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 [Quête 2 : Court répit - Bugy/Danlo/Kirin]

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Kirin Keydan

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MessageSujet: [Quête 2 : Court répit - Bugy/Danlo/Kirin]   Jeu 2 Juil - 15:27

[Il est temps de commencer ce topic pour faire avancer la quête >< Mais ça fait un moment que je n'ai pas écrit, donc désolé si ce n'est pas vraiment génial.]

C'est déconfit que Kirin suivit la meneuse qu'était Aisleen. Mais il n'y avait pas seulement cette situation entre les deux amoureux qui l'abattait quelque peu. Il y avait aussi la présence de Danlo, étrange Erewent qui montrait une facette de son personnage de plus en plus ambiguë. Mais surtout, le Fir-Bolg ne savait même pas où il se dirigeait. Il faisait partie des meneurs, et pourtant, c'était Aisly qui savait tout du chemin que prendrait l'armée de Tara. Enfin... "armée"... C'était un bien grand mot pour le groupe qu'ils constituaient. Au fond, c'était principalement un rassemblement de quelques dits mercenaires, des personnes en quête de gloire, ou de récompenses divinisées... Il n'était même pas sûr que tout le monde, ici, soit capable de manier une arme sans se mal soi-même... Kirin avait fait cette constatation durant le voyage qu'ils avaient tous entrepris vers le portail de Tara et depuis Breizh. Le héros n'avait jamais fait partie d'un escadron ou quoique ce soit d'autre. Mais il remarquait aisément que l'organisation n'était absolument pas travaillée. Certains étaient saouls, prenant sûrement cette quête pour une blague grossière. D'autres ne suivaient même pas le fil, ils s'en allaient de par et d'autre du chemin, sans même que le meneur puisse savoir ce qu'ils cherchaient à faire réellement. C'est ainsi que très vite, Kirin se détacha de son aimée pour aller recueillir ceux qui allaient se perdre au loin et sermonner toute personne qui compromettrait le cours de leur mission.

Très vite, encore une fois, ceux qui étaient désintéressés du but principal de leur voyage se reconnurent et firent marche arrière. Du moins, certains. Mais Kirin eut aussi la surprise de voir que la majorité des personnes qui s'étaient éloignées étaient allées chasser quelques gibiers. De quoi nourrir tout le monde pour la nuit. Et le butin eut de quoi impressionner le jeune héros. Une dizaine de combattants étaient partis pour revenir avec, en tout, trois sangliers, et cinq lapins. Avec les rations qu'avaient apporté beaucoup d'autres aventuriers, cela allait suffire à tout le monde pour la nuit, et même plus encore. La journée resta tout de même longue pour le jeune meneur. Même si certains s'étaient montrés entreprenants, il y en avait d'autres qui se montraient encore et toujours comme de véritables poisons. Ceux là se moquaient souvent de la blessure que Fall avait infligée au Fir-Bolg. Et s'ils ne savaient rien à propos de cela, il se montraient provocateurs, brandissant leurs lames rouillées et leurs carrures de colosses devant le jeune et élancé personnage. Heureusement, Kirin avait su se montrer moins impulsif et rappeler l'importance de l'union qu'ils se devaient de créer entre eux tous.

Enfin, la journée passa très lentement pour lui, et c'est avec soulagement qu'il annonça à tous le monde le moment où ils durent établir un campement. Le ravin de Breizh se montrait plutôt accueillant malgré l'obscurité. En effet, le soleil se couchant et les parois de ce lieu étaient particulièrement hautes, plusieurs feux durent s'allumer très vite. Plusieurs, dont un "principal" où un grand cercle s'était créé. Là, Kirin avait rejoint le chef de gardes et quelques autres mercenaires. Certains semblaient plus extravertis que d'autres, mais vue la conversation qui y naissait, il semblait que toutes ces personnes là se sentaient très investies dans cette mission. Danlo était certainement en solitaire, en train de monter sa tente ou de s'envelopper dans une couverture. Bugy, lui, Kirin l'avait sommé d'aller se reposer dans une des charrettes. Leur retour à Tara s'était fait avec peu de répits et ils avaient de suite enchaîné par un nouveau voyage. Il lui fallait bien du repos... Quant à Aisleen, il l'avait perdue de vue depuis le début de l'après midi, quand il avait commencé à s'occuper du reste de la troupe. Mais il ne s'inquiétait pas vraiment. Il croyait en elle et savait qu'elle saurait quand annoncer toute information à propos de leur mission... Quel fil ils devraient prendre.

Là, il pouvait se permettre de se reposer. La viande commençait à cuire et les véritables héros, ceux qui allaient jouer un rôle dans la mission se manifestaient. Des stratégies furent proposées selon les situations imaginées: des cas de traîtrise, d'attaque, d'espionnage... Kirin s'introduit alors dans la conversation en proposant une méthode pour prévenir tout le monde en cas d'attaque nocturne.


"Si jamais on nous attaque cette nuit, je ferais tomber la foudre en milieu du ravin pour réveiller tout le monde. Je saurais ne blesser personne. Ensuite, ce sera à nous tous de repousser l'ennemi."

Il se félicita intérieurement en remarquant que tout le monde était d'accord avec son idée. Restait encore à savoir ce qui allait se passer ensuite...

[Pas génial, je sais, mais je compte sur Danlo et Bugy pour tisser un peu mieux la suite ><]
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Bugy Twite

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MessageSujet: Re: [Quête 2 : Court répit - Bugy/Danlo/Kirin]   Mar 7 Juil - 15:42

La journée s'était déroulée sans problèmes, ou presque. Bugy avait passé le plus clair de son temps à marcher d'un groupe à l'autre pour écouter, observer et rire avec les aventuriers. Dans son esprit enfantin, il avait déjà classé un grand nombre de personnes.

Tout à l'arrière du cortège, une dizaine de personnes suivaient en curieux. La plupart les avaient quitté avant même le milieu de la journée, tous étaient déjà retournés chez eux. Ils seraient les premiers à décrire le groupe hétéroclite qu'ils formaient et à se venter d'en avoir fait partie quelques heures. Fiers sans raison ils raconteraient sans doute qu'ils avaient été sommés par Kirin lui même de retourner chez eux pour protéger leur ville le moment venu.

D'autres avaient quitté le cortège sans laisser à Bugy le temps de leur parler mais ils avaient probablement été arrêté par la peur. Ceux que le brownie détestait le plus étaient une petite vingtaine. Jeunes, téméraires, fiers de leur force et de leur courage, armés pour la plupart de réelles armes et semblant aussi redoutables avec qu'ils le seraient avec une cuillère, ils paradaient comme des paons. Souvent torse nu, parfois même accompagnés dans les premières heures de voyage par une jeune femme hystérique, ils se vantaient d'exploits improbables et reprochaient vertement à Kirin sa défaite face à Fall. Si Kirin restait calme face à eux, Bugy leur avait tout de même joué plusieurs mauvais tours.
L'un d'eux avait été prit d'une étrange crise de fou rire alors qu'il allait se soulager derrière un buisson. Il avait tâché ses vêtements qui dégagèrent toute la journée une odeur d'urine désagréable. Un autre qui commençait à tourner autour de Danlo, l'une des rares femmes du groupe, s'était soudain trouvé avec une voix aigüe et désagréable. Bugy avait fait un clin d'œil à l'Erewent pour qu'elle comprenne que c'était lui qui l'avait débarrassée de ce compagnon vantard.

Bugy s'était ensuite joint à un groupe qui semblait plus calme. Jeune et peu expérimentés, il était composé de trois garçons de 16 à 20 ans. Une courte conversation montra à l'écureuil qu'ils étaient motivés à progresser et à montrer de quoi ils étaient capables. Ils voulaient réellement aider. Bugy se lia d'amitié avec eux très vite et ils l'aidèrent dans certaines blagues contre ceux qu'ils appelaient "les grillés". (en effet à force de se promener torse nu au soleil ils seraient bien cuits)

La dernière partie du groupe était composée de combattants aguerris et bien équipés. Plus ou moins motivés, ils étaient pour la plupart conscients de leurs capacités de combats et risqueraient de laisser tomber l'aventure dès que leur vie serait trop en danger. Jusque là ils seraient d'une grande aide.


Le soir venu, le groupe monta son campement non loin d'un ravin. Kirin avait ordonné à Bugy de se coucher et celui-ci ne s'était pas fait prier. Il était éreinté. Mais alors qu'il allait s'endormir il se souvint que Kirin lui avait semblé un peu morose et voulu le rejoindre. Seulement, ce serait lui désobéir. Il réfléchit donc un instant et se dit que, même sans avoir à se montrer, il pourrait au moins jeter un coup d'œil à ce que faisait son maître. Peut-être était-ce seulement une impression et allait-il très bien. Il se rendit invisible et commença a errer dans le campement en faisant le moins de bruit possible pour n'alerter personne. Il le vit enfin, avec quelques uns des combattant expérimentés. Un morceau de viande disparu étrangement d'un feu lorsque Bugy le saisit et il alla s'installer non loin du feu où se trouvait Kirin pour écouter ce qu'il s'y passait.

Son maitre parlait technique avec les autres et le brownie ne comprenait pas tout (d'autant moins qu'il ne cherchait pas réellement à comprendre). Il mangea donc simplement, décidé à passer la soirée à suivre Kirin pour l'observer.
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Kirin Keydan

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MessageSujet: Re: [Quête 2 : Court répit - Bugy/Danlo/Kirin]   Sam 12 Sep - 23:21

Suite à la proposition de Kirin, d'autres idées furent échangées. Étrangement, les plus intéressantes ne venaient pas seulement du chef de gardes, mais d'un suivant quelque peu particulier. Il s'était présenté sous le nom d'Hegart. Et ce qui le rendait singulier, c'était un corps taillé comme celui d'un géant sur lequel reposait un visage très mûr, pourvu d'une longue barbe blanche mais d'un crâne totalement dégarni, orné de longues oreilles pointues et de très gros lobes. Et il y avait d'autant plus son arme: une épée bâtarde, triplant presque le volume de l'épée de Kirin. Il n'y avait pas nécessité de lui demander d'où il tenait ses idées en le voyant ainsi. Il était clairement un ancien guerrier. Et même s'il ne possédait plus que quelques pièces d'armure dont certaines rouillées, il avait conservée sa force et sa raison. Sa proposition la plus remarquable avait été d'utiliser sa capacité d'elfe à invoquer non pas un arc ou une épée, mais un bouclier en cas d'attaque surprise. Chose qui permettrait d'avantage la protection du groupe puisque qu'avec sa carrure, il pouvait repousser, d'après son expérience, de nombreux ennemis. Mais surtout, il avait la capacité, grâce à sa télépathie, de sentir les ennemis plus loin, sous forme de légère empathie, mais aussi de les ralentir avec la pousse de lianes.

C'est ainsi qu'après une heure, la soirée commençant désormais dans une une obscurité quasi totale. Kirin fit plusieurs fois le tour du campement, accompagné d'Hegart. Si jamais la présence d'un adversaire devait se faire sentir, alors il ferait tomber la foudre, comme il l'avait dit plus tôt. Mais à cette heure ci, le véritable problème était l'ampleur du groupe. Si le matin ils étaient partis en grand nombre, c'était certainement les trois quarts des volontaires qui avaient déserté la quête. Heureusement ou non, la plupart d'entre eux faisaient partie des hommes saouls, prenant la quête comme une gigantesque blague, et ceux dont la modestie avait manqué auparavant. Ceux qui avaient osé rappelé la blessure infligée par Fall au héros. Malgré tout, Kirin les regrettait, car ils avaient tout de même le profil d'hommes avec une certaine expérience au combat. Et actuellement, c'était le genre d'homme dont le groupe avait le plus besoin, car il était clair que Fall ne resterait pas sans rien faire dans cette quête. Après tout, il avait lui même assisté au retour de Mor...

Et ses inquiétudes n'étaient finalement pas faussées. Il ne fallut pas attendre plus longtemps pour qu'Hegart sente la présence de sentiments nocifs. Quelque chose de violent et de bestial semblait arriver selon lui. Et malgré son don, c'est dans l'urgence qu'il dû prévenir Kirin, qui fit abattre la foutre au beau milieu du campement, réveillant tout le monde dans un boucan du diable. Par la suite, il alimenta un peu plus le feu en créant un arc électrique sur différents brasiers, afin de voir un peu mieux l'environnement autour de lui. Et enfin, le groupe avait rejoint le brasier central, armes dégainées. A ce moment là, le Fir-Bolg avait pu constater la force d'Hegart en le voyant bras tendus, l'épée droite devant lui, l'air concentré. Ses bras ne tremblaient pas, et il semblait clairement percevoir le danger. Et en effet, il avait été le premier à porter le coup, de sa longue épée. Le brasier n'avait pas encore dévoilé l'adversaire, mais en un éclair, il se trouvait à nouveau alimenté par le corps d'un bisclaveret, de toute évidence sauvage par l'absence de tissus sur lui, le torse quasi éventré par la lame du colosse. Une épée si lourde, et pourtant, une si grande rapidité à pour la manier. Désormais, Kirin se demandait s'il ne s'agissait pas là d'un hybride, Elfe et Fir-Bolg. Mais la question ne se posa pas plus longtemps. Deux autres créatures fondaient sur lui. Sa célérité avait alors agi à ce moment là. Son arbalète avait su loger un carreau dans le front de la première. Quant à son épée, elle avait su percer la peau de la poitrine de la seconde pour attirer ensuite son corps dans le brasier, encore une fois.

Mais l'inquiétude reprit à nouveau le héros qu'était Kirin. Bugy... où était-il? Il avait parcouru tout le campement, mais qu'était-il advenu de lui? Jamais il n'aurait déserté la quête... était-il en danger? Il se mit alors immédiatement à sa recherche, criant son nom, tout en donnant son assistance aux autres guerriers. Il avait notamment concentré toute sa foudre sa main gauche, ayant rangé son arbalète, pour frapper de sa paume le dos d'un autre Bis qui assaillant un trio de trois jeunes volontaires. C'est avec l'éclat de cette foudre là qu'il réussit à percevoir le vêtement orange de Bugy, au loin, en pleine téléportation. Deux bisclaverets semblaient le poursuivre, puisqu'il se trouvait en train de se téléporter d'une caravane à une autre.


Bugy! Reste en hauteur! Souviens toi que tu ne dois pas trop utiliser ton pouvoir!

Depuis la téléportation entre Tara et la forêt de Taur, Bugy avait su provoquer l'inquiétude de Kirin. Et elle était d'autant plus amplifiée qu'il ne pouvait pas se permettre de s'évanouir dans une telle situation. Il commença alors son assaut vers les deux loups. Mais ils s'avéraient de toute évidence bien au dessus des autres qui attaquaient le reste du groupe. Car son épée n'avait qu'à peine égratigné le dos de l'une des deux, tandis que le héros devait esquiver deux assaut synchronisés. Mais pourquoi s'acharnaient-ils seulement sur un petit Brownie? Étaient-ils seulement envoyés par Fall? C'était des questions auxquelles Kirin ne pouvait répondre. Pour l'instant, il essuyait les coups de griffes et de crocs de par quelques parades bien placées, quasi instinctives. Il avait par ailleurs su frapper de nombreuses fois leurs dos, seuls points d'attaque accessibles de par leur posture bestiale... Il allait devoir compter sur tout le reste du groupe...

Bugy, fuis! Je les retiens en attendant le groupe!

[Je trouve ça vraiment pas génial... je me justifierais en disant que c'est la reprise ><']
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Gabriel Jeevas
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MessageSujet: Re: [Quête 2 : Court répit - Bugy/Danlo/Kirin]   Ven 25 Sep - 9:05

Un peu d’air frais. Du vent. Marcher. La… Liberté ? Si seulement ça avait pu être vrai. Non, Gabriel tu n’étais pas libre. Tout n’était qu’utopie dans tes pensées. Tout ce que tu aurais pu croire n’était que tes envies. Que les envies de ton cerveau sous oxygéné. Après tant de temps passé dans la tour, dans cette tour de cauchemar, dans cette tour avec tant de fanatiques cinglés, un Dieu totalement barjo, et d’autres ennemis de taille. Après tant de temps passé, il était clair que sortir de la sorte avec des goûts de bonheur. Mais Gabriel connaissait parfaitement son statut. Même s’il n’était pas de la plus vive intelligence, il avait compris ce qu’on attendait de lui. Même s’il avait hésité. En effet, car s’il fuyait tant de personne qu’il détestait, il partait également loin de Nathaniel. Et ça, tout de suite, ça passait moins. Parce que s’il sentait qu’il respirait beaucoup mieux à l’extérieur, il manquait une partie son l’oxygène qui était devenu nécessaire ces derniers temps. Sans Nathaniel il n’était pas complet. Plus complet. Il savait aussi qu’on ne lui avait pas laissé le choix quant à cette mission. Il n’était pas et ne serait jamais le bienvenue dans cette tour. Ca tombait bien, il n’appréciait pas plus d’y être que les gens appréciaient de l’y voir. Et si ça ne tenait qu’à lui, il resterait à Tara à attendre des missions. Mais maintenant, il n’était plus seul. Il tenait suffisamment à quelqu’un pour ne pas avoir envie de retrouver sa maison, pour ne pas avoir envie de partir tout seul, pour ne plus avoir envie d’avoir la paix. Mais maintenant il n’avait plus le choix. Il devait… Obéir à ses supérieurs, même si l’idée en elle même était déjà insupportable.

Aha. Il avait une mission. Oui. Tout aurait été parfait si seulement il avait pu partir avec Nathaniel. Chaque pas à l’air libre, chaque bouffée de fraicheur, chaque mètre loin de cette tour le rendait un peu plus vivant. Mais aussi un peu plus triste. C’était une espèce de déchirement intérieur que de ne pas savoir la prochaine fois qu’il le reverrait, dans quel état, dans quelle circonstance. Il ne voulait pas être pessimiste, ce n’était pas trop son style mais tout de même. Il n’avait pas envie de rester loin de lui trop longtemps. Il avait peut être tout simplement peur qu’il l’oublie. Ridicule n’est-ce pas ? On ne pouvait oublier Gabriel, se plaisait-il à penser. Tout Tara le connaissait, bientôt toute la guilde le connaitrait, même si ce n’était pas en termes élogieux. Peut être que le jeune adulte avait juste un grand besoin de reconnaissance, peu importait en quelles idées. Sûrement, peut être, il n’en savait rien. Il ne voulait rien savoir. Ce qu’il savait, c’était que la chaleur de la peau de son amoureux lui manquait terriblement. Soupir. On n’avait jamais tout en même temps. Le beurre, l’argent du beurre et le sourire de la laitière. La liberté et l’amour. Non, non ne plus ruminer là-dessus. Il était hors de question de faire une dépression à cause du simple fait qu’il était enchainé à vie à un dieu pourri jusqu’à la moelle à la botte de gens débiles sans aucunes compétences et avec un but totalement risible. Non, ce n’était pas le plus important. Il l’avait retrouvé. Et tant qu’ils resteraient ensemble, même loin, même longtemps, ils arriveraient à surmonter. Facile oui. Enfin presque.

Deux jours. Ca faisait maintenant deux jours qu’il était parti. Liberté illusoire et absence réelle. Il avait tout fait pour éviter ce pincement avant de partir mais il revenait toujours un peu à la charge. Il devait à présent se concentrer sur ce qu’il devait faire. On l’avait suffisamment seriné sur l’importance de la tâche qu’on lui avait confiée. De la plus haute importance ! Et patati, et patata. Oui, c’est bon, il avait comprit. Infiltrer ce groupe qui se réduisait de faux rebelles décidés à sauver Mor. Et voler la clé une fois celle-ci découverte. Il n’avait pas vraiment compris l’utilité de cette clé et ne cherchait pas à comprendre. Surtout, on ne voulait pas qu’il comprenne tout, c’était trop dangereux de trop en dire à ceux qui obéissaient. Bande de despote. Bon, ils étaient où cette bande d’utopiste qui croyait vraiment pouvoir faire quelque chose pour libérer une déesse. Il était vrai qu’avec les récents évènements, Gabriel avait passé au second, voir au dernier plan ces histoires de Dieu que sa mère lui racontait. Mais voila que ça le poursuivait à nouveau. Cette vision terrible qu’il avait ce soir là de la Samain après avoir passé trois jours à le chercher. Le renouveau de Mor, la découverte de Fall. La sensation de tomber. Le fait de devenir très très blanc. Oui il n’avait rien oublié, juste occulté. Il aurait du se douter que ça n’arrangeait pas les affaires de la guilde cette histoire de déesse. Il fallait à tout prix les empêcher, cela paraissait presque normal. Gabriel se fichait des histoires de Dieu et de prise de pouvoir. Il se fichait d’encore plus de chose avant l’arrivée de Nathaniel. Mais s’il devait être dans le camp du chaos pour pouvoir le conserver près de lui, ca serait ce qu’il ferait, égoïstement. Il ne connaissait pas les gens qu’il allait rencontrer et ne tenait pas à la connaitre du surcroit. Car il n’était pas un traitre. Et cela le ferait d’autant plus souffrir que de mettre leurs vies en danger s’il les avait appréciés. Mais pouvait-il lutter contre son propre caractère qui ressurgissait quand il ne faisait pas attention ? Cela restait à prouver.

La nuit tombait et la visibilité se faisait un peu réduite, bientôt il ferait totalement noir. Et ce n’était guère prudent que de s’aventurer dans le ravin ainsi. Quoique, il se verrait bien rentrer à la tour maintenant et leur dire « Désolé je peux pas, j’ai peur du noir » Blague qui lui aurait certainement valu pour cher. Tout ce qu’avait hâte Gabriel, c’était de rendre la monnaie de toutes ses pièces à cet erewent malade. Et finalement, il finit par les voir. Le groupe qu’il cherchait depuis déjà trop longtemps à son gout. Enfin, voir était un bien grand mot, malgré les feux allumés, Gabriel ne pouvait pas distinguer tout le monde. Mais il avait briefé sur la teneur. Il ne se faisait pas trop de soucis, mais cela aurait semblé étrange qu’il s’incruste de la sorte. Il savait très bien qu’il n’aurait pas pu passer inaperçu. Trop de charme, se vantait-il. Cependant, il fallait croire que la guilde, Fall ou même n’importe qui l’avait entendu. Car après un instant trop silencieux, alors que la nuit était tombé et que Gabriel restait aux aguets, un peu plus loin dans le ravin, une embuscade tomba sur le groupe. Le jeune homme reconnu immédiatement la présence de bisclavets, et il n’était pas peu nombreux. Enfin, cela signifiait juste que c’était sa chance. Il passait juste par là et sa conscience ne pouvait l’empêcher de laisser ce groupe en danger. Dégainant son katana qui l’avait si bien servi ses dernières années dans Tara, il avança en direction des cris et des lumières pleines de flash. Groupuscules isolés, les Bis avaient bien fait leur travail en attaquant sur tous les fronts. Ces créatures étaient répugnantes. Et cela faisait longtemps que Gabriel ne s’était pas battu, et force était de constater, que ça lui avait manqué. Il repoussa un assaut, tailla la chair et se plaça à côté d’un homme aux prises avec deux autres loups. Il l’aida en parant l’attaque certaine.


- Besoin d’un coup de main ?

Voix joyeuse, sourire heureux. Gabriel se sentait tout d’un coup retourné dans son élément, et ça lui plaisait. Il continua avec l’aide de l’homme à ses côtés à attaquer, puis à supprimer. L’âme fine fouettant l’air avec presque un son cristallin. Le sang qui giclait, les grognements de douleur. Ils étaient rapides cependant et Gabriel avait légèrement perdu la main depuis son dernier combat et à son grand dam, son manteau puis ses bras ou flancs furent légèrement entaillés. Mais de quoi en faire un plat, et dans le feu de l’action, on avait rarement mal. Gabriel se déchaina en évitant les erreurs de débutant qui constituaient à se jeter dans le tas. Non malgré sa hargne il continua à rester sur ses gardes et surveiller les alentours. Il n’était pas invincible et les loups étaient beaucoup. Cependant, une adrénaline puissante coulait dans ses veines, lui figeant un sourire sur les lèvres alors qu’il combattait. Ce bis était Fall, ce bis était Mikaël, ce bis était la guilde dans son entière. Oui, il avait enfin de quoi se venger, même par un autre biais, de la présence de tant d’être détesté pas si loin que ça de là. Hargne et colère, Gabriel faisait des ravages et malgré les quelque blessures, il ne semblait pas vouloir s’arrêter, au moins, son compagnon n’était pas en reste à ses côtés. Et à deux, les Bis n’avaient qu’à bien se tenir.
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Bugy Twite

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MessageSujet: Re: [Quête 2 : Court répit - Bugy/Danlo/Kirin]   Mar 6 Oct - 13:57

[Je m'attendais à bien plus de posts, j'avais dit à Kirin de continuer sans moi ^^ du coup je réponds :)]



Kirin semblait assez intéressé par un homme inquiétant. Un colosse chauve à la longue barbe blanche et aux oreilles pointues. Bugy quant à lui avait peur de lui. Il l'avait repéré pendant l'après-midi et n'avait pu s'empêcher de penser qu'il était méchant. Un méchant au service de Fall qui voulait du mal à Kirin. Mais il semblait que son maître n'était pas de cet avis. Ils commencèrent à faire des rondes et, Bugy connaissant la capacité de l'elfe à repérer les gens alentours, il sut qu'il ne pourrait pas suivre le Fir-bolg sans être découvert. Il décida donc de rester non loin du feu, il verrai Kirin passer régulièrement et saurait ainsi où il se trouvait. Le Brownie se cala dans un coin, caché, et arrêta d'être invisible. Mais son ambition de rester éveillé aussi longtemps que son maître céda bien vite sous les assauts répétés du sommeil. Ses yeux se fermèrent et il sombra dans un sommeil sans rêves.

Sans rêves ? Lorsqu'il fut réveillé par un éclair et qu'il vit des silhouettes monstrueuses se ruer sur le campement, il se demanda si ce n'en était pas un. Ou plus exactement un cauchemar. Il n'était vraiment pas certain de la réalité de la situation et il lui fallu bien une minute avant de comprendre ce qui se passait. Ils étaient attaqués. Là où il était, personne ne l'avait encore vu et il en profita donc pour sortir quelques fléchettes et les mettre à sa portée. Il s'agissait ici d'un vrai combat et ses fléchettes à voix aigüe ne seraient d'aucune utilité. Les somnifères et les hilarants seraient par contre plus utiles. Il tira les trois premières de là où il se trouvait. Deux firent mouche et le brownie se rendit compte que finalement les meilleures étaient les hilarantes. En effet, en plein combat il y avait trop d'adrénaline dans leurs veines pour que le sommeil puisse réellement les prendre. Au contraire le stress, la légère appréhension de la mort qui plaît tant aux guerriers, et la fatigue due à l'heure avancée décuplait les effets du liquide hilarant des fléchettes.

Un adversaire l'avait repéré et se rua vers le lieu où il se trouvait. Le brownie sortit d'un bond de sa cachette puis se téléporta une trentaine de mètres plus haut. Pendant la chute il rechargea sa sarbacane, tira sur son assaillant et rechargea à nouveau. Une autre téléportation vers le sol lui évita le choc de la chute et il se mit à courir comme un fou alors qu'un homme du campement tuait le Bisclaveret écroulé de rire. Il toucha un autre adversaire puis entendit Kirin l'appeler. Une téléportation l'amena non loin de lui, deux bisclaverets qui avaient probablement vu à quel point ce petit bonhomme pouvait rendre impuissant ses compagnons le poursuivaient. Kirin cria à son Brownie de se mettre à l'abri en hauteur puis de fuir alors qu'il essayait de retenir les deux bêtes. Même s'il n'avait aucune envie de l'écouter, il pensa qu'il devait obéir pour une fois. Il profita cependant du répit laissé par leur attaque sur Kirin pour charger sa dernière fléchette hilarante et tirer sur l'un des deux qui fut touché au cou. Il avait eut le temps de viser pour sa dernière munition et regrettait de ne pas l'avoir fait pour les autres. Il allait devoir trouver de quoi refaire son stock.

Le brownie se téléporta alors sur un chariot et se rendit invisible. Il ne bougeait pas et regardait autour de lui au cas où un corps était projeté sur lui lors d'un combat. Il suivait aussi avec intérêt les efforts de son maître.


~ Je suis invisible ne t'inquiète plus pour moi ~ envoya-t-il en pensée à Kirin.

Le fait que son maître ait prit la peine de le chercher à travers tout le campement faisait réellement plaisir à Bugy, mais il savait aussi qu'en agissant ainsi il n'avait pas agi comme il le devait. En tant que chef tous devaient avoir la même importance à ses yeux, et il devait se battre et non parcourir le campement à la recherche d'un seul de ses hommes. En tant que maître, il n'aurait pas dû risquer sa vie et peut-être même sa légitimité en tant que chef de groupe pour rechercher son brownie. Il ne devait surtout pas être un poids pour lui. Sinon il ne méritait pas le titre de brownie.

Ce qui, en plus, lui semblait particulièrement étrange, était qu'il avait cherché d'abord Bugy, avant même de rechercher sa dulcinée. S'inquiéter ainsi pour lui, en dépit de son rôle, en dépit de ce qu'il devait à celle à qui il avait offert son cœur, en dépit de sa propre vie... Plus il y pensait, plus Bugy s'en voulait. Plus il y pensait, plus il avait envie de pleurer. C'était probablement la première fois qu'on lui portait tant d'intérêt depuis... depuis sa mère... Mais à la différence de sa mère, Kirin le comprenait. Il avait les mêmes rêves et les mêmes objectifs. Il serait un jour un grand héro et pourtant il s'intéressait au petit bonhomme d'une dizaine d'année qui le suivait partout avec des étincelles de bonheur et d'admiration dans les yeux. Il avait survécu à l'assaut d'un Dieu et traversait le campement à la recherche de son brownie. Des larmes silencieuses coulaient sur les joues du petit écureuil...
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Aisleen Dryail

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MessageSujet: Re: [Quête 2 : Court répit - Bugy/Danlo/Kirin]   Dim 8 Nov - 16:32

[Je vous rejoiiiins XD Astriol me lâche alors me voilà. Gabi je te draaaague XD ça rendra quand même Kirin jaloux. Tu voulais tester une morte ? Lâche toi :D Donc, plus sérieusement, on s'occupe des blessés tout ça tout ça, puis on se pose, on refait le campement et on discute de la quête en elle même. Après dodo.]


Deux yeux violines embrassèrent du regard la nuit tombante sur les paysages alentours. Il faisait tout juste frais, et la jeune femme se félicitait d’avoir choisi cet endroit pour établir un campement. Au fond du ravin de Breizh, suffisamment grand pour les accueillir tous, l’air qui régnait était tiède dans la journée, et à peine frais durant la nuit. C’était un bon endroit pour commencer en douceur un voyage qui ne s’annonçait pas tendre, afin de ne pas décourager dans l’instant les plus fragiles. Et le cadre était au moins aussi clément que la température. Quoi qu’on en dise, le ravin n’était pas si encaissé et étroit que cela. Au contraire, il y avait assez de place entre les parois pour que tout le monde puisse s’installer confortablement. Le sol était jonché d’un tapis d’herbes fanfaronnes, délicat et humide accueil directement relié à la terre froide et sombre d’Erin. A perte de vue, et sous les derniers rayons de soleil, les couleurs se mélangeaient, faisant éclater leurs carnations automnales, jouant à quelle teinte serait la plus éclatante. Ce spectacle ne durerait qu’un temps, la lueur de l’astre diurne ne s’attardant pas dans la crevasse formée par les bordures du ravin. Mais cet éclairage naturel serait alors remplacé par celui de la Lune, le supplantant en beauté. Et alors le jeu magique des parois de terre se révélerait à leurs yeux ébahis. La jeune fille souriait à cette idée. Plus rien ne lui était inconnu sur ces terres, pas même la clarté que l’on pourrait bientôt voir se personnifier en de délicats filaments dorés sur les murs de terre et de pierre qui l’entouraient. Phénomène inexpliqué, cela faisait partie des manifestations étranges et magiques de chaque continent d’Erin. Contournant les cadavres échoués de rochers qui, tels des carcasses de navires arrivés là par hasard, parsemaient le chemin, elle s’éloigna de plus en plus de la lueur d’un feu qui crépitait tout juste dans l’air du soir. Comme d’habitude, elle se souvenait. Ne savait faire que cela.

Quelques heures plus tôt, elle avait entraîné tout un groupe hétéroclite dans une quête incertaine et sans promesses concrètes. Se dirigeant vers les portes, le petit groupe s’était arrêté dans le quartier religieux pour utiliser le portail de Tara. Elle avait obtenu l’accord du Roi Celte, et elle et sa troupe pouvaient se servir de ce moyen de transport sans payer les taxes nécessaires à un aussi important déplacement humain. Arrivés à Breizh, ils s’étaient immédiatement mis en route. Depuis lors, elle les avait guidés jusqu’ici. Le ravin était proche, accueillant et sécurisant malgré le désavantage de s’encastrer dans un trou. La garde avait protesté un moment, jusqu’à ce qu’ils croisent le regard déterminé et sans appel de la jeune femme. Muets, ils avaient acquiescé puis commencé à monter les tentes avec l’aide du reste du groupe. C’était alors la fin de l’après midi, et elle ne doutait pas que de tels gaillards ne mettent pas longtemps à installer de quoi passer la nuit. Se retournant, la jeune femme lança un regard vers la petite communauté, se sentant inutile. Car elle n’avait pas assez de forces pour rester consistante tout en aidant à monter un campement. Dans un soupir, elle caressa de ses prunelles nostalgiques les silhouettes qui s’affairaient, les tentes qui se dressaient, et les flammes qui venaient lécher le soir tombant. Que faisait elle ici, à part les guider ? Inutile, elle se sentait inutile. N’importe qui aurait pu la remplacer, il suffisait que la jeune femme leur dise où elle pensait trouver l’objet de leur quête, et le tour était joué. Après tout, ce n’était qu’une supposition hasardeuse de venir se réfugier sur ce continent. Les textes qu’elle avait lus étaient compliqués, écrits dans une autre langue et en grande partie métaphorique. «
Du Soleil tu partiras pour arriver au Souvenir » n’était en effet pas ce qu’il y avait de plus clair, et son interprétation pouvait très bien être erronée. Auquel cas elle devrait se justifier auprès du groupe qui la suivait, confiants qu’ils étaient. Et elle doutait. Elle doutait, pas après pas, se demandant ce qu’elle faisait encore sur Erin. N’était elle pas sensée être morte ? Il eut mieux fallu qu’elle retourne à la poussière, au lieu de défier l’Ankou par son arrogance. Rien de tout cela ne se serait passé de cette manière et, même si Erin s’effondrait, elle n’aurait pas été là pour le voir. Le silence, une immensité de silence l’attendait. Elle le savait, ce monde l’appelant jour après jour, à chaque heure de sa survie.

Encore maintenant, elle sentait sur sa peau le froid qui régnait de l’autre côté de la frontière, le froid qui la narguait, lui faisant peur et l’attirant à la fois. Elle ne voulait plus vivre à la limite de deux mondes, il lui fallait trancher. Et retrouver Mor en était un moyen. L’autre était la fuite. Mais pouvait elle abandonner après ses paroles d’encouragement lors du recrutement ? Il serait toujours temps de laisser tomber plus tard. Il lui fallait d’abord s’éclaircir les idées, pour clarifier ses pensées. Elle remonta le long des flancs du ravin, caressant de ses doigts pâles la rare végétation qui poussait sur cette pente. Elle en énumérait les noms, machinalement, comme un rituel à accomplir. Plus elle montait, plus l’herbe se faisait rare, et plus la température chutait. Cette nuit naissante était sombre, seule la Lune perçait légèrement à travers les branches des arbres environnants. De là, elle pouvait reconnaître quelques visages en contrebas. L’éclat argenté des cheveux de Kirin, le rire de Bugy, la voix grave et posée du chef de la garde qui encourageait ses hommes. S’ajoutèrent à cela le froissement du tissu des tentes, le crépitement des bûches, le souffle du vent dans sa robe, le grattement de quelque rongeur préparant sa sortie, le hululement d’une chouette dans le lointain … Les yeux fermés, la jeune femme s’ouvrait au monde alentour, devinant chaque relief, caressant de l’esprit chaque courbure du paysage, chaque aspérité du terrain. Elle se tenait là, immobile dans le soir tombant, quand un bruit la fit sursauter.

Le craquement infime d’une brindille qui se brise. Seul quelqu’un d’attentif pouvait discerner ce froissement dans l’harmonie ambiante. Quelqu’un était là. Elle jeta un regard alerte autour d’elle sans rien voir. Elle ne montrait aucun signe d’affolement, mais était prête à donner l’alarme. De toute manière, elle ne craignait rien, et les gardes avaient su tirer profit du relief à priori désavantageux pour se préparer à toute intrusion dans leur périmètre. Il suffisait d’utiliser les armes de portée, efficaces et mortelles même pour un tireur en contrebas. De plus les pierres étaient assez hautes pour protéger des projectiles, et le sol humide empêchait tout bruit caractéristique qui dénoncerait un mouvement ou un autre. Il suffisait à la jeune femme d’affirmer plus encore les ombres qui régnaient sur le campement, et aucun agresseur potentiel ne pourrait plus les discerner du tapis herbeux. Tandis qu’eux ressortiraient clairement sur un fond illuminé par la lueur de la Lune. Tendue, elle passa sa main sur sa nuque d’un geste souple avant de porter ses yeux vers le bruit. Chassant les ombres d’une pensée, obligeant l’inconnu à se dévoiler, elle opta pour une attitude défensive mais pas fragile le moins du monde. Elle n’avait rien à craindre. Elle était une tasmante. Elle était Aisleen Dryail.

Là, un bisclaveret sous sa forme animale surgit des arbres environnants. Étonnée de ne pas l'avoir remarqué plus tôt, Aisleen ne se démonta pas quand son adversaire marqua une pause, un sourire bestial sur les babines. Elle eut presque envie, si seulement ces bêtes là étaient intelligentes, de prendre le temps de lui dire qu'il ne devait pas crier victoire trop tôt devant une jeune fille apparemment sans défense. Depuis quand fallait il se fier aux apparences sur Erin ? La plus pelucheuse et craquante des créatures pouvait très bien avaler dix bisclaverets comme lui ! Alors pour la peur, il repasserait. D'un hochement de la tête, elle plongea son entourage proche dans le noir le plus sombre, afin de le laisser se perdre pendant qu'elle se glissait derrière lui pour lui murmurer quelques mots à l'oreille -si bas que personne ne sut ce qu'elle lui dit- avant que le visage de son adversaire ne se décompose. D'un froncement de sourcil, elle prit contrôle de l'esprit faible qui lui faisait à présent face pour lui intimer d'aller s'empaler sur la première branche venue. Sans prêter plus attention à cet imbécile qui lui obéissait aveuglement, et allait donc mettre un terme à son existence, Aisly se prit d'inquiétude pour le reste du groupe. A toute allure, elle chassa l'obscurité et dévala la pente qu'elle avait gravie, auparavant si rêveuse et insouciante. Pourquoi avait elle été si optimiste, si légère ? Ces Bisclaverets étaient sans doute envoyés par la Guilde, ce qui sous entendait que la situation était bien plus grave que prévue.

Une fois arrivée en vue du campement, elle constata que son ennemi devait être un retardataire : le combat se finissait, avec l'avantage pour ses compagnons. D'abord soulagée, elle s'invectiva mentalement de n'avoir pas été attentive aux bruits de lutte qui avaient du filtrer ... Une fois arrivée aux côtés des autres, elle ne prit pas le temps de quoi que ce soit et déploya de nouveau son pouvoir pour envoyer certains derniers combattants rejoindre celui qui l'avait trouvée en haut du ravin. Sa tête tournait, son pouvoir était trop faible pour en faire plus et, un peu dans le brouillard, elle regarda Kirin et un inconnu s'occuper des derniers loups. Son regard se troublait, alors qu'elle se concentrait pour évaluer l'ampleur des dégâts. Quelques morts, bien évidemment. Elle s'en voulait, mais au moins tous les ennemis étaient à terre. C'était de sa faute, si seulement elle avait pu réagir ... Dans un état second, elle voulu aller vers Kirin pour lui demander un soutien mais s'approcha de la première chevelure blonde qui passa ... pour se retrouver face à un inconnu, lui demandant un vague
"Dépêche toi de m'embrasser ..." Puis, réalisant son erreur, elle se secoua et devint aussi rouge qu'une pivoine.

"Excusez mon impolitesse, je ..."

Aisleen chercha Kirin du regard, qui était occupé à se remettre du combat. Il n'avait pas l'air mal en point, ce qui la réconfortait. Sans plus adresser un regard à l'inconnu, et avant de se précipiter vers les autres blessés, la jeune tasmante se comporta en égoïste et, une nouvelle force retrouvée, elle marcha à grand pas vers l'élu de son cœur et porta la main à sa joue, croisant son regard. Allait il bien ? Toujours rougissante, Aisleen s'en mordait les doigts. Dans un tel contexte, elle n'avait été d'aucune aide mais, pire, elle s'était rendue ridicule. Décidément, elle accumulait les erreurs en ce moment !

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MessageSujet: Re: [Quête 2 : Court répit - Bugy/Danlo/Kirin]   Dim 8 Nov - 17:02

[Vraiment navré de ma longue absence, je me connecte beaucoup moins ces temps-ci et j'ai de plus en plus de peine à écrire T.T Je vais répondre quand même pour faire avancer le scénar (d'un grand pas, ce sera mieux) mais ne vous attendez pas à un truc génial...]




La requête de Kirin fut vite exécutée: Bugy s'en était allé plus loin, en un éclair, grâce à sa téléportation, très certainement. Un petit moment d'inquiétude s'était tout de même installé durant le combat, mais il s'estompa vite lorsque le petit écureuil le prévint de son invisibilité. Chose qui étonna le Fir-Bolg aussi un instant: il ne connaissait pas l'existence de ce pouvoir chez les Brownies. Mais il ne pouvait se questionner pour des choses aussi futiles. Car actuellement deux lupus aux allures de colosses se ruaient sur lui. Des assaut nombreux, trop pour qu'il puisse arriver à insérer un coup de lame dans l'un d'entre eux. S'il avait réussi à porter un coup tout à l'heure, et bien là, il ne pouvait qu'esquiver. Et encore, même cela lui était difficile tant la puissance des coups arrivait à altérer son équilibre. Et ce n'était pas tout. Il ne s'était pas seulement inquiété pour Bugy: toute la survie du camp lui importait. Alors il en était là, sans pouvoir se concentrer dans le combat, épiant des oreilles un cri qui se démarquerait des autres ou, au mieux, de moins en moins d'éclats de lames.

Mais heureusement, alors que la bataille s'annonçait de plus en plus dangereuse pour Kirin, deux choses arrangèrent la situation. La première fut que selon ses sens, il ne semblait rester plus que ces deux créatures là. La seconde, ce fut l'arrivée d'un guerrier. Un homme que l'épéiste n'avait pas remarqué durant le voyage. Un inconnu, c'était certain. Ce tatouage tribal sur son visage était bien trop distinctif pour être passé à côté de lui. Et puis c'était aussi un homme très beau, malgré l'obscurité offerte par le ravin. Et enfin, et surtout, c'était clairement un combattant hors pair. Son katana, de très bonne facture, avait su sans aucun problème parer un coup de griffes. Un coup qui ne lui était même pas destiné, accessoirement. Et puis il y avait cette assurance. Une assurance presque insolente, à garder un grand sourire malgré le danger, comme si le fait de mourir n'était qu'une broutille. Kirin s'en étonna, mais il ne chercha pas à s'attarder sur le nouveau personnage. Il avait une aide et maintenant, il pouvait se permettre d'attaquer.

Aussi, il compta sur son nouvel allié pour se permettre d'attaquer de front, esquivant au passage un premier coup de griffes du bisclaveret que l'inconnu avait blessé. Et puis, de sa main libre, il réussit à poser une déflagration suffisamment grande pour faire briller la créature de l'intérieur. Une lumière rouge s'en dégagea de sa poitrine tandis qu'une autre, plus blanchâtre, brillait au creux de sa gueule et de ses yeux. Il était foudroyé de l'intérieur. Désormais plus qu'un tas de chair amorphe, le créature fut abandonné pour qu'à nouveau, le guerrier s'occupe de son acolyte. Et en effet, on s'était déjà occupé de lui. Mais c'était l'inconnu qui avait terminé la besogne. Le créature était déjà étendue sur le sol, se vidant de son sang, de par l'orifice qui avait certainement ouvert un chemin vers son cœur.

Tout était enfin terminé... Mais Kirin n'allait pas de suite chercher à connaître son sauveur: il avait d'autres obligations. Aussi, il eut vite rejoint le camp pour voir l'étendue des dégâts. Hegart se tenait là, près du feu, le corps d'un jeune homme sur l'épaule. Deux autres personnes étaient là. Un garde et un adolescent. Le troisième vint s'aligner aux côtés de ses anciens alliés. Le Fir-Bolg fut terriblement désolé de voir qu'il n'avait pu empêcher un massacre... Ils allaient devoir partir vite, en ayant profité uniquement d'un fragment de sommeil pour chaque guerrier qui était là... Le prochain campement allait devoir se faire dans un lieu plus propice au calme et dont la vue serait plus étendue... Aussi, puisqu'il ne manquait de toute évidence qu'Aisleen, il adressa une pensée à Bugy.


~ Bugy, reste invisible, mais j'ai besoin que tu essaies de trouver Aisleen, nous allons devoir vite partir. ~

Il s'approcha ensuite d'Hegart, puisqu'il était l'un de ceux qu'il considérait comme suffisamment charismatique pour forcer le groupe à agir.


Nous allons devoir partir aussi vite que possible. Nous établirons un campement autre part et en plein jour pour rattraper le sommeil. Si des bisclaverets sauvages ont réussi à meurtrir trois fiers guerriers, alors je ne donne pas cher de notre peau si des assassins de Fall viennent jusque là.

Et étrangement, le colosse qu'était ce vieux guerrier perdit son air si sérieux pour adopter un regard à la fois étonné et inquiet. Ses yeux s'étaient posés sur la poitrine du jeune Fir-Bolg. Puis après un certain bégaiement, il réussit à laisser couler quelques mots, presque amplis d'une certaine panique.

Kirin... Vous êtes blessé...

Juste le temps de poser les yeux sur ce qui avait effectivement l'air d'une profonde marque de griffure. Le vêtement qu'il avait payé une fortune il y avait seulement quelques heures était en lambeaux. Et à travers les quelques tissus restant, on pouvait quatre lignes parallèles. La blessure était superficielle malgré sa profondeur, mais le problème n'était pas dans la coupure elle même, mais dans le poison dont étaient empreintes les griffes des bisclaverets... Un léger vacillement fit tituber Kirin lorsqu'il se rendit compte de la chose. Puis le souvenir de l'attaque du dieu maléfique... C'est après cela seulement qu'il put enfin dire quelques mots.

Nous aurons le temps de trouver un antidote d'ici là... Nous avons... d'autres obligations, Hegart. Offrez des funérailles dignes à ces guerriers, et partons vite.

Le chef de garde était aussi là, mais Kirin ne chercha pas à lui parler. Il avait très bien entendu, et le jeune héros avait besoin d'économiser ses forces pour l'instant. Mais il restait une chose à faire: connaître l'inconnu. C'est à ce moment là qu'il vit Aisleen, juste à ses côtés. Cette simple vision suffit à guérir un instant la souffrance qui dominait le pauvre guerrier. Et, enfin, il put s'approcher d'elle, l'enlaçant, sans même lui laisser le temps de dire quoique ce soit.

J'ai eu peur pour toi, Aisleen. Nous allons devoir vite partir. Nous établirons un campement plus tard. Moi, je vais de...devoir me reposer...

Après avoir posé un dernier baiser sur la jour de l'élue de son cœur, il se laissa tomber un instant, se rattrapa, puis se laissa tomber sur le sol... Le poison ne pouvait pas avoir agi aussi rapidement, mais la blessure et le combat avaient suffit à prendre possession de sa force... Il fallait espérer que les prochains combats arrivent beaucoup plus tard...
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Gabriel Jeevas
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MessageSujet: Re: [Quête 2 : Court répit - Bugy/Danlo/Kirin]   Dim 8 Nov - 21:16

Il n’y avait pas à chipoter. Ca faisait du bien. En se sentant comme ça, Gabriel avait parfaitement la conscience de se comporter comme le plus Neandertal des hommes dont le seul plaisir était de taper. Oui il se comportait tout simplement comme l’homme typique de base. Ce qu’il savait qu’il n’était pas. Gabriel n’était pas typique et n’était pas non plus de base et il n’avait jamais ressentit un besoin aussi viscérale que de tuer des gens pour se sentir mieux. Mais bon, avant, il n’avait aucune raison de ressentir telle envie. Avant, il ne faisait que son boulot, en s’amusant bien de surcroit. Ce boulot qui l’avait sauvé à présent et qui lui permettait de manier aussi bien une arme. Pratique d’avoir choisit un tel travail, alors que tout Tara le prenait pour le bourgeois oisif de base qui passait ses soirées dans les tavernes avec le plus de filles possible. Bon, d’accord, ils n’avaient pas tout à fait tord, mais Gabriel ne se résumait pas à cela. Heureusement. Petit pincement de cœur en pensant à son passé. Il était passé puisque qu’il n’était pas présent. Il se rendait compte qu’il aurait bien du mal à reprendre une vie normale à Tara. Les filles, Nathaniel, les tueries, les missions, sa maison, la tour, les autres, la guilde. Trop de changements, un peu trop à la fois. Dur à accuser parfois. Alors pour expulser tout ce qui n’allait pas, un bon vieux carnage à l’ancienne, il n’y avait que ça de vrai. Lacérer, se battre, prendre des risques, de faire griffer, s’en ficher, continuer. Gabriel avait soif de combat, soif de vengeance et ça lui faisait vraiment du bien de combattre ainsi. Des gens qu’il haïssait vraiment auraient été mieux, mais on faisait avec ce qu’on avait et là, on avait des bisclavets. Enfin, il n’y en avait plus maintenant. Les deux combattants avaient fait du beau travail. Gabriel se fichait bien de ce que les autres avaient pu accomplir, il était un peu égoïste et un peu imbu de lui-même sur ce point là. Il ne se refaisait pas.

Gabriel jeta un coup d’œil aux alentours, le sabre à la main, encore dégoulinant de sang bis. Déçu, un peu, qu’il ne reste plus personne à achever. Le camp se remettait un peu de l’attaque éclair qu’ils avaient essuyé. Apparemment il y avait quelque mort. C’était inévitable dans ce genre de bagarre. Les morts n’étaient que ceux qui n’étaient pas parvenu à se défendre, c’était triste mais c’était ainsi. Gabriel n’était pas un sans cœur, il avait juste conscience de ce qui c’était passé. Et puis il n’était pas là pour jouer le garde du corps de toute la troupe, bien qu’on risquait de lui refiler un rôle dont il se serait fort bien passé. L’homme à ses côté avait subi un coup de griffe en plein poitrail. Mais à vu de nez, malgré le sang, cela ne semblait pas bien grave. Le jeune homme blond le laissa aller se reposer ailleurs et entreprit d’essuyer le sang visqueux de sa lame puis de la remettre dans son fourreau. Une vision de cette lame transperçant purement et simplement ce cher Mikaël. Quelle image complaisante. Enfin, ce n’était pas possible pour le moment, et il ne pouvait que ruminer des plans avant d’un jour espérer passer à l’action. Un jour peut être.
Alors qu’il allait glaner des informations, une magnifique jeune femme se planta devant lui, une proposition bien indécente aux lèvres.

"Dépêche toi de m'embrasser ..."

Gabriel la regarda. Lui fit un de ses sourires charmeurs dont il avait le secret et la regarda tranquillement s’empourprer, réalisant son erreur. Ma foi, elle était véritablement plaisante, un peu trop… Translucide ? Etait-elle vraiment humaine ? L’intérêt du combattant de Tara était totalement émoustillé.

"Excusez mon impolitesse, je ..."

Avant qu’elle puisse retourner voir l’ancien camarade des armes de Gabriel, qui semblait être celui à qui était désigné ses premiers mots, le jeune homme lui attrapa délicatement la main pour l’embrasser.

- Enchanté, je m’appelle Gabriel.

Il n’obtint qu’une rougeur supplémentaire et la laissa aller voir son amoureux. Finalement, la quête allait sûrement se révéler peut être riche en aventure, surtout avec des compagnons pareils. L’espace d’un instant il oublia Nathaniel, il oublia la Tour, il oublia ses problèmes. Il se sentit de nouveau lui-même parmi des gens qu’il ne connaissait pas, avec qui il n’avait au final même pas à jouer la comédie, il se contenterait d’être lui-même, chose qui se faisait rare ces temps ci. Au final, Gabriel était bien plus méchant qu’il ne le laisserait à penser, mais c’était une méchanceté enfantine, de celui qui ne se rend pas compte du mal qu’il peut faire autour de lui, une méchanceté égoïste ou seul comptait son plaisir. Il s’en voulu juste après d’avoir oublié Nathaniel. Bien sur qu’il pensait à lui, qu’il voudrait qu’il soit là, mais il ne pouvait pas refaire son mode de vie. C’était étrange la façon qu’il avait de changer quand il était avec ou loin de lui. Avec, ses réactions étaient différentes, il devenait un peu plus mature, un peu plus adulte, un peu plus à penser aux autres, à celui qu’il aimait. Mais dès qu’il s’éloignait, son caractère habituel revenait au galop et il était terrible de penser qu’il avait imaginé un seul instant tromper celui pour lequel il avait tout vendu. Non, c’était juste un simple jeu, un peu méchant, mais cela faisait parti de son rôle d’acteur. Au final, cela devenait difficile de discerner quand il jouait et quand il ne jouait pas, les deux facettes allaient se rejoindre sûrement. Quant à savoir si c’était une bonne chose, cela dépendrait de ce qui se passerait une fois revenu à la Tour, et surtout s’il allait réussir. Mais après tout, il n’en doutait pas un seul instant, pas un seul de ces personnes ici présentes ne pouvaient lui tenir tête au combat, une fois la clé en poche, il reviendrait fièrement à la guilde et la donnerait dédaigneusement à Mikaël, qui n’était pas capable d’accomplir cela tout seul. Oui parfaitement, et alors il retournerait voir son amoureux pour lui faire plein de câlins ! Voila, il allait faire comme ça. Mais en attendant, il avait d’autres chats à fouetter.

Bien que superficielles, il n’était pas bon de laisser s’infecter des griffures de bisclavets. Gabriel sortit de son sac de quoi désinfecter et passa se quoi compresser la plaie et se dirigea vers le couple plutôt atypique. L’homme ne semblait pas en très grande forme. Et il n’y avait rien de tel pour obtenir la confiance d’un groupe que de soigner quelqu’un. Il passa un reste de son désinfectant sur son torse et nettoya un peu. Il n’était pas expert des blessures mais savait la plus part du temps soigner les siennes. Sauf évidemment quand on se retrouvait avec un clou dans la main. Douloureux souvenir dans une chambre trop étroite et renfermée, avec un Dieu trop fou et enragé, un amoureux trop suicidaire et protecteur, un quelque chose trop hautain et haïssable. Ca avait vraiment fait mal. Au moins il savait où il ne devait plus aller à présent. Piqure authentique même s’il ne demeurait aucune trace.

Gabriel attrapa le bras de l’homme et le passa sur ses épaules pour l’aider à avancer. Petite nature va, mais une fois de plus, c’était ce qui servait le plus pour s’insérer dans le groupe.


- Je pense que malgré ce qu’il dit, il faudrait terminer la nuit ici. On ne risque pas de subir une seconde attaque mais on fera des tours de gardes quand même. Tout le monde a besoin de se reposer, le mieux serait de repartir à l’aube vers notre objectif.

Gabriel savait que par moment, il pouvait avoir un charisme tel qu’on ne pouvait que l’écouter, ce qui était assez pratique, il fallait l’avouer. Il suivit la jolie demoiselle pour allonger son amoureux et qu’il se repose. Il était tant de continuer à s’expliquer.

- Je voulais faire partie de votre quête, mais malheureusement je suis arrivé trop tard, vous étiez déjà partis de Tara, c’est une chance que j’ai pu vous retrouvez à ce moment crucial.
Gabriel attira la jeune femme vers la réunion qui se tenait après la bataille, non loin des blessés.

- Je ne pensais pas trouver si charmante personne dans un pareil attroupement. J'espère que nous aurons le temps de faire plus ample connaissances.

Les lèvres chaudes de Gabriel trouvèrent la joue froide de la probable tasmante et sans plus y faire attention, il se joignit à la troupe, se présenta et expliqua ses motivations à être là. Il termina finalement.
- Par où est-ce que nous allons ?


Dernière édition par Gabriel Jeevas le Mer 11 Nov - 15:35, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: [Quête 2 : Court répit - Bugy/Danlo/Kirin]   Lun 9 Nov - 20:33

Bugy avait regardé le dernier Bisclaveret s'effondrer dans la poussière mais n'avais pas bougé. Le combat s'était terminé comme il avait commencé : sans prévenir. Il y aurait des blessés probablement, mais Bugy ne pouvait s'empêcher de voir tout cela comme une bonne chose. C'était une étape. Il n'y avait pas de quête héroïque sans combats, sans quelques blessures et quelques adversaires terrassés. Une pensée de Kirin lui ordonna de rester caché et de chercher la tasmante alors il obéit simplement. Invisible, il commença à parcourir le campement pour trouver Aisleen et ce ne fut pas long. Toujours invisible, il la suivit. Pourquoi ne s'était-il pas montré ? Aucune réelle raison. Peut être tout simplement aimait-il se sentir ainsi invisible et pouvoir faire tout ce qu'il voulait sans qu'on ne le voit.

dépêche toi de m'embrasser

Quoi ?! comment avait-elle osé dire ça a un parfait inconnu ? Bugy s'apprêtait à lui sauter dessus lorsqu'elle se reprit en se rendant compte de son erreur. Il s'arrêta et essaya de se calmer. En un court instant tout son sang lui était monté à la tête et étant donné le taux d'adrénaline qui restait dans ses veines après ce combat il avait réellement failli lui sauter à la gorge. Elle restait une tasmante, mais il n'y pensait pas même. Si elle pensait un instant à faire du mal à Kirin il serait impossible d'arrêter l'écureuil. Il serra les poings lorsque l'homme, plutôt mignon bien sûr, mais clairement moins que son maître, fit un baise main à l'aimée de Kirin. Qu'il ose s'en approcher et il se ridiculiserait bien vite. Ce bellâtre blond ne ferait pas long feu si Bugy décidait qu'il ne devait pas être crédible... Il suivit donc Aisleen qui rejoignit Kirin.

Lorsqu'il prit Aisleen dans ses bras Bugy détourna un instant le regard. C'était un peu comme s'il savait que Kirin ne voudrait pas qu'il les regarde en étant invisible. Parce que à cet instant l'invisibilité signifiait qu'il espionnait leur vie privée. Mais dès que Kirin commença à s'effondrer, le Brownie s'affola.


Kirin !

Il redevint visible et s'agenouilla à côté de lui. Agenouiller n'est d'ailleurs probablement pas le bon mot : il se jeta sur ses genoux d'un manière qui aurait pu être assez douloureuse s'il n'avait pas eut pour seule chose en tête la santé de son maître.

Kiriiiin ! T'en as pas marre de te faire mal tout le temps ?! en plus c'est encore au torse !
J'espère au moins que ça ne va pas rouvrir celle de Fall. Sinon Enora va encore devoir apparaître de nulle part et te soigner.
C'est dommage qu'elle soit pas là, elle aurait tout de suite su quoi faire j'en suis sûre. Comme la dernière fois pour toi et pour moi.


Et le bellâtre revint. Quoi qu'il puisse en dire, cet homme, Gabriel d'après ce qu'il avait dit à Aisleen, avait du charme. Bugy, bien sûr, n'avouerait jamais que le charisme de l'inconnu l'impressionnait. Les cheveux blonds presque aussi brillants que ceux d'un Fir-Bolg (d'ailleurs n'en était-il pas un ?), les yeux gris séducteur, l'air sûr de lui, il avait tout d'un héros lui aussi. Ou bien, au contraire, de celui qui essaie de lui voler sa place... Et si il essayait de voler la place de Kirin il le regretterait... Mais Gabriel avait dans les mains de quoi soigner le Fir-bolg ce qui rassura Bugy. Peut-être avait-il tort de le craindre. Il voulait juste aider. Bien sûr il se battait particulièrement et il serait utile à la quête. Alors il n'avait pas de raison de chercher à l'évincer. Gabriel aida Kirin à se déplacer jusqu'à un endroit où il pourrait se reposer. Trop occupé à suivre son maître, le brownie ne fit pas vraiment attention au manège de Gabriel qui avait attiré Aisleen à l'écart pour lui parler. Mais l'écureuil était tout de même perdu dans ses pensées. Allongé à côté de Kirin pour terminer la nuit sur place, il avait à l'esprit de bien noires tergiversations.

Cet homme, Gabriel, venait à peine d'arriver et en quelques instants il s'était rendu plus utile que le brownie. Il avait séduit d'un regard la belle Aisleen et même s'il ne cherchait pas à avoir plus il avait tout du moins la confiance probable de la jeune femme. Il avait le profil même du bel homme charismatique en qui toute femme a confiance. Sa mère lui avait souvent dit de faire attention à ceux qui semblaient au premier regard être blanc comme neige. Elle disait qu'un maître beau et sans défauts apparents en avait souvent un grand nombre. Mais il s'agissait alors de défauts qui dépassent les petits défauts habituels. L'écureuil ne comprenait pas encore ce qu'elle voulait dire par là et ce qui pouvait dépasser les défauts habituels mais il se disait qu'elle parlait des gens comme Gabriel. Mais ce qui lui faisait réellement peur était qu'il avait gagné la confiance de Aisleen et qu'il avait déjà sauvé Kirin. Chose que Bugy n'avait jamais pu faire seul. Bien sûr il avait aidé à le soigner lors de l'attaque de Fall mais il s'agissait non pas d'un sauvetage mais d'une aide au sauvetage. Aisleen avait fait le plus gros, Enora avait amené les connaissances et lui n'avait fait qu'obéir bêtement à ses paroles. Quel brownie inutile... Gabriel aurait fait un compagnon bien plus sûr et bien plus stable... Il ferait un meilleur brownie que Bugy...


AAAH ça m'énerve !

Il se redressa et regarda autour de lui. Il avait deux solutions : Abandonner ou bien faire de son mieux pour rester à la hauteur face à cette concurrence. Gabriel ? Un second ? Pas question ! Il n'avait pas eut tout l'enseignement des brownies. Il n'avait sûrement pas cette capacité à faire passer toujours son maître avant. Il ne saurait pas se plier en quatre pour lui, risquer sa vie pour lui comme l'avait fait Bugy lorsqu'il l'avait téléporté loin du danger. Il savait très bien à ce moment là qu'il n'aurait qu'à peine la force de sauver Kirin mais il l'avait fait tout de même. Gabriel serait le genre d'homme à fuir lorsque l'Ankou le regarderait avec un petit peu trop d'envie. Et ça ce n'était pas le comportement que devait avoir un bras droit. Alors il ne le laisserait pas prendre sa place. Parce que si Kirin avait besoin d'aide il lui faudrait quelqu'un de fiable à ses côtés et même si le brownie n'était pas quelqu'un aux capacités énormes il était bien plus fiable que ce bellâtre arrogant.

Il se leva d'un bond. Il avait besoin de refaire son stock de fléchettes et ce n'était pas en restant ici à ne rien faire qu'il allait y arriver. Quelle importance avait ce mercenaire de mauvais genre ? Il ne devait pas le détourner de ses devoirs. Et son devoir était de servir Kirin. Pour ça, il avait besoin d'armes. Il partit donc à la recherche de bois droit dans les alentours et ne reviendrait qu'au matin, pour s'installer dans un chariot et y dormir pendant la journée. Il utiliserait ensuite ce qu'il trouverait pour tailler des fléchettes à son réveil dans l'après midi.


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MessageSujet: Re: [Quête 2 : Court répit - Bugy/Danlo/Kirin]   Mar 10 Nov - 9:40

La main d’Aisleen sur la joue de Kirin ne resta pas longtemps en place. En effet, le valeureux combattant qui n’avait d’yeux que pour elle la prit dans ses bras un peu tremblants, avec chaleur et réconfort. Cette étreinte ne lui apporta pourtant pas autant de bonheur et de soulagement qu’elle aurait du. La culpabilité la rongeait. La jeune femme était troublée de ce qui venait se passer. Déjà, elle se maudissait de s’être trompée de personne, dans un moment de faiblesse, et plus encore de s’être laissée prendre au jeu de ce si séduisant humain. Son rayonnement était tel qu’elle avait eu du mal à déterminer sa race, mais quelque expérience lui avait suffit pour saisir ce qu’il y a de particulier chez les hommes. Un peu d’arrogance, bien plus de passion que les autres, souvent due à leur absence de pouvoirs innés et à une espérance de vie plus courte. Leur engagement, souvent, les identifiaient : travailleurs, convaincus que leur seul atout était la persévérance et l’engagement, les humains étaient de très bons partis pour qui voulait du sérieux, de la passion et de la simplicité, ou tout simplement pour observer un être, parti de rien, évoluer jusqu’à en devenir redoutable. Comme le jeune homme blond de tout à l’heure. Aisly sentait qu’il avait traversé certaines choses qui avaient forgé son caractère : cela se lisait distinctement dans ses yeux ivoire. Une touche plus sombre très équivoque, la tasmante admirait ce que l’humain était devenu aujourd’hui : de toute évidence excellent en escrime, beau parleur et séducteur, il réunissait beaucoup trop d’atouts pour quelqu’un d’aussi jeune qui partait sur une base vierge, sans don de la nature pour se perfectionner. Et pendant que Kirin la serrait contre lui, Aisleen se repassait en boucle la scène qui venait de se dérouler.

Il l’avait regardée, il lui avait offert un sourire à faire tomber sous le charme n’importe quelle femme un tant soit peu sensée, avant de l’observer succomber à la gêne. Les rougeurs qui avaient envahi ses joues n’étaient en effet dues qu’à l’embarras et à l’incertitude. La colère contre elle-même, aussi. Mais la nature de cette coloration avait vite changée : alors qu’elle se retournait pour se rendre auprès de Kirin, le jeune homme blond lui avait saisi la main avec une douceur très ferme, implacable et sans appel. Comme stoppée, Aisleen sentit les lèvres de ce nouveau venu s’attarder sur le dos de sa main, dans un baiser qui voulait dire bien trop de choses pour Aisleen. Peut être sans signification particulière pour son créateur, ce contact un peu trop intime personnifiait sa grâce, sa délicatesse, son intérêt détaché pour la jeune femme, sa nonchalance, et surtout le danger qu’il représentait. Mais, comme toute personne ayant vécu trop longtemps, la tasmante se complaisait dans le danger. Et la lueur qui dansait dans les yeux de son interlocuteur improvisé luisait, rayonnait d’une dangereuse flamme. C’est sans doute cela qui permit à Aisleen de ne pas renvoyer directement ce malotru. L’appel de l’aventure, de l’incertain. Que lui réservait ce contact avec celui qu’elle aurait aussi bien pu nommer tentateur ? Attirance irrépressible vers un avenir proche qui n’était pas forcément le meilleur, Aisly ne pouvait résister à ce chant de sirène, cette promesse de surprise et de malheur. Trop longtemps, voilà bien trop longtemps qu’Aisleen n’avait pas vécu vraiment. La peur, le danger de la Samain avaient ravivé une flamme en elle qui était en train de s’éteindre, déjà. Et cet inconnu venait de la relancer. Pour cela, elle laissa sa main couler sous la bouche du jeune homme, qui se redressa ensuite pour se présenter :

- Enchanté, je m’appelle Gabriel.

C’était à ce moment là qu’elle était partie rejoindre Kirin. Le présent reprit ses droits, et la jeune femme était toujours dans les bras de son amoureux. Quelques secondes à peine s’étaient passées, pourtant Aisleen avait eu l’impression de revivre la scène comme si elle y était encore. Comme si … elle la regrettait. Et l’étreinte de Kirin la brûlait, la rongeait et la faisait se détester. Était-il raisonnable de faire confiance à un homme sous prétexte qu’il lui apportait le récréatif danger qui manquait dans sa vie ? Ne devrait-elle pas privilégier la sécurité de tous ? A cet instant, elle devait le dire à Kirin. Lui dire que Gabriel n’augurait rien de bon et qu’il fallait à tout prix le remercier mais lui demander de partir. Oui, c’était ce qu’il fallait faire, c’était une évidence. Le garder dans le groupe était une hérésie : certes, il combattait bien. Mais si Aisly avait été là, elle aurait pu se rendre utile et la présence de Gabriel n’aurait pas revêtu ce caractère indispensable. Personne n’était irremplaçable, et c’était une totale illusion que de croire que ce nouveau venu était un cadeau du ciel. Que savaient-ils de lui ? Rien, sinon qu’il était esthétiquement très beau, qu’il s’appelait Gabriel et qu’il passait près d’un ravin peu fréquenté en pleine nuit. Le bilan était plutôt inquiétant. Alors qu’elle réfléchissait à toute allure, Aisleen sentit l’étreinte de Kirin se desserrer et quelques mots percèrent sa concentration pour arriver jusqu’à son cerveau :

J'ai eu peur pour toi, Aisleen. Nous allons devoir vite partir. Nous établirons un campement plus tard. Moi, je vais de...devoir me reposer...

Un baiser effleura sa joue, comme une énième brûlure dans le cœur d’Aisly. Kirin était trop gentil avec celle qui ne se souciait pas assez de leur sécurité. Devant cette touche d’attention, cependant, la jeune femme était bien obligée d’admettre que l’état de Kirin l’inquiétait, et qu’elle ne pouvait décemment pas lui rajouter l’inquiétude d’un nouveau venu qui n’avait pas l’air net. Sa décision était prise, elle remercierait Gabriel et lui indiquerait poliment la sortie. Mais, alors que Kirin flanchait -sous le coup de la fatigue, pensa Aisleen-, la jeune femme remarqua que la chaleur poisseuse au niveau de son ventre était due à la blessure de l’homme qui vacillait dans ses bras. Très inquiète, elle l’accompagna dans sa chute et ouvrit la tunique de Kirin d’un geste vif. Cette scène lui rappelait quelque chose … La blessure n’était pas profonde, et pendant qu’elle en examinait l’état, Aisly remarqua à peine l’arrivée de Bugy à ses côtés. Si elle avait su que le petit écureuil l’avait suivi en silence, peut être y aurait elle accordée plus d’importance malgré l’aspect critique de leur situation à tous. Kirin n’était pas en danger dans l’immédiat, puisque la plaie n’était pas trop profonde, les berges étaient nettes et aucun organe vital n’avait du être touché. Ce qui inquiétait d’avantage la tasmante, c’était le poison mortel qui se répandait dans les blessures dues aux hommes-loups. Sur elle, Aisly n’avait rien de bien utile. Mais après avoir posé une main réconfortante sur les cheveux de Bugy afin de l’inciter à se calmer pour ne pas affoler le blessé, elle était résolue à aspirer tout bêtement le poison, s’il n’était pas trop tard. C’était le plus urgent. Mais Gabriel entra en scène avant qu’elle ait eu le temps de faire quoi que soit. Il répandit un baume sur le torse abimé de Kirin et nettoya sa blessure avec soin et dextérité. Aisleen, incapable de bouger, réalisait inconsciemment qu’elle tenait une excuse pour faire mine d’accorder sa confiance à cet étranger, et surtout pour plonger dans le danger avec une délectation rare. Son esprit carburait sans lui faire part directement de ces conclusions étranges, alors qu’elle-même pensait que finalement, Gabriel ferait un bon compagnon. Continuant sur sa lancée, le jeune homme aida Bugy à transporter Kirin -tâche pour laquelle Aisleen était plus qu’inutile, puisque devant brûler un maximum d’énergie. Elle les regarda le déplacer avec attention, et une fois que Kirin fut installé et Bugy accroupi à ses côtés, la jeune femme souffla de soulagement. Son amoureux était à moitié endormi, et il n’avait pas besoin d’elle pour se reposer. Elle accorda un sourire reconnaissant à Gabriel qui, contre toute attente, se dirigea vers elle.

- Je pense que malgré ce qu’il dit, il faudrait terminer la nuit ici. On ne risque pas de subir une seconde attaque mais on fera des tours de gardes quand même. Tout le monde a besoin de se reposer, le mieux serait de repartir à l’aube vers notre objectif.

Ce fut avec étonnement qu’Aisleen remarqua qu’elle était on ne peut plus d’accord avec les dires de Gabriel. Une seconde attaque était totalement à exclure, et puis maintenant tout le monde était sur le qui vive. Elle-même n’avait pas besoin de dormir, et monterait la garde toute la nuit s’il le fallait. Son pouvoir pouvait facilement éliminer quelques adversaires, un nombre assez importants lorsqu’il s’agissait d’esprits faibles comme les bisclaverets sous leur forme animale. Bref, ils ne risquaient plus grand-chose pour ce soir et le camp était trop fatigué pour bouger raisonnablement. Ils attendraient le matin et le retour des forces du groupe avant de plier bagages. L’interlocuteur de la jeune femme était donc sensé, et proposait une alternative qui convenait parfaitement à l’instigatrice de ce mouvement. Adopté ? Pas loin. Que ce soit consciemment ou pas, Aisly commençait à accepter l’idée que Gabriel reste avec eux. Après tout, il pourrait se révéler fort utile et il semblait avoir gagné la confiance des quelques personnes qui l’avaient vu combattre. De plus, le charisme flamboyant qui se dégageait de chaque spore de la peau dorée ne pouvait pas aller à l’encontre d’une telle conclusion. Son charme faisait effet par petites touches, sans vraiment en avoir l’air : Aisleen s’était laissée prendre au jeu, et la faible partie de son esprit qui luttait encore contre l’arrivée de Gabriel s’endormit, comme anesthésié par la discrète aura de Gabriel. Alors qu’ils étaient encore à quelques pas de Kirin, l’inconnu qui n’en était plus un argumenta enfin sa présence ici.

- Je voulais faire partie de votre quête, mais malheureusement je suis arrivé trop tard, vous étiez déjà partis de Tara, c’est une chance que j’ai pu vous retrouvez à ce moment crucial.

Hochant la tête avec conviction, Aisleen jeta un regard autour d’elle : tout le monde semblait surpris par la présence de Gabriel, mais aucun ne semblait hostile. Personne ne percevait le danger que la jeune femme sentait se dégager de Gabriel, aussi se dit-elle que le seul danger qu’il représentait était celui de trouver son point faible : l’amour, et toutes ses formes, jusqu’aux plus mensongères et illusoires. Ce qui était apparemment le cas ici : attirance bien superficielle de la part des deux protagonistes. Si aucun combattant chevronné ne sentait ce danger, alors Gabriel n’en était un que pour la jeune femme. La conclusion logique était de garder une aide qui pouvait se révéler précieuse. Aisleen regarda son interlocuteur droit dans les yeux et lui dit d’un ton parfaitement maîtrisé :

« Je suis d’accord avec vous pour ce qui est de rester là cette nuit. J’en parlerai aux autres tout à l’heure, et je me justifierai auprès de Kirin une fois qu’il ira mieux. Quant à votre présence ici … C’est effectivement une grande chance de nous avoir trouvés. »


La jeune femme ne s’appesantit pas sur le mot « chance », ce qui était effectivement un heureux hasard peut être un peu trop heureux … Mais passons. Après tout, on pouvait sans aucune hésitation accorder le bénéfice du doute à ce trop charmant jeune homme ! C’est à peu près à ce moment là que le brownie de Kirin, après s’être énervé tout seul, s’éloigna. Mais Aisleen ne faisait absolument pas attention à ce qui l’entourait : elle hésitait entre sa raison et son cœur, sachant très bien que son cœur avait remporté la bataille dès le début. Elle luttait en vain, mais de moins en moins fort. Il était tellement plus agréable de se laisser porter par le courant des yeux de Gabriel, qui la regardait avec attention, et qui rajouta une couche en prononçant quelques mots qui sonnèrent très doucement à l’oreille de la tasmante, après l’avoir attirée vers le reste de la troupe, à distance suffisante pour qu’ils n’entendent pas -de toute façon ils ne faisaient pas attention à eux, trop occupés qu’ils étaient avec les blessés.

- Je ne pensais pas trouver si charmante personne dans un pareil attroupement. J'espère que nous aurons le temps de faire plus ample connaissances.

La jeune femme baissa les yeux vers la légère et courte robe blanche qu'elle portait, tâchée du sang de Kirin. Elle faisait presque peur ainsi, d’une pâleur artistique presque morbide, sa silhouette finement relevé par les plis du tissu qui folâtrait dans ses jambes sous l’effet de la brise fraîche de cette soirée, les cheveux légèrement en désordre et l’air toujours un peu inquiet. Ses traits se déridèrent lorsque Gabriel s’avança vers elle. Aisleen ne recula pas, ne fuit pas devant les lèvres accueillantes et vint presque à leur rencontre, pour que sa joue profite plus tôt de la chaleureuse étreinte d’une bouche. Une vague de tiédeur bienheureuse se répandit dans tout son visage, la faisant reprendre des couleurs. Aisly, presque assommée par tant d’énergie, afficha un petit sourire satisfait et murmura très simplement, les yeux pétillants :

« Etant donné que c’est moi qui déciderai si oui ou non vous restez, je pense bien que nous aurons en effet l’occasion de faire plus ample connaissance vous et moi. Je ne peux décemment pas vous accepter sans en savoir un minimum sur vous. »

Ses paroles se perdirent dans l’oreille de Gabriel, tandis que tous deux s’intégraient au groupe qui finissait tout juste d’installer les blessés pour la nuit. Il était temps de discuter un peu, de leur annoncer ses projets et de gérer les questions, inquiétudes et autres signes d’abandon. Après tout, son cœur en émoi n’intéressait qu’elle et ce qu’il fallait à présent à ces hommes, c’était des réponses. Ils étaient inquiets, encore sous le choc, et en plus ne savaient rien de leur rôle dans une aventure dont il ne connaissait pas le but. Pendant qu’elle rassemblait ses esprits, Aisleen s’assit sur une pierre qui lui offrait un support, sinon confortable au moins supportable, et laissa Gabriel se présenter, avant qu’il ne résume tout haut ce que tous pensaient tout bas.

- Par où est-ce que nous allons ?

Aisleen respira profondément et prit la parole. C’était à son tour d’assurer. Les dernières heures ne s’étaient pas déroulées comme prévu, et il était temps de mettre un terme à toutes les interrogations et inquiétudes. Elle avait besoin d’eux, à tout prix. Sa voix avait retrouvé quelque assurance, et son ton était de nouveau celui de quelqu’un qui sait ce qu’il fait.

« Tout d’abord … Je tiens à m’excuser de ce qu’il est arrivé ce soir. Je sais que certains d’entre nous sont déjà partis ces derniers jours, mais je n’oblige personne à continuer après cela. Que ceux qui le souhaitent partent sans hésiter. » Elle fit une pause tandis qu’un volontaire se levait : il devait avoir quinze ans, et bien que le combat ne lui avait pas laissé une blessure, il était trop jeune pour continuer comme si de rien n’était. Aisleen le regarda partir presque avec soulagement. « Bien. Je sais que je ne vous ai pas dit grand-chose sur notre présence ici … Comme vous le savez, notre but est la clé de Roeg puis la délivrance de la déesse Mor. Après quelques semaines passées à fouiller dans différents livres qui datent du temps de la Prophétie, j’ai pu tirer quelques indices et vous emmener jusqu’ici. Dans quelques jours, nous arriveront au terme de notre premier voyage. Je ne souhaite voir personne continuer après cela s’il ne s’en sent pas capable. Maintenant que ceux qui le voulaient sont partis, je peux vous le dire : nous allons au Souvenir. Aux tertres de l’ancien temps. Là bas se trouve ce que nous cherchons, mais ce n’est pas pour autant que la clé sera facile à obtenir. Alors je compte sur vous tous pour ne pas prendre de risques inconsidérés. Ce soir, nous avons la chance d’accueillir Gabriel, qui nous sera d’une grande aide ». Aisleen fit une pause et chercha le regard de ce dernier avant de baisser la tête pour conclure : « Je répondrai à toutes vos questions ce soir, puisque nous avons décidé de passer la nuit ici malgré tout, et de repartir dès demain. Tout le monde est fatigué et il faut du temps aux blessés pour se remettre un peu : le meilleur exemple est Kirin, qui s’est fait toucher. Rien de grave, mais je ne veux pas prendre de risques inconsidérés. Nous restons là ce soir. » Et la jeune femme se tut, attendant des réactions, des questions, quelque chose.

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MessageSujet: Re: [Quête 2 : Court répit - Bugy/Danlo/Kirin]   Mar 10 Nov - 16:02

La suite fut assez vague pour Kirin. Il ne pouvait pas vraiment expliquer ce qu'il se passait. Seulement, il se savait blessé. Cette griffure ne lui faisait pas si mal, étant particulièrement superficielle. Mais il était connu que les Bisclaverets étaient dotés d'une poison mortel. Et c'était sans doute cela qui lui faisait peur et le fatiguait. Aussi, il s'était effondré. Il avait besoin de repos, mais surtout d'un antidote. Ce remède là, il ne pourrait vraiment le trouver qu'en ville, auprès d'un médecin ou d'un herboriste. Mais actuellement, on ne pouvait rien pour lui, il le savait. Le peu d'années d'aventure lui avait valu quelques connaissances à ce propos.
Mais voilà que Bugy venait, braillant quelque peu son nom et sans doutes d'autres jurons. Manifestement, il était en colère du fait que son maître soit blessé. Ces cris avaient retiré tout le caractère romanesque à cet accompagnement d'Aisleen dans sa chute. Mais cela n'allait pas trop mal. Malgré tout, Kirin se sentait soutenu. Ces quelques gestes et mots avaient suffit à lui rappeler que le groupe allait rester soudé, tout au long de la quête. Personne n'avait fuit, même si l'attaque fut impressionnante et avait laissé quelques morts. Si d'autres personnes osaient le trahir, alors c'était que tout aurait été organisé dès le début. Et cela voulait aussi dire que Fall allait certainement contrecarrer la plupart de leurs plans...

Et puis l'étranger vint. Aisly avait déjà défait la tunique du Fir-Bolg pour mieux voir la blessure. Et là, une texture assez similaire au cataplasme d'Enora, toujours aussi piquante recouvrit sa plaie. C'était bel et bien cette homme, l'homme blond aux yeux gris, si habile au katana. Ce dernier avait beau lui avoir sauvée la vie, Kirin s'inquiétait malgré tout. Et même si là, il était soigné, il avait des doutes... Cela commençait déjà par le souvenir de sa première blessure au torse. Le dieu maléfique. Blessure qui l'avait plongé dans un coma. La mort, il l'avait frôlée. Et si Aisleen n'avait pas été là, il n'aurait pas pu se souvenir de cet épisode. Elle avait donnée son humanité pour lui: il était hors de question qu'elle le refasse encore une fois. L'amour ne pouvait pas se baser sur la souffrance de l'un pour la survie de l'autre. C'est un raisonnement absolument absurde. Et surtout, cette griffure annonçait quelque chose de mauvais: certes, ce cataplasme désinfecterait la blessure. Mais il ne pourrait pas retirer le poison. Kirin serait inévitablement affaibli au prochain combat si l'on ne lui trouvait pas le bon antidote d'ici quelques jours.

Et voilà qu'on le soutenait maintenant. Toujours cet étranger qui l'amenait dans une tente, non loin. Le Fir-Bolg ne pouvait même pas dire ce qu'il se passait vraiment autour de lui. Tout est vague. Tout est étrange et contre-nature. Et plus il avançait vers cette ouverture, plus il avait peur. Était-ce le cataplasme? Ou bien le poison? Car c'était bien des hallucinations qu'il avait là. On le couchait, il voyait légèrement mieux, mais pourtant sans certitude le visage du "sauveur". Aisleen était là aussi. Puis Bugy s'asseyait à ses côtés. Mais là, ce que l'on pourrait qualifier "d'ambiance" changea du tout au tout.
L'homme l'avait allongé, et là, Kirin se sentit oppressé. Quelque chose le dominait. Était-ce cette entité? Aucune certitude, mais sa présence le rendait mal à l'aise. Et voilà, enfin, il s'écarte. Mais il s'écarte en attirant Aisleen hors de la tente, après avoir contredit les ordres de Kirin. Que cherchait-il à faire là, maintenant? Comment pouvait-on prendre son statut de héros seulement suite à cette seule et unique attaque? Ce sauvetage, plus Kirin y pensait, et plus il lui semblait improbable. Comment cet inconnu aurait pu avoir cette idée là? S'en aller au creux du ravin, dans l'obscurité la plus totale. Et puis il y avait toujours cette insolente assurance. Il était venu comme ça, souriant, presque riant, pour ôter la vie à des créatures, sans même craindre la mort. C'est lorsqu'il s'écarta définitivement avec Aisleen qu'il comprit. Vision de peur: qu'allait-il oser lui faire, à la femme qu'il aime?

Alors Kirin attrapa la main de Bugy, juste à côté de lui. Un peu faible, il l'attira vers lui, gardant sa tête juste au creux de son cou. Il allait devoir compter sur lui...


Bu... Bugy, bégaya-t-il. Il faut que tu gardes un... un œil sur cet homme. Je suis certain qu'il n'est pas net. Il m'a peut-être aidé, mais ce n'est pas normal, Bugy. Cet homme, il était tellement heureux de se battre... Il n'y avait aucune peur dans ses yeux. Même lorsqu'il m'a soigné... Non, cet homme là, il s'attendait à se battre. Ce n'était pas... une attaque surprise pour lui. Cet homme, je ne lui accorde pas ma confiance.

Une ambiance toujours aussi lourde à cette idée qu'on puisse le trahir. Qu'il y ait un traître parmi eux. Qu'au moment de trouver la clé, on puisse tuer tant de guerriers téméraires pour la survie du mal... Il fallait prévenir les autres, mais pas tout le monde, autrement, ce serait une véritable panique. Il fallait le garder parmi eux... et ensuite voir ses ambitions.

Il faut que tu le fasses comprendre à Aisleen... Et aussi à Hegart et au chef de gardes. N'en parle pas à tout le monde... Ce sont ceux à qui l'on peut le plus faire confiance. Et surtout Bugy, pense bien à garder un œil sur lui. Tu es le plus discret parmi nous.

Une quinte de toux vint l'agresser. Il ne réussissait pas à parler comme il le voulait. Mais même si ce poison devait déjà l'affecter, il avait la faculté de penser tout à fait bien. Seule l'ambiance, la sensation changeait autour de lui, pour l'instant. Le remède serait nécessaire d'ici quelques jours, mais d'ici là, il survivrait. Actuellement, il n'en avait pas besoin pour ressentir la peur et l'agacement de Bugy. Oui, ce petit homme fulminait tout à l'heure, mais il était resté silencieux contre sa gorge. Et là, Kirin réalisa qu'il ne l'avait pas encore remercié pour tout ce qu'il avait fait depuis leur départ. Et cette tâche qu'il venait de lui confier serait certainement la plus importante.

Bugy... Merci pour tout. Ne t'inquiète pas, j'irais mieux d'ici là. J'aurais besoin de l'antidote quand nous serons arrivés en ville. Maintenant, pour l'instant, l'équilibre du groupe reposera sur toi. Je te fais confiance.
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MessageSujet: Re: [Quête 2 : Court répit - Bugy/Danlo/Kirin]   Mer 11 Nov - 15:35

Ca allait sûrement être des plus intéressants. A peine arrivé, Gabriel s’amusait déjà comme un gamin à qui on avait redonné ses jouets favoris. Jouer avec les filles, jouer la comédie, leurrer son monde, trahir. Enfin de l’action dans sa vie. De l’action sur laquelle il avait prise surtout. Parce que récemment, de l’action, il en avait eu pour son grade à la tour. Et si possible, il apprécierait de pas avoir à recommencer cette douloureuse expérience. Et puis si c’était pour revoir les têtes d’abrutis des pauvres pommes servant un Dieu qu’ils n’avaient jamais vu, ça irait, merci pour lui. Il avait enfin l’occasion de prendre un truc en main depuis longtemps. En même temps, on pouvait se dire qu’il n’avait pas le choix et que la clé devrait obligatoirement se retrouver à la tour. Mais il ne pensait pas à ce qui pouvait arriver si jamais ça ne marchait pas. Pour lui, ce n’était qu’un nouveau jeu. Impossible pour lui d’être sérieux. La situation l’était pourtant, mais il ne pouvait pas adopter ce rôle là. Son rôle à lui serait toujours le souriant insouciant. Il avait compris avec ses déboires avec Nathaniel que d’inquiéter et être sérieux était extrêmement fatiguant et qu’il n’aimait pas les prises de tête sans fin, il aimait quand tout était résolu. Ce qui n’était pas le cas actuellement, mais au moins, c’était moins pire qu’avant.

Gabriel gardait cet air sur de lui, mais il avait parfaitement conscience qu’il fallait jouer très finement, il se doutait bien que le groupe qu’il introduisait n’était pas assez stupide pour ne rien voir d’étrange dans sa démarche. Le fait qu’il soit arrivé quand il le fallait, qu’il n’est pas prit peur, qu’il ne montrait aucun problème à apparaitre dans un ravin la nuit de la sorte. Alors il allait mentir, jouer la comédie, ce qu’il savait très bien faire. Gabriel arrivait sans problème à s’inventer une vie qui n’était pas la sienne et la jouer comme s’il l’avait toujours vécu. Et s’en était à un point qu’il se demandait si ce qui s’était passé avec Nathaniel n’était pas le fruit de son imagination. Il y avait de quoi devenir skyzophrène, mais il savait pourtant qu’il n’avait pas pu inventer ça. Pas de la sorte, pas Nathaniel. Il évitait de penser au moment où il devrait le revoir. Loin des yeux loin du cœur. Peut être, mais le jeune homme savait que dès qu’il le reverrait, il sentirait de nouveau cette chaleur dans la poitrine qu’aucune autre personne n’était capable de lui faire ressentir. Il était idiot de jouer ainsi avec ses sentiments. Mais il ne pouvait pas s’en empêcher. La tasmante était typiquement le genre de fille que Gabriel adorait faire tourner en bourrique en la séduisant à petite touche alors qu’elle était déjà sensée avoir un amant. Celle qui rougissait, qui s’excusait, qui reprenait contenance et qui était persuadée de maitriser parfaitement la situation. Mais elle ne maitrisait rien du tout. Le charisme naturel de l’homme blond était plus fort que les résolutions d’acier. Ca serait très amusant de la faire doucement craquer vers lui. Et tant pis pour le malheureux héro qui se retrouverait tout seul et en plus, sans clé. Gabriel n’avait jamais été regardant de l’effet répulsif qu’il produisait sur les hommes ayant une femme ou une petite copine. Le jeune débauché se servait, se fichant royalement de savoir si la fille était sensée ou non sortir déjà avec quelqu’un.

« Je suis d’accord avec vous pour ce qui est de rester là cette nuit. J’en parlerai aux autres tout à l’heure, et je me justifierai auprès de Kirin une fois qu’il ira mieux. Quant à votre présence ici … C’est effectivement une grande chance de nous avoir trouvés. Etant donné que c’est moi qui déciderai si oui ou non vous restez, je pense bien que nous aurons en effet l’occasion de faire plus ample connaissance vous et moi. Je ne peux décemment pas vous accepter sans en savoir un minimum sur vous. »

Tout se déroulait absolument bien. Même trop bien, s’en était presque étrange. Enfin, il n’allait pas se plaindre. Après tout, elle était d’accord, et elle semblait même prête à prendre sa défense auprès de ce Kirin, qui était plus que probablement son cher et tendre. Il ne fallait pas qu’elle le flatte trop parce qu’après, Gabriel déclinait les actes qu’il pourrait avoir envers elle. Il fut néanmoins ravi de sentir qu’elle ne reculait pas devant ses lèvres sur sa joue. Mais il aurait fallu qu’elle combatte un peu plus, ce n’était guère amusant si elle succombait immédiatement sans montrer de la rébellion. Fallait-il qu’il l’ignore pour ensuite repartir à la charge ? Cela demandait réflexion. En tout cas, il ne put retenir un sourire à la pseudo menace de la jeune femme qui était certainement plus vieille que son corps sculptural ne laissait à penser. Alors comme ça, c’était elle qui dirigeait l’attroupement hétéroclite ? C’était bon à savoir, et tellement plus délicieux à savourer. Bien sur qu’il lui dirait tout, et encore bien plus.

- Comme il me tarde d’avoir une nouvelle conversation en votre compagnie.

Il lui sourit avant de l’écouter expliquer l’aventure. Elle était une bonne oratrice et au final, elle jouait bien le rôle de guide, pas étonnant que même malgré sa féminité, les guerriers l’écoutent. Elle semblait également beaucoup plus à l’aise et forte que face à Gabriel. Sans nul doute que ça serait diablement intéressant. Nouvel étirement des commissures à l’annonce de son prénom. Il hocha la tête pour se présenter. Au moins, il savait où il allait. Enfin, savoir était un bien grand mot, vu qu’il ne savait pas vraiment où c’était, il allait devoir être attentif au chemin emprunté pour s’en rappeler et retourner à la tour, recommencer le périple dans l’autre sens et à pas de course, il était déjà fatigué rien que d’y penser. Il laissa les autres poser des questions d’ordre technique, temporel, et une nouvelle fois au niveau de la dangerosité. Ce que Gabriel ne craignait absolument pas. Puis il se leva, épousseta son manteau et prit la parole.

- En ce qui me concerne, je pense avoir saisi l’essentiel. De plus, je suis heureux d’avoir réussi à vous retrouver, un peu au hasard et à l’aide des feux. Je m’en serais voulu de rater pareille aventure. Surtout qu’il est hors de question de laisser Fall gagner cette bataille. Il doit être anéanti.

Quel bon comédien. Quelle voix, quelle portée, quelle sincérité. Il fallait dire que tout ce qu’il disait, de sa voix chaude, était vrai. Mais pourtant il œuvrait quand même pour lui, c’était quand même affligeant. Si ça se trouvait, l’acte qu’il s’apprêtait à commettre ferait sombrer le monde dans le chaos. C’était quand même cher payé pour ce qu’il faisait. Soupir mental. Le groupe se sépara pour finir de réparer un peu le campement et pour aller se coucher, si dormir ils pouvaient arriver. Le jeune escrimeur décida d’aller faire connaissance un peu avec les autres. Il se félicitait de savoir manier une arme, car il n’y avait rien de mieux pour gagner la confiance des autres hommes d’armes de la progression. Quant aux récalcitrants, il trouverait bien un moyen de prouver qu’il était digne de confiance. C’était à voir. Pour l’instant tout allait bien et il était des mieux accueillis. Demeurait juste un doute, une espèce de mauvaise impression. Celle d’être observée. Ce n’était pas le type inquisiteur et curieux qu’il avait ressentit lors de sa première rencontre avec Nathaniel. Rien qu’à se souvenir, un étrange sourire un peu guimauve s’étendit sur ses lèvres qu’il cacha bien vite. Il redevenait niais, il n’aimait pas ça. Tout ça pour dire qu’il était persuadé que quelqu’un l’observait, sans vraiment savoir d’où et qui cela pouvait bien être, il était quasiment sur que ce n’était pas un des guerriers mais il n’avait vraiment pas d’idée. Il excluait la possibilité que ça puisse être Fall. Il n’avait pas que ça comme temps à perdre. Du moins, il l’espérait. S’il était parti, c’était aussi pour se sortir de sa sphère d’influence insupportable.

Le calme finit par s’installer sur le campement, chacun décidant d’aller enfin essayer de récupérer de la bataille. Gabriel remarqua celle qu’il avait décidé de séduire se diriger vers la tente de son amoureux officiel. Il l’intercepta en lui attrapant doucement la main.

- Et bien, quelle présence quand vous parlez, vous savez y faire avec ce type de guerrier. J’ai été subjugué, vous êtes une très bonne oratrice.

Gabriel se rapprochait un peu plus d’elle l’air de rien tout en continuant à parler.

- Grâce à vous, on trouvera très certainement cette clé, vous êtes hors du commun… Oh, je m’aperçois que je ne connais pas votre nom. Serait-ce maladroit de vous le demandez présentement ?

Sa main glissa sur la taille puis dans le bas du dos pour la tenir plus près de lui.

- Je vous aurais bien demandé de m’héberger cette nuit, n’ayant pas prévu de tente, mais j’ai le sentiment que ma présence serait indésirable.

Ses lèvres tout près de l’oreille, son souffle brûlant dans le cou de la jeune femme. Il dut se retenir pour ne pas faire plus, le but était de faire languir, toujours de faire languir, de la séduire puis de la laisser venir. De faire opérer son charme légendaire.

- Passez une bonne nuit, à demain matin…

Souffle qui s’évanouit, main qui glisse tendrement sur les courbes féminines, lèvres qui cherchent la commissure avant de disparaitre. Au final, comment allait réagir cette tasmante si vive ?
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Aisleen Dryail

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MessageSujet: Re: [Quête 2 : Court répit - Bugy/Danlo/Kirin]   Ven 13 Nov - 15:31

Une fois les explications passées, Aisleen repensait à son comportement, le regard dans le vide. Elle était fière d’avoir réagi ainsi, en se reprenant. Affirmer devant lui, avec un certain détachement, qu’elle était celle qui commandait ici était une excellente idée. Oui, il fallait qu’elle reprenne les choses en main en lui faisant bien comprendre qu’on ne jouait pas avec elle. Seulement, Gabriel avait il comprit sa réponse ainsi ? Elle en doutait, au vu de son sourire. Est-ce qu’on souriait lorsque quelqu’un vous balançait dans les gencives « tu dois m’écouter alors pas de bêtises » ? Non, ce n’était pas la première réaction qui pointait dans l’esprit des gens. Alors deux solutions : soit Gabriel n’était pas normal -de cela elle ne doutait pas, mais il y avait autre chose- soit, et c’est cette raison là qui prévalait d’avantage sur l’autre, Aisleen s’était très mal exprimée. En voulant montrer de la décontraction elle avait montré de la faiblesse. Il fallait bien dire que de la faiblesse, il y en avait aussi ! Les compliments, la voix chaude et le regard captivant du nouveau venu n’y étaient pas pour rien. L’esprit du fantôme était capturé par les hommes qui éveillaient en elle un désir incontrôlable de les posséder, de les manipuler. Manœuvre inconsciente. Mais lorsqu’un homme n’avait pas le profil adéquat, lorsqu’il était évident qu’anéantir sa volonté serait un gâchis -et surtout superflu-, la jeune femme perdait tous ses moyens. Elle qui pouvait charmer d’un balancement de hanche ou d’un bruissement de robe, elle qui était morte pour sa beauté, elle ne pouvait rien faire face à ce genre d’hommes, si ce n’est régresser. Perdre sa confiance en soi, son assurance.

Et c’était précisément ce qui était en train d’arriver à Aisly, qui se décomposait maintenant qu’elle se souvenait que Gabriel avait sous entendu qu’il était impatient de lui reparler … Si elle avait su que cela allait arriver si tôt, peut être aurait elle évité la conversation. Ou peut être pas. Toujours est-il que la tasmante n’avait pu s’empêcher, lorsqu’elle avait fini de parler, de suivre du regard les moindres mouvements du jeune homme. Sa grâce même dans la nonchalance la troublait. Il était si différent de Kirin ! Ce dernier était droit, honnête, sensible et sincère. Son charme venait de sa confiance, son ambition et de la naïveté enfantine qu’on lisait parfois dans ses prunelles de combattant. Gabriel n’était rien de tout cela : il était le danger, il était l’agilité, la traîtrise, la fourberie et la séduction. Kirin était l’amour, Gabriel était un jeu. Un amusement délicieusement tentant, comme l’odeur du pain en train de dorer, de se craqueler et d’envelopper la mie brûlante. Comment quiconque, homme ou femme, pouvait résister à ce charme dévastateur ? Même en quelques siècles d’expérience, Aisleen n’avait pas su s’accrocher au danger qu’elle avait perçu dans ce regard. Ou plutôt, elle s’y était accrochée pour le garder auprès d’elle : enfin une situation où elle serait impuissante, où elle devrait subir le petit jeu d’un autre, ses envies et ses faits et gestes. Elle n’était plus dans l’optique de dominer mais d’être dominée. Et pas seulement physiquement (forum tout public) mais surtout mentalement. En effet, d’ordinaire Aisly pouvait, d’un regard, écraser quelqu’un de son expérience, son apparence, sa confiance et sa volonté. Et là, c’était tout le contraire : la jeune femme redevenait une adolescente se pâmant d’admiration pour le premier homme venu. Gabriel était pour Aisleen le premier à la considérer ainsi, le premier à la faire se sentir ridicule, le premier à la frustrer, à la contrarier et à lui faire sentir sa propre faiblesse. C’est à tout cela qu’elle pensait lorsque l’objet de ses réflexions se leva -est il nécessaire de préciser qu’il le fit avec une grâce naturelle- et déclara d’une voix ferme :


- En ce qui me concerne, je pense avoir saisi l’essentiel. De plus, je suis heureux d’avoir réussi à vous retrouver, un peu au hasard et à l’aide des feux. Je m’en serais voulu de rater pareille aventure. Surtout qu’il est hors de question de laisser Fall gagner cette bataille. Il doit être anéanti.

Étonnamment, cette assertion sonnait juste à l’oreille d’Aisleen. On sentait que Gabriel détestait le dieu. Pour quelle raison ? Perte de quelqu’un qui lui état cher, traumatisme, vengeance ? La jeune femme ne le saurait sans doute jamais, mais qu’importe. Cette sincérité la rassura un peu quant à ses inquiétudes passées, vite mises de côté. Elle assumerait entièrement les conséquences du danger qu’elle lisait dans les iris de Gabriel. C’était une décision qui n’était même pas à remettre en cause. Et, alors que le groupe se déformait petit à petit pour terminer les préparatifs, étant donné que leur meneuse avait décidé de passer la nuit ici, Aisleen se releva aussi. Elle voulait aller voir Kirin. Elle voulait être sûre qu’il allait mieux, se persuader qu’elle ne l’oubliait pas, se sentir proche de lui, se sentir l’aimer. Elle avait besoin d’être assurée de ses sentiments, et pour cela la présence de Kirin était indispensable. En soupirant, elle se dit que de toute manière elle ne voulait pas rester avec Gabriel. Ça tombait bien, il était occupé à discuter avec les autres ... Pourquoi avec les autres et pas avec elle ? Que faisait il là bas à faire des sourires pour lier quelque chose, faire connaissance ? C’était à elle qu’il devait parler, elle qu’il devait venir voir, elle que … Mais elle n’avait pas envie de le voir. Aisleen s’énerva intérieurement de sa bêtise paradoxale, et alors qu’elle s’éloignait, un soldat vint lui parler -le chef des gardes. Il l’entretint un moment sur l’organisation du campement, les roulements pour la surveillance de l’endroit, ainsi qu’à propos des morts. Aisleen émit un très léger sourire compatissant. Il avait perdu des hommes, et pourtant il restait stoïque et efficace : elle était ravie de l’avoir à ses côtés. Elle lui répondit aussi précisément qu’elle le put :

« Le tour de garde pourra être ma responsabilité. Je n’ai pas été là ce soir, et comme je n’ai aucun besoin concernant le sommeil, je peux m’en charger. Pour ceux qui sont tombés, je propose de leur accorder l’honneur de la meilleure sépulture que nous pourront. Faites un grand feu, je m’occuperais de le camoufler au reste du monde par un banal jeu d’ombres. Déplacez les corps des loups dans la forêt, ils ne méritent pas de partir dignement. »

Son interlocuteur hocha la tête, hésita un instant avant de se racler la gorge. Apparemment, il était ravi que l’idée de celle à qui il obéissait rejoigne la sienne en ce qui concernait les corps de leurs compagnons : le feu purifiait, et les seigneurs partaient tous ainsi. Mais autre chose le chiffonnait. Il était au courant du statut de tasmante d’Aisleen Dryail -la moindre des choses avait été de les mettre dans la confidence à Tara-, ce qui ne l’empêchait pas d’être très rigoureux.

« Ma dame, j’insiste pour laisser au moins un de mes hommes, à tour de rôle, avec vous. Bien que vous ne craigniez rien, cela me permettra de dormir sur mes deux oreilles. Et sinon … » Il baissa la voix jusqu’à ne plus laisser échapper qu’un murmure « Ce nouveau venu ne me dit rien qui vaille, voulez vous que je m’en charge ce soir ? »

Fronçant les sourcils, Aisleen avait peur de comprendre. S’en charger ? Mais c’était un soldat, prêt à tout pour la réussite de sa mission et la protection de ses camarades. Pour lui, c’était une évidence. Mais, au risque de perdre un peu de son respect, Aisly dénigra sa proposition, assurant qu’elle gardait un œil sur lui en permanence. Ce qui n’était pas faux, mais peut être pas pour les mêmes raisons … Une fois qu’ils se furent mis d’accord sur l’organisation du tour de garde, le capitaine partit préparer le bûcher et lança quelques ordres. Mais très vite, le silence retomba sur le camp, avec pour seul bruit le craquement du bois qui éclatait en brûlant, et le vent qui attisait les flammes. La tasmante fit tomber les ténèbres autour de leur installation, afin que la lueur du brasier n’attire pas d’autres volontaires … Tout le monde était parti dormir et Aisleen s’apprêtait à passer voir Kirin avant de laisser le premier tour de garde au soldat déjà en poste, histoire de se remettre de ses émotions une heure ou deux avant de le rejoindre. Elle ne voulait pas perturber le réveil de Kirin avec ses allées et venues, alors la jeune femme décida de se garder une tente à part. Mais ses plans furent perturbés par une main sur la sienne. Un contact délicat qu’elle se voulut de reconnaître avant même d’avoir à se retourner. Gabriel.

- Et bien, quelle présence quand vous parlez, vous savez y faire avec ce type de guerrier. J’ai été subjugué, vous êtes une très bonne oratrice. Grâce à vous, on trouvera très certainement cette clé, vous êtes hors du commun… Oh, je m’aperçois que je ne connais pas votre nom. Serait-ce maladroit de vous le demandez présentement ?

Aisleen compta jusqu’à dix pour s’efforcer à ne pas sourire ou dire merci. Le maître mot était sang froid. Contrôle. Contrôle total. Elle ne devait pas céder, même si elle avait décidé d’accepter Gabriel dans le groupe. Auprès d’elle. Il fallait bien le dire, cette envie était plus qu’égoïste, mais elle s’y complaisait tant que rien ne pouvait la faire changer d’avis. Mais tant qu’elle pourrait, elle se garderait de toute réaction exagérée. Pousser ses limites face à cet homme qui les piétinait d’un regard, qui les renversait d’un sourire et qui la faisait se sentir si étrange. Contrôle … qui ne tint pas bien longtemps. La proximité croissante de Gabriel l’empêchait de se concentrer. Elle voyait s’avancer son visage parfait, les mèches blondes se baladant sur sa nuque fine avec une effronterie espiègle, les yeux de glace qui la fixaient l’air de rien, les pommettes rougies par les restes du combat, ressemblant à la douce carnation qu’elle n’aurait jamais … Aisleen perdait pied en tentant de ne pas le montrer. Mais le pire était à venir. Ce n’était encore rien. Et quand enfin elle se rendit compte que c’était à son tour de parler, elle ouvrit les lèvres et articula avec une facilité qui la déconcerta :

« Maladroit non. Je connais bien votre prénom, alors un prêté pour un rendu. Je suis Aisleen. »

Elle ne s’attarda que très peu de temps sur les compliments du jeune homme, qui sonnaient un peu faux. Elle voyait bien qu’il ne disait cela que pour l’apprivoiser et l’approcher en toute impunité. Et à ce moment, Aisly remercia le ciel d’avoir envoyé tout le monde se coucher. Dans l’obscurité rongée par la clarté dansante et instable des flammes, un véritable jeu d’ombres et lumière se mettait en place sur le visage de Gabriel. Et la jeune femme, subjuguée, ne tenait pas compte des flatteries. Seul comptait ce regard, seul comptait le danger, seule comptait la proximité des deux êtres. Aisleen ne s’étonna même pas de sentir sur sa taille une main de passage, qui vint se loger dans le creux de ses reins pour l’attirer doucement à lui. Elle se laissa faire, avec dans le regard un petit air de défi et sur les lèvres un sourire, à la fois méfiant et charmeur. Le menton relevé, elle n’avait pas peur. Elle ne cédait pas, elle s’amusait à sentir ses limites. Et Gabriel participait si bien, se conformant aux règles d’un jeu dont eux seuls avaient conscience.

- Je vous aurais bien demandé de m’héberger cette nuit, n’ayant pas prévu de tente, mais j’ai le sentiment que ma présence serait indésirable. Silence. Passez une bonne nuit, à demain matin…

Ce beau discours ne fut pas ce qui ravit le plus la jeune femme, dont les joues rosissaient légèrement de ce contact rapproché. Elle semblait ivre de cette situation, tant la chaleur du corps de Gabriel l’enveloppait dans un cocon rassurant, tant elle se sentait en sécurité avec cet homme si dangereux. Courbant son corps contre le sien pendant un instant, elle accueillit avec délice le souffle plein de vie du jeune homme d’abord sur son oreille puis effleurant son cou. Sa disparition lui tira une moue, très vite effacée par la danse sensuelle de Gabriel. Des doigts baladeurs caressant une peau marmoréenne à travers le tissu, une lèvre qui en frôle une autre … Ce ne fut que quand elle s’habitua à l’étreinte de Gabriel qu’Aisleen put réagir. Elle posa une main sur la poitrine de son interlocuteur, lui accorda un grand sourire avant de le repousser d’un mètre ou deux. Stoïque, calme et satisfaite de leur petite conversation, elle parla d’une voix parfaitement maîtrisée et sûr d’elle.

« Je vous aurais bien hébergé si je comptais dormir là. Navrée pour vous, je me charge de la surveillance, ce soir. Je vous regarderai dormir avec amusement, je pense. » Aisly fit une pause après ces paroles aguichantes, mais qui signifiaient qu'elle avait un oeil sur lui. « Ceci dit, et si votre attitude m’a permis de lutter contre le froid qui s’installe, n’espérez pas recommencer ceci impunément. » Encore une pause, durant laquelle elle tourna le dos, souleva un pan de la tente et se retourna une dernière fois avant d’ajouter « Et ne comptez pas partir en beauté. Laissez ce privilège à la demoiselle. Règle de galanterie que vous connaissez sûrement. »

Aisleen tourna le regard, s’avança d’un pas et laissa retomber le rideau de sa chambre improvisée. Elle demeura là, dos à ce qui faisait office de porte. Ne ressentant pas la fatigue, elle ne sentait pas le besoin de dormir ni celui de s’asseoir. La tente était presque superflue, et ne lui servait qu’à lui créer un endroit à elle. A présent, elle allait ressasser cette journée. Et plus tard, elle irait veiller Kirin quelques instant avant d’aller monter la garde. Gabriel devait être partit, à présent …

_________________
Tout commença avec ma mort. Et tout continue, inexorablement.

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