AccueilAccueil  FAQFAQ  RechercherRechercher  Galerie  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez | 
 

 Enfants Maudits [Légende Erinienne]

Aller en bas 
AuteurMessage
Mikaël Eòghan
~> Admin Polaire <~
Mikaël Eòghan

Masculin
Nombre de messages : 1901

Citations : Un démon ? C'est un ange qui a eu des malheurs ; un ange émigré.
Humeur : Cherophobe

Pièces d'Or : 210


Votre Parchemin
• Camp: Maléfique
• Race: Hybride (Erewent/Humain)
• Pouvoirs:

MessageSujet: Enfants Maudits [Légende Erinienne]   Dim 30 Aoû - 17:30

Par VLADIMIR TALTOS.
© Copyright Vladimir Taltos.
Toute copie partielle ou totale est strictement interdite.


Le texte ci-dessous s'est inscrit dans le cadre du IVème Concours d'Erin. L'histoire qu'elle relate, issue de l'inspiration et de l'imaginaire de son auteur, ne correspond pas forcément avec la version officielle.


__________

    L’intérieur de l’auberge était plongé dans la pénombre. Il était bien tard et seule une lueur diffuse parvenait encore des braises qui couvaient dans l’âtre au fond de la salle commune. Cela n’empêchait pas l’endroit d’être encore fréquenté par plus d’un couche-tard. J’étais entré dans l’établissement par pur hasard, avec le seul désir de dépenser les quelques deniers qui me restaient pour un repas chaud. Et pourquoi pas, avec un peu de chance, une bière ? Dans la semi-obscurité, une silhouette difforme se détachait en ombre chinoise. Une silhouette sans nul doute humaine, mais aux appendices et membres en surnombre. Des pics acérés couraient sur la colonne vertébrale et les mains ressemblaient aux serres de quelque créature des ténèbres. Un Erewent. Pure souche. Captivé, je ne pouvais détacher mon regard de la silhouette des Enfers, et il s’écoula un long moment avant que je ne prenne pleinement conscience du murmure qui s’élevait de ma droite.

    -… semble intéressé par cette créature contre nature qui ose s’aventurer dans une région comme celle-ci, grommelait une voix rauque, quelque part en dessous de mon coude droit. Ah, les jouvenceaux ! Toujours en quête du frisson de l’inconnu ! Et celui-ci semble en plus être musicien.

    - Qui êtes-vous ? Demandai-je en ramenant ma cithare contre moi, l’atmosphère semblait s’être brusquement rafraîchie dans la salle commune.

    - Ah, qui peut le dire… gémit la voix. Mais les anciens ont pour sûr quantité de choses à raconter sur les temps anciens, barde. Voudrais-tu entendre le récit de la naissance des enfants maudits de Fall ?

    Voici donc la transcription de ce que j’appris lors de la rencontre la plus étrange de ma courte existence. Et le mystère demeure encore sur celui qui me livra ce récit oublié par le plus grand nombre.

    « En ces temps, les Dieux parcouraient encore Erin, et leur passage dans les landes influençait la course des saisons. Leurs querelles faisaient naître cataclysmes et tempêtes, que les mortels subissaient passivement. Le monde était encore jeune et par-delà les rivages, on pouvait apercevoir le bout de la terre – ou était-ce le royaume des dieux ? Les différentes races parcouraient librement Erin mais ne se rencontraient que peu, entièrement accaparées par le souci de plaire à leur dieu protecteur.

    Cependant, sur la partie la plus reculée de Meath, caché entre les plus hautes montagnes, demeurait un peuple d’Ombre. Au caractère de feu et de glace. A l’âme remplie de sang et de batailles et à l’esprit capricieux et changeant. Leur nom s’est perdu au cours des âges, et cela est sûrement plus sûr, au vu de la puissance des noms en ces temps et même à notre ère, barde ! La rumeur n’a retenu d’eux qu’un unique fait : ces peuplades d’Ombre ne vénéraient et n’avaient aucun dieu. Quel blasphème ! Mais quelle fascination aussi, exerçaient-ils sur l’esprit de leurs voisins ! On parlait tant et si bien d’eux que la rumeur de leur hérésie parvient aux oreilles du dieu sans patrie. Les noms sont puissants, barde, et aussi vaut-il mieux ne les utiliser qu’avec prudence. Aussi donc, Fall – car il s’agissait de lui – sa curiosité exacerbée par des siècles d’ennui, décida-t-il de rencontrer l’Ombre. Peut-être espérait-il enfin trouver un peuple désireux de l’accueillir ? Ou voulait-il simplement briser la monotonie du passage du temps ? Qui peut donc percer les motivations divines ?

    Il se présenta par une nuit de tempête à la porte de la citadelle d’Ombre, qui était perchée entre les pics les plus noirs et les plus hauts des montagnes du fond de Meath. Habillé d’un manteau d’obscurité, qui était sa marque en ce temps-là, il ne laissa paraître qu’un visage pâle surmonté par une chevelure qui semblait de la soie obscure. Il se fit appeler Seigneur Argan, ce qui signifie argent dans la vieille langue, ne le sais-tu pas, barde ? Ses yeux étaient deux puits profonds dans lesquels plus d’un mortel s’était déjà noyé. Et ainsi en fut-il pour les membres de la Cour d’Ombre, famille royale comprise.

    Fall fut-il lui aussi séduit par le caractère changeant et la beauté du peuple d’Ombre ? Qui peut donc percer les sentiments d’un dieu ? Toujours est-il que Fall resta à la Cour d’Ombre. Longtemps. Il usa de ses pouvoirs afin de s’immiscer dans les hautes sphères et livra de même de nombreuses batailles contre les autres factions d’Ombre. En effet, ce peuple au caractère fier et orgueilleux comptait autant de tribus aux intérêts divergents que le ciel d’Erin comporte d’étoiles. Les guerres était la liqueur qui vivifiait Ombre et sans aucun doute, ce peuple n’aurait pas survécut sans le souffle des batailles dans ses cheveux.

    On a fait quantité de récit sur l’évènement qui mena Ombre, le peuple maudit, à sa perte, mais aucun n’est aussi vrai que celui que je vais te livrer, barde. On raconte que le roi d’Ombre avait une fille. Belle comme la nuit. Sa peau était de Lune, ses yeux des éclats d’étoile. Ses cheveux coulaient en un ruisseau d’encre jusqu’au creux de ses reins. Et son nom, dont on n’a retenu qu’une infime partie s’accordait à merveille avec sa nature : Maëlwenn, ce qui signifie la princesse. C’était une fille de nuit et de glace. Cruelle. Elle sentait le regard de ses soupirants sur son dos, et s’amusait de leurs soupirs languissants. Et longtemps, Fall fut relégué à cette même enseigne. Maëlwenn l’avait pris dans ses filets, et traité comme le dernier comme le dernier des hobereaux dès le soir de son arrivée. Et Fall ne supportait pas la défaite. Peut-être était-il plus d’Ombre lui-même qu’il ne le pensait. Comme eux, il ne pouvait perdre. Et Maëlwenn était belle. Il la courtisa. Longtemps. Tantôt taquine et frivole, tantôt froide et pensive, elle joua de ses sentiments comme d’une harpe à mille cordes. Et Fall, tout en ténacité divine, refusait d’avouer sa défaite. Jusqu’à la nuit funeste.

    La Lune brillante s’était levée sur la citadelle d’Ombre, découpant ses multiples tours et clochetons. Fall, était descendu dans le parc, remplit de plantes étranges qui ne fleurissaient qu’à la nuit tombée – quand elles ne fanaient pas au petit matin. Il aimait à parcourir ses chemins de tourbe en sentant le vent glacé qui soufflait des pics gelés soulever son éternel manteau tissé de ténèbres. Peut-être avait-il enfin trouvé le royaume qui lui correspondait. Ombre parmi l’ombre, il se fondait dans le vent et on ne pouvait deviner sa présence qu’en décelant son essence ténébreuse dans la brise.

    Et sa Dame aussi était là. Dans l’ombre d’un bosquet de belles de nuit. Noires. Seul se découpait son profil dans la lumière crépusculaire de la Lune. Fall, invisible à quelques pas de là, se complaisait à admirer sa beauté noire. Un dieu pouvait-il être amoureux ? Si ce n’était pas le cas, Fall avait bien compris la nature mortelle et savait l’imiter à la perfection. Qui peut donc décrypter les pensées d’un dieu ? Tout à sa contemplation, le sans patrie ne perçut la présence de son rival, que lorsque les doigts de celui-ci s’entremêlèrent à ceux de sa Dame. Le jouvenceau était un être de lumière, et nul ne sut jamais quelles affaires il menait à la Cour d’Ombre. La lumière argentale de la Lune se reflétait sur ses cheveux d’Or et ses yeux ambrés. Maëlwenn avait-elle choisi son amant par défit ? Où était un caprice de sa nature d’Ombre ? Nul ne le sut jamais.
    Sous les yeux brûlants de Fall, les lèvres des jeunes gens se lièrent et leurs chevelures se mêlèrent : nuit et jour. Ombre et Fir-Bolg. Plus que l’affront de voir son amour lui être ravi, cette vison aviva la colère du Seigneur, et sa jalousie se fit mordante. Avait-il l’impression que son ténébreux jardin secret était profané par la créature de ses frères divins? Alors que le baiser s’éternisait, Fall ne put plus contenir sa fureur et dévoila sa vraie nature aux yeux des deux mortels. Ou était-ce à dessein ?

    L’on raconte que la vision de l’essence d’un dieu est mortelle. Aussi, est-il permis de supposer que Fall ne dévoila pas entièrement son essence, mais qu’il ne livra qu’un aperçut de sa puissance aux enfants hérétiques. Ebloui par cette vison du divin, le jeune Fir-Bolg tomba immédiatement à genoux. Il savait à qui il avait affaire. Hélas, Maëlwenn, du fond de son inculture, ne put en croire ses yeux et resta debout, bouche bée.

    -Qu’est-ce que ceci ? murmura-t-elle de sa voix de givre. Seigneur Argan ?

    Et Fall lui répondit de sa voix d’airain, qui fit frissonner jusqu’à la trame de la nuit :

    -Tu t’es jouée d’un dieu, misérable mortelle. Sache que l’on ne se moque pas de l’amour de Fall, fille de l’hérétique Ombre !

    Et la seule réponse de la princesse fut un rire cristallin qui transperça son essence jusqu’au cœur – si les dieux en ont un. La jalousie et la tristesse du dieu sans attaches atteignirent alors leur paroxysme et… Le croiras-tu, barde ? La seule et unique larme de la longue, très longue existence de Fall dévala sa joue pâle, où elle resta suspendue, indécise.

    -Je te maudis, toi et ton engeance ! Tonna Fall et cette fois-ci, son grondement avait des accents de désespoir. Votre beauté ne sera qu’un lointain souvenir et vos descendants ne pourront plus se souvenir de la perfection de leurs ancêtres. Vous serez des monstres et vous me servirez !

    Une lourde brise se leva alors et emporta les larmes de Fall. Elle se mêla au vent, et chaque Ombre qu’elle touchait s’effondrait, en proie à des douleurs indicibles. Ainsi Fall livra-t-il sa justice. Mais vengeance ne fit que calmer sa colère. La déchirure de son cœur, elle, demeura.
    Aux lueurs du petit matin, les hurlements d’agonie s’étaient éteints, et les corps prostrés des Ombres, se relevèrent. D’Ombres, ils n’avaient plus que le nom. Ils arboraient à présent des combinaisons presque illimitées, de queues et griffes, serres et cornes, ailes et écailles. Au fur et à mesure que leur vitalité leur revenait, les plantes du parc et des alentours mourraient.

    Un lent sourire étira les lèvres de Fall, alors que des hurlements de désespoir remplaçaient le silence et les cris d’agonie. Dans leur damnation, les Ombres étaient devenus aussi admirables qu’auparavant, si ce n’était pas plus. Dignes d’être les servants de Fall. Avait-il enfin trouvé son peuple ? ce qui est certain, c’est que la Guilde ne fut fondée que peu de temps après la damnation des Ombres.

    -D’Ombres, vous êtes devenus Erewent, mes chers sujets. Soyez fiers d’avoir attiré l’attention de Fall, mortels ! On racontera votre histoire longtemps après votre mort – ou pas ! Gloussa-t-il.

    A l’aube, le dieu déploya son grand manteau de nuit, attrapa les cheveux d’or du Fir-Bolg, trop choqué par les évènements pour avoir songé à s’enfuir, et l’emmena avec lui. Certains racontent que le Fir-Bolg devint le premier Bisclaveret, d’autres que Fall le laissa en pâture à sa monture démoniaque. Quant à moi, je pense qu’il est resté sur la lande, transformé en pierre, dans un des jardins de pierres levées que les dieux affectionnent tant, barde.

    Voici donc l’histoire de la naissance des Erewents. Il ne faut jamais négliger les dieux, barde ! »

    La voix s’éteignit progressivement, passant d’un ténor de théâtre au murmure des rumeurs chuchotées. Et mes paupières se fermèrent également. Je savais bien que je n’aurais pas dû commander cette bière.
    Au matin, lorsque j’ouvris les yeux, avec un mal de crâne perçant, il n’y avait plus trace du mystérieux conteur ni de l’Erewent. Aussi, je me plais maintenant à croire que j’ai été visité par les Parques ou un esprit de la lande qui a vu en moi un individu digne de partager son savoir. Peut-être un Tasmant ou un Brownie. Qui sait ?


_________________
~Seul Nath a le droit de m'appeler Misky. Les autres.... Disons que je leur ferais subir un sort qui leur ôtera l'occasion de reprononcer ce... patronyme. è-é~

~Mode Admin Méchant qui Tient à sa Fierté~

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://gilthoniel7.skyblog.com
 
Enfants Maudits [Légende Erinienne]
Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Nedge | de la génération des enfants maudits
» La légende de Martin et Martine par Tournesol
» L'histoire du Marchand de Sable (conte pour enfants sages)
» [BloodBowl] Mon équipe : Les enfants du Curé...
» Aide speciale aux enfants du president Rene Preval!

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Erin :: Bienvenue :: GUIDE D'ERIN :: CA PEUT ETRE UTILE-
Sauter vers: