de dormir. Mais vous, vous avez pas de raison de boire pourtant."

Il apostropha ses dires par un grand sourire. Ce qu'il venait de dire, c'était surtout une question indirecte. Il voulait savoir comment étaient les fantômes, eux qu'on les qualifiait de si étranges. Mais il venait aussi de démontrer que les raisons de boire de ce spectre là étaient futiles. Enfin, même s'il voulait avoir une réponse, il l'aurait après. Pour l'instant, il avait tout un récit à conter!

"J'ai fait plein de super blagues! C'est encore plus marrant quand on les voit, mais je vais vous les raconter quand même!
Le classique, c'est de mettre un saut d'eau juste en haut de la porte. De l'eau froide, ça choque encore plus!
Et sinon, y'en a une qui est carrément plus drôle, c'est de rajouter une planche devant la dernière marche de l'escalier. De la même taille! Tout le monde tombe! A la montée aussi c'est marrant, mais c'est plus drôle quand les gens viennent de se réveiller!
Mais ma préférée, elle a marché qu'une fois. Je m'en souviendrais toujours! En fait, au quartier commerçant, il y a un monsieur qui vend de l'alcool dans des toutes petites bouteilles! Et y'en a un autre qui vend des accessoires de maison de poupée! Et en fait, une fois, j'ai acheté des trucs comme ça, et j'ai changé toute la chambre pendant qu'un client dormait! Y'avait juste le lit que je pouvais pas changer, mais c'était pas grave! Parce qu'au réveil, il a cru qu'il faisait six mètres de haut!"


Sur ces mots, il se remémora toutes les scènes de toutes les plaisanteries qu'il avait faites et éclata de rire. Il ria tellement que sa coquille vint casser son équilibre sur le tabouret et qu'il tomba en arrière, encore plus mort de rire qu'au début.

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Ambrosine Wilness
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MessageSujet: Re: Une hallucination prend tant de formes..[PV]   Dim 10 Mai - 16:05

"attendez! attendez!"

Ambrosine fut bêtement soulagée de l'entendre. Elle perçut le bruit d'un tabouret racler au sol..juste avant que le Brownie ne reprenne la parole.

"Vous savez, Madamamzelle Ambrozine, les tasmants, je pense pas qu'ils dorment jamais. C'est qu'ils ont pas de raisons de dormir. Mais vous, vous avez pas de raison de boire pourtant."

Elle sourit, le souffle court, les yeux fermés, mais une expression sereine sur son visage de gamine. Son menton désigna le gastéropode qu'elle ne pouvait pas voir.

"J'aurais toutes les raisons de dormir..quant à boire" , elle se tut un instant, inspirant pour rependre son souffle, et continua " ..boire..est une raison suffisante pour que j'oublie les rêves."

Elle ne souriait plus du tout, maintenant. Un pli se forma au coin de ses lèvres entrouvertes -action due à une incoercible sensation de noyade- , prouvant par ce fait qu'elle n'en dirait pas d'avantage au sujet de sa réponse.
Derrière la porte, elle commençait à entendre les rires d'ivrognes ; pour la plupart voisins à sa chambre et qui s'amusaient à leurs manières. Son ouïe affutait de nouveau sa lame pour trancher dans le vif les lieux, et Ambrosine crut même discerner les vibrations sonores d'une lampe à huile aux émanations de chaleurs..A moins que cela ne fusse encore que son imagination débordante.
C'était fou , à quel point Ambrosine avait chaud mais tremblait de froid ; et elle était persuadée que si ses yeux avaient eu l'aumône de lui rendre la vision de sa situation, elle n'y aurait entrevu qu'un décor chaviré..comme à chaque fois que le poids au fond de son estomac qu'était les gestes de son déboire la forçait à tout régurgiter pour ne faire que recommencer..
Sûrement ce petit Brownie se demandait-t-il comment un Tasmant pouvait réussir à boire s'il n'en avait pas besoin ?..Ambrosine aussi , se l'était auparavant demandée. Voilà pourquoi elle était dorénavant dans un tel état de débauche.

Délicatement, elle serra autour d'elle-même ses bras, comme si elle souhaitait créer de son seul vouloir une camisole naturelle, et patienta..


"J'ai fait plein de super blagues! C'est encore plus marrant quand on les voit, mais je vais vous les raconter quand même!
Le classique, c'est de mettre un saut d'eau juste en haut de la porte. De l'eau froide, ça choque encore plus!
Et sinon, y'en a une qui est carrément plus drôle, c'est de rajouter une planche devant la dernière marche de l'escalier. De la même taille! Tout le monde tombe! A la montée aussi c'est marrant, mais c'est plus drôle quand les gens viennent de se réveiller!
Mais ma préférée, elle a marché qu'une fois. Je m'en souviendrais toujours! En fait, au quartier commerçant, il y a un monsieur qui vend de l'alcool dans des toutes petites bouteilles! Et y'en a un autre qui vend des accessoires de maison de poupée! Et en fait, une fois, j'ai acheté des trucs comme ça, et j'ai changé toute la chambre pendant qu'un client dormait! Y'avait juste le lit que je pouvais pas changer, mais c'était pas grave! Parce qu'au réveil, il a cru qu'il faisait six mètres de haut!"


A la fin de ses explications, le Browine éclata littéralement de son petit rire aigu. Il chavira en arrière et valdingua sur la parquet; la respiration hachée par trop d'euphorie.
Bien qu'Ambrosine ne pouvait le voir, elle en avait cerné suffisamment pour comprendre la situation. Elle serra d'avantage son bras autour de sa silhouette frissonnante et décocha une grimace censée représenter un sourire ; mais qui avait pris un chemin qu'Ambrosine ne pouvait plus détourner.


Elle ouvrit ses yeux. L'unique source de lumière dans sa chambre dansait devant ses yeux à la manière d'une luciole affolée; le corps du Brownie affalé n'était encore qu'une masse informe et sombre..

"Si quelqu'un s'écroule au fond de la marche, et qu'il se coince le pied pour finalement se le fouler..ou bien se le casser. Si en tombant, la personne piégée se fracasse le crâne au sol. Crois-tu que cette blague soit toujours drôle?"

Elle inspira, très doucement..

"Moi qui te pensais..quelqu'un de bon."

Elle se leva de façon trop bancale pour être assurée, et le monde se détourna de son centre de gravité. Elle se rattrapa aux draps du lit et avança avec précaution , à moitié voûtée, les doigts crispés sur l'étoffe de la couverture. Au fond de son corps d'ectoplasme, elle avait l'impression de sentir la traversée se faire de son oesophage jusqu'à sa bouche..elle aurait voulu rester seule.

"Tu m'as raconté tes blagues, conduis jusqu'ici, tu peux partir." lâcha-t-elle d'une voix un peu trop dure, comparativement à son ancienne attitude. Elle dirigea sa tête dans le sens qui l'opposait à la porte d'entrée et au Brownie et masqua un haut-le-coeur , titubant de son mieux pour espérer trouver le trajet le plus court jusqu'à l'unique fenêtre de la chambre.
Son pas traînant ne lui permettait pas de se situer comme elle l'aurait souhaité , et c'est en se soutenant aux multiples rebords flous de la chambre qu'elle contourna le mobilier centrale disponible. L'atmosphère était devenue oppressante pour ses sens qui reprenaient vie. Ambrosine avait l'impression de se trouver à l'intérieur même d'un caisson et elle avait beau se raisonner pour pousser sa conscience à ne plus faire cas de ses incessants effets secondaires, elle n'était malheureusement pas encore prête pour attendre sagement ce qui mettrait fin à son calvaire quotidien.

Une fois ses mains agitées de soubresauts plaquées contre les carreaux froids de la fenêtre, elle ouvrit cette dernière. L'air frai s'engouffra jusque dans le chassie du vitrail et fit agiter la chevelure d'Ambrosine qui resta là, immobile, la tête renversée vers l'avant pour ressentir l'une des dernières choses qui prenaient encore possession de ses sensations.
L'air, le souffle des atomes..l'atmosphère..le vent. Choses sans aucun doute plus proche des fantômes que des mortels, car seul intermédiaire entre la poussière piqué du linceul et le ciel.
Rigide, telle un bâton de fer, elle déposa ses petits doigts contre le marbre primaire qui surplombait légèrement la fenêtre et regarda le piètre paysage. Dans deux, ou trois heures, le soleil ferait sûrement mine de s'intéresser encore -comme sans cesse- à ce monde. Pour l'instant, les façades trop noires de la ville, poumons cancéreux avides d'un peu de clarté, accompagnaient du mieux possible le sommeil de la population. Des bruits étranges flottaient de temps à autre dans cette atmosphère qui, pour certains, aurait pu s'apparenter à un lieu terrifiant.
A quelques mètres d'altitude, seul la brise poussait Ambrosine à ne pas se dérober à cette vision. Derrière son dos, elle crut entendre un bruit..significatif. La gorge nouée, le coeur inexplicablement trop gros, elle posa ses deux mains contre son visage. Et le son de sa voix fut étouffé par ses paumes glacées.


"Je t'ai demandé de partir... Lorsque je parlais d'être quelqu'un de peu fréquentable, ce n'était pas pour te soustraire à ma compagnie. Mais parce que je n'avais pas la force de te mentir. Si tu ne t'en vas pas, maintenant, je jure de te tuer. C'est assez clair ?"

A la fin de sa menace, elle ne bougea pas d'un seul millimètre, la poitrine soulevée par d'étranges hoquets.

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